SUBSTANCES COLORANTES ET COLORIGÈNES DES URINES NORMALES
L'urine passe normalement <ln jaune clair au jaune rougeâtre foncé suivant le mode d'alimentation et l'état «les organes. Tes colorations, sont dues principalement à deux sortes de pigments : l'un le pigment jaune est Vuroehrome ; l'autre le pigment rouge est un dérivé d'owdafion d'un phénol azoté. Vindoxyle C8II6Az(0H), qui provient lui-même de l'indol C8fl7Az originaire des matières fécales, el qui est résorbé dans l'intestin. A côté de ces pigments, on trouve dans les urines leur chromogène, c'est-à-dire la matière incolore dont ils dérivent.
Urochrome. — La matière jaune normale des urines porte le nom à'urochrome. Elle est très rapprochée de Vurobiline normale et de la cholétéline (voir p. 561, 504 et 565), mais elle se distingue de Vlnjdrobilirubine.
On peut l'extraire par le procédé de Méhu : l'urine ordinaire est aeidulée par 1 à 2 gr. d'acide sulfurique au litre, filtrée et saturée de sulfate d'ammoniaque; les flocons qui se réunissent mêlés au sel en excès sont essorés, pressés et traités à chaud par de l'alcool absolu légèrement ammoniacal. L'évaporation de celte solution abandonna l'urochromc (').
Mac Munn se borne à précipiter successivement l'urine par l'acétate et le sous-acétate plombiques, à décomposer les deux précipités réunis par l'alcool mêlé d'un peu d'acide sulfurique, à filtrer, ajouter du chloroforme et agiter vivement après addition d'eau. Le pigment passe dans le chloroforme qui l'abandonne par évaporation.
L'urochromc se présente sous la forme d'une poudre amorphe, brillante, rouge brun à reflets verts, soluble dans l'alcool, le chloroforme, l'eau acidulée ou alcalinisée, très peu soluble dans l'éther et dans il benzine. Ses solutions, rouges dans le chloroforme, jaunes dans l'alcool, jaunissent par les alcalis cl rougissent par le chlorure de zinc. Acâ dulées, elles présentent une bande placée sur la raie F, mais empiétant plus à gauche qu'à droite de cette raie; l'obscurcissement du reste du spectre commence ensuite un peu avant G. C'est bien là le spectre de
(*) Le procédé (le Jaffé esl plus compliqué el moins sûr; il fournil surtout l'urobilinc anormale des urines fébriles. On s'adresse aux urines très colorées de fiévreux (on verra plus loin que dans ce cas, divers autres pigments apparaissent dans les urines); on les alcalinisl avec un peu d'ammoniaque, et on les précipite par le chlorure de zinc: il se l'ail des Uocod rougeâtres volumineux qu'on lave à l'eau, lant qu'il passe du chlore; on épuise le rcsidj par l'alcool, on le sèche, on le redissout après pulvérisation dans l'ammoniaque, et de celle solution, on précipite le pigment par l'acétate de plomb. Ceprécipitc lave a l'eau esl repris pal de l'alcool additionné d'acide sulfurique;; à celte solution alcoolique acide on ajoute la moitié de son volume de chloroforme, el l'on étend de beaucoup d'eau. La solution chloroformiqus
ilcux fois lavée à l'eau, abandonne l'urobiline par evaporalion.