‹ Leçons de chimie biologique, normale et pathologiqueChapitre 333 sur 467 · C0-S02(0II · texte numérisé non relu

C0-S02(0II

C^C^CO^ . Ccii<Cn^Cll . c«H<C{OuH)$CII ; (M<>CH

Trioxindol AzII ou acide ortho-amido- Indol. Oxindol. Acide indoxyl-snlfuriquc

phénylglyoxylique. 0n indogène.

C'est en s'oxydant que l'acide indoxylsulfurique CsrTAzS0\ donne les divers dérivés : dioxindol , Irioxindol CsIFAz03 , isatine,

C6H4 C 4ztj ^ CO (anhydride du lrioxindol), enfin l'indigo rouge et les

autres corps qui colorent les urines. Nous verrons comment on extrait Yindogène, ou acide indoxylsulfurique, qui lui-même est incolore.

C'est à la décomposition par les acides chlorhydrique ou sulfurique des dérivés oxydés de l'indogène et de son homologue, Y acide scaloxylsulfurique (2), que l'urine doit de se colorer en violet ou en rouge, lorsque après l'avoir acidifiée, on la laisse s'oxyder à l'air, ou lorsqu'on la traite par une trace de chlorure de chaux. L'indigo qui dérive de cette oxydation s'élève d'après Jaffé de 0gr,003 à 0gr,O27 par litre d'urine, quantité plus que vingtuplée dans l'urine des chevaux et autres herbivores.

L'urorubine, l'uroroséinc et l'urpérythrine se rapprochent beaucoup de l'indigo urinaire.

Indogène. — Vindogène ou acide indoxylsulfurique CIFAzSO'. dont on vient de voir l'origine et les rapports avec l'indol, a été découvert dans les urines par Baumann. Il y existe à l'état de sel de potassium. Par ébullition avec les acides étendus il se dédouble en sulfate acide de potassium et indoxyle :

(') On l'avait à tort rapproche de Yindican de Schunck, glucoside de l'indigo, du pastel cl d'un certain nombre d'autres plantes. Mais l'acide indoxylsulfurique n'est pas nu glucoside et ne doit pas être confondu avec ces substances qui ne se rencontrent pas dans les urines.

(2) Mcistcr, Zeilsc/i. plnjs. Chcm., XII, 130.

PIGMENTS URINAIllES.

C8U»(0-S0»K)AzH + H°-0 = C8IIU(0I1)A/ + S0*K1I Indogénatc do potassium. Indoxylo.

L 'indogène constitue donc le dérivé sulfurique de l'indoxyle. Mis en liberté, l'indoxyle se sépare sous forme de gouttelettes oléagineuses qui ne tardent pas à se transformer en une matière colorante rouge. En même temps il s'oxyde et donne de l'indigo :

2CM«(0U)Az + 02 = OII'°Az*02 + aUaO [ndoxyle. Indigo.

Dissous dans l'eau et chauffé à 130", l'indoxyle donne un mélange d'indigo et d'un pigment rouge spécial.

Sous l'influence des oxydants faibles (perchlorurc de fer, traces de chlorure de chaux, etc.) il se convertit intégralement en indigo. L'indoxylsulfate de potassium résiste à chaud à l'action des alcalis.

L'acide indoxylsulfurique doit être rapproché de l'acide phcnylsulfurique C6H4(OH)S03H qui existe aussi normalement dans les urines en petite quantité et qui augmente beaucoup lorsqu'on ajoute du phénol aux aliments. On sait que lorsqu'on fait usage d'une médication phénoliquc ou créosotée les urines tendent à se charger d'un pigment vert ou brunâtre qui dérive de l'oxydation de ces phénols. De même l'acide indoxylsulfurique en s'oxydant dans l'économie, donne naissance aux pigments rouges ou bruns dont nous parlions plus haut et qui dérivent de l'oxydation de l'indoxyle.

D'après Jaffé, nous éliminons, par litre d'urine normale, une quantité d'indogène répondant à 0S',0066 d'indigo (maximum normal 0gr,0195). Cette quantité varie avec l'alimentation : Muller a trouvé, pour le chien, que si l'on représente par 1 l'indogène éliminé lorsqu'on le nourrit de pois, cet indogène monte à 1,9 avec les féculents; à 6,6 dans l'inanition; à 11 avec une nourriture exclusivement animale. Il disparaît presque avec une alimentation purement lactée, les microbes intestinaux producteurs d'indol disparaissant alors ou devenant inertes. Au contraire, l'injection d'indol sous la peau ou dans les veines fait aussitôt apparaître une proportion considérable d'indogène. 11 en est de même si l'on absorbe de l'orthonitrophénylpropiolate de soude.

Urorubine. — A côté de l'indogène, existent dans les urines normales d'autres matières de même constitution qui en dérivent par leurs degrés d'oxydation et qui, décomposées comme l'indogène par l'acide chlorhydrique, donnent des pigments analogues à l'indoxyle et à l'indigo. L'un d'eux, Y urorubine, a été séparé par Plosz des urines normales, mais surtout des urines de néphrétiques et de péritoniques. On chauffe ces urines avec de l'acide chlorhydrique, on les agite avec de

l'éther, on filtre, évapore la solution éthérée, on lave le résidu avec de l'eau, reprend pur l'éther et agite avec de la potasse qui s'unil à l'urobiline et laisse Vurorubine dissoute. Il suffi! de distiller l'éther pour obtenir ce pigment sons forme d'une masse rouge, cassante, insoluble dans l'eau, soluble en rouge cerise dans l'alcool, l'éther et le chloroforme, décomposable par les acides minéraux.

Pigment de Giacosa. — L'urine normale est précipitée par l'acétate de plomb, filtrée, privée de plomb par H*S et, après ébullition el refroidissement, additionnée de presque son volume d'acide chlorhydrique. Le mélange devenu rose est agité avec de l'alcool amylique. Celui-ci s'empare peu à peu d'une matière rouge rubis. On enlève l'acide en agitant la solution avec de l'eau et Ton distille l'alcool amylique. Le résidu lavé à l'eau ammoniacale, puis à l'eau pure, est sèche et repris par l'éther. L'évaporation de la solution éthérée laisse une substance brune qui finit par cristalliser dans le vide. Elle fond à 100°-120° en perdant un peu d'alcool amylique. Ses solutions dans l'éther ou l'alcool n'offrent pas de bandes d'absorption. Ce pigment donne 0,45 pour 100 de cendres presque entièrement formées d'oxyde ferrique.

Scatol et acide scatoxylsulfurique C9II9AzS0\ — On sait qu'à côté de l'indol les excréments contiennent son homologue supérieur le scatol C°H9Az (Cours de Chimie, t. II, p. 060). L'éther sulfurique acide de son dérivé oxygéné, l'acide scatoxylsulfurique, se retrouve dans les urines; il a la même origine intestinale que l'acide indoxylsulfurique. Administré aux animaux, le scatol passe à l'état d'acide scatoxylsulfurique.

L'oxydation du scatol et de l'acide scatoxylsulfurique fournit les diverses variétés de pigments urinaires dont nous venons de parler.

Acide kynurénique C10H7AzsO + HîO. — Il est bon de signaler cet acide en passant, quoiqu'il n'ait été rencontré que dans les urines du chien. On en connaît aujourd'hui la constitution et l'origine (p. 250). On rappelle que l'acide kynurénique est un des acides oxyquinoléinecarboniques.

M. Marchai a trouvé dans les urines des crustacés un acide oxycarbopyridique qui lui correspond (').

(') Acide urocanique, C12II12Az404 + 11*0. Jaiïé l'a rencontre accidentellement dans l'urine d'un chien; on peut l'extraire comme l'acide kynurénique. Il cristallise en longue? aiguilles incolores. 11 se dissout assez facilement dans l'eau bouillante. 11 s'unit à la fois aux acides et aux bases. Sous L'influence des alcalis, il fond à 212°. Il se dédouble en acide carbonique et en une base peu connue, Vurocanine, suivant l'équation : ClsIIlsAz*0* = ÇMH4*Az*0 + COs + 11S0.

Acide urocanique. Drocnnine.

Sa constitution a donc quelque analogie avec celle de l'acide kynurénique.

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