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MATIÈRES AZOTÉES OU SULFURÉES DIVERSES DES URINES NORMALES

Albumines urinaires. — On peut, dans quelques cas, trouver dans les urines normales, ou presque normales, une très faible quantité d'albumine. Leube, en examinant 119 jeunes soldats bien portants, soumis le matin à une marche fatigante, en a trouvé 4 sur 100 légèrement albuminuriques avant la marche et 16 sur 100 après; le soir l'albumine avait disparu chez tous. Fùrbringer sur 61 enfants de 3 à 6 ans pris dans une école, a trouvé 11 fois leurs urines albumineuses le matin. On ne connaît pas la cause de ces albuminuries passagères. On a invoqué l'influence des affections morales ou nerveuses, la fatigue et surtout les refroidissements, les bains froids. On trouve aussi fréquemment dans l'urine une substance du groupe des nucléoalbumines.

Corps azoté de Baumstark. — On a signalé dans l'urine la présence d'un corps répondant à la formule C'IPAzO2. Il s'obtient de la façon suivante : On évapore 40 litres d'urine à consistance de sirop et on les précipite par l'alcool absolu, le résidu de l'évaporation de ce dissolvant est agité avec de l'éther qui enlève l'acide hippurique ; on dissout le résidu et précipite ensuite par l'acétate de plomb ammoniacal ; le dépôt plombique est décomposé par IPS et la liqueur est, après ébullition, filtrée et évaporée. L'alcool enlève un peu d'urée à l'extrait et laisse une substance insoluble qu'on peut faire cristalliser dans l'eau chaude. Elle répond a la formule C'IFAzO3. Ce corps s'unit aux acides et non aux bases, précipite par le nitrate mercurique, et donne de l'acide sarcolactique par i'acide nitreux.

Ferments de l'urine. — La présence de ferments solublcs a été constatée dans l'urine. A. Béchamp, Cohnheim, Grùtzner ont extrait de l'urine normale un ferment apte à saccharifier l'amidon {néphrozymase Be fiéchamp). Ce dernier auteur l'extrait en précipitant l'urine par l'alcool. Grùtzner emploie un procédé préférable : se fondant sur la propriété que possède la fibrine de fixer comme une teinture les ferments solnltles, il plonge dans l'urine des flocons de fibrine fraîche, les en retire après (|iiel(|iies heures, les lave à l'eau, et les pion °~e dans une liqueur d'amidon qu'ils saccharifienl.

La présence constante de ce ferment dans I urine de L'homme en quantité pins on moins grande à été établie par les recherches d'IIolovtschiner, deGehrig, d'Hoffmann, de Griitzner. D'après ces auteurs, l'urine serail parti culièremenl riche en ferment saccharifiant quatre ou cind heures après le repas, el pauvre au momenl même du repas.

L'urine normale contient de la pepsine d'après Sahli, Gehrig, Hoffmann, Léo, etc. Pour la mettreen évidence, Sahli plonge dans l'urine quelques flocons de fibrine fraîche; après plusieurs heures, il les en relire, les lave à Tenu, cl les mel en digestion à 10" avec de l'eau acidulée de 2 peur KM) d'acide chlorhydrique : celte fibrine ne larde pas à être dissoute et peptonisée. L'urine du matin est la plus riche en pepsine; l'urine émise quelques heures après le repas est la plus pauvre.

La caséase a été reconnue dans l'urine par Holovtschiner, Helwes, Boas, Griitzner, etc.; sa quantité est toujours petite; ses variations ne semblent pas soumises à des lois régulières comme celles de la pepsine et de la diastase saccliariliantc.

L'urine ne contient pas de trypsine ainsi que l'ont établi les recherches de Kûhne, Léo, Hoffmann, Griitzner, Stadelmann, Neumeister^ Àrthus et Huber.

Corps sulfurés organiques divers. — Outre les corps sulfurés minéraux et les acides indoxylsulfuriques et scatoxylsulfu-, ruines dont nous avons parlé, l'urine contient encore plusieurs autres acides de même nature et des corps sulfurés neutres dont on va dire quelques mots.

Acides phénols-suif uriques. — Nous avons vu que les acides phénol- et crésol-sulfuriques ont été découverts dans les urines par Baumann en 1876, et qu'il les a identifiés avec les anciens acides tau-ryliques et damaluriques de Staedeler. Ces acides sont plus abondants chez les herbivores que chez les carnivores. Ils proviennent en partie, des phénols alimentaires ou des substances qui peuvent leur donner naissance, comme la tyrosine, en partie de ceux qui, produits dans l'intestin, sont résorbés et passent dans le sang. L'acide sulfuriquc uni aux phénols forme à peu près la 10° partie de l'acide sulfurique urinaire total.

C'est surtout du paracrésolsulfale de potassium qui se rencontre dans les urines, avec très peu d'ortho- et de méta-crésolsulfale.

Après l'ingestion du phénol ou du crésol, on trouve dans les urines non seulement les phénols-sulfates correspondants, mais aussi la pyroj eatéchine et l'hydroquinonc en partie unies à l'acide sulfurique à la facondes autres phénols. On rencontre même à coté de ces corps un peu d'acide protocatéchique.

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