‹ Leçons de chimie biologique, normale et pathologiqueChapitre 335 sur 467 · MATIÈRES AZOTÉES D'IMPORTANCE SECONDAIRE DES URINES NORMALES. COU · texte numérisé non relu

MATIÈRES AZOTÉES D'IMPORTANCE SECONDAIRE DES URINES NORMALES. COU

D'après Munk, un homme adulte excrète ainsi journellement de ."> à 17 milligrammes de phénol: suivant Brieger, de 30 à 280 milligrammes,

Acide sulfocyanhydrique. Gschleiden, puis Munk, ont pu extraire des urines riormales près de 10 milligrammes d'acide sulfocyanhydrique à l'état de sel de plomb. Gschleiden admet que les urines normales contiennent 3 milligrammes par litre de sulfo cyanure de potassium. Pour le rechercher, on précipite les urines par la baryte, on filtre, on évapore, et reprend le résidu par l'alcool. L'extrait alcoolique distillé est traité par l'acétate de plomb qui précipite l'acide sulfocyanhydrique.

Corps sulfurés neutres des urines. — Lorsqu'on a décomposé les acides phénol-sulfurique et crésol-sulfurique de l'urine en la faisant bouillir avec un acide minéral étendu, si l'on ajoute à la liqueur du chlorure de baryum et qu'on filtre, il n'y reste plus trace de sulfates ni d'acides sulfoconjugués. On peut alors observer que l'urine contient encore du soufre sous forme de corps organique : en effet, si l'on évapore et calcine avec du nitrate de potasse l'extrait urinaire ainsi obtenu, le produit de cette calcination, repris par l'eau acidulée, précipite de nouveau très sensiblement le chlorure de baryum. A l'état normal, Salkowski estime à environ 16 ou 17 pour 100 du soufre total le soufre neutre des urines (cystine, taurine, sulfocyanures, etc.). Lépine et Flavard ont obtenu des résultats analogues Chez les chiens nourris de viande, le rapport du soufre neutre au soufre acide est : : 1 : 2 au lieu de 1 : 3 ou 1 : 4 que l'on a pour une alimentation moyenne.

Dans ces corps organiques sulfurés neutres, le soufre paraît se trouver sous deux états : en effet, après qu'on a privé les urines de sulfates, on remarque qu'une partie du soufre s'oxyde facilement par l'eau de brome ou par un mélange de chlorate de potasse et d'acide chlorhydrique. Une antre ne s'oxyde ainsi cpie très difficilement, comme le ferait le soufre i de la taurine. Cette seconde portion semble être originaire du foie.

Matières extractives urinaires; — Ptomaïnes. —

I D'après Voit, le poids de l'azote contenu dans les urines sous une autre forme que celle d'urée peut s'élever à près de 12 grammes par jour. On peut penser que ce chiffre doit être fortement réduit lorsque l'alimentation est normale et non excessive, mais il n'en est pas moins certain qu'une certaine quantité de substances organiques azotées filtrent par les reins sans passer à l'état d'urée ni de corps cristallisablcs tels que les acides in ique et hippurique, ou la créalinine. On donne à ces corps peu connus le nom de maiières exlraclives.

Ces substances ont été examinées à deux reprises différentes dans

(') /{eu. de méd., 1881, p. 27.

A. fiauticr. — Chimie biologique.

niDii laboratoire, en 1878 par M. G. Pouchet, en 1890 par M"" Eliacheff. M. (i. Pouchel sépare par les méthodes classiques Unis les corps cristallisables des urines (précipitation successive par BaO*}lt,aq, acétate de cuivre, alcool, acide oxalique, dialyse, etc.); après séparation de tous les composés connus ainsi que des réactifs ajoutés, il obtienl une niasse sirupeuse, incristallisable, fluorescente en vert, colorée en brun rou geâtre clair, qui ne précipite que par le sous-acétate de plomb cl les nitrates mercureux et mercurique. Celle substance répond à l'état brul •i peu près à la formule d'une leucéinc C"HM lAzO*. Elle esl lies vénéneuse et détermine, lorsqu'on l'injecte aux animaux, une paralysie rapidement mortelle.

Mme Eliacheff a procédé autrement. Les urines normales sont soumises à la dialyse continue durant le froid de l'hiver et après addition de quelques gouttes de sulfure de carbone pour enrayer toute putréfac^lion. Quand il ne passe plus ni sel marin, ni urée, on sépare le produit non dialysable. 42 litres d'urine en ont fourni 5gr,8 à l'état sec, soit 0e', 138 par litre. Cet extrait forme une masse vitreuse, dure, colorée en brun, très soluble dans l'eau, hygrométrique, acide. Son pouvoir ( ('durleur est très prononcé. Le réactif de Bouchardat (1K -h F) ne trouble pas ses solutions. Cette substance réduit le chlorure de platine. Elle contient une trace de sels minéraux. L'analyse centésimale a donné C = 60,75 :

11 = 9,37; Az= 10,94; 0 = 12,54 ; Pb = 3,00; S = 3,40pour 100. Si l'on fait abstraction du phosphore et du soufre, cette composition conduirait à la formule brute Cir>HHAz!02 ; ou, si l'on en tient compte, a CS2H96Az808PS. Injecté aux animaux, ce produit est toxique : on observe du myosis au début, des troubles de la sensibilité: à la fin, abolition de toute motilité, mydriase, mort avec congestion pulmonaire, ecchymoses, cœur en diastole (').

Suivant Adducof), on peut extraire par l'éther des urines normales, après le repos ou le sommeil, mais surtout après la fatigue, une base très toxique qui n'est pas la choline. Elle provoque chez les animaux des phénomènes d'excitation suivis de dépression.

Des ptomaïnes existent dans les urines normales en très faible proportion. On peut les retrouver par les méthodes que j'ai données ailleurs.

Toxicité urinaire. — Lorsqu'on injecte de l'urine dans les veines, on détermine la mort de l'animal avec des phénomènes manifesj tement toxiques (convulsions, hypothermie, myosis, etc.). La propriété des urines de produire le myosis disparait rapidement à 100".

Il ne paraît pas y avoir de relations certaines entre la toxicité des

(') Soc. de bioloq., 10 mai 1891.

P) Arch. ilal. biolog., IX, 203 cl X, I.

PRINCIPES NON AZOTÉS DES URINES NORMALES. (ill

urines et l'intensité des putréfactions intestinales on l'excès d'urochrome urinaire (Mairet). Les quantités d'albuminoïdes ingérés n'augmentent pas celle toxicité; un régime de lait et d'hydrates tic carbone la diminue. L'excès des aliments el l'alcool l'augmentent, aussi bien que le régime lacté absolu. L'anémie musculaire n'accroît la toxicité que lorsqu'elle esl poussée jusqu'à la fatigue.

D'après Bouchard et Chnirin, la toxicité des urines est représentée pour trois quarts par leurs sels de potasse, et pour un quart par leurs matières organiques. Les substances colorantes sont de beaucoup les plus actives (Mairet). Après elles viennent les matières extractives. parmi lesquelles il faut compter d'une part les bases ou ptomaïncs urinaires, de l'autre les substances non. dialysablcs ou difficilement dialysables et ces corps azotés mal connus qui agissent à la façon du curare (').

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