‹ Leçons de chimie biologique, normale et pathologiqueChapitre 42 sur 467 · PRINCIPES CONSTITUTIFS DES ÊTRES VIVANTS · texte numérisé non relu

PRINCIPES CONSTITUTIFS DES ÊTRES VIVANTS

Elles contiennent toutes d'une façon constante du carbone, de L'hydrogène, de l'azote, do l'oxygène et presque toutes du soufre. Très nombreuses, 1res différentes d'aspect et de propriétés, le plus généralemeni incristallisables, etc., elles ont toutefois nue composition el des caractères communs <|ui les ont fait de tout temps reconnaître el ranger en une môme grande famille naturelle. Elles existènl dans toul plasma, dans toute cellule, et y subissent d'incessantes el délicates transformations. Associées aux matières minérales, elles forment la trame organisée, essentiellement active, des tissus vivants.

II. Les substances azalées non, albuminoïdes . — Celles-ci, comme les précédentes, contiennent du carbone, de l'hydrogène, de l'azote el de l'oxygène; très rarement on y trouve du soufre. Elles dérivent des substances protéiques, dans l'organisme ou en dehors de lui, par une suite d'hydratations, de dédoublements, d'oxydations, de fermentations, etc. Elles sont généralement cristallisables. On les subdivise en : (a). Uréides (acide urique, alloxane, allantoïne, etc.). — (b). Composés basiques ou leucomaïnes (çréatine, xanthine, adénine, carnine, etc.). — (c). Amidcs et acides amidés (urée, acide hippurique, tyrosine, taurine, etc.).

III. Les substances binaires ou ternaires non azotées. — Ces -matières exemptes d'azote contiennent toutes du carbone, de l'hydrogène, et le plus souvent chez l'animal, de l'oxygène. Elles se subdivisent en : (a). Hydrates de carbone et congénères (saccharose, amidon, glycogène, cellulose, mannile, inosite, etc.). — {b). Corps, phénoliques el hydrophérioliques (phénols, sulfophénols, acides oxybenzoïques, camphres, etc.). — (c) Corps gras et analogues (graisses, cires, etc.), — (d). Composés acides (acides gras, acides lactique, tartrique, mu-cinique, oxalique). — (e). Hydrocarbures (gaz des marais, essence de térébenthine et analogues). Ces dernières substances n'ont quelque importance que chez les végétaux.

IV. Les matières minérales. — La principale est Veau, qui foi'

des trois quarts aux quatre cinquièmes du poids de l'animal, et sans laquelle toute action chimique, tout fonctionnement, toute vie s'arrête. Les principales autres matières minérales sont les sels de sodium, de potassium, de calcium, de magnésium, à l'état de chlorures, phosphates, sulfates, carbonates, avec une très faible proportion de silicates et des traces de fluorures.

Les quatre groupes précédents comprennent tous les principes qui composent, les êtres vivants. Ceux du premier et du dernier groupe sont les espèces réellement constitutives de la cellule, absolument indispensables à son fonctionnement. Ceux des deuxième et troisième groupes les accompagnent généralement; ce sont souvent des prodwife de

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l'activité cellulaire ou des réserves. Plusieurs sont directement apportés par les aliments, d'autres sont issus par dédoublements, fermentations, oxydations, etc., des matières albuminoïdes du premier groupe. Ces principes, différemment des précédents, semblent destinés à alimenter l'économie en tension chimique, transformable en force mécanique ou chaleur, sans jamais faire, intimement partie de la trame agissante et vivante des tissus; d'autres sont déjà des produits de désassimilation, aptes quelquefois à faire bénéficier la cellule d'un reste d'énergie, à participer à des synthèses secondaires, à concourir à l'accomplissement des fonctions, à assurer l'assimilation, la digestion, à protéger mécaniquement les organes, etc.; d'autres enfin, comme l'urée, l'acide urique, l'acide carbonique, sont des produits d'excrétion définitive.

Dans cette étude des matériaux définis de l'économie, nous commencerons par l'examen des substances protéiques, parce que c'est d'elles que toutes les autres dérivent ou peuvent dériver. Dans l'économie, comme sous l'action des réactifs, nous les verrons se dédoubler, se simplifier par degrés successifs, donnant d'abord des corps protéiques plus simples, albumoses et peptones, puis des substances encore complexes mais qui ont perdu les caractères albuminoïdes, fournissant enfin, par des dédoublements plus avancés, des corps azotés cristallisables : uréides, acides amidés, etc., puis enfin, par hydratation ou oxydations plus avancées encore, des corps exempts d'azote. En conformant notre exposition à la marche de ces simplifications successives de la matière prôtéique telle qu'elle se poursuit dans nos tissus, nous nous laisserons conduire par la suite naturelle des transformations de ces albuminoïdes et par l'ordre naturel d'apparition des produits de plus en plus simples qui se succèdent dans la cellule. De l'analogie et quelquefois de l'identité des corps fournis par les albuminoïdes durant la vie ou in vitro sous l'influence des réactifs, nous serons peu à peu amenés à entrevoir l'identité des réactions qui les provoquent, soit qu'elles se passent dans nos appareils de laboratoire, soit qu'elles naissent et s'accomplissent dans la cellule vivante elle-même. Ainsi nous parviendrons à saisir quelques-unes des lois de ces transformations.

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