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HYDRATES DE CARBONE - CORPS GRAS

plus complexes auxhydrates de carbone. Elle est originairement issue d'une substance albuminoïde analogue à la chondrine, qui se transforme successivement en acétylamidoglucose, en glucosamine, et enfin en glycose.

La matière amyloïde (p. 118) que l'on trouve dans les produits de dégénérescence qui portent ce nom, et la colloïdine des kystes colloïdes (p. 157), paraissent être aussi des corps intermédiaires entre les collagènes et les hydrates de carbone.

Soit que les hydrates de carbone apparaissent dans l'économie animale comme des produits de dédoublements et de transformations régressives des albuminoïdes, soit que l'alimentation les fournisse directement, ils sont destinés à disparaître par une combustion graduelle ou totale. Tantôt ils sont dédoublés en deux molécules d'acide lactique, comme dans les muscles pendant la fatigue, tantôt en alcool et acide carbonique, l'alcool se brûlant ensuite à son tour ou apparaissant en petite quantité dans quelques sécrétions telles que le lait, les urines; tantôt ils sont transformés en acide carbonique, acide butyrique et eau :

C6H«06 + 09 = OIKM + 2C0S + aH20

Glycose. Acide butyrique.

tantôt en acide butyrique, carbonique et hydrogène ; ou bien en acides tartrique, tartronique, acétique, formique, oxalique, etc., comme lorsque la glycose s'oxyde in vitro en milieu alcalin.

Rien n'autorise toutefois à penser que les acides non azotés de l'économie animale : acides lactique, butyrique, oxalique, succinique, etc., encore moins les acides gras, soient toujours des produits de l'oxydation des hydrates de carbone. Il est, en effet, démontré que ces acides et leurs isologues se forment dans la destruction des albuminoïdes par hydratation directe, comme au cours des fermentations anaérobies.

CORPS GRAS

Des matières grasses peuvent apparaître chez l'animal dans presque tous les tissus et toutes les cellules, surtout lorsqu'elles vieillissent ou dégénèrent; mais les graisses normales se produisent particulièrement et régulièrement, et se mettent en réserve, dans le tissu adipeux qui chez ranimai représente la trentième partie environ du poids du corps.

Chez les animaux, les graisses ont plusieurs origines : l'animal assimile les corps gras de ses aliments; il transforme en graisse les hydrates de carbone qu'on lui fournit ; il retire une partie de ses graisses de la destruction des albuminoïdes.

a. 11 animal assimile les corps gras de ses aliments. — Les matières grasses des aliments, absorbées par la muqueuse de l'intestin grêle,

modifiées en partie dans les ganglions niésenlériques et déversées dans le torrent circulatoire par les vaisseaux lymphatiques, se fixent dans b;s divers tissus et particulièrement dans le tissu conjonclif non sans y être sensiblemenl modifiées.

On a essayé d'établir sur des preuves expérimentales l'origine alimentaire d'une portion des graisses de réserve. IJofmann soumit un chien au jeûne jusqu'à disparition totale ou presque totale des graisses de ses tissus; puis il lui lit consommer une alimentation très riche en matières grasses et très pauvres en substances protéiques. En sacrifiant l'animal, il trouva dans ses tissus une quantité liés notable de graisses, trop grande pour avoir pu dériver de la quantité minime de substances protéiques ingérées en même temps.

Voici une autre preuve. Après avoir dégraissé autant que possible un chien par le jeûne, Munk lui donne une alimentation très riche en huile de colza; cette huile contient d'une part un acide particulier, l'acide érucique (C22H4202), de l'autre, beaucoup d'acide oléique et peu d'acide palmitique et stéarique. L'animal étant sacrifié, on trouva dans ses tissus l'acide érucique qui n'y existe pas normalement, et une graisse beaucoup plus fluide que la graisse normale du chien, contenant beaucoup plus d'acide oléique que la graisse de cet animal.

Lcbedeff en nourrissant deux chiens, l'un avec de l'huile de lin, l'autre avec du suif de mouton, constata que la graisse du premier était encore fluide à 0°, tandis que la graisse du second ne fondait qu'à 50°.

Ces faits montrent très nettement l'influence de la nature des graisses alimenta taires sur les graisses des tissus.

Mais inversement l'organisme animal possède la propriété de modifier dans une certaine mesure les graisses de ses aliments et de fabriquer les graisses normales de ses tissus. Le mouton gras met en réserve dans son tissu cellulaire une graisse peu fusible, très riche en stéarine, très pauvre en oléine; dans sa queue une graisse très riche en oléine et butyrine. Le cheval fabrique une graisse très fusible, riche en oléine, pauvre en stéarine. L'un et l'autre avec la même nourriture.

En résumé les animaux peuvent fixer dans leurs tissus les matières grasses contenues dans leurs aliments, sans les transformer ou après les avoir modifiées. La nature du corps gras déposé dans les tissus dépend beaucoup de l'espèce animale, un peu de la nature des corps gras ingérés, enfin des organes mêmes où ils se fixent.

b. V animal transforme en graisse une partie des hydrates de carbone qu'on lui fournit. — Il y a longtemps que Huber de Genève fit remarquer que le sucre suffit aux abeilles pour faire leur cire. Dumas et W. Milne-Edwards établirent définitivement que ces insectes, nourris seulement de sucre, produisent une quantité de cire triple de celle qui.

ORIGINE ET SORT DES GRAISSES. 761 au début de l'expérience, est contenue dans leur organisme. Persoz et Boussingault démontrèrent, sur les oies et les porcs, que des aliments riche, surtout en matériaux amylacés, tels que les pommes de terre, produisent chez ers animaux une quantité de graisse très supérieure a celle qui préexistait dans leur alimentation. 11 faut donc que L'excès au moins se soit formée aux dépens des hydrates de carbone ou des albuminoïdes. D'autre part Gilbert et Lawes ont établi que les animaux de ferme ne s'engraissent pas, ou mal, si on ne leur fournit que des corps azotes; qu'on ajoute au contraire à leur alimentation des hydrates de carbone, et ces mêmes animaux se chargeront aussitôt de graisse. Enfin Henneber« et Stohmann ont prouvé par de nombreuses observations sur les bœufs que ces ruminants, nourris de foin et de paille, digèrent à peu près la moitié de la cellulose qu'ils ingèrent, et qu'on retrouve dans leurs organes sous forme de corps gras. Chaniewsky, dans ses expériences plus récentes sur les oies, a montré que 70 à 85 pour 100 de la graisse de ces animaux provient des hydrates de carbone de leurs aliments. Enfin Fùrstenberg a établi que le régime le plus approprié à l'engraissement est celui qui pour une partie d'albuminoïdes contient 3 parties d'hydrates de carbone.

Les expériences suivantes établissent avec la plus grande netteté qu'une partie des graisses dérive des sucres et amidons. Tscherwinsky prend 2 petits porcs de 10 semaines de même portée et de même poids et sacrifie l'un pour connaître la quantité de graisses et de substances protéiques de ses tissus. L'autre est nourri pendant 4 mois avec de l'orge : on connaît la quantité ingérée d'orge et sa teneur en matières grasses et en substances protéiques. L'animal étant sacrifie on détermine sa teneur en substances grasses et protéiques. Or, en supposant que toute la graisse contenue dans l'orge ait été fixée dans les tissus de l'animal, en admettant que toutes les substances protéiques contenues dans l'orge consommée aient été fixées à l'état de substances protéiques ou de matières grasses, il restait encore plus de 5 kilogrammes de graisses dont l'origine n'était pas justifiée; ces 5 kilos de graisses ne pouvaient provenir que des hydrates de carbone de l'alimentation.

Des expériences reposant sur d'autres méthodes ont été faites par Meissl et Strohmer sur le porc adulte, par Rubner sur le chien. Elles conduisent aux mêmes conclusions.

On sait que dans le fruit de l'olivier la mannite se transforme en corps gras par perte d'eau et d'acide carbonique. Un mécanisme fort analogue préside chez les animaux à la production des graisses aux dépens des hydrates de carbone, soit que ceux-ci s'oxydent partiellement en perdant de l'eau et de l'acide carbonique, soit qu'ils se dédoublent directement comme l'indique l'équation :

i3C°H'20« s= C5SIh°»0c + a3 CO* + 2G1J20

Clycose. Olôostéaroraargarine.

Sous l'action des ferments saponilicatcurs les graisses se dédoublent bientôt en glycérine et acides gras et les acides ainsi produits se détruisent à leur tour dès <|u'ils entrent, dans le sang, en combinaison avec les alcalis :

C21I*02 + 40 — aCO* + al*0

Acide :icrlii|iii'.

Il est certain d'ailleurs que les corps gras et les acides gras peuvent se produire aux dépens du sucre pur, et à l'abri de toute intervention de l'oxygène. C'est ce qu'établit l'examen du produit de la rie des cellules de la plupart des ferments et levures qui s'organisent à l'abri de l'air; en particulier lors de la fermentation vineuse des sucres, les levures de vin forment des graisses aux dépens des glycoses el sécrètent môme de la glycérine libre en excès.

Chez les animaux supérieurs, les sucres peuvent se détruire suivant un mode spécial à chaque sorte de cellule, comme ils se dédoublenl différemment dans les protoplasma de chacun des ferments spécifiques.

c. L'animal emprunte une partie de ses graisses à la désassimilation des substances protéiques. — Hofmann a démontré très nettement eelte vérité chez des invertébrés. Il recueille des œufs de muscida vomitoria, et dose la quantité de matières grasses qu'ils contiennent; puis il dépose des œufs semblables sur du sang dont la teneur en graisses a été déterminée. Les larves se développent, et leurs graisses sont ensuite dosées. La quantité de substances grasses de nouvelle formation est telle que leur apparition ne saurait être expliquée que par la transformation des principes protéiques du sang en matières grasses.

On ne saurait du reste mettre en doute la remarque presque vulgaire qu'une alimentation riche en viande contribue à l'engraissement. Subottin et Kemmerich, en soumettant des chiennes au régime de la viande pure, ont montré qu'elles continuaient à produire abondamment du lait et du beurre, et même que celui-ci diminuait dès qu'on remplaçait la viande par des hydrates de carbone. Tscherinoff a fait engraisser des poulets en les gavant avec des albuminoïdes préalablement épuisés de graisse par l'éther. Enfin, Pettenkoffer et Voit ont établi que lorsque, le poids des hydrates de carbone de l'alimentation restant constants, on fait croître la quantité d'albuminoïdes ingérés par le Carnivore, la graisse fixée croît proportionnellement :

Hydrates de carbone Viande fournie Graisse Gxôc.

ingérés. à l'organisme. —

079 grammes. 211 grammes. 24 grammes.

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