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CORPS AROMATIQUES

Nous avons vu plus haut que l'acide benzoïque, l'acide hippurique, l'acide kynurénique, les acides pyridinecarbonique , etc., peuvent se produire directement par oxydation de certains termes de dédoublement des albuminoïdes. Ce ne sont pas là les seules substances aromatiques que fournissent nos tissus et nos excrétions : les tyrosines, la cholestérine, les acides biliaires, les phénols, sont autant de corps de la grande série cyclique dérivant aussi des substances protéiques.

J'ai dit, en parlant de la constitution de ces derniers principes, ce que je pense du rôle que les tyrosines jouent dans la plupart de leurs molécules (p. 65) et de la facilité avec laquelle ces substances s'en détachent par hydratation, par exemple, lors de la peptonisation trypsique ou de l'hydratation en vase clos.

Les tyrosines ne résultent donc pas nécessairement d'une oxydation, comme on le croyait généralement avant Schutzenberger et nous-mème. On aurait pu remarquer déjà qu'elles se produisent par la putréfaction directe des albuminoïdes à l'abri de l'air et dans un milieu très réducteur.

Une fois formées dans nos cellules elles disparaissent en perdant de l'ammoniaque qui concourt à la formation de l'urée, puis donnant successivement de l'acide hydroparacoumarique C6fl< ch*-CH*-C(M ' de V acide paroxyphénylacétique C«JI< cJ^COaH , de V acide paroxijbenzoïque C«H<-^w> enfin du phénol C6HB(OH) que l'on trouve surloi 1 1 à l 'état de phénolsulfate de potasse OT • 0 • SO2 • OK dans les urines.

Même origine pour le crésol qui dérive par perte de COs de Vacidr paroxyphénylacétique et qui s'uuissant aussi à l'acide sulfurique pour donner l'acide crésolsulfurique, s'élimine sous cette forme.

Quant aux acides indoxyl- et scatoxyl-sulfuriques, ils proviennent, on

ORIGINE DES CO II PS AROMATIQUES î DES ACIDES DIVERS. 777

\e sait, île l'union de l'acide sulfuàque résultant de l'oxydation du soufre des allmminoïdes à l'indoxyle ou au sealoxyle, dérivés eux-mêmes de l'oxydation de l'indol ou du scatol formés et résorbés dans l'intestin :

CEPAz + SOH* + 0 = C»HBAzS0* + H20

Scatôli Ac. sulfuriquo. Ac. ècatoxylsulfurlquov'

Les acides biliaires se forment dans les cellules hépatiques par la rencontre du glycocolle ou de la taurine (dont on a vu plus haut la genèse) avec l'acide cholalique. La réaction de Pettenkoffer, commune à ce dernier acide et aux substances protéiques, semble indiquer que les allmminoïdes contiennent tout formé le radical ou noyau qui donne naissance à l'acide cholalique. Toutefois, Lehmann et d'autres ont pensé qu'il pourrait provenir de la désassimilalion des graisses, hypothèse qui n'est pas en contradiction expresse avec la précédente, car nous avons vu que les graisses peuvent elles-mêmes directement résulter de l'hydratation des albuminoïdes.

Enfin , la cholestérine , alcool aromatique complexe , proviendrait, d'après A. Flint, de la désassimilation du tissu nerveux. Mais, on la trouve abondamment dans des milieux qui n'ont certainement pas de nerfs, comme le jaune d'œuf non fécondé (qui contient jusqu'à 1,75 pour 100 de cholestérine), le sperme, les globules rouges. Il est plus vrai de dire qu'elle se rencontre là surtout où les cérébrines etlécithines sont en abondance, et tout particulièrement dans la substance cérébrale et nerveuse. Elle est en grande partie éliminée avec la bile par l'intestin.

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