ACTION DES RÉACTIFS
arrive pour l'osséinë, Pélastine, le tissu épidermique. D'autres, telles que les matières albuminoïdes solubles (caséine, albumine, etc.) ouïes «lobulines insolubles, sont modifiées par les acides tirs affaiblis : ils transforment chacune d'elles en une substance, appelée syntonine où acidalbumine, de même composition apparente que Palbuminoïde primitif, mais qui n'est plus apte, lorsqu'on sature l'acide ajouté, à se retransformer dans le corps d'où l'on est parti.
Les acides plus concentrés coagulent généralement les albuminoïdes solubles, sans doute grâce à un phénomène de déshydratation. Plus concentrés encore, ils s'unissent, à eux et donnent des sels d'albuminoïdes peptonisés ('). A l'ébullition ils les hydratent plus profondément, et les dédoublent en donnant de la tyrosinc, de la phénylamine, des leucines et leucéincs, un peu de furfurol, des bases diverses (2) et même de l'urée.
Les acides minéraux moyennement étendus agissent, surtout aidés de la chaleur, en dédoublant les albuminoïdes d'une façon caractéristique. Si dans une solution de 20 gr. d'acide sulfurique dans 800 gr. d'eau on délaye 1 00 gr. d'albumine sèche et qu'on fasse bouillir quelques heures, l'albumine se dédoublera en deux substances principales de poids presque égal : l'une insoluble gélatineuse, qui se dessèche en une masse friable amorphe, c'est l'hémiprotéine; l'autre soluble, qu'on peut retirer des liqueurs après avoir enlevé l'acide sulfurique par la baryte, c'est Y hémialbumine, matière légèrement acide, de nature amidique, mais qui n'est plus albuminoïde (P. Schùlzenberger). Ces deux substances, et l'albumine d'où l'on est parti, répondent à la composition suivante :
„. . ... IT. • n Albumine
Hemiproteme. Ilcmialbumine. primitive.
Carbone 53,33 5o,o 53,
Uvdrosrène ■ 7>3i 7>° 7
Azote i4,i7 l3'4 l5'7
°"fnC \ *5,9 27,6
Soulie )
A côté de l'hémialbumine et de l'hémiprotéine ainsi formées, on peut trouver des substances analogues à la sarcine C3IPAz40 ; quelquefois aussi des corps de la famille du glucose (3).
L'hémiprotéine n'est attaquée que fort lentement par les acides minéraux étendus, qui la changent partiellement en une substance soluble dans l'eau et dans l'alcool, Vhémiprotéidine CMir2AzcO,2,lPO accompagnée de tyrosinc, leucine et homologues. Quant à l'hémialbumine
(») Voir Paal, IlitU. Soc. chim., série, 1. VIII. p. 1051, ci XIV, p. 207. (*) Bull. Soc. chim., :;- série, L III, p. 408, cl t. VI, p. 501 cl 502. 1 ludL. Soc. chim., L. XXIII, p. 171.
48 SUBSTANCES PROTEIQUES.
C,AH*°Az*0", une ébullition prolongée avec ces acides la l'ail (tasser, aussi bien que l'hémiprotéidine, à L'étal de leucine et de corps homologues ou analogues : acide aspartique G4H7AzO*, acide glutamique (lir'AzO1, etc. ('), c'est-à-dire sous forme de corps ainidés. Cette constatation suffirait à démontrer que les principes protéiques sont bien des nitriles, le premier stade de leur hydratation directe les transformant entièrement en amides.
En faisant bouillir les matières albuminoïdes avec de l'acide sulfuriijuc étendu (rime fois et demie seulement son poids d'eau, Erlenmeyer et Scliaeffer ont obtenu comme termes définitifs de leurs dédoublements les quantités de leucine et de tyrosine suivantes :
Leucine. Tyrosine.
Pour 100 parties d'élastine 35 à 4o o,a5
— de fibrine 14 0,8
— de s j 11 ton i ne 18 1,0
d'albumine d'œuf .... 10 1,0
— de eorne 10 3, G
Lorsqu'on maintient longtemps les matières albuminoïdes vers 100° avec de l'acide chlorbydrique à 20 pour 100 et un peu d'étain, on obtient trois bases : la lysatine, C6H13Az30s, et la lysatinine, C6HHAz30, (homologues supérieurs de la créatine et de la créatinine) et Yarginine C6HuAz*0s. Ces bases qu'on retrouve dans beaucoup de végétaux (semences de lupin, tubercules du navet, de la rave, du topinambour, etc. | mais en faible proportion, jouissent de cette remarquable propriété que, bouillies avec l'hydrate de baryte, elles se dédoublent en donnant une grande quantité d'urée. Démonstration évidente que celte dernière substance peut provenir de l'hydratation directe des matières albuminoïdes sans intervention aucune d'oxygène.
(c). Action des hases. — Les alcalis agissent sur beaucoup d'albuminoïdes solubles ou insolubles. Très étendus (1 à 2 gr. NafiÔ pour 1000 d'eau), ils transforment en 12 à 24 heures, et à froid, un grand nombre de matières protéiques en substances précipitablcs de leurs solutions alcalines par neutralisation exacte de la liqueur au moyen des acides, même les plus faibles, tels que les acides acétique ou carbonique. Ces substances nouvelles, elles-mêmes albuminoïdes, ont été nommées syntonines d'alcalis ou alcalialbumines, parc e qu'à la façon des syntonincs d'acides elles se précipitent lorsqu'on neutralise la liqueur.
A la dose de 2 à 3 pour 100 d'eau, les alcalis minéraux caustiques altèrent lentement, dès la température ordinaire, la molécule albumînoïde. Une partie se peptonise, une autre se modifie plus profondément :
[i] Bull. Soc. chim., 3'série, 1. XVI, p. 1073.