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ACTION DES RÉACTIFS

il se déga'ge un peu d'ammoniaque, il se fait de l'acide carbonique et peut-être oxalique, le soufre est en partie enlevé à l'état de sulfure alcalin et d'hyposulfite, et il apparaît des matières solublcs dans l'alcool fort, précipitant à froid l'acétate de cuivre ^et jouissant de propriétés faiblement basiques. Si l'on neutralise alors cette liqueur complexe, on en précipite la -protéine de Mùlder, matière mal définie que cet ancien auteur croyait être le noyau, ou radical commun, de toutes les substances albuminoïdes, noyau qui s'unissant, d'après lui, en proportions variables au soufre, au phosphore et aux sels, formait chacun de ces principes complexes. De là ce nom de matières protéiques qui est resté aux corps de cette grande famille et qui seul a survécu à cette fausse théorie.

En faisant agir les alcalis fondus sur les corps protéiques, il se dégage de l'hydrogène et de l'ammoniaque; il distille des ammoniaques composées, de l'aniline, de la picoline, du pyrrol C'WAz; il se fait de l'indol C8H7Az, du scatol, du phénol ; il reste des carbonates, formiates, butyrates, valérates, oxalates alcalins, un peu de tyrosine et de leucine, avec des traces d'homologues de cette dernière. De ces acides amidés dérivent à leur tour des acides gras et des bases telles que l'amylamine.

(cl). Action des sels. — La plupart des matières albuminoïdes sont unies dans nos tissus à la fois à de la (potasse, de la soude ou de la çhaux et à des sels chlorures alcalins et terreux, phosphates terreux, etc.), que la dialyse est impuissante à leur enlever entièrement. Certains de ces corps protéiques, insolubles à l'état naturel, se dissolvent dans les sels neutres : ainsi la musculine de la chair musculaire, la fibrine du sang (partiellement au moins), la vitelline de l'œuf, etc., se dissolvent dans le sel marin au 10e et donnent de vraies combinaisons instables, que l'eau dissocie et précipite. A l'inverse, les albuminoïdes solublcs, et leurs solutions salines étendues, peuvent précipiter en présence des sels en excès mais sans devenir insolubles pour cela : le sulfate de magnésie entraine la caséine du lait sous forme d'une substance emplastiquc, l'albumine, la globuline sont précipitées par le sulfate d'ammoniaque en excès sans s'y unir ni s'altérer, etc. La dialyse sépare ■ ensuite le sel minéral ajouté et met l'albuminoïde en liberté.

Les sels peuvent modifier plus ou moins ces mêmes matières en s unissant à elles ou déplaçant les parties minérales qui leur sont unies (comme il arrive avec la fibrine), souvent aussi en provoquant lentement des hydratations et des peptonisations (A. Gautier, Limbourg, Eammarsten, Dastre(1)).

(') Voir mes Recherches sur l'action du sel marin sur la fibrine (Cotnpt. rend. Acàd Sciences, 1877;. — Limbocdg [Zeit. /'. physiol. Chem., 1889, ]). 450) a remarqué la transformalion assez rapide de la (ibrinc en peplone sous l'influence d'une solution d'azotate d'ammoniaque. M. Dastre parait avoir observé, dans celte transformation de la fibrine par les sels ' neutres, la production de globulincs, albumosescl peplones.

A. Gautier. — Chimie biologique. 4

50 PRINCIPES PROTÉIQUES.

Beaucoup de sels des métaux lourds précipitenl les albuminoïdes, souvent même à des dilutions extrêmes : le sublimé, les sels d argent, les acétates neutre et basiques de plomb, l'alun, le ferrocyanure de potassium surtout mélangé d'acide acétique, le chlorure de platine, etc.

(c). Action des réactifs oxydants. — L'acide azotique concentré dissout les albuminoïdes formant ainsi une liqueur orangée d'où l'eau précipite une matière jaune, V acide xanthoprotéique, qui répond à la composition C = 50,0; ïï = 6,3; Az=14,7 ; S = l,3. Les alcalis dissolvent ces corps et le colorent en orange; la plupart des sels métalliques le précipitent de ses solutions. L'eau régale en attaquant les substances protéiques donne des composés oléagineux, d'odeur irritante, dont on a séparé du dmîirodichlorélhane OTCl* (AzO*)* et du chlorazol GaH* (AzO2) Cl3, homologue supérieur de la ehloropicrine C (AzO*)CI '. Il se fait en même temps des acides oxalique et fumarique, peut-être de l'acide succinique, et un corps non volatil, à odeur d'amandes amères, qui paraît être un dérivé chloro-nitré de l'acide paroxybenzoïque.

Le chlore ou le brome donnent avec les matières protéiques des dérivés chlorés ou bromés, de l'azote, de l'acide carbonique, du bromoforme CHBr\ du bromanile ou quinone perbromée CiirMJS de l'acide tribromoamidobenzoïque, des acides bromacétique, oxalique, aspartique, etc., de la leucine en proportions variables et un résidu mimique. Ce sont là les témoins d'un dédoublement très avancé de ces substances.

Il y a déjà longtemps que Gùckelberger essayant d'oxyder les matières protéiques par un mélange de bioxyde de manganèse ou de bichromate de potasse, en présence d'acide sulfurique étendu, obtint et sépara les aldhéhydes éthylique, propylique, butylique et benzylique accompagnés des acides formique, acétique, butyrique, valérique, caproïque et benzoïque ainsi que du formonitrile CAzIl, et du valéronitrile.

Lorsqu'on oxyde les albuminoïdes par le permanganate de potasse, les derniers termes de cette oxydation sont l'ammoniaque, les acides benzoïque, succinique, acétique, formique, oxalique, cyanhydrique et carbonique; les termes intermédiaires sont des corps azotés amorphes, acides el sulfurés. Ils n'ont plus la propriété de perdre leur soufre à l'état de sulfure sous l'influence des alcalis. Maly a fait l'étude de quelques-uns de ces composés (') : le principal est un acide qu'il appelle acide oxyprotêine-sulfonique. répondant à la composition centésimale C = 51,21; 11=6,49; Az = 14,59; S = 1,77 ; 0 = 25,54. La composition, comme les propriétés de ce corps, sont à peu près constantes quelle que soit la matière alhuminoïde dont on est parti, à 1 exception toutefois des peptones el des propeptones. Cet acide diffère des

(') Huit. Soc. cliim., I. XLV, |>. 30K, cl 3« série; t. III, p. S84<

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