CONCLUSIONS GÉNÉRALES
Les organismes vivants fonctionnent en vertu d'une énergie qui leur vient tout entière de l'extérieur par les aliments chez les animaux : grâce à la chaleur cl à la lumière solaires, chez les végétaux à chlorophylle.
Le mode de fonctionnement de ces organismes est déterminé par leur structure, de même que (Lins chaque principe immédiat les fonctions chimiques sont corrélatives des divers modes d'agrégation des corps simples qui les constituent.
C'est dans la texture des cellules et des tissus et dans la constitution chimique des principes immédiats qui les forment que réside le secret de leur activité spécifique, cl c'est dans le mode d'agencement de ces tissus entre eux et avec un tissu directeur général, le tissu nerveux qui les pénètre de toute part, qu'il faut chercher la cause qui préside à la vie d'ensemble, le principe qui enchaine tous ces phénomènes sans les produire, principe que l'on a vainement cherché à définir autrement et qu'on a nommé quelquefois le principe vital.
Nous constatons (pie, dans chaque être vivant, le mode d'agencement de la matière est, pour chacun des organes et des tissus qui les forment, le même que chez ses procréateurs, et que cette structure est transmise par une petite quantité de matière venue des ascendants. La formation, l'accroissement et le fonctionnement du nouvel être résultent de l'organisation, du développement et des fonctions inhérentes à celte petite quantité de matière initialement transmise par la génération.
CONCLUSIONS. 8ia
La reproduction des organes el des I issus est donc corrélative de In transmission matérielle .le quelques-unes des molécules spécifiques issues d'un être semblable antérieur > cl pour avoir une idée du mécanisme ainsi transrais, mécanisme qtii va régler le fonctionnement et conserver l'espèce, nous pouvons, invoquant le principe du rapport des effets aux causes, chercher à connaître ces dernières par leurs effets.
Cèux-ci consistent dans la reproduction dos organes, tissus et molécules chimiques intégrantes de l'ascendant. Or la science moderne a surabondamment établi que toute modification dans la structure de ces dernières molécules amène une modification dans leurs fonctions chimiques. Des observations nombreuses ont. démontré d'autre pari que toute variation dans l'organisation de l'être est accompagnée de modifications, transmissibles par la génération, de plusieurs de ses principes constitutifs; nous concluons donc que réciproquement toute modification dans la structure ou la composition chimique des molécules primitives qui forment les organes d'un être vivant (modifications introduites par les variations du milieu, de l'alimentation, quelquefois peut-être par la coalescence des principes actuels avec des molécules étrangères à cet organisme), devient pour lui une cause de variation de ses organes et par conséquent de leurs fonctions, variation apte à modifier secondairement, en vertu de ce mécanisme intime, son aptitude à reproduire exactement les êtres dont il provient.
Par conséquent, la structure et le fonctionnement de l'être vivant résultent de la structure et des fonctions de ses organes et ceux-ci sont modifiés dès qu'on fait varier la nature des principes chimiques qui les composent.
C'est ainsi que la vie générale est en relations étroites et certaines avec le fonctionnement des molécules dernières qui servent à construire les protoplasmas cellulaires; proposition fondamentale que nous avons essayé d'établir autrefois par nos recherches personnelles.
Nous avons aussi montré au cours de ces Leçons qu'il faut distinguer dans l'être doué de vie deux ordres de phénomènes : les uns sont des modes de l'énergie qui se manifestent à nous et se mesurent sous forme de chaleur, de travail mécanique, d'affinité ou force chimique, etc. Quels que soient leurs modes, ces variantes de l'énergie peuvent se succéder, se transformer l'une dans l'autre, suivant les lois de l'équivalence des forces matérielles toujours calculables en mesures de masses et de vitesses. C'est par l'alimentation que les animaux emmagasinent cette énergie qu'ils transforment ensuite, suivant leurs besoins, à travers leurs organes. Mais il est d'autres phénomènes sensibles qui n'ont avec les précédents aucune commune mesure, et ne sauraient leur équivaloir. Ils se révèlent seulement par des variations de rapports entre les parties ou par