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SEPTIÈME LEÇON

GLOBULINES. — CASÉINES.

2e FAMILLE : GLOBULINES

Hoppe-Seyler a généralisé le nom de globuline donné d'abord par Berzélius à la matière albuminoïde extraite des globules rouges et blancs ou du cristallin et l'a appliqué à toutes les substances albuminoïdes insolubles dans l'eau, mais pouvant s'y dissoudre à la faveur des chlorures alcalins (2 à 10 pour 100), souvent à la faveur des nitrates, carbonates et phosphates solublcs, pour donner ainsi des liqueurs d ou 1rs précipitent un excès d'eau, la dialyse, les acides les plus faibles (carbonique, acétique) mais sans que ces acides en excès les redissolvent. Leurs solutions dans les sels à réaction neutre se coagulent par la chaleur. Elles précipitent, en général, par addition d'un excès de sels (NaCl ou S04Mg) et par le sulfate ammonique en solution concentrée. Les deux derniers sels employés en excès les précipitent totalement ii froid. La coagulabilité par la chaleur des solutions de globulines dans les sels neutres et leur insolubilité dans les acides affaiblis les séparent nettement des caséines. Les globulines sont transformées avecla plus grande facilité en acide-globulines ou alcali-globulines par les acides ou les alcalis en léger excès.

On doit rapprocher des globulines les fibrines et les globulo-nbrmes de la cornée et de la rétine, quoiqu'elles se dissolvent très mal dans les chlorures alcalins.

Le mélange de ferrocyanurc de potassium et d'acide acétique ne précipite pas les globulines en présence du sulfate de magnésie, mais elles sont précipitées, même en présence de ce sel, pari acide trichloracétique et par l'acétate d'urane; les myog,lobulines du plasma musculaire, la sérumglobuline et la substance /ibriiiogènc du sang; I ovdS globuline, la lactoglobuline du lait, enfin les fibrines et globuhnei des caillots sanguins et musculaires, ainsi «pie celles du cristallin et de la rétine forment cette famille. H convient d'y ajouter les édestmej ou globulines végétales.

SÉRUMGLOBULINE .

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SÉRUMGLOBULINE (HYDROPISINE OU PARAGLOBULINE)

La sérumglobuline des auteurs modernes se confond avec l'ancienne paraglobuline de. Khiïne et la substance ftbrinoplastique de A. Schmidt. Elle existe dans le plasma et le sérum sanguin, le chyle, la lymphe et, le plus souvent, dans les liquides d'épanchement pleuraux, périlonéaux ou péricardiques [hydropisine de Gannal), ainsi que dans quelques kystes, quelquefois même dans l'urine. Gannal l'a découverte et séparée le premier des liquides séreux en la précipitant par du sulfate de magnésie qui l'entraîne.

Pour obtenir la sérumglobuline, Mikaïloff traite le sérum étendu de 2 volumes d'eau par du sulfate d'ammoniaque cristallisé très fin et en excès; les substances albuminoïdes se précipitent, on les lave avec une solution de ce sel, on redissout le résidu en ajoutant un peu d'eau et Ton dialyse. Après que tout le sulfate est passé dans le liquide extérieur du dialyseur, les globulines se précipitent ; les albumines seules restent solubles.

Pour précipiter les globulines ilammarsten ajoute à froid au plasma sanguin du sulfate de magnésie en poudre à saturation, il filtre, lave avec une liqueur saturée du même sel, redissout le précipité dans l'eau, reprécipite par le même sel et ainsi de suite deux ou trois fois. La dialyse enlève ensuite le sulfate de magnésie et laisse la globuline insoluble.

La sérumglobuline du sang est formée de grumeaux blanchâtres, assez fins, insolubles dans l'eau pure, solubles dans les liqueurs très faiblement alcalines et dans l'eau où l'on a fait passer un courant d'oxygène, d'air ou d'acide carbonique. Elle se dissout dans le sel marin au dixième, et reprécipite par un excès. Un gramme de sérumglobuline se dissout dans 100 grammes d'eau additionnés de 0gr,017 de carbonate de soude, ou de 0gr,054 de bicarbonate, ou de 0gr,092 de phosphate de soude, ou de lgr,97 de sel marin. Les acides faibles, même l'acide carbonique, la précipitent de ces solutions moyennement concentrées à l'état d'acidalbumine. La sérumglobuline diffuse à travers les mempranes encore plus difficilement que la sérumalbuminc.

Les solutions de sérumglobuline coagulent lorsqu'on les chauffe à 60°. La sérumglobuline du sang, en solution dans beau salée, décompose l'eau oxygénée. Son pouvoir rotatoire spécifique est [a]D = — 47n,2. *

Les sérumglobulines forment avec les sels neutres des solutions gommeuses non filantes, complètement coagulables par la chaleur entre 68 et 80", selon la dilution, ainsi que par l'acide azotique ou phénique! Elles précipitent aussi par les carbonates alcalins. Les solutions salines

92 PRINCIPES PROTÉIQUES.

les modifient peu à peu, et mieux encore les solutions acides qui les changenl en acidalbumine.

Dans l'ancienne théorie de A. Schmidt, la sérumglobuline ou paraglobuline de cet auteur en s'unissant, sons Pinfïuence d'un ferment spécial au fibrinogène donl nous niions parler, produisail la fibrine concrète d'où résultait, suivant lui, la coagulation du sang.

MATIÈRE FIBRINOGÈNE

Celle substance, apte à se transformer en fibrine concrète lors de la coagulation du sang, a été découverte par Denis, qui lui donna le nom de vlasmine. Elle est normalement dissoute dans le plasma sanguin ; on la trouve aussi dans les liquides d'épanchement de la plèvre, de l'hydrocèle, du péricarde.

Pour l'obtenir, A. Schmidt étendait ces derniers liquides avec de l'eau et les traitait par de l'acide carbonique. 11 se fait ainsi un trouble, puis un dépôt visqueux, qu'on lave par décantation avec de l'eau chargée d'acide carbonique, Mais il vaut mieux précipiter le fibrinogène par addition d'un excès de sel marin aux liquides ci-dessus : ou mieux encore, il convient, comme le fait Hammarstcn('), de recourir au plasma de sang de cheval. A cet effet, on reçoit le sang de cet animal dans le quart de son volume d'une solution saturée de sulfate de magnésium: après que s'est fait le dépôt des globules rouges, on décante le plasma et l'on ajoute à la liqueur son volume d'eau saturée de sel marin; le fibrinogène seul se précipite tandis que la sérine et la sérumglobuline restent dissoutes. On purifie le fibrinogène en le redissolvant dans une solution étendue de sel marin, et le reprécipitant par ce même sel pluconcentré. Il peut se redissoudre ensuite dans l'eau pure grâce à I à 2 pour 100 de sel marin qu'il retient; il suffit ensuite de dialyser cette solution et d'évaporer dans le vide pour obtenir le fibrinogène.

Le même auteur prépare ce corps par une méthode encore plus sûre. A du plasma sanguin ou à une liqueur fibrinogénique, il ajoute son volume d'une solution saturée de sel marin (ou la moitié de NaCI en poudre nécessaire pour la saturer); le fibrinogène se précipite. On le lave avec une solution à demi saturée de sel marin, et on le purifie comme ci-dessus. On le redissout enfin dans l'eau et on le dialyse pour enlever l'excès de sel. Un litre de plasma sanguin peut donner ainsi de 0'B\5 à I gr. de fibrinogène exempt de sérumglobuline.

On peut enfin préparer le fibrinogène avec le sang OXalaté, devenu incoagulable dont on décante le plasma. On le filtre et on ajoute au

(») Pflûger'a Archiv., t. XIX, 5G3, ol t. XXII, 451.

OVOGLOnilLINE; MYOSINE. 93

plasma 150 grammes par litre de sel marin très fin el pur, en agitant constamment. Le fibrinogène se sépare en caillots; on en empêche la transformation en fibrine en les battant dans une solution de 15 pour 100 de sel marin oxalatée au 1000°. {Ârthus et Pagès)(l).

Le fibrinogène forme des masses un peu emplastiques, adhérentes aux parois des vases, nullement grenues, insolubles dans l'eau bouillie, solubles dans l'eau riche en oxygène, fort peu dans les liquides très faiblement alcalins qui dissolvent facilement la sérumglobuline, plus difficilement solubles que celle-ci par les liqueurs salées au dixième dont les précipite complètement le sel marin en poudre ou S0*Mg. Son pouvoir rotatoire spécifique est [a]D=-43n. Ces solutions salées ne coagulent pas par la chaleur. Elles précipitent par la dialyse, qui enlève les sels tout entiers, ou par l'acide carbonique. Le fibrinogène décompose l'eau oxygénée. La chaleur trouble ses solutions à 56° (de 52 à 53° dans les solutions étendues de NaCl) tandis que les solutions de paraglobulinc restent claires même au-dessus de 70°. Mais clans cette production du fibrinogène concret une substance albuminoïde coagidable au-dessus de 64u se sépare et reste en solution. Longtemps laissé au contact de l'eau, le fibrinogène s'altère et devient insoluble dans les solutions de sel marin. Maintenu à 40°, il perd peu à peu sa coagulabilité à 50°.

En présence de certains sels (ceux de calcium en particulier) les solutions de fibrinogène se coagulent au contact du ferment fibrineux du sang et donnent de la fibrine. Suivant Hammarsten, une substance protéique, coagulable vers 65", entre encore ici en solution. Il se fait d'ailleurs une quantité de fibrine, toujours de poids plus petit que celui du fibrinogène disparu. D'après cet auteur, les solutions de fibrinogène chauffées à 60° durant dix minutes se dédoublent aussi en une matière plus azotée qui se précipite et en une substance, plus pauvre en azote, qui resterait en dissolution.

OVOGLO BU LIN E

Les globulines forment 6 pour 100 environ des albuminoïdes de l'œuf. On les sépare en saturant l'albumen mêlé d'eau avec du sulfate de magnésium ou du sel marin, on recueille le précipité, on le redissout dans l'eau et on le dialyse.

Il paraît exister deux variétés d'ovoglobulines coagulables, l'une a à 57°, 5, l'autre $ à 67". Elles sont mélangées, dans le blanc d'œuf, aux albumines que le sel marin OU le sulfate de magnésie ne. précipitent pas(2).

(') Amas, Recherches sur quelques substances albuminoïdes, \i. 53. (4) Gorin cl Bérard, Arch. de biolog., I. IX, p. 1.

PRINCIPES PROTÉIQUES.

M YOSINOGÈNE ET M Y 0 G L 0 B U L I N E

On verra que le muscle vivanl contienl an plasma épais qui, extrail

à froid grâccà une forte pression, ne tarde pas à doi r un caillot, sorte

de fibrine qu'on no e myosine on myoglobuline. On admet à priori,

que celle myosine existai! primitivemenl dans le plasma à l'étal «le

substance soluble comparable au fibrinogène du sang. On a d< é à

celle substance le nom de myosinogène. Après que la myosine s'est séparée du plasma musculaire, il reste dans le sérum du muscle deux albuminoïdes : une myoalbumine et une myoglobuline. On sépare cette dernière en la précipitant du sérum musculaire par un léger excès de sulfate de magnésie.

Elle présente toutes les propriétés générales des globulines, et précipite de ses solutions salines par dialyse. Mais, elle paraît formée de deux substances. En effet, lorsqu'on traite, comme le fit le premier Denis, la chair musculaire fraîche par une solution de sel marin à 8 pour 1 00, on dissout la myosine, ainsi qu'une autre substance, en petite quantité : le paramijosinogène (') . La solution, additionnée de beaucoup d'eau, dialysée, ou saturée de sel marin, précipite les deux globulines précédentes. Elles se différencient, en ce que la principale, la myosine. en solutions salées, se coagule par la chaleur à 56°, tandis que la seconde coagule déjà à i-70.

Récemment préparée la myosine forme des flocons mucilagineux solubles dans l'eau salée au dixième et dans le sulfate de magnésie à 5 pour 100. Ces solutions se coagulent par les acides; le coagulum n'est plus soluble ni dans les acides faibles, ni dans le sel marin. Les alcalis dilués la changent lentement en alcali-albumine. Une solution faible de nitrate ou de carbonate de potasse gonfle la musculine, mais ne la dissout pas.

Elle décompose à froid l'eau oxygénée en milieu neutre, alcalin ou acidulé et perd cette propriété vers 55°.

Dissoute dans les sels neutres, la myosine se coagule grâce à un ferment que l'on peut précipiter du suc musculaire par un grand excès d'alcool. Cette coagulation de myosine serait accompagnée de formation d'acide lactique.

GLOBINE

On donne ce nom à la globuline spéciale qui dérive du dédoublement de la matière colorante du sang, l'hémoglobine, en hématine et globine;

(*) Outre los graisses, il reste à l'état insoluble, el en grande quantité, la myostroïne. sorte de nucléine ou de rtucléo-albumine que le sel ne dissout pas. On peut aussi, pour extraire la myosine, se servir de sel ammoniac, ou d'une solution de sulfate de magnésie à 5 pour 100.

1 I IÎIUNE.

FIBRINES

On a donné le nom de fibrines aux substances qui possèdent, comme la fibrine du sang, les caractères d'être insolubles dans l'eau, de se ronfler beaucoup sans se dissoudre; dans l'eau acidulée de 1 à 3 pour 1000, de n'entrer en solution que très lentement et partiellement dans l'eau additionnée de 10 pour 100 de chlorures, nitrates ou sulfates alcalins, ainsi que dans l'eau légèrement alcaliniséc qui, après les avoir fait [lasser à l'état mucilagincux, les transforme en alcalialbumine. De leurs solutions dans les chlorures alcalins les fibrines précipitent, après addition d'eau, par l'acide carbonique ou le sulfate de magnésie en excès. Les solutions de fibrines coagulent par la chaleur en se dédou blant en albuminoïdes nouveaux.

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