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ALBUM OS ES OU PROTÉOSES

Lorsque les corps protéiques sont mis en digestion avec les sucs digestifs, gastrique, pancréatique ou intestinaux, ils se transforment en

(') De bœuf engraissé au pacage et non île veau, ou de bœuf engraissé rapidement, donl les viandes se dissolvent très mal dans l'acide chlorhydrique au 1000°.

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une série de substances dont les premiers termes sont les acidalbuminés el alcalialbumines, les termes intermédiaires, les albumoses ou protéoses (ou propeptones) et les tenues définitifs, les peptones qui elles-mêmes peuvent donner naissance en s'hydratant encore à des amides complexes : glyeocolle, leucine, ty.ro si ne-, etc. Sauf ces derniers termes qui ne sont plus albuminoïdes, les protéoses el les peptones font partie de la grande classe des corps protéiques; ils réprésentent des produits de dédoublement par hydratation des albuminoïdes primitifs. Les protéoses et les peptones se forment aussi lorsque l'eau surchauffée, les alcalis un peu concentrés, et les acides étendus mais aidés de la chaleur, agissent sur les corps protéiques. On en trouve à l'état naturel dans certains éléments anatomiques animaux ou végétaux, et dans les cultures bactériennes.

Chacune des matières albuminoïdes digestibles donne une ou plusieurs albumoses et une ou plusieurs peptones au cours de la peptonisation, et Ton doit distinguer en chaque cas les diverses protéoses : albuminoses, caséoses, myosinoses, gélatinoses, viteîloses, globulinoses, etc., qu'accompagnent les peptones correspondantes (').

Protéoses. — Les protéoses ou albumoses possèdent les caractères suivants : elles ne coagulent pas par les acides ni par la chaleur, même en présence des sels neutres. Elles ne se modifient pas sensiblement à J 00°. Elles sont toutes précipitées par le sulfate d'ammoniaque ajouté à saturation. Elles sont précipitées, mais non facilement coagulées (c'est-à-dire rendues insolubles dans leurs dissolvants habituels) par l'alcool concentré en excès. Elles sont plus ou moins solublcs dans l'alcool étendu. Toutes les protéoses précipitent a froid par un mélange de ferrocyanure de potassium et d'acide acétique; ce précipité disparait à chaud et se reproduit à froid. Il est solublc dans le carbonate sodique étendu.

Le mélange d'une dissolution de protéose et d'un volume égal d'une solution de sel marin, acidulé à froid d'acide acétique, détermine la production d'un précipité, solublc à chaud, mais reparaissant à froid. Les solutions d'albumoscs même étendues précipitent par les acides phosbhornolybdique et phospbotungstique employés en excès et en liqueurs acides, l'iodure double de K et de mercure; le tanin, le pyrogallol, l'acide picrique. Elles répondent à la réaction de Millon, et à celle du biuret. Les protéoses se eonduisent comme de véritables acides ; elles ( liassent l'acide carbonique des carbonates alcalino-terreux.

Les protéoses ou albumoses comprennent elles-mêmes trois groupes <li' substances : les hétéraprotéoses, les proloproléo&es et les deutèro-

l1) Voir Maly'n Jahresb., t. XVf, 10 cl 18; et XVII, 18; XV, 37.

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protéoses. Les hétéroprotéoses et protoprotéoses sont les termes directe qui se formenl d'abord l'un et l'autre au cours de ces transformations successives, les autres n'apparaisseni que postérieurement.

A la façon des acidalbumines, les hétéroprotéoses se précipitent et se séparenl des protoprotéoses formées simultanément, lorsqu'on soumet à la dialyse qui enlève les sels dissolvants, la liqueur de digestion incomplète OÙ elles se sont produites. Elles SOnl donc insolubles dans l'eau; mais différentes des acidalbumines, elles se dissolvent dans les solutions des sels neutres étendus en particulier dans le chlorure de sodium au dixième. L'addition d'un excès de ce sel ou de sulfate ammonique ou magnésien les précipite. L'alcool les précipite aussi, mais laisse, lorsqu'on reprend par l'eau, une partie insoluble, la dysaU bumose.

Les protoprotéoses qui accompagnent les hétéroprotéoses sont soluhles dans l'eau pure, précipitables par h; sulfate de magnésie el celui d'ammoniaque, et totalement précipitées de leurs solutions par saturation au moyen du sel marin après acidification à 30 pour 100 d'acide acétique.

Les deutéroprotéoses ne sont plus précipitées, même partiellement comme les précédentes, par le sel marin dissous à saturation, ou par le sulfate de magnésie, et très imparfaitement précipitées même lorsqu'on ajoute de l'acide acétique.

Les vraies peptones, les peptones complètes ne contiennent plus de soufre. Elles ne sont pas précipitables par les sulfates de magnésie ou d'ammonium ajoutés à saturation, ni par l'iodure double de potassium et de mercure chlorhydrique. Nous verrons plus loin leurs autres caractères.

D'après Sabanejef, le poids moléculaire des protéoses d'albumine ordinaire (proto- et deutéroprotéoses) est d'environ 3 200; c'est-à-dire environ la moitié de celui de l'albumine. On verra que celui des peptones vraies est au moins 8 fois moindre que celui des protéoses (').

Eûhne et ses élèves admettent que clans la peptonisation la molécule des albuminoïdes se dédouble d'abord en deux parts, qui subissent ensuite chacune la peptonisation complète. L'une, V hémiaïbumose donne assez facilement une hémipeptone, ou peptone de celte demi-molécule de matière protéique primitive (celte bémialbmnose entraînerait avec elle le noyau aromatique de la molécule primitive) : l'autre Yantialbui

mosë n'est que difficilement transformable en antipeptone (et seule ni

en liqueur alcaline, sous V influence du sur pancréatique, d'après Paal)(s).

(*) Bull Soc.chim., (4). t. XII: p. Ml. Voir aussi Ibid.. t. XVI: p. 204. (*) Bull. Soc. chim., (3), t. XVI ; p. 207.

PROTÉOSES. 139

On obtient et sépare l'hémialbumose do l'antialbumose en interrompant la digestion au bout d'une heure ou doux, et neutralisant los liqueurs; il se fait un précipité visqueux d'antialbumose impure, l'hémialbumose rosto en solution. Colle-ci serait formée par le mélange des hétéro-, proto- et deùtéroalbumoses dont nous parlions plus haut.

L'antialbumose précipitée à l'état visqueux, redissoute et soumise à l'action de la pepsine chlorhydrique ou de la trypsine, finit par se changer en antipeptone. Les hémialbumoses se transforment aussi, niais bien plus facilement, en hémipeptones. Le mélange de ces deux peptones (•(institue Y ampliopeptone de Kûhne. L 'hémipeptone est peu à peu détruite par la digestion pancréatique qui la dédouble en leucinc, tyrosine, etc.... tandis que l'antipeptone persiste (').

Desséeliées, les albumoses précipitées par l'alcool fort de leurs solutions acidulés, constituent des poudres jaunes, solubles dans l'eau et dans l'alcool à 55° centésimaux chaud. Elles se déposent par refroidissement. Le sel marin les précipite de leurs solutions acides : ce précipité se redissout dans l'eau chaude et reprécipite à froid.

Fibrinalbumose. — De la fibrine gonflée par l'acide chlorhydrique à 2 pour 1000 est mise à digérer avec de la pepsine à 40°; au bout de 2 heures on précipite par du carbonate sodique l'acidalbuminc formée, on filtre, acidulé par l'acide acétique, ajoute à la liqueur 10 pour 100 de sel marin et porte à l'ébullition pour coaguler la giobuline restée dissoute f) : on filtre encore et l'on sature la liqueur avec du sulfate de magnésie; la fibrinalbumose (3) se dépose en grumeaux qu'on lave à l'eau salée ; on les redissout dans l'eau et l'on reprécipite par le même sel une seconde fois. Ce dernier précipité est dissous dans l'eau et dialysé. La solution ainsi purifiée de sulfate magnésien est concentrée dans le vide à 40° et enfin précipitée par l'alcool concentré (4).

La substance ainsi préparée est en réalité un acétate; pour obtenir l'albumose elle-même, il faut neutraliser ses solutions par un alcali, et soumettre à la dialyse. 11 se dépose alors une gelée colorée que l'on recueille. C'est l'albumose de fibrine.

I> acide chlorhydrique donne des chlorhydrates de fibrinalbumose.

1 Sur colle llicoric voir KChne el Chittekden, Zeitsch. /'. Biolog., t. XX; p. 11 ; t. XXII ; p. 400 ; t. XXV ; p. 358. — Maly's Jahresb., I. XXVII ; p. 13 cl 16. — Hammausten. Lehrb. tter Physiolog., 1801 ; p. '20. — Necmeistkr. Zeitsch. /'. Biolog.. t. XX11I ; p. 381.

(2) Arthus et Ilûber oui démontré que la fibrine se dissout dans les produits do sa digestion et donne une liqueur coaguloblc.

ou plutôt le mélange d'albumoses de fibrine. • • Herth, Mon. f. Chem., V, 260. — E. Salkowski, Maly's Jahresb., X, p 24 — IIam- Jorger ibid., XVI. 20.— D'après Hasebrœk (1887) il se. ferait au début de celte digestion un oedoublemenl de la fibrine on (ibrinogène et serum-globulinc.

PRINCIPES PROTÉIQUES.

Albumoses d'albumine ou albuminoses. Le blanc d'œuf débarrassé des globulines par dialyse est traité par du suc gastrique artificiel. Après I heures à l'éluvc à 40°, on neutralise pour précipiter la syntonine et l'antialbumose ; lt^s albuminoses restenl dans la liqueur filtrée. On l'additionne d'eau salée au dixième qui précipite la dysalbuminose ; en soumettant à la dialyse le liquide salé, l'hétéroalbuminose se dépose. L'alcool ajouté au liquide qui surnage donne un précipité de protalbuminose, tandis que la deutéroalbuminose restée soluble peut être précipitée par un mélange de sel marin et d'acide acétique.

Vhétêroalbuminose est insoluble dans l'eau et soluble dans les solutions froides de sel marin de 1 à 15 pour 100; ces solutions précipitent à 05"; le précipité se redissout dans les acides dilués et dans les alcalis.

La protalbuminose est soluble dans l'eau chaude ou froide, et dans les solutions salines étendues d'où elle précipite en partie par un excès de sel marin, de sulfate de magnésie ou de sulfate d'ammoniaque. Elle précipite à froid par l'acide nitrique; le précipité se redissout à chaud. Elle donne une combinaison insoluble avec le sulfate de cuivre et avec le ferrocyanure acétique.

La deutéroalbuminose est soluble dans l'eau chaude ou froide. Elle n'est précipitée ni par un excès de sel marin, ni par le sulfate de ma gnésie, mais seulement par un excès de sulfate d'ammoniaque. Elle ne précipite pas par le sulfate de cuivre, et ne donne un précipité par l'acide nitrique (précipité soluble à chaud) qu'en présence d'un excès de sels. Elle précipite le ferrocyanure de potassium acétique.

Mucinalbumose. — Hammarsten a rencontré une mucinose ou albumose de mucinc dans un liquide d'ascite ; il l'a séparée parl'alcool(1). C'est une poudre blanche très soluble dans l'eau. Les acides acétique ou nitrique ne donnent à chaud ni à froid aucun trouble dans ses dissolutions; le ferrocyanure acétique ne les précipite pas. Le tanin ne précipite ces solutions que si elles sont légèrement acidulées d'acide acétique. La mucinalbumose ne se trouble ni par le chlorure de mercure, ni par le sulfate cuprique. Seuls, le sous-acétate de plomb et l'iodure double de mercure et de potassium donnent des flocons. Le sel marin ne la précipite pas de ses dissolutions, mais bien le sulfate d'ammoniaque en excès.

Elle répond à la réaction xanthroprotéicpie. à celle du biurct et à celle de Millon. Elle ne réduit pas le réactif eupropotassique. La mucinalbumose répond à la composition :

C = 49,7-9 ; H = 6,96 Az = 11, 42 .

[*) Voir Zeilsch. f. physiol. Chem., 24 mars 1891, p, 209.

PEPTONES. 141 Protéoses végétales. — On a signalé dos protéoses, à l'état naturel, dans les graines des végétaux : blé, orge, seigle, etc. On 1rs sépare en vertu des propriétés caractéristiques ci-dessus indiquées pour les protéoses animales. 11 nous semble probable que la gliadine, soluble Sans l'alcool dilué, qui se rencontre dans le gluten dos céréales, appartient à cette famille (')•

PEPTON ES

Los peptonos sont les produits définitifs résultant du dédoublement des albuminoïdes par les ferments digestifs, aidés des acides ou dos sels alcalins. Elles sont toutes caractérisées par leur incoagulabilité à chaud, lour grande solubilité dans l'eau et dans l'alcool affaibli; leur non-précipitation par l'acide nitrique, par le ferrocyanure de potassium acétique, par le sulfate de magnésie ou d'ammoniaque en excès qui précipitent les albumines, les albumoscs et la gélatine. Les autres sels métalliques, cà l'exception du sublimé, de l'azotate mercurique, du sousacétate do plomb, des sels d'argent, ne les précipitent pas. Le chlorure do platine ne précipite que quelques peptones. Elles possèdent aussi la fonction acide tout en conservant les caractères généraux des albuminoïdes.

Nous avons dit qu'on a signalé les peptones (ou des corps très semblables) dans les produits artificiels les plus avancés de l'action dos acides ou des bases étendues, ainsi que de l'eau surchauffée, sur les corps protéiques. On trouve aussi ces peptones dans certaines cellules végétales ou animales, et jusque dans le sang et les humeurs dans quelques cas pathologiques [métalbumines de Scherer).

Chaque albuminoïde spécial étant apte à se dédoubler et à s'hydrater sous l'influence des acides ou de bases, et particulièrement en présence des ferments digestifs, on comprend que les peptones soient différentes suivant leur origine. Quelques auteurs pensent même que les peptones diffèrent suivant le ferment qui les a produites (pepsine ou trypsinc) el suivant que le milieu est acide ou alcalin; c'est un point délicat sur lequel nous allons revenir. Enfin il paraît très probable que chaque matière albuminoïde fournit par peptonisation tout un groupe de peptones correspondantes. En définitive, la peptonisation consiste dans une dislocation, un dédoublement par hydratation, de l'édifice albuminoïde, dédoublement d'où résulte un ou plusieurs corps albuminoïdes exempts de soufre et d'un poids moléculaire de 400 environ.

Toutes les peptones injectées sous la peau ou dans le sang sont vénéneuses.

1 Bull. Soc. chim., 3), t. X; p. 1191 ni 1193.

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