‹ Leçons de chimie biologique, normale et pathologiqueChapitre 86 sur 467 · M PRINCIPES PR0TÉ1QUES · texte numérisé non relu

M PRINCIPES PR0TÉ1QUES

Les acides phosphotungstique et phosphomolybdique, l'iodure de potassium ioduré, précipitent les solutions de peptones légèremenl acidifiées. Le sous-acétate de plomb, suri. ml ammoniacal, l'iodomercurate de potassium, l'iodure de potassium ioduré, les sels d'argent, le chlorure mercurique, les précipitent. L'azotate mercurique neutre, surtoul si les chlorures ne sont pas présents ou abondants, sépare complètement 1rs peptones et permet de les doser (Hallopeau). Le chlorure de platine précipite la peptone de fibrine et non celle d'albumine; mais toutes les peptones s'unissent à ce réactif. Elles ne se troublent ni par le chlorure ferrique, ni par l'acétate de zinc, ni par celui de cuivre.

On voit que la plupart de leurs réactions rapprochent les peptones des alcaloïdes naturels. On peut les distinguer toutefois, sous le microscope, au moyen de l'alcool à 95 pour 100 légèrement acidulé d'acide chlorhydrique ou mieux d'acide tartrique {Errera); ce réactif ne les dissout pas, tandis qu'il dissout les alcaloïdes ou leurs sels.

Peut-on remonter des peptones aux albuminoïdes primitifs? Henninger en chauffant à 80" la peptonalbumine pure avec de l'acide acétique anhydre, éliminant l'excès d'acide par distillation et soumettant le reste à la dialyse, obtint sur le dialyseur un liquide coagulable â Fébullition, précipitable par l'acide nitrique, le ferrocyanure de potassium et divers autres sels métalliques. De son côté, Hoffmeister, en maintenant les peptones à 140° puis en reprenant par l'eau, observa que le résidu insoluble avait quelques-unes des réactions de l'albumine coagulée. On a même avancé qu'il suffisait d'introduire de la peptone pure dans du sulfate de soude fondu dans son eau de cristallisation pour la transformer en albumine.

Suivant Danilewski, si l'on prend une solution de peptone bien pure, qu'on en sature exactement à 50" une moitié par de l'acide chlorhydrique et l'autre par la soude, puis qu'on mélange les deux parties, on obtient un liquide qui aurait les propriétés des albuinoses (?).

En agissant sur elles, les acides aidés de la pepsine continuent à transformer peu à peu les peptones. Suivant le précédent auteur, il se ferait ainsi une substance qu'il nomme glutinoïde, corps qui gélati insérait lorsqu'il est abondant. En même temps apparaissent des amides complexes, de l'amido-phénol, de l'inositc, de la leucine, de 1 acide hydantoïque et dans certains cas, de la tyrosinc (l).

Si la putréfaction intervient, il se fait, suivant Poehl, la ptomopeptone qui a perdu tout pouvoir rotatoire et qui donne facilement de la tri-

(') Des peptones, ou plulôl. les combinaisons de peplones avec les acides, se Forment lorsqu'on traite li s albuminoïdes par les acides minéraux un peu concentrés (Voir Paai., />'.•'//. Soc. Chim., (3),. t, XIV, p. '207 et suivantes). Ces solutions précipitent par l'acide plmspbomolybdique. En cliaullaut ces pliospbomolybdatcs avec de la baryte on obtient les peptones correspondantes.

PEPTONES. 145

méthylamine par les alcalis, ainsi qu'une ptomaïne lixc, à chlorhydrate cristallisé, signalée par Tanret (').

On a déjà dit que les matières albuminoïdes longtemps laissées au contael des sols neutres (chlorures, azotates alcalins) se dissolvent peu à peu cl passent à l'état d'albumoses et même de peptones. En particulier, Limbourg a reconnu ce fait pour la fibrine laissée au contact de l'azotate de potassium.

Peptones de trypsine. — Ainsi que nous le verrons (Digestion pancréatique), 'le ferment principal du pancréas, la trypsine, peptonise les matières protéiques en liqueur neutre ou alcaline.

Si l'on fait avec ce ferment une digestion d'aJbuminoïdcs dans de l'eau faiblement alcalisée par du carbonate sodique, on observe la formation de protéoses ou albumoses pancréatiques. On peut séparer ces albumoses en arrêtant la digestion à temps et traitant le produit par les méthodes ci-dessus indiquées. L'hémialbuminose ainsi préparée est soluble dans l'alcool à 40° centésimaux. Elle est acide, précipitable par l'acétate de zinc et le ferrocyanure de potassium acétique.

Les peptones pancréatiques vraies peuvent se préparer en ajoutant au produit de la digestion par la trypsine un peu d'acide acétique, puis une petite quantité d'acétate de sodium et de perchlorure de fer. portant h 1 00° pour éliminer les globulines et les propeptones, ajoutant ensuite à la liqueur un cinquième de son volume d'acide sulfuiïque, précipitant les peptones par l'acide phosphotungstique, enfin décomposant ce précipité par l'hydrate de baryum. La liqueur débarrassée de baryte précipite par l'alcool fort les peptones qui s'étaient formées.

On peut aussi séparer les albumoses en les précipitant par le sulfate d'ammoniaque en excès ; les peptones seules restent dissoutes. On les purifie en évaporant la liqueur, reprenant par l'alcool qui dissout ces peptones, distillant et soumettant le résidu à la dialyse.

Les peptones pancréatiques sont solublcs dans l'alcool à 75° centésimaux. Elles s'unissent aux acides et aux alcalis. Leurs propriétés et réactions se confondent avec celles des peptones de pepsine, notamment le pouvoir rotatoire de certaines d'entre elles, celles de fibrine par exemple. Leur composition, et leurs combinaisons avec le chlorure de calcium, sont identiques (Olto). Le réactif de Millon les colore à chaud en rouge.

Os faits semblent démontrer la grande analogie, sinon l'identité, des peptones d'origine pepsique et trypsique, quoique le mode de pepto- "i sa l ion et le milieu où elles se forment soit sensiblement différent. 11

P) C. rend., Acad. sciences, XCIF, 1103.

Il)

m APPENDICE AUX PRINCIPES PROTÉIQUES.

est certain que la trypsine transforme plus rapidemenl que la peptone les albuminoïdes en peptones complètes; elle tend à hydrolyser celles-ci profondément et fait apparaître la tyrosine, la leucine, l'acide aspartique, etc., qui se séparent définitivement à l'étal cristallisé de la molécule albuminoïde.

D'après Poehl, Koihne et Ghittenden, l'antialbumose de Kûhne (second terme ,|(. dédoublement des albuminoïdes par le sue gastrique) tw si transformerait en peptone correspondante (pie sous l'influence du suc pancréatique constituant ainsi Yanlipeplone, différente de la peptone pepsique, ou amphopeptone, en ce que sous l'inlluence prolongée de la trypsine la première ne donne jamais de tyrosine.

Page 1