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DÉRIVÉS COMPLEXES DES ALBBMINOÏDES

tassique. L'analysé du cétylide correspondrail à la formule CMII,îftO'^ Chauffée au bain-marié avec de l'acide nitrique, la cérébrine el la

cérasine donnenl de l'acide stéarique (3 molécules).

La pyosinè et la pyogénine, isolées <lu pus par les mêmes auteurs,

ainsi que le cérébroside, extrait de la laitance d'esturgeon, doivent être

l'approchées de la cérébrinc el de la cérasine.

LÉCITHINES

En 1846, Goblcy relira le premier du jaune d'œuf de poule, un corps complexe qifil appela lécilhine, et dont il reconnut les principaux dédoublements (*). Il retrouva plus tard cette même substance dans la laitance de carpe, le sperme, le cerveau, le sang et ses globules. Dastré et Morat ont signalé depuis dans le vitellus des œufs d'oiseaux des cor* puscules sphériques que l'on avait pris pour de l'amidon et qui, dans la lumière polarisée, présentent une croix dont les branches s'élargissent a partir du centre. Observés plus tard dans la vésicule ombilicale, le foie, les capsules surrénales, les canaux séminifères, ces corpuscules sont formés de lécithines (2). On en trouve 0er,2 à 0gr,3 dans les muscles, où elles font partie très probablement des noyaux des cellules. Elles existent dans les globules rouges et blancs du sang. On a rencontré, comme on va le dire, dans le règne végétal, des corps tout à fait semblables.

Pour préparer la lécithine du jaune d'œuf, on délaye ce produit dans de l'eau salée et l'on agite avec de l'alcool éthéré. On recueille la couche éthéréc ; on chasse l'éther par distillation, on reprend par l'alcool et on ajoute à cette solution alcoolique du chlorure de cadmium qui précipite la lécithine. Ce précipité, mis en suspension dans l'alcool, est décomposé par IFS. En évaporant rapidement a froid dans le vide la lécithine cristallise (Diakonow).

On peut aussi laver le jaune d'œuf avec de l'éther froid jusqu'à décoloration, reprendre la masse insoluble par l'alcool, évaporer à constance sirupeuse et dissoudre le résidu dans l'éther de pétrole; en l'agitant alors avec l'alcool, celui-ci s'empare des lécithines. On chasse de l'alcool l'éther de pétrole resté dissous et on abandonne au froid. Après quelques jours, la cholestérine se sépare. Le liquide alcoolique décoloré au noir est évaporé à 40°, et le résidu repris par l'éther, on filtre ce dissolvant et on l'évaporé. 11 reste de la lécithine presque pure(5).

Diakonow, puis von Lippmann, ont démontré qu'il existe plusieurs

(') Voir Gobley, Joam. de Pharm., (3), t. XXI; p. 250; - t. XVII, 408: — t. XXX, Mi; — t. XXXIII, 1GG.

(•) Compl. rend., I. XXIX, 1081.

(3) Gilson, Zcits. physiol. Chem., XII, 585.

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variétés de lécithines; niais tous les corps de cette famille sont des subf stances neutres, incolores, d'aspect cireux, fusibles, obscurément cris? tallines, liés soluble dans l'alcool tiède, un peu dans l'élher, la benzine, [e chloroforme. Les lécithines brunissent vers 70° en commençant à se aécomposer. L'eau les gonfle en une sorte d'empois, puis les acidifie lentement; toutefois leur solution peut être quelque temps bouillie sans s'altérer. Elles s'unissent aux bases pour donner des sels cristallisablos, ainsi qu'aux acides affaiblis, à l'acide eblorbydrique entre autres; niais leurs sels sont très instables. Elles forment des chloroplatinates peu solubles dans l'alcool, solublcs dans l'éthcr, le chloroforme, facilement tlécomposables.

Les lécithines sous l'action des acides, et mieux encore des bases étendues, se dédoublent rapidement à chaud en s'hydratant et donnant à la fois des phosphoglycérates, oléates, stéarates, margarates (ou les acides correspondants), sels qu'accompagne une base, la névrine, dont nous avons déjà parlé (Cours de Chimie, t. Il, p. 285).

Strecker assigne à la lécithine d'œuf qu'il a analysée la formule C'IPAzPO9. Comme l'indique son dédoublement par les alcalis étendus, elle dérive de l'union, avec l'élimination d'eau, des acides phosphoglycérique, oléique et margarique avec la névrine :

(OH (OH Az](CH3)3 + (MM)2 -II + Cl6IF02-II + PO 3 OH ^ 0H

( CâH4 • OH Acide oléique. Acide margarique. ( 0 ■ CÙHS s qjj

Névrine Acide phosphoglycérique.

OH) (CtPf [ Az ( 0 - CaH* ) = 3H20 + PO J 011 ,C,8IW

Eau. ( 0 • OH* s Q-^usiQs

Lécithine.

La lécithine analysée par Strecker était donc une sorte de savon complexe, un oléo-margaro-phosphoglycérate de névrine. Mais on connaît des oléostéarophosphoglycérate, oléobutyrophosphoglycérate, etc.

Lippmann(') a été plus loin. Il a découvert différentes familles de lécithines : les unes sont aptes comme les précédentes à donner en se dédoublant, des acides gras supérieurs, de l'acide glycérophosphorique et de la névrine ; d'autres fournissent bien les deux premiers termes de ces dédoublements, mais la névrine est remplacée par la bétaïne (Cours de Chimie, t. II, p. 286). Ces deux espèces de lécithines peuvent se rencontrer dans les racines de betterave, par exemple, suivant l'échantillon qu'on examine. Dans l'agaric, on a signalé des lécithines dérivées de la cholinc; d'autres, très toxiques, de la muscarine. Des moules véné-

(') Dcrkhle, Chem. Gesel., t. XX; p. 3200.

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