‹ Lecons de chimie élémentaire (volume 2)Chapitre 38 sur 42 · OB LA LUMIÈRE · texte numérisé non relu

OB LA LUMIÈRE

par heure,

le

H s fe s 3

Lampe Carcel, prise comme • type

107ii»

5c«nt,8

— à mèche plate

— astfale, bec en fer-

blanc. ,

— si nombre , réservoir

annulaire

~ de Girard, bec en fer •

blanc

^ — hydrostatique de Thi-

lorier, n* 1

Bougies de cire des 16 au kilogr

— de blanc de baleine,

des 12 au kilogr.

— stéariques, des 10

au kilogr

Chandelles des I2 au kilogr.

•— des 16 au kilogr.

Bec de gaz d'éclairage

La dernière colonne de ce tableau enseigne que les divers modes d'éclairage rangés suivant l'ordre économique sont successivement : Le gaz,

L'huile, en passant successivement par les lampes Carcel, Thilori(T, sinombre et le bec de réverbère, puis

Los corps gras solides, en passant successivement par les chandollos, los bougies stéariques, celles de blanc de baleine et enfin celles de oiro d'abeilles.

Je dois ajonlor que, depuis l'époque déjà reculée à laquelle Péclet a donné ce tableau, les prix des divers éléments ont notablement varié. Ainsi les prix de l'huile, du suif, de la cire sont bien plus élevés, tandis que ceux de la bougie sléariquo et surtout du gaz sont singulièrcmenl plus faibles. Mais les résultats généraux ne sont pas changés par ces din'ér(Mioes accidentelles.

Kn i827, le môtre cube do gaz coûtait 72 centimes. Eo 18o2, ce prix était dosoondu à \\] conlinios ; aujourd'hui, à Paris, il n'est plus qu'A 30 centimes pour réclairagi- particulier, et qu'à 15 centimes pour l'éclairage public.

De tout ce qui précède, il ressort bien évidemment que le moyen le plus économique do s'éclairer, c'est do brùlor le gaz de la houille dans los conditions que j'ai indiquées. — Outre le prix de revient moins élové, ce modo d'éclairage n'est pas sujet aux mornes inconvénients que celui à l'huile et à la chandelle.

ÉCLAIHAGE AU GAZ. 44R

Ainsi les réverbères à gaz ne sont pas, comme ceux aKmentés par l'huile, exposés à des chances multipliées d'extinction fortuite, soit par la gelée, la mauvaise qualité de l'huile, l'agitation de l'air, soit par le défaut des mèches ou le mauvais entretien.

Chez les particuliers, outre la grande propreté qu'introduit l'éclairage au gaz, il présente l'avantage d'éviter l'entretien et le soin des lampes, le mouchage des chandelles et les pertes qu'occasionne toujours leur mauvaise qualité. Il y a évidemment moins de chances d'incendie, surtout dans les ateliers, les filatures, où très-souvent le nettoyage des lampes, le coupage des mèches pendant leur ignition, a produit, par la négligence des ouvriers, des désastres plus ou moins considérables.

Toutes ces considérations vous démontrent suffisamment l'utilité réelle de l'éclairage au gaz et doivent faire désirer que cette industrie, immense dans ses résultats économiques, se popularise de plus en plus en France, qui est le berceau de sa découverte.

Proprl^té^ toxl^ves d« iras d'éclalraipe. — Je ne dois pas vous laisser ignorer que le gaz de l'éclairage est toxique à un haut degré ; quand il se môle à l'air d'un appartement, môme dans les proportions de quelques centièmes, il détermine l'asphyxie et la mort, ce qui ne doit pas vous étonner, puisqu'il renferme toujours de l'oxyde de carbone, de l'acide sulfhydrique, des vapeurs de sulfure de carbone et de ces nombreux hydrocarbures qui lui conmiuniquent, en outre, une odeur particulière, pénétrante et désagréable. Cette odeur, du reste, a ceci d'avantageux qu'elle sert, en quelque sorte, de clochette d'avertissement en cas de fuite, et, par conséquent, de garantie contre le danger d'asphyxie et celui non moins grand d'explosion.

Prodnlts seeciidaiFes delAfabrleatlon d« graz. — Les produits secondaires de la distillation de la houille ne sont pas négligés.

L'usage du coke dans l'industrie et l'économie domestique est devenu général depuis qu'on l'a approprié aux dimensions de toutes les grilles, en le concassant dans un moulin et le faisant passer au travers de blutoirs gradués.

Vous savez qu'on ne laisse plus écouler à la rue, ainsi qu'on l'a fuit pendant si longtemps, les eaux de dépuration qui sortent des barillets et des condenseurs. Plus du tiers de l'ammoniaque produite pendant la distillation de la houille est contenu dans ces eaux ; les deux autres tiers se retrouvent dans le gaz impur d'où on les enlève au moyen de l'épuration.

Pendant de longues années on a été embarrassé dans les usines du goudron qui s'y produit et s'y accumule en grandes quantités. 11 a reçu aujourd'hui une foule d'applications dans les arts industriels. Ainsi :

44 i QniNZIÈME LEÇO^f.

On remploie en guise de coke pour chauffer les cormies à gaz, de m^mé qu'on le substitue à la résine commune pour la production du noir de famée;

6n en consomme beaucoup pour faire les agglomérée ou pérais arlificièlSj ainsi que le charbon moulé de Paris;

Il rend encore de nombreux services pour enduire le bois, le fer, la ibnte, la tôle des gazomètres que l'on veut garantir de l'action de l'air tiumide. On ne peut employer le goudron de bois pour ce dernier usage, à cause de son acidité; en tous cas, le goudron de houille a un prix bien inférieur à celui des goudrons du Nord et de Bayonnc ; . On imperméabilise avec lui des papiers et des cartons communs pour en faire des enveloppes et des couvertures économiques ;

M. Proeschel l'a utilisé avec succès à l'imbibition des briques pour préserver les constructions des fâcheux effets de l'humidité ;

Privé de la plus grande partie des huiles empyreumatiques ou hydrocarbures volatils qu'il contient, il forme, par son mélange avec les deux tiers environ de son poids d'un corps dur en poudre, d'excellents mastics bitumineux dottt on revêt les bois,' les pierres, les terrasses, etc.; ; » '

Sous les noms de Brai minéral^ de Goiuiron minéral, de Black-VerniSy on en consomme beaucoup, après l'avoir uni à la résine commune, pour calfater et enduire les navires;

' Dès 1846, le docteur Bayard a introduit son usage en médecine comme antiputride et désinfectant pour le pansement des plaies purulentes, de môme que M. Siret l'a préconisé conune agent désinfectant de tous les détritus organiques qui servent à la fabrication des engrais.

Voila donc, comme vous le voyez. Messieurs, de bien nombreuses applications du goudron; mais toutes s'effacent, sous le rapport de l'importance, devant, celles qui lui ont été données dans ces dernières années par suite des travaux chimiques de Runge, Anderson, Gerhai*dt, Hoffmann et autres savants contemporains, qui en ont fait connaître la nature si complexe. A l'aide de distinguions fractionnées successives, l'industrie sait maintenant retirer de cette matière nauséabonde* un certain nombre de carbures d'hydrogène avec lesquels on prépare des vernis; des essences à détacher, des parfums, des médicaments et une série de matières tinctoriales de toutes nuances, roses, rouges, violettes, bleues, etc., dont l'art du teinturier a bien vite fait son profiK Je reviendrai plus tard avec détails sur ces résultats si curieux.

DU SULFURE DE CARBONE. 4i5

DU CARBONE (suite).

Sommaire. — Du sulfure de carbone. — De la combustion. — Théorie de Lavoisier. — Théorie des chimistes modernes. — Noms pour désigner les hautes températures. — Chaleur dégagée par les divers combustibles. — De la flamme^ — Causes de sa production^ de son écUt. — Moyens d'en augmenter l'intensité et la chaleur. — Des averses espèces de chalumeau, — De la lumière Drummond. — Structure de la flamme, son analyse. ^ Théorie de la combustion des corps gras servant à l'éclairage.

Da Siilf are de Cïerboiie.

Parmi les nombreux produits volatils qui accompagnent le gaz de la houille, il en est un que j'ai déjà signalé plusieurs fois sous le nom de suif ure de carbone j et sur lequel il est nécessaire d'insister quelques instants en raison du rôle de plus en plus considérable qu'il est appelé à jouer dans l'industrie.

C^onpositioii. — CaractèFee dlstlnetlfe. — Toutes les fois qu'on fait passer du soufre en vapeur à travers une masse de charbon incandescent, les deux métalloïdes se combinent dans les rapports de 2 à i en volumes, ou en poids dans ceux de :

Soufre '. . 84,21

Carbone 15,79

et il en résulte un liquide incolore, très-mobile et très-volatil, puisqu'il bouta 4- ^5 degrés, d'une saveur acre et brûlante, d'une odeur infecte rappelant en quelque sorte celle des choux pourris. Ce liquide, plus . dense que l'eau (1,274, à 4- i5**), à laquelle il ne peut s'unir, mais très-soluble, au contraire, dansresprit-de-vin,réthejr çt les huiles, c'est le sulfate de carbone, découvert en 1796 par le dùooiste Lampadius.

Il prend feu subitement par l'approche d'un corps en ignition, et brûle avec une flamme bleue, en produisant des acides carbonique et sulfureux.

11 s'évapore rapidement dans l'air et fournit une vapeur dont la tension est considérable à la température ordinaire. L'air chargé de cette vapeur devient explosif en présence d'une bougie allumée, d'un bec de gaz ou d'un foyer rouge de feu.

Préparaiion dans les laboratoires. — On l'obtient, dans les laboratoires,' en introduisant de temps en temps dans une cornue de grès A, remplie de braise concassée et portée au rouge {fig* 286), des frag-

SEIZIÈME LEÇO?I.

non condensées à se diriger dans la chemiiite d'ipptd. Qauit >u soufre, on l'introduit par tt tubulure e Biée >u bas du cyliodra, et que l'on boucbe, après claque introduction, psrun tuopon en fonte.

A la partie supérieure et latérale du tuyau a se trouve une allonge métallic|ue 61:, qui est en commun icalion avec un réservoir en Toate B, dans lequel les vapeurs laissent déposer le soufre qu'elles entraînent ; elles se reudent de Ik, au moyen de l'allonge d, dans le récipient E placé dans le rond d'un réfrigérant V où l'eau se runouvelle coaslamment. Les vapeurs non condensées vont m liquéller dans deux autres récipients superposés DC, que deux tubes veiticaiu relient au premier; celles qui persistent s'échappent par le tube h qui let conduit hors de l'usine.

Le rabijiet r, adapté k la partie inférieure du récipient E, sert à retirer le sulfure de cirbooe que l'on reçoit dans des vases en linc dans lesquels on le

De temps en temps, oa introduit dans le cylindre A de noUTean cbarboD à mesure que le soufre en entraîne une partie en s'y combinant. Il en est de même pour le soufre, en sorte que l'opération est continue. Seulement Is cylindre est asseï rapidement corrodé, alors même qu'il est enveloppé d'une chemise enterre ï creuset, tantï l'intérieur qu'ï l'eitérieur.

La puriBcaiion du sulfiu^ brut s'effectue dans un alambic en linc cbauffé par l'eau bouill«nte ; les vapeurs sont condensées dans un serpentin plongé dans un lélHgérant ordinaire {flg. 388).

fVj (85 — Alimbic pour I» recliHeàlion dn lulftire de eirbom

Pour enlever les dcrnit^rcs portions lîc soufre en simple dissolution dans le sulfure de caibone rectifié, il faut, d aprOs le conseil de M. Sidol, 1 agiter at cl du mercure propre jusqu a te qu il ne noircisse plus la surfdce bnllanle de ce m6la1 Cette opération doit se faire sur d'assez petites quantités de matiùres ili lu fois (bOO gr. de sulfure et 500 gr. en- \iron de mercure], afin que l'agitation soit plus facile, et la division des liquides plus grande. Il se forme du sulHire de mercure dont on se débarrasse p.^r lafillrutiun.

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