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DE l'arsenic. 497
Collardeau, fabricant d'instruments de précision, a construit des burettes sûr lesquelles se trouvent inscrits les degrés chlorométriques à côté des divisions, de l'instrument, de manière qu'on n'a ni calcul à faire, ni table à consulter.
En multipliant les degrés chlorométriques par 3«',I7, poids du litre
de chlore, on convertira en grammes les volumes de chlore contenus
dans 1 kilogranune de chlorure. Si, par exemple, le titre est de 92,6,
on a
Ce qui veut dire qu'un kilogramme de ce chlorure contient 92"*,6, ou en poids 2938',542 de chlore.
Le chlorure de chaux du commerce contient actuellement, quand il est préparé avec soin, de 100 à tlO litres de chlore par kilogramme.
Acide anéniqae.
Pendant longtemps l'acide arsénique n'a été utilisé dans les fabriques d'impression sur tissus qu'à l'état d*arséniate acide de potasse, que les industriels préparaient eux-mêmes en calcinant l'acide arsénieux avec parties égales d'azotate de potasse. L'acide de ce dernier sel, en se décomposant, fournit à l'acide arsénieux tout l'oxygène nécessaire à sa conversion en acide arsénique qui sature la potasse du sel de nitre. La masse calcinée esf épuisée par l'eau bouillante, et la solution filtrée donne, par évaporation, de très-jolis prismes blancs et translucides, inaltérables à l'air. Cet arséniate entre surtout dans la composition des réserves pour le genre Lapis,
Préparation. — Mais depuis quelques années l'acide arsénique libre est préparé très en grand, parce qu'il est devenu la matière première de magnifiques couleurs, au moyen de plusieurs dérivés du goudron des usines à gaz, notamment du rouge d'aniline.
Scheele qui, le premier, découvrit cet acide en i775, en oxydant l'acide arsénieux soit par le chlore en présence de l'eau, soit par l'acide azotique bouillant, conseilla pour l'obtenir de dissoudre à l'avance l'acide arsénieux dans de l'acide chlorhydrique et d'y ajouter un excès d'acide azotique concentré.
C'est ce procédé qu'on suit toujours dans les laboratoires en employant 1 partie d'acide arsénieux, 2 parties d'acide chlorhydrique à 22° et 4 parties d'acide azotique à 35°. On opère dans l'appareil cicontre ifig, 326). De temps en temps, on remet dans la cornue le liquide acide qui a passé à la dislillation, et quand il n'apparaît plus de vapeui*s rutilantes, on achève la concentration de l'acide sirupeux de la cornue dans une capsule de porcelaine. On obtient une masse opaque, d'un blanc de lait, qui, chauffée avec précaution jusqu'au rouge sombre, constitue l'acide anhydre, qu'on renferme de suite dans un flacon à l'émeri à large ouverture.
GiRARDIN. — I. 32
In procédé moine coûteux, de plus Facile exécution, qui permet de préparer en fort peu de temps une bien plus grande quantité d'acide il la rois, est celui que J'ai indiqué en 18S4 (1). Il consiste k saturer
Fig. 318. — Priiparati
d'acide areénieuK de l'acide chlorhydrique pur el bouillanl, el à faire passer dans la dissolution encore chaude un courant de chlore. On cesse ie dégagement de celui-cî lorsqu'une pelite quantité de la liqueur, après avoir été neufralisée par la potasse, ne colore plus en vert la solution du bichromate de potasse. On distille alors dans une cornue pour recueillir la majeure partie do l'acide chlorhydrique, et on achi'vi' la concentration de la liqueur sirupeuse dans une capsule de porcelaine,
Dans les fabriques de produits chimiques, on suit le procédé de M. Kopp. On inli-oduit, dans un récipient de 1,300 litres do capacité, 400 kil, d'acide arsénicux sur lesquels on fait couler lentement 300 LU. d'acide azotique ft 38°. La réaction commence immédiatement, la tempéralure s'élève, et il se manifeste bienlût une éhuUilion très-vive accompagnée d'un dégagement abondant de vapeurs rutilantes. Au moyen d'une cheminée d'appel, on force ces vapeurs à passer dans des tuyaux en grès remplis de coke, arrosés continuellement par un lilel d'acide azotique faible, provenant d'une condensation antérieure: on recueille ainsi les deux tiers de l'acide employé, mais tri^s-ùlcndu d'eau. Au bout de trente-six heures, l'acide arsénique est souliré par un siphon en plomb; il est limpide et oléagineux; on le débarrasse di' la petite quantité d'acide arsénieux qu'il renferme encore eu lui ajuu-
(1) Foili pour seiTir à rhùioire technique de rm-senic, por M. J. Girai'dii' (Mémoires de la Soriété des sciences de Lille, aimée 18ïi,el Jounial de Pliirinacie cl de Cluuiie, 3- série, t. XLVI, p. 565;.
tant, pendant qu'il est tiède, 1 à 15 millièmes d'acide azotique con- Centré.
Cet acide liquide ne tarde pas, à la température ordinaire, à se prendre en une masse composée de petits cristaux limpides retenant ^4 pour 100 d'eau ; ce sont tantôt des prismes allongés, tantôt des lames i^homboïdales, d'une déliquescence prononcée.
Caractèrefl dUtinctiffl. — L'acide arsénique est un acide puissant, comparable à l'acide phospborique. 11 n'est pas volatil; il fond au-dessous de la cbaleur rouge, mais un peu au-dessus de cette température, lise décompose en acide arsénieux et en oxygène.
Comme il est très-soluble dans l'eau, son action toxique est beaucoup plus rapide et plus prononcée que celle de l'acide arsénieux. Il produit des ulcères sur la peau .
Sa dissolution, qui rougit fortement le tournesol et possède une savVeur très-aigre, n'est pas troublée à froid par l'acide sulfhydrique aidé de l'action de l'acide chlorhydrique ; ce n'est qu'en chauffant qu'il se dépose au bout de quelquç temps des flocons jaunes solubles dans l'ammoniaque.
Neutralisée par la potasse, elle donne avec la solution de sulfate de .cuivre un précipité d'un blanc bleuâtre, et avec celle d'azotate d'argent un précipité rouge de brique. Mélangée à une solution d'acide sulfureux, elle laisse déposer bientôt de gros octaèdres d'acide arsénieux.
En voilà plus qu'il n'en faut pour distinguer l'un de l'autre les deux acides de l'arsenic.
Arsénlare d'hydrog^ène.
Je ne terminerai pas l'histoire des composés arsenicaux sans vous apprendre que toutes les fois qu'on traite dans un appareil semblable à celui-ci {fig. 327) des arséniures métalliques par les acides, ou qu'on fait chauffer de l'arsenic avec des solutions alcalines, il se produit, ainsi que Scheele l'a vu le premier, un composé gazeux, incolore, dont on ne saurait avec trop de soin éviter les atteintes.
C'est le gaz hydrogène arséniquéj Vhydrogéne arsénié ou Varséniure d'hydrogène, poison bien plus subtil que tous ceux dont il a été question jusqu'ici, et qui détermine la mort aux plus petites doses, en agissant sur le système nerveux. Gehlen, chimiste allemand fort distingué, périt, en 1815, après neuf jours d'horribles souffrances, pour en avoir respiré de très-petites quantités pendant qu'il était occupé à le préparer. 11 y a une quinzaine d'années, dans une fabrique, à Paris, de deux ouvriei's exposés à un dégagement de ce gaz, l'un périt immédiatement, l'autre éprouva les plus graves accidents.
Ce gaz toxique se reconnaît à son odeur nauséabonde, alliacée, trèsdésagréable, et parce qu'au contact de l'air et d'une bougie, il prend
500 EIZ-SEPTIËME LEÇON.
feu, brûle Kvec une flamme blaocbe Tolumineuse, en répandant det npeura blanches d'acide anéhieux et laiuant dépoter sur les panûi da
Ifç. m. — Prtpentioa d« lliydrogtiu u«6il<]iif.
cloches une couche noirftire et brillante d'arsenic métalloïde.
11 est formé dans les rapports de 1 volume d'arsenic en vapeur el de 6 volumes d'h;drogëne, ou en poids de :
Arsenic 96,16