‹ Lecons de chimie élémentaire (volume 2)Chapitre 41 sur 42 · U,CH · texte numérisé non relu

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Si, lorsqu'il se dégage dans l'air par un tube eflîlé, on y mtt le feu el si l'on place au-desfius de la flamme blanchâtre qu'il produit une sou-

coupe de porcelaine bien sÈclic (fi'j. 328), il so dép93e à l'instant mâme sur celle-ci, dans les endroits touchés par la flamme, de petites lâches

iQiroîtanleR d'un gris d'acier (^g. 32i)); c'est de l'arsenic métalloide provenant de la dâcompoiifion du gaz hydrogène arSéni^parla chaleur.

Si l'on ajoute dans nn appareil à gaz hydrc^ène, qui fonctionne,

F.g. 329. — Soucoupe de porcelai

quelques gouttes d'une dissolution d'acide arsënicux ou de tout autre Composé arsenical, & l'instant le gaz hydrogène se charge d'arsenic, el présente tous les caractères de l'hydrogène arsénié.

Ces résultats curieux ont été indiqués, en 1636, par le chimiste anglais Marsh, qui a proposé de recourir à ce moyen pour découvrir les plus petites quantités d'arsenic dans les substances avec lesquelles il est mélangé. Les loxicologistes se sont empressés d'adoplcr ce procédé, qui ramène à une simplicité inattendue la recherche dé l'arsenic dans les cas d'empoisonnement, recherche qui, parles anciens-procédés, est souvent fort longue et très-délicate. Le procès de la femme Lafarge, en i 840, et les débats judiciaires el académiques qui en furent la suite, ont donné un tel retentissement au procédé et à l'appareil de Marsh, que VOUE entendrez avec intërél, Messieurs, quelques détails surjette queslion,

Appareil da Harab. — Dans l'origine, l'appareil de Marsh avait une forme incommode el un peu compliquée. M. Chevallier l'a beaucoup simplifié el réduit à une seule éprouvette à pied {^g, 330), qui porte un bouchon percé de deux trous, l'un qui donne passage à un lube à entonnoir pour l'introduction des liquides, l'autre qui porte un tube recoui'bé à angle droit et effilé pour la sortie du gaz hydrogène. Voici, comment on opère, .■->

On introduit du zinc pur en grenailles dans l'éprouvette ; on place -4e bouchon ; puis, par le tube-entonnoir, on verse sur le métal de l'acide sulfurique pur étendu de 2-4>arlies d'eau. Lorsque le dégagement d'hydrogène a duré pendant quelques minutes et qu'il ne re^e plus d'air dans 'rapparêil, on enflamme le gaï eimi reçoit la flamme sur une soucoupe, de porcelaine. Dans ce <;as, cclle.soucpuje.ne se tache pas, et se recouvre Beulcmenl d'eau condçnsée. Oh verse alors par portions dans le luheren Ion noir le liquide où l'on suppose l'existence d!un composé arsenical. S'il" y, a, en effet, du poison dans le

liquide, bientôt la flamme change de couleur et laisse déposer, sur la soucoupe qu'on approche, des taches mélalliqucs miroitantes, et en quantité d'autant plus grande que le liquide renferme plus d'arsenic en dissolution.

La sensibilité de ce moyen surpasse tout ce qu'on peut imaginer,

Fîg, 330. — Appareil de Marsh, simplifié par M. Chevallier.

puisqu'un millionième d'acide arsénieux est facilement accusé, dans la liqueur qu'on examine, au moyen des taches métalliques qu'on obtient

Fîg, 331. — Appareil de l'Acadénùe des Sciences.

sur des porcelaines ; ces taches commencent m<^me à paraître avec une liqueur renfermant 1/2000000 environ I

11 y a encore un moyen de rendre sensibles des quantités d'arsenic qui ne se manifestent pas ou qui apparaissent d'une manière douteuse

par les taches: c'est, ainsi que Soubeiran Ta conseillé en 1830, de chauffer au rouge sombre une partie du tube par lequel s'écoule le gaz arsénié; celui-ci est décomposé en hydrogène qui s'échappe, et en arsenic métalloïde qui va se condenser, sous la forme d'un anneau, à une certaine distance de la partie du tube soumise à Taction de la chaleur. Aussi l'Académie des sciences a-t-elle donné la préférence à l'appareil suivant (y?g. 331) pour les recherches de médecine légale.

Dans cet appareil, le tube de dégagement porte une boule b qu'on remplit de coton, pour retenir l'eau et les portions de liqueur que le gaz entraîne avec lui ; il s'engage ensuite dans un autre c plus large, rempli d'amiante, qui a pour effet d'arrêter toutes les matières étrangères en suspension. Au tube large et horizontal est adapté un tube étroit de de plusieurs décimètres de long, effilé à son extrémité e et enveloppé d'une feuille de clinquant sur une partie de sa longueur dg. C'est cette partie que l'on chauffe au rouge, au moyen d'une lampe ou de charbons placés sur ime grille, après avoir posé une lame de cuivre gratté, repliée sur elle-même en guise d'écran, pour empêcher le tube de s'échauffer à une distance trop grande de la partie entourée de charbons ou frappée par la flamme de la lampe. De cette manière, l'arsenic se dépose, sous forme d'anneau, en avant de la partie chauffée du tube. On peut, en même temps, mettre le feu au gaz qui sort de l'appareil, et essayer de recueillir des taches sur une soucoupe.

L'emploi de l'appareil de Marsh exige, du reste, pour les opérations de médecine légale, une foule de précautions et de soins que je passe sous silence, car cette question est étrangère à notre objet. J'ai voulu simplement vous donner une idée suffisante d'un procédé ingénieux, qui a si vivement préoccupé l'attention publique dans ces trente dernières années (1).

(1) L'inventeur de ce procédé, James Marsh, naquit, en 1789, à Wooiwich ; il occupa pendant 40 ans une modique place à l'arsenal de Londres. Il est mort en 1846, laissant une famille dans un état voisin de la misère. Bien que son appareil ne soit plus employé, tous ceux qui l'ont remplacé portent son nom, que la science a conservé pour reconnaître l'immense service qu'il a rendu ù la chimie toxicologique.

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