DES COULEURS D ANILINE
lirenl aussi un parti trOa-avanlageux des seli de la rosaniline cl de la mauvémo.
3. Hallèraa CDlDr*nl«« ri^rli^ea de la roaaniline. — Va grand nombre de belles couleurs bleues, violelles, touge-ponccau, jaunes el brunes sont dérivées de la rgsaniline pnr voie de substituUon, el plusieurs oui àonaé lieu A des falvicalians très-importantes , Je vais vou^ les rnire conoBlIro,
A. Bh-u de Lyon. — UU. Ch. Girard et de Laire coosUtJtrcul, vers la (in de 1800, qu'en cbaufTaut pendant quelques heures un mëtange de l'ucbsine et d'aniline â une température de 160 t 180", la couleur, primitivemeol rouge, devient de plus en plui violacée CI tinil par passer au bleu violet, de telle sorte qu'en poussant l'opéralion plus ou moins loin on peut produire toutes les nuanccii t:omposues entre le rouge de la Tuchsine et le bleu violet.
Depuis, les oii^mes chimistes ont reconnu que les sels de rosaniline k acides organiques, tels que l'acétate, le valérianalc, le beuïoate, sont prérërablcs aux sels t acides minéraux. Voici le procédé industriel qu'ils emploient :
On prend 5 kil. d'acétate de rosaniline et 10 kil. d'aniline aussi puro que possible qu'on introduit dans une cornue eu Toute éœuillée, de 20 litres de capacité environ, placée dans un bain de paraffine, (k'ttt; cornue se compose de deux piùces, le col et le cylindre, réunies au moyen de via de pression. Le col est aaseï élevé pour pertnellre le retour dins le cylindre de l'aniline qui s'est d'abord volatilisée, puis condensée ; car il est nécessaire qu'il y ait toujours un exci's de cette base en présence du sel de rosaniline. La cornue est munie d'un agitateur mécanique dont l'axe se meut dans un lube qui doune passage a un courant de vapeur.
On chauITc et on maintient, pendant environ deux heures, une température voisine de 1 90'. On reconnaît que la transformation des corps réagissants en matière colorante bleue est terminée, lorsqu'un peu de mélange retiré de la cornue au moyen d'une baguetie el délayé avec de l'acide acétique et de l'alcool, donne sur une assiette de porcelaine des traits d'un bleu pur. Dans une opération bien taite et avec de lionnes proportions, le bleu doit resler dissous dans l'excès d'aniline, et la masse doit être à peine lluide, mais parrailement bomog£-ne.
t^lle-ci, enlevée de la cornue, est traitée diiïércmmeut suivant la qualité des produits commerciaux qu'il s'agit de préparer. Ils sont en très-grand nombre, mais ils peuvent tous ^e ramènera trois calégories bien Irsncliées : htgua direds, bleits purifiés, bUus lumière.
l" Pour les premiers, le traitement de la masse brute est des plus simples. Il se réduit à séparer du bleu formé l'excèâ d'aniline. Pour cela deux moyens : l'un, qui consiste à l'entraîner mécaniquement par la vapeur d'eau ; l'autre, ù l'enlever par des lavages mélbodiquca avec
382 SOrXANTE-UlX:ÈME LEÇON.
des acides diluËs. 1^ produit peut stun Ctre livré direclcmeut au ci
2° Pour les iikui pur'liés, la masse brûle est additionnée d'alcool. EllA est eosuilQ coulée par petits Uleli dans de l'eau acidulée par l'acide ' chlorhïdrique, I! so forme alors du clilorbydrate d'aniline qui resta ' disGouE dans la liqueur en m? me lem^s que I'cxcës de, rosanîline noa complâlemcnt Iransrormëe, taudis que le bleu se précipite. On le recueille alonsuruu llllre, et on le lave plusieurs Toisà l'eau bouillante acidulée, pour enlever des matières brunes et fauves, et ce qui peut rester encore do sels d'aniline et de rosaniline.
3» On appelle Wc« lumière un bleu tout à fait prM de violel, et qui conserve, aux rayons de la lumière artiUciello, une nuance francbe-
mcni bleue. Pour l' obtenir, on prend un bon bleu purifié, tel qu'il p*> , sulle dulniilement précédent. Après quelques lavages â l'alcool chaud, on dissout le résidu réduit en poudre fine dans un mélange d'aniline et d'alcool bouillant ; on Gllre cette dissolution à Inquelle un ajoute de l'ammoniaque, ou mieux une solution alcoolique de soude caustt> que. Une petite partie du bleu se précipite à l'état de buse. Lorsque l'alcool ammoniacal ou sodique est complètement refroidi, on recueille sur un lîllro la partie insoluble et on précipite le bleu par l'acidedilorbfdrique conccuiré ; on laisse refroidir et on filtre.
Il y a dans le commerce des bleus à diT^rcnts degrés de purification qui portent les marques B, BB, BBB, BBliB. Vous trouverez dans l'ouvrage de MU. Girard «1 de Loire la dcscripQon des procédés particuliers usités pour les obtenir.
B. Bleu d'aniline, dit aturinf.— Lorsqu'on fait réagir une petite quantité àe chlorate de potasse dissous dans l'acide cblorbydrique sur le I cblorbydrale d'aniline en dissolution dans l'eau alcoolisée, il se lorme, au bout de quelque temps, un précipité iloconueux abondant, d'une j
DSs couLEuas d'aniline. 383
belle couleur bleue ; si les liqueurs sont coacenlrées, le toul se prend presque en masse.
Le mOmc composé bleu s'obtient plus facilement en ajoutant ou minime sel d'aniline de l'acide chloreux liquide ; la liqueur le convertit immédiatement en une bouillie bleue.
Le chlore dissous, l'acide chromiquo donnent égalemeni naissance à. tmc mali^re coloraalc bleue par leur réaction sur l'aniline. Ces curieuses réactions ont Élé indiquées par MM. Friliuche, Hor[iiBnn,Willin, Calvert, Béchamp, Kopp, etc.
Mais rfuurûie est insoluble dans l'eau, dans l'alcool et dans l'esprit de boi«, ce qui a. rendu impossible son application directe en leialure. On a eu l'idée de la Tormer sur les fibres elles-mêmes. Ainsi, on imprime sur UD tissu de coton un mélange de cblorbjdrate d'uuiline, d'acide acétique et de cblorate de polas^c, le tout épaissi à lu gomme, puis on expose ù. l'air jusqu'à ce qu'il j ait Tormolion d'une couleur ^e^le, ce qui exige au plus deiin ou trois heures ; tx\nL-3 quoi, on passe le tissu à chaud dans un bain d'alcali ou de bichromate de potasse; aussitôt la couleur pane du vert ù un bleu intense, qui parall compmement noir si l'on u cmplofé une trop forte proportion de sel d'aniline.
Le bleu ainsi obtenu est evirémemeni solide. On a fbil quelques impressions de ce genre en Angleterre et en Allemagna.
C. Bleui soIttbUs. — Tous les bleus précédents ont l'inconvénient de ne pouvoir Cire employés en teinture qu'en solution alcoolique. En 186-.!, U. Nichoisnn a réussi à obtenir un bleu soluble dans l'eau, même froide, en traitant 'os bleus de Lyon parl'ucide sulfurique, ainsi qu'on traite l'indigo par le même acide pour le rendre soluble. Ou produit de la sorte un véritable acide conjugué semblable i l'acide suliindigotique qui leiul lu laine et la soie.
Mais ce bleu soluble donne des nuances qui résistent moins à l'action de la lumière, des alcalis el du savon que celles fournies par les bleus de Lyou. Il n'a donc pas été adopté par les teinturiers, bien que son emploi fût plus économique et qu'il eill l'avantage de no pas dégorger ni déteindre par le frottemenl.
Aujoutd'bui, M. Nicbolsoo prépare un bleu, dit ahalin, qui teint la soie eu irés-belles nuances d'une sulidllé suftisunte et comparables d celles des bleus insolubles. U est obtenu de la manière suivante ;
On introduit peu à peu 1 til, de bleu BB réduit on poudre trùs-fino dans 3 kil. d'acide sulfurique à GO", placé dans une terrine refroidie. De l'acide cblorhydrique est mis en liberté, el la masse se colore en bniu rouge ; eu la maintenant pendant cinq à sic heures à une [empéralure de 30°, on obtient une solution qui, par l'addition d'un e\cés d'eau, laisse déposer un précipité volumineuiL. Celui-ci est lavé jusqu'A. ce qu'il ne soit plus acide, puis ou le dissout dans une solution de soude ocustique en ajaul soin de ne pas en ajouter un excès. Le produit mis
A dessécher sur des plaleuux étaatUés dans une chambre chaude, c lituc le bleu dil atculm de KicholEon.
D. Je passe sous silence le bleu de Paria de MM. Persoi, de Lufoes el Salvéïm, le bleu de Mulhouse de MM. SchaetTer el Gros-Hcnaud, la bleu à l'aldi-liyde de M. Laulh, attendu qu'on a'on a pas lire porli dam les ateliers.
E, Violet impérùxt. — Pour obtenir les violets d'aoîline doni les nuances IrÈs -va fiables peuvent 0 Ire ramenées il deux calëgorics : tes violet» rougee ou DahUa, el les violets blctis ou Parme, on opt^re dans les mi^mes appareils qtie pour la Tabrication du bleu de Lyon, en chauf- Tanl mniiiB loDgIemps te métaiige de Tuchsine et d'aniline, el en employant beaucoup moins de celle dernière, soit seulement 3 puur 1. de fuchjilne.
Ce sont UM. Ch. Girard el de l.aire qui ont fuit connaître, en l»tlD, ces belles couleurs qu'ils dësign<>ranl sous In nom de violet im/)érial. Q est évident que tandis que le bleu est le rësullal extrême de la réactiua de l'aniline sur les sels de rosaniline, le violet n'est qu'une phase intermédiaire de cette réaction.
Le bleu et le violet, produits dans ces circunstancea, sont constitués par de le rosaniline dans laquelle une partie de l'hydrogène a été rctuplucee par une quantité équivalente du carbure d'iijdrogëne nommé jilifiiyla el qui a pour symbole C"ll'. Ainsi, d'après M, Hofmunn ;
Le bieu dï Li/o» est représenté por C"H"iC"II')»Aï', c'est-à-dire pac de la rosaniline C"ll"Az', dans laquelle 3 équivalents de phényle se sont subsUluës ti 3 équivaleuls d'hydrug^ae, ce qu'exprime le nom de tri' jihéiylroianiUne qu'on lui a donné ;
Tandis que le violet impérial rou/je est représenté par C"'H"(C"H')A^, ' el le vioUt impérial bleu par C"'H"(C"H';'Aîi', c'esl-à dire par de 1& roianiline dans laquelle I équivalent de phényle, dans le premier cas, 2 équivalents de phiSoyle, dans le sei-ond, se sont subalimei 1 1 et S équivalents d'hydrogène ; voilù pourquoi on a donné â ces deux nouvelles bases les noms de mmiophènyli-asaniline el de dipMnylrosimili'ie.
Les diverses variétés du violet impérial sont insolubles dans l'eau; aussi pour teindre ou pour imprimer se sert-on de leur solution dans l'alcool seul ou mieu\ mélangé de benzine. Le bain de teinture se monte le plus habiluellemenl avec iH liirea d'alcool et S d'acide acétique pour 1 kil. di! couleur. On y ajoute quelqueMs S gr. d'acide sul- Turique par lilre d'eau.
Ces violets riialiscot de beaulé avec ccu\ de mauvéine, mais ils soat moins solides.
t\ Viokts Hofiiiarm.— On désigne ainsi dans le commerce les violet* magniHques qui, peu k peu, ont remplacé en grande partie les précédents. Leur découverte remonte à ibb3 el est due au célèbre chimieta .
DES COULEURS D AKILINE.
ullemnnd qui a tant coniribué h éclairer rfaUtoire EcicuUilque des maliërea linctoriales tirées àa goudroD de houille.
C'gsI cLi Irailant la rosuDiline ou ses sols par les êthers iodhydrîque cl méthylique (iodures d'élbfle et de méltifle] qu'on donue naissance h ces nouveaux vîolels dont on distingue dans le commerce trois espaces ou marques dislinctcs, ù savoir : un liolel rouge R, uu violet bleu B et un violet lumière BB. Le mode de préparation de ces trois sorti's de violet Hofmann esl sensiblement le même ; il n'y a de dill'ërenccs importantes que dans les proporlioosdea agents employés.
Disons d'abord que la fabrication des iodures d'éthyle et de méthjle se Tuit iudustriellemeutsans danger sur une grande édielle (1). Quant h celle du violet, on opère dans dce appareils autoclaves en fer ou en foule émaillée pouvant râsisler ù une pression considérable et qu'on chauffe au moyen d'un double fond dans lequel circule de la vapeur d'eau. Voici leapruporlions des matières réa g is«au tes pour chacune des trois sortes de violet llofl'mun.
Pour
Bosïnilina 10 kil. 10 kil. 1(1 kil,
lodura d'étliyle ou de ox:-
lliyte a :, 20
Alcool ordiimlre IW) litres. IIK) litres. 100 litrui.
Uydraie de pousse ou de
souda lOkil. lOtil. inkil.
On dissout l'iodure d'éthyle ou de mélbyle dans une partie de l'alcool, la potasse ou la soude dans une autre, cl ces solutions sont introduites dans l'appareil en plusieurs lois. On cbaull'e deux heures environ entre iln et 130°. La matière colorante, sé^iarée par distillation des iodures alcooliques en excès, est traitée par une solution alcoolique de soude daus un appareil muni d'un ngilnteur et d'un cohobuteur. On l'oblienl ainsi à l'état de base qu'on lave alors complètement avec de l'eau bouillfinte dans le même appareil, en agitant constamment atiu d'enlever l'iodure alcalin formé, ainsi que l'excès de soude caustique; on la reprend ensuite par l'acide clilorbydrique, suUurique ou acéli-' (|ue. Le sel formé est dissous dans l'eau bouillante: la solution esl filtrée, puis additionnée de set marin ou d'acëlalu de soude. Le violet
(1) DBI1& une chuudière en ronlo émiitlée, qu'on ctiKutTe lu moyen d'un double tond et i(ai comniunique avec un réfrigérant dont le serpentin en en cuivre, on inlreduit 100 kil. d'iode et 60 kil. d'akool, puis 10 kil. de plmsphore rouge cju'on n'ajoute que pu- trt»-p«liles tiuuntiiât k U fols pour Ëviier qu'it ne ifl prodaisu udq rétctioti lu mut tueuse. On ibaudonna le tout nu repos pendint environ quarante- liu 11 lieures. On pru(«de alors k la dUtilUiloo un foiMoi arriver de la vapeur dans le double fond Onu soin de mslnlentrle sL'rponiln 11 la plu» baise lenipéraiure po^ailila, puisque l'iodure d'étliylu si tilise ù 72*.
On opère de lu mfime maniera pour l'iodure do mdiliylu.
GinAAiii\, — IV. sa
JS6
SUIXANTE-UIXIËME LKÇON.
Uurmann se précipite ; on le recueille sur un filtre et oti le sùche. DaDi 1 cet état, Il est parruitcment soluble dauï l'e^iu pure, soit d chaud, soil & ]
Il CBl â noter qu'avec l'iodure de méllijla on obtient, ù qu.inlilâi égales, un produit plus bleu et plus soluble que celui Tourni par l'iudura d'étbyle.
Ces nouveaux violets sont, d'aprirs M. Hurmnnn, dea ïodhfdralesdeB deux nouvelles bases qu'il a nommées cthtjlrma'iiiine et mèUii/hvsanil'iie. CelleB-ci ne sont nuire chose; que de la ro^nniline dans laquelle i 3 équivalents d'étbyle uudoméltiyle se sont gubstiluÉs à II équivalent! d'bydrogËne, comme on le voit par les formules suivunlcs :
nouuiliiii. UhTlroiiailmc. UÉIhvIrDumliue.
Les violets Itofmi leurs
marquablee parla pureté et laricliessedaJ il-ils détrôné tous lea autres violets, quoique 1
leur solidité soit inrérieme. Ils teignent sans le concours des acides el des morduut» lu soie el la laine. Pour la teinture el rimprossbn du colon, on procède comme pour le» autres couleurs d'aniline.
G. Violet au lérihéne. — Eu 1863, M. I'c,rkin a prCpaié te siolet en remplaçant les iodures alcooliques précédents par une solution alcoo- ' lique de bromure de térébdne, l.'"ll"l5r', qui est bien moins coûleux. 0» chaufTe ensemble, comme dijus les conditions ci-dessua indiquées i 6 do rosaniline, :!0 d'ulcool métb/lique el 4 de liromuiV de lérébène.
H. Yioklt de Paris. — Sous ce nom, MU. l'oirrier et Cliappal ont fait | breveter, en juin l8G;i, des matières linctoriales qui, par leora carac- Itères et leur manière de se comporter en teinture, ne paraissent pat i dilîÈrer des violets llormann. On les produit au moyen de deuï opér»^ lious successives.
Dans la pcemiéi'e, on Tait réagir soit du bromure ou de l'iodure do j
DES COLLF-UnS D ANILINE.
iiiëlhylii EGc, Eoil du bromure ou de l'iodure d'élhyle sec sur l'aniline, de manii^re à la convertir en l'une ou l'autre de ces Douvellcs bases que M. Hormann a découTcrlea en 183(1 et qu'il a nomnK^es méViylani- Une (C'*ll'Ai;) et ûlhylanilme {O'ïV' \i).
Dans la seconde opération, en trailonl ces bases par S à 6 Tms leui poids de bichbnirc d'ëlain anbydre à la lempéralure de 100% ou tout Btilre agent oxydant qui Iransronne l'aniline en rosanïiine, on doons uaissance aux violeti de Paris.
On purifie la maliCre brûle en la faisant bouillir dans une soluliun de potasse ou de soude caustique, puis en la dissolranl dans du l'acide chlorhydrique ou acétique. 11 en résulte un chlorliydrale ou un acëlale dcroïaniline méthflique ou éthjbque, sels (K's-solublcs dans l'eau, même â froid, el qui à l'êlol sec se présentent sous la forme d'une maBseà rellcis bronzés d'une belle nuunce ailes de caniharidc.
4. Verts d'antllne. — Il y a deux espèces de vert d'anibne : le vert obtenu par l'action de l'aldébydc sur la solution sulfurique de la rosaniline, et te vert qui résulte de l'action de l'iodure de mélhyle sur la
A. Vejl par l'aldéhi/di! ou aniline verte. — H a été dÈcouverl par M. Cherpin, chimiste chez M. Ue6be, & Saint-Ooen, près Paris, puis breveté en octobre IBfl2 par ce dernier, qui sut rendre industrielle la préparation de ce vert qui est tort beau et qui a été promplcmenl adopté dans les ateliers de teinture ; on le connaît dans le commorce sous le nom de vert XJsibe. C'est en uhercliant i donner uu bku ft l'aldéliyde de U. Laulb la stabilité qui lui manque, au moyen de l'hypOEUlQlc de soude, que M. Clicrpin constata sa Iran^formalion en une nouvelle maliârc colorante verle.
Pouf obtenir celle-ci, on commence donc par opérer comme s'il s'agissait de faire du bleu. On dissout i kil. de fuchsine dans 2 litres d'ucide Eulfuriquc étendu de 2 litres d'eau. Quand la solution est retroidie, on y ajoute 4 litre» d'oldiihyde et on laisse en contact iusqu'4 ce que le liquide étendu d'eau ou d'alcool prenne une belle couleur bleue; on le verse alors dans la litres d'eau contenant en solution i kil. d'brpuïulUte de soude. On fait bouillir pendant sept ou buit minutes et on filtre. E.u liqueur qui pusse relieut le vert produit; il reste sur le tiltre une matifro d'un bleu gris.
La solution verte est additionnée d'acide tnnnique ou d'acétate de soude, qui opèrent la précipilaliou de la couleur; celle-ci, recueillie, est lavée t. grande eau, puis mise H égoutter jusqu'en conaislance de p4te. On la livre aiiisi au commerce. C'esl généralement une combinaison de tannin et de vert. Elle est insoluble dans l'eau, solublc dans l'alcool et l'ucide acélî que qui se colorent en beau leit; elle est dissoute en jaune orange par l'acide aulfurique, mais l'eau l'en sépare sans qu'elle oit éprouvé d'altération.
Sa fonnulo brulc sérail, d'après M. Hofœann : C"H''Ax*S'0. Il
Ce verl communique aux lisius de Tort belles nuances, qui augmentent encore en Leaulé h la lumii^re nrliUcielle; malheureuseincur, quand il esl préparé depuis un certain leinps,!! perd de sa fruiclieur e linaleiiient se dâlniil.
Pour leindre le suie, on délaye le vert en plie (I partie pour3iIelt9SU> dans de l'eau légèrement atidulée par l'acide sulfuriquo, el on manœuvre In soie dans ce boin en élevant peu il peu la tcmpiSrature jusqu'à "o"; on ne la relire que lorsque le bain est presque complélement
Pour la laine, on prend par 10 kll. do 61 ou liesu 2 ki). de vert ea pâte qu'on délaye dans SOO lilrea d'eau à laquelle on ajoute 3 litres d'oi* cidesulTurique, yoo gr. d'alun el autant de crt^me de larlre. On chauffa pragrcssÎTemen t au bouillon pendant qu'on manœuvre ta laine daofe ce bain.
Pour lealmpressions 9ur laine, on Euil le procédé indiqué pur Horace Kœchlin -.on mélange h 2 kil. de vert sec. I litre de bisulliiu do soude â 42', I litre d'ammoniaque el on épaisûl i la gomme nu A l'amidua, Après l'impression, on passe en vapeur.
Four l'impresùoQ sur colon, ou ajoute au miSlange précédent ] kil.
La plupart des teinturiers prépurent eux-mêmes ce vert d'nniline au fur el à mesure de leurs besoins, aHin d'éviter la détërioratiou qu'il éprouve avec le temps. Ils se dispensent alors de le précipiter par le tannin, el" se servent de la liqueur verte séparée par le Dllre de la matière d'un bleu gris dont il a élé parlé plus haut. Ils obtiennent (linsi des couleurs plus Tratches.
Ciiaque teinturier a des proportions qu'il emploie de prëférence, La recette suivante est très en faveur :
Rougn d'aniline 300 graranies.
Mélingo formé de 'i pp. d'si^ide siilfu-
HiiuB et dB I p. d'eau 9iX)
Aldéhyde )iu —
L'aldébyde doit être ajouté petit à petit dans la dissolution Iroido dp J Bulfale de rosaniline. Lorsque tout est versé, on chaulTu au buïu-maria, < jusqu'à ce que la masse soit bien bomogi''jie; on ri-lire de temps eal temps avec une baguette en verro une goutte do mélange, que l'oail Jotte dans de l'eau légèrement acidulée. Dés que l'on obtient une bella | dissolution bleu verdàlre, on arrête la réaction.
On verse alors le tout dans (l'O litres d'eau bouillante contenant ( dissolution DOQ grammes d'hyposuiflle de soude crislallisé: on fall bouillir le mélange quelques mioules au moyeu d'un jel de vapeur, • on Qltrc.
DKS CODLECRS D ANIUNE. 389
l& liqueur ukire ainsi obtenue conslitue un excclIeiU bain de toinlure, à la coodilion d'âtro employiie im média tctneni.
B, Vert à l'iode {vert de nmt, vert Uofmann). — Lorsqu'on traite pat l'eau bouillante les violets méthyliquca et Ëlhyliques, c'est-à-dire les vviUts Bofmani), on entraîne en dissolution une substance d'un bleu lerdStre. Bn ajoutant aux liqueurs du carbonate de soude on en précipite un peu de violet, tandis que du vert reste dissous. Âprâs décantation ou Ultrution, une solution concentrée d'acide picriquu détermine le dépôt de la mali&rc colorante verte en s'y combinant ; on la re' cueille sur un filtre et on lu lave deux ou trois Tois ù l'eau Troide.
C'est seulement depuis le comniencemcnt de 1S6G que les rubriconts de couleurs nrlificiellea ont mis ce vert duns le commerce, le plus
O. — lidianlillui
habituellement sous Tonne de poudre, tin le prëTi^rc dans les ateliers de teinture au vert prépare au moyen de l'aldébfde.
La fabrication industrielle de cette belle couleur, dont la découverte est revendiquée par plueieurs chiraïâlea, a vlé grandement perreclionnÉe par MM. Girard et de Laire. Ces meîsieurs opèrent dans dei autoclaves en Ter émaillé d'une grande capacité et â pai'ois assez épaisses pour supporter une pressioa de 20 à 2i) atmosphères. Les matières introduites dans l'appareil sont : 10 kil. d'acétate de rosaniline pur, 20 kil, d'iodure de méthyle pur et 20 bitogr. d'alcool méthylique bouillant do 6t k 67°. — On chaulTe par la vapeur arrivant dans un double fond ou au moyen du bain-marie, en ayant soin de ne pas dépasser \ ]0% parce que au delà le vert se décompose. L'opération dure entre quatre et cinq heures. On cesse de chaufTL'r, et douze heures après, lorsque la ptewion intérieure est descendue de 10 à II almosphôres k 4 environ, on procède il la distillation des liquides alcooliques et Éihérés qui restent dans l'appareil. Le résidu demi-fluide est alors sotitiré el versé dans 0(10 lilree d'eau distillée chaulTés pnr un courant de vapeur. Le vert produit se dissout entièrement tandi» que les ma-
lières lîoleltcB qui y sont mSlangées veBletil insolubles, a l'enception 1 (l'une pelile quantité qui est entraînée par l'acide devenu libre pendant la réitclion. lltie prcraîÈre Bllration relient lea viotcU iosolubles.
Au liquide Dltré, ou ojoure alors'Si & 35 kîl. de sel marin, on cDnlinue l'ébuILlion el on salure l'acide libre par t*",300 à )"',700 de cristaux de soude. La dissolution complet ement rerroidie est flltréB sur des filtres de sable afin de séparer les matières bleues ou violellEs. Tant qu'elle n'est pas d'un beau vert pur, on y ajoute du carbonate de soude et on rËpËte les filtralioiis sur le sable. ,
On précipite ensuite le vAt par une solution salurËc à Froid d'acïdâ J picrique exempt d*acido azotique. Il faut à peu prlïs 3^,400 de cet | acide. Le précipité est en pdte exlrâmemenl fine qu'on lave lËgèro- ' ment et qu'on livre au commerce dt^s qu'elle a été BurtisammfiDt égoultée.
Le peu de solubilité dans l'eau du picrate vert obligeait les teinturiers à recourir k l'alcool pour tnunler leurs baius. MM. Girard et de Luire, pour obvier à cet inconvénient, oat eu l'idée de subslituer à l'acide picrique un sel de xiuc qui forme avec le vert un composé dou~ ble, soluble dima l'flau, qu'on peut avoir A t'état solide, 6| qui donna une nuance d'un vert moins Jaune que le picrate.
Ce vert darosaniline a été obltinu, par MM. llormann et Cb. Girard» j en petits crîBlaux prismatiques très-nets, durs, cassants et bronzés. Sa | constitution chimique est IrËs-compliquée.
C. Émérotdine. — Frilzsche ili^a IKi;;, MM. flulverl, l.owc et CUCl i juin tseo, M. Ed. Willm k la même époque, ont constaté qu'en traitant 1 les sels d'aniline par le chlorate de potassa en présence d'un acide/ I on donne naissance il une belle matière verle que les cbimisles anglais | précités ont nommée Éméraldine.
On la produit directement sur les Sbres ou les tissus, en les pa^isanf | dans un bain contenant 121! gr. de chlorate de pelasse pour S litre* ] d'eau, les Taisant sécher et les trempant ensuite dans une dissolution ds 1 larlrale acide d'aniline. Par une exposition i l'air pendant douze Jk; J dix'huit heures, la couleur verle se produit.
Pour l'impression, ou dissout à chaud tiOO gr. de chlorate de potassa 1 dans %a ù 30 kîl. d'empois d'amidon, el dans ce mélange refroidi on incorpore avec soin I "',500 de larlrale ou de chlorhydrate acide d'aniline. Les tissus sur lesquels ce mélange a été imprimé sont eipo*é» I A l'air durant douze il dix-huit heures, ce qui permet le développement 1 de l'émiraldine.
Si l'on fait bouillir les pièces ainsi colorées en vert dans un bain 1 faible de savon (2o grammes par litre], ou du soude caustique (H gram^ J mes par litre), ou de bichromate de potasse ((i grammes par litre), on-J convertit la couleur verte en a^wine bleue ou pourpre ; si bien qnflr I 1 on peut conclure, avec M. Kopp, que Vamrine et l'émiraldine ne sont |
DUS COULEURS D AJ^lLiNE.
qu'un seul et mâme corps qui e«t bleu a l'état neulre, et qui passe au ver! sous l'influence dei acides.
D'autres maUiires verlÊS ont encore élë signalées, nolamment par MU. Delvaux et Perses Jlls; mais cimme ellcsn'ont regu aucune application, je tes paâse sous sileace.
[i. Jannes d*anllfn«. — Do toutes les malîères colaranles Jai dërivécs de l'aniline, cl il 7 en a un certain nombre, la n parce qu'elle a été étudiée par M. Ilormann à la Bn de décembre < Si)2 c'est celle que M. Nicfaolson découvrit dans les produits secnndaires de la fabrication de la TuchsinG. Elle fui iniroduile dat la maison Simpson, Maule et .\icliolson, de Londres, a Phosphinn que M. Hormann a changé en celui de Chrysaniline il < du magnifique jaune d'or qu'elle donne à la soie et ù lu laine. Kllc porte aussi les noms de jaune et d'orange d'uitiline, d'iiunue.
Elle se prfsenle sous forme de puudre fine, jaune, rêasemblanl tout ilfait au chromale de plomb récemment précipité, amorphe, à peine soluble dans l'eau qu'elle colore faiblemeat, mais très-soluble dans l'alcool el l'éther.
Celte maliiîre jaune est une base organique bien définie, CH'Uï', qui forme avec les acides deux séries de composés salins parfailement crislallins. I.'azolate est surloul remarquable pur son insolubililé dans l'eau et la facilité avec laquelle il crislallise en aiguilles d'un rouge de ru Lia.
La chr^Mniline parait élro isomérique avec la chrysotohiiiline, autre base alcaline qui prend naissance dans les m(!mes circonslonces lorsqu'on agit sur VaniUno commerciale qui renferme loujours de la loluidine, ainsi que je l'ai déjà dit.
I.e procédé k l'nidc duquel on l'isole des nombreux produits qui ao Irouvcnl dans la matière bcule oblonue par la réaction de l'acide arsénique sur l'aniline d'après la méthode de MM. (iirard et do Lnîre pour
SOIXANTE-mXlfeME LEÇON.
la fabriustion ûb la fucligine, est Irop compliqué pour qu'il wilulile de vous l'indiquer.
En faisant réagir sur les sels de rosanilinc l'acide hypoazolique gattax, a. Max. Vogel a tu se produire comme rësullat Huai une matiëre colorante orangée insoluble dans l'eau froide, colorant l'eau bouillante et les acides concentres en Jaune d'or, et les alcalis concentrés en
te ^
. Celle matière, nommée p^rton ingénieur Zinaline, mule C"'ll'".\i*0*. Sa solution alcoolique tefnt la soie et It
pour forlaine en
beau jaune à reflet rougeStre, que l'air et la lumière n'allèrent pas, muis que l'ammoniaque fait virer au rouge.
Lorsqu'on triture un mélange de chlorhydrate de rosaniline, de slannaie de sonde et d'acide cblorhydrique ou mieux d'acide acétique concenlrë, OD voit la couleur rouge disparaître et ihire place ù du jaune que l'on peut séparer par l'alcool de l'acide stannique devenu libre. Ce jaune desséché se présente sous forme d'une masse résineuse foncée, insoluble dans l'eau, mais dont la solution alcoolique teint les tissus animaux en jaune. Ces faits ont été découverts en 1863 par U.HugoSchilTdeBllIe,
Une autre matière jaune se produit, d'aprÈsM. Scheurer-Kesloep, lorEqu'on soumet le violet d'aoïline dissous dans l'acide chlorhy drique A faction des corps réducteurs, tels que l'étain, par exemple. De bleue qu'elle était, la liqueur devient d'un jaune franc, et en l'udditiouiiant de sel marin on en préi'iptlc un composé qui ressemble h du chromate de plomb; en le lavant avec de l'alcool, on sépare la matière colorante de l'oxyde d'élatn. Ce Jaune, solublc dans l'eau, est facilement altérable. Sa solution acétique leiut la soie et la laine en jaune orangé, qui prend peu à peu â l'air une teinte rouge vineuse.
G. BrnnB <l'«nlUn«. — On connaît plusieurs matières, coloraot les fibres textiles en brun, on marron, en grenat, qui dérivent de l'aniline commerciale ou des sels de rosaniline. La première de ce genre a été signalée en I8G3 par M. Perkin; c'csl un produit secondaire de la réaction qui donne naissance à l'indisine ou mauvéine.
Une autre a été découverte peu de temps après par UM. Girard et de Lnire, qui l'ont obtenue de la manière suivante :
On chaulTe à 240" quatre parties en poids de chlorhydrate d'&niline anhydre el une partie de fuclisjne sèche ; on maintient le tout d l'ébulUtion jusqu'à ce que la couleur, qui est d'abord d'un beau rouge violacé, passe brusquement au marron; cela demande une heure ou deux. L'opération louche à sa Bn lorsqu'il se produit des vapeurs jaunes qui se condensent dans les parties froides de l'appareil; on sent en même temps une odeur alliacée caracti^ristique.
Le brun ainsi obtenu, dit Bismarck, est soluble dans l'eau, l'alcool, Téther, la benzine, l'acide acétique. Il usi précipité de ses dissolulioai
DES COULEURS d'aNILINB. 393
par liis alcalis et les sels neutres en solution uonceatrée, ce qui permer de le puriliec. Il est alors propre à la teinture el donne de Tort belles nuanœssurla soie el aurloiit sur la peau.
Ou oblienl encore des bruns ea ralsaol réagir sur la rosaiiiliui; soit l'acide formique (procÉdô de U. F. Wise). soit l'acide saljcilique (procédé de M. H. Smith); mais ces procédés ne iiont pas tr^s-écooomiques.
Il en est de même du gris d'aniline breveté en octobre 1803 par U. J. CastheloE. Voici son procédé : on dissout 10 kil. de TÏolet d'aniline de Perkin (indisîne ou mauvéine) en plie dans 11 kil, d acide sutfurique à 66°. On ajoute i celle dissolution 6 kit. d'aldéhyde et on abandonne le tout pcodanl quatre ou cinq heures. On jette alors la masse dans l'eau. La matière colorante grise se dissoul; on la lillre et on la précipite par le sel marin. On rép&le ceB disselutions et précipitations alternatives deux ou trois fois pour achever de la purifier. Elle Tournit eu teinture une fort belle nuance gris de lin.
Entin H. Sacc a obtenu pour l'impression, des tons bruns el olives irès-solidos au moyen du mélange suivant :
Acide ïzotiquo
Acétate de cuivm....
Chlorate de potisse..
7. Noir d'aBlllae. — Aux couleurs si variées dérivant de l'aniline est venue s'ajouter, vers la fin de 1962, une nouvelle couleur plus modeste, mais peut-être encore plus utile, car elle a le double privilège d'être il la fois Irès-belle et très-solide, et de dilTêrer essentiel lement, par lu réunion de ces deux qualités, des autres mali'>reE rolurontes
SOIXANTH-DIXIÈME LEÇON.
prëc6deaunenl décrilea, dont kaotidilê es), il Taul bien le dire, fort iorérieure à leur éclal.
Mais ce noir d'aniline n'est pas encore connu ôans sa nature chimique, malgft^ les nombrcnx travaux dont il a Hé l'objet depuis une dizaine d'annâes ; on doute Tort que ce soit une espèce chimique définie ; on incline à le regarder comme un mélange de plusieura mtr tiëres coloranies dietinctes.
Quoi qu'il en soit, on nu peut, quand il est produit, l'appliquer sur les tissus; il ; adhérerait mal; il faut le Former de toutes pièces aur ceux-ci avec des matériaux Bolubles el incolores dont on les imprègoe. Ceux-ci, par suite d'uae réaction cfainiiquo g'cxerçant dans l'intérieur des fibres textiles, donnent une couleur noire qui les pénètre et y adhère fortement, absolument comme le fait l'indigo redevenu bleu et insoluble par l'oxfdalion de i'indigo blanc.
C'est â H. John Lighlfool, d'Accringlon, qu'est due la découverte du noir d'aniline. Ce chimiste anglais fit breveter son procédé en France, en janvier (863, et il on céda l'exploita lion ù MM. Muller et C', de Baie, au mois d'avril de la même année. Ce procédé consiste ù imprimer sur coton un mélange de ciilorhfdrale d'aniline, do chlorate de potasse, de bichlomrc de enivre, de sel ammoniac, d'acide acétique et d'empois d'amidon, et à exposer les pièces A une température de 30° dans les chambres d'oxydation.
Sous l'influence de la chaleur, de la vapeur d'eou et des trois agents oxydants : chlorate, sel de cuivre ot air, dont la réunion est indispensable, le mélange imprimé, qui n'a d'abord aucune couleur, prend peu à peu une teinte verte, mais qui, après trente-six heures, est asses intense pour paraître d'un noir foncé. Ce résultat étuot obtenu, on lave les pièces dans une eau faiblement alcaline.
Cette nouvelle couleur immédia ti^ment employée en Angleterre, en Suisse, en Allemagne cl en France, â cause de sa beaulé, ne tarda pas àètre abandonnée eu Alsace d'une manière presque complète en raiiOD des inconvénients lirs-pravea que présente son application. Eu effet, le mélange qui lui donne naissance allaqric les racles d'acier et les rouleaux i cause de son acidité et des sels de cuivre qu'il rcnTarme, et comme la rëacijon chimique qui engendre la couleur ne torde pas à se produire à lu température ordinaire avant l'impression, il ne peut plus dès lors ï avoir Ikation de noir.
On a fait beaucoup d'cITorls pour surmonter ces difticultés. MM. Camille Kœcblin, Cordillot, Lautb, faraf et llosenslichl ont apporté des modifications heureuses au procédé primitif. De tous Ifii moyens proposés, c'est certainement celui de M. l.autli (publié en i vcmbre 18li4) qui est le plus pratique. H consiste essenliellefflent dans la subslitutinn au bichlorure de cuivre du sullure de ce métal qui est insoluble, idée heureuse, dont l'impression des loîlcâ u fait son proQU dans d'aulres circonstances.
DES couLEuns d'aniline.
Voici, comme exemple, une i Od prépare isolâmcnl les dem manière ordioairo :
es recettes les plus souvent emplojée«.
mélanges suivants que l'oQ cuit à la
ISO gr.
SôOÛ
Apri^a leur rerroîdissemcnl, ces deux compositions sont mélangées, et l'impreasiou s'en Tait k la manii>re accoulumëe. Les pièces sont ensuite suBpetiducsdansleschambresd'osydalion (entre 30 cl SO'jjpourque le noir SB développe. Au bout de ïiugt-qualre heures, l'effet esl produit ; on lave alors les pièces.
Vous comprenez que le suirure de cuivre, étanl insoluble, n'attaque ni les racles ni le» rouleaux ; il ne devient sulfate qu'au moment voulu el sous riutluence oiydanle. Le mélange à imprimer, ne contenant à l'étal Boluble que du chlorate de potasse, du chlorbydrate d'aniline et du sel ammoniac, peut lilre préparé d'avance el se conserve tria-long- Icmps snns altération ; son prix est Tuibic : 110 cenl. le litre; enfin il n'affaiblit pas les tissus.
M. C, Kocclilin a montré qu'il ; a de grande avantages d subslilucr le tarirate d'aniline au chlorbydrate, parce que le premières! d'une iDQOCuilë absolue pour les tissus, mOmc les plus dOlicals, el qu'il n'attaque pus les mordants à cOlé desquels il peut se trouver placé. Seulement on doit augmenter cousidérablement dans la composilion de la couleur la proportion du sel ammoniac, afin que pendant la réaction qui s'effectue sur le tissu entre ce eel el le larlrale d'aniline il y ait produdion de chlorbydrate d'aniline pour rentrer dans les coaditions ordinaires du procédé de M. Lauth.
La rapide adoption de ce procédé dans ta presque totalité des Tabriquos d'indiennes de l'Alsace prouve lous les uvanloRes qu'il oITre. Grâce â lui, l'impression dus toiles peinless'estcnrichied'un noir nouveau, d'un aspect ïoloulé. irùa-riche, plussolideque l'élolTe mùme. Ce noir, résistant aux opérations de la teinture en garance el i celles que nécessite la production de» roses el rouges garances, résistant également \ la plupart des oxydants et élan t de plus inaltérable dans les bains les plus acides comme les plus alculins, peut être associé à un grand nombre d'aulrci couleurs, et son emploi a doimé naissance à divers genres d'impression qui n'avaient pas encore été réalisés avant sa découverte.
Outre ce noir qui est connu en Allemagne sous les noms û'indiga noir elda noir d'indigo, oa en connaît demi autre» roodifications, savoir:
Le noir de Ittciu ou mrir de Peterstn, qui est une masse lluidc, noire,
396 SOrXANTE-DlXIÈME LEÇON.
composée de chlorhydralit d'auilinc el d'acËIale de cuivre, que l'on 1 imprime mélangée avec de Tiimpois. Lu couleur se foece d'elle-même) I (il'nir, mais on ai:eélfre l'oxydation eu Buspeadanl lei tissus daus un milieu humide chauITé à 40° ;
Le noir des frères Bej/l de Berlin, qui, après avoir été mélangé d'albumine, est imprimé et 6xé au moyea de la vapeur.
Tous les noirs d'aniline ne se ressemblent paa, au moins dans leurs propriétés : les uns résisleni plus ou moins bien à l'action de lu lumière et des divers agents chimiques; d'aulres verdissent plus ou moins Tacilement au contact d'un air chargé d'émanations acides ou sulfureuses.
D'après M. Brandi, un noir qui se développe eu présence d'un excès d'aniline est toujours plus solide qu'un noir de même concentration qui se développe en présence d'un excès d'acide. Dans ce dernier cas, le noir verdit trf s- facilement el ne supporlc pas l'aciion du chlore; il cat d'un bleu foncé violacé, tandis que, dans le premier cas, le noir produit cstbrun'el très-solide, mais il n'est pas aussi beau que celui qui résulte du mélange de ces deux sortes de noir. Pour avoir un beau noir. il Haut quele mélange des deux nuances soit calculé de manière à obtenir à la fois le maximum de vivacité et le maximum de solidité. Cela dépend de la proportion de chlorate que conlient la couleur, et il est préférable, d'après M. Brandi, de subsliluer au chlorate de potasse lo chlorale d'aniline, en diminuant alors la quantité de l'autre sel d'aniline correspondant ri l'aniline du chlorale de même base.
Le noir d'aniline actuel pour l'impression se compose en réalité de deux noirs, dus ù deux réactions dilTérenles : l'un, noir-brun dérivant des subslitniioos chlorées de la base ; l'autre, noir-bleu, provenant de l'oxydation du sel de cette même base.
Quoi qu'il en soit, lorsque les noirs d'aniline verdissent par les acides, un simple lavage k l'euu, et surtout à l'eau alcaline, Euffll pour les ramener-l leur couleur primitive. La décoloration qu'ils éprouvent de la part des agents réducteurs n'est que Iransiloire et l'aciion oxydante de l'air la fait bienK^I cesser.
Tes noirs d'aniline sont donc supérieurs li tous les autres noirs employés en teinture et en impression. Mais ce n'est que pour ks libres végétales qu'ils manifestent une nfUnilé prononcée. C'est uniquement d'abord par voie d'impression qu'on les a utilisés ; leur emploi cii teinture n été plus difBcultueux. M. C. Kœchlin a réussi le premier à oblenir des noirs unis sur colon el sur soie en remplaçant le sulfure par le blchlorure de cuivre el en suivant les proportions ci-après pout le bain :
Aniline I
Acido clilorbj-driquo ïï ,
Cblorsta de potasse I
Blcblorure de cuivra I
Sel ammoniac 1
e»0 !Ofc SO