DES COULEURS D ANILINE
Apri>s Bvoti' bien imbibé lei Iîbsus dans ce baia, on les âlend dans des éluvej à basse température et on les lave ^ingt•quat^û heures apiùs.
PostérieuremenI, eti 18*1, M. Pereoz fils a réussi à teindre en uoir tous les tiasuB de coton et de laine en Uranl parti de la réaclion qu'exerce le bicbromaift de potasse sur les sels d'aniline; elle donne lieu à une oxydation trOs-Éiiergique et à la Tormation rapide d'un abondant précipité noir. MM. Paraf-Javal, de Tltann, avaient bien, dès 1863, essayé de teindre les lîsaua decoton pac lesimple passage de l'ëtolTc dans une eoIuUod contenant les deux agents précités; cette moaiÉre d'opérer, excellonle ea Uiéorie, présentait dans la pratique des difficultés insurmon tables, gui devaient, malgré bien des ei- [orts, la taire abandocuier compIélemenL Car, ou les liquides étaient tFi^s-étendus, etnlors on ne pouvait arriver au noir, ou iisëtai-'nl concentrés, el BU bout de quelques instants le noir se précipitais dans le bain.
M. J. Persoz a résolu le problème en faisant arriver sur le (issu en mouvement les deux dissolutions successivement ou d'une manière simultanée, mais dans ce grand étal de division qui est connu sous le nom de puliirisation des liquides el que M. Ch. Depouilly a ingénieusement appliqué dans l'industrie. La réaclion, quoique Irès-rapide, ne l'est cependant pas assez pour déterminer la production du noir avant que les liquides puissent se mélanger intimement sur la Hbrc el bien riiumecter.
Des nombreuses expériences de M. J. Pcrsoi, il résulte :
i' Que les sels d'aniline à employer de préférence soni le clilorliydrule, le sulfate et l'azolale acides ;
t" Que pour composer le bain d'aniline les meilleures proportions l'i employer sont :
Pour It ehluthlJulc. tnut I» lulftlï. Pour I'ihuIb'c. Acida da commerce SUgr. IDgr. nogr.
S" Que le sulfate d'aniline ayant une lendanco d donner des noirs roux, le chlorhydrate el l'azotate des noirs a reflele violets ou bleus, II est préférable d'employer un mélange à volumes égaux de sulfate el declUorbyilrate, qui donne du noir plus pur;
i" Que le bain do bichromate ne doit pas contenir moins de KO grammes de sel par titre ;
b'Que l'on peut indifféremment foularder d'abord le tissu en bichromate et pulvériser immédiatement après le sel d'aniline, ou agir dans un ordre inverse, mais, dans tous les cas, il est bon de faire agir sur la toile bien tendue une brosse horizontale animée d'un mouvemenl de va-el-vieiit vertical pour que les liquides péoèlrenl isolément et bien également le tissu.
SUIÏANTE-DIXIÈME LEÇON,
eui élèves, M. Karl StaUrs, teinturier à Lille, livra |
l'n de mi
depuis liutl ans au cummercc dei fils de lin el de colon d'un noir magnifique et d'une Balidilé à toute épreuve, qu'il a désigné sous 1c nom de noir français. Avec ces Hls, on lisse cnsuile une foule d'articles qui ont une grande vogue. En voici un spÉcimen.
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DcédK StuI;
L'inlroducticn du noir d'aniline dans ks ateliers de teinture el d'impression aélé un événement considérable; aussi, dans sa séance du iivril I8G:), la Société indueiriellc delUulhousen décernée M. LighlToot ■ unit mÉduille d'honneur pour la découverte de ce noir, et a accorda \ une médaille de première classe b M. Laulh pour avoir jiorrirclluiinà' le procédé primitif el doté l'industrie d'un nouvel agent d'oxydation i le sulfure de cuivre.
ir. DES COULEl'BS DE lOLUIDlNE.
Les benzines commerciales, qui sont la molii^re première des matières coloruntes artificielles dites cmilnirs d'aniline, renfermenl en mélange plusieurs autres carbures d'hydrogène, notamment ceux qui portent les noms de Iuluéne, de xyléne, de cumèiie. Ces hydrocarbures peuvent se transformer en composés nilrës homologues de la nitrobcnziue, et ces derniers peuvent k leur tour, sous l'influence des ogenta réducteurs, donner naissance à des alcaloïdes liquides homologues de
l'ar conïéquenl, dans les anilines commerciales, il y a toujours plus uu moins de ces alcaloïdes qui sont désignés sous les noms de toliiiiiùie (ClfA»), de ZïfWwe (CHi'Ai], de cumidine {0'R'*At) ; mois c'est sur- ' loul la toluidine qui l'em parle de beaucoup sur les autres par sa quan- ' tilé relative.
M. t:oupier, Irès-habile cbimisie pralicicn, qui se livre Iri^s en grand, à Pûinf, A l'exIraclioD des nombreux principes tœmédials coalenua
DE3 COULEUIIS DE TOI.UIDINE.
dans le goudron de houille, est parvenu, à l'aide d'un appareil ingénieux de son invention, i obtenir A t'éial de pureté presque absolue la benzine, le toluène, le tylËne, etc., qu'il transforme ensuite en aniline, en loliridine, en xylidine, etc., pures à 2 pour 100 prèa.
La toluidine liquide cl colorÉe, telle que l'obtient H. troupier, est, d'après les analyses de U. Roscnslickl, un œtUange d'au nioius deux alcaluldes isomères, l'un solide et crislnllisable, l'autre liquide et in-
'ialallisaljl
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Avant |S03, l'aniline nvail été considérée comme l'unique alcaloïJe gfiièrutour de la fuclisinc, mais les expériences de UM. NicholsoD, Ilormann, Coupier, Rosensliehl, etc., ont démontré que l'aniline pure ne produit que des couleurs violefles de peu d'éclat et à peu près insolublcG dans l'eau, et qu'il Tant, pour que le rowjc prenne naissance, qu'elle soit mélangée de toluidine.
D'après M . Coupier, ce serait un mëlangc de 30 pour lOOd'anilJDe cl de 70 pour 100 de toluidine qui Tournirait les meilleurs résultats, comme beauté elqualilé, tant pour le violet que pour le rouge. MM. Cli. Girard etde Ijûre affirment, de leur eûlé, que la meilleure aniline pour rouge, celle, qui donne ù la fois le plus de rendement et le plus beau produit, est celle qui passe eulîêrement à la distillation entre liî t SOO" ;elle contient sensiblement parties égales d'aniline et de toluidine. C'est aussi l'opinion de M. Kosenslielil.
La toluidine est donc indispensable, comme vousletoyci, k la production du ronge d'aniline. Mais ici il Taul distinguer. Des dËU\ alcaloïdes isomères contenus dans la toiuidiUe brute de M. Coupier, il n'y a que la paratolmiine qui contribue â la formation du rouge, ainsi que l'a vérifié M. Hoseusliehl.
Un aoire Tait bien établi par H. Coupier, c'est que le mélange des deux loluidines, liquide et exempt d'aniline, étant soumis aux procédés usités pour la lubrication du rouge d'uniline, fournit une matière cr>lorante qui oUrc les plus grandes analogies avec la Tuciisine. Les renôemenls sont supérieurs ;l ceux qu'on obtient avec les meilleures anilines, 40 pour 100 au lieu de 30, et le rouge est intense, muis un peu bleuie. H. Coupier lui a donné le nom de rou'jc de loiuiine.
C'est un sel de rosaniline isomère de celui qui constitue la fuchsine du
D'api'êe les expériences de M, Hosensliehl, le rendement le plus ci
sidérable en rouge, Bi pour 100, est fourni par le mêlangu de partiel égales d'à ni ii ne et des deux toluidlncs. C'cal ce dernier mélange qua l'induslrie a de l'intérêt à produire d'une manière courante pour la fabrication des rouges.
Sfl/Vani"e. —MM. Hofmann el Geyger regardent comme un dérivé des loluidioea le beau rouge ponceau découvert en 186S par M, Perkin Et qui, BOUS le nom de Sofnmiue. remplace actuellement le carihame pour In Icinlure lur-coIOB eltur soic-Ou le line ou cooiiQeice sdlt en jidlo, siiiieu poudre d'un roogii Jaune. On l'oBlJenl en trailaht l^sunilliirï, lourde» par Tscide acotiqiM et l'acide srsénieux. Lw chimistes alliiuiaiitisprécilÉsIuiosâigneiil puurformulu
— Kcbsnllllon do surraiiinc du Perki
n est plus probable que les matières coloranlUB rouges auxquelles on
B donné les noms de Géranosine et do Phisnicine, ne dill'èrent pas seuùblemenl de la précédente, puisqu'on les produit par voie d'oxydation des anilines lourdes ou des sels de rosaniline et di- mauvéine, au mnjcn des azoliles ukulius et alcalino-lorreux, des bioxjdes de baryum, de calcium, de plomb, ia l'acide chromiquc ou du bidiromaie de potasse. Ou les livre aux induslrielsàrétalde pâles.
Bkit du loluiititie. — Lorsqu'on chaulTc, penduiil plusieurs heures, û I3u Ou 1^0°, l'acétate de rosaniline avec le double de eon poids de loluîdine, il se dégage de l'ammouiaque, el il ri'sle une masse brune & reHets métalliques qui se dissout dans l'akool avec une riche couleur . d'indigo foncé. Ce bleu de toluidine, analogue au bleu de Lyon, est le sol I d'une bise homologue de la rosaniline que M. Ilufmann désigne si le nom de iriti/liiylToSisniline cl qu'il repriisenlc par C"il"Az>° ^1 C"H"[CH';".\i\
Celle base Forme avec tous les acides des sels bleua insolubles doiâl l'eau; son chlurhydratc cristallise dans l'alcool en Joh^ petiU criv- f lau\.
Btfii Ciiui-ier, — En traitant son rouje de loluène par l'aniline, ,
DES COULEURS DE TOLUlDINli:.
H. Coupicr en a obtenu un ni)uveau bleu qui olTre avcr. l'iotjigi) d'a»ez iiombreuïcs analogies pour qu'il se soit cru auloriaé à lu. nom d'indigo indigène et à te proposer comme eticciidané de l'indigo pour la teinlure des laines. Kn etTcE, il se ûxe sur celles-ci avec uns promplilude et une lâoadlâ retnarquablea el leur communiqua dea leinles vuriaat du gris lu plus lendre au bleu noir le plus foncé.
Ce bleu, dont le mode de préparation est resté le secrel de son inlenleur, mais qui a été très-bien étudié par M. Ruueher, se présenle BOUE l'aspect d'une laque en petits bagmenls d'un bleu noir violacé, avec uu reilet cuivré analogue à celui du l'indigo des Indes; il esl rriable et il cassure eoncboïde.
Il est sotuble dans l'eau, d laquelle il donne une coloration bleueviolette foncée des plus iutenscs; son pouvoir tinctorial est considéroblL-, La solution traitée par les acides devient d'un beau bleu extrêmement funcé et dépose avec le temps des tlucous très-légers d'un bleu noir, tandis quu la liqueur Burnageante est d'un bleu indigo plui éclaii'c), iDDÎs encore intenic.
Lentement soluble dans l'atcool à 83° A Troid, le bleu Coui^ier s'j dissout plus rapidement A cbaud, mais en faible proportion, el, ainsi que M. Iluucher l'a constaté le premier, il communique à la liqueur un dichroïsme remarquable: celle-ci est bleue -violacée par irausmis-' sion et rouge-brique par réllexion.
Une faible quantité d acide sulfurique fait disparaître ce dichruïsme pour ne laisser au liquide qu'une vive coloraiion d'un bleu pur.
Les alcalis font virer lu liqueur ulcoolique au rouge vîolacu, en laissant subsister le dicbroîsme.
Le bleu Coupicr solide »o délaye dans l'acide ehlorhjdrique en lecolurant en bleu riche et intense; il en est d'abord de m^'^meavec l'acide iizolique, mais biuntûl celui-ci le fait passer au noir-brun rougeaire.
Le chlore et les bfpochloriles dét^olori^nl la solution aqueuse, exposé à la clialeur, eu bluu ne fournit aucune partie volatile et ne change pas sensiblement d'aspect, bien qu'il eoit devenu insoluble dans les ocldes et les alcalis.
J'ai vu des draps de (roupes leinb en bteu foncé de dill'érentea nuances, qui rappellent à s'y méprendre les draps teinta en bleu de cuve. La nuance n'est pas altérée par l'air et la lumiùre; elle devient au contraire plus foncée ; la transpira tien, !a pousûi^re, l'urine ne la modiBeut pas. Si le savon et les alcalis portent la couleur bleue au violacé, l'action de l'air ramène peu à peu la nuance au bleu primilit; les acides produisent immédiulemeut cet etTet. Les tissus, parl'uilement colorés à c<xur, bieu que teints eu pièces, ne blauchisseot pas sur les coutures.
Uais l'eau bouillante leur enlève uue partie de leur couleur et iU sont beaucoup plus imptessiounables au\ divers agents, même peu énergiques, que les draps leinls en bleu de cuve.
CUIIIIULH. — iV. ÏG
Miil(;ré celle légère inréricirilé, le bleu Coiipii^r esl appelé, sinon fc remplacer complélemenl l'indigo des Indes, au moins à jouer par luimCme ou par ses dérivés un rOJc asscx important dans la leinluce. DfJA pendant la dernière guerre on a fuil usage avec succès et avec une grande économie des draps luinli; en picccs avec le bleu eu question, et depuis un de nos principaux industriels en emploie des quantités qui se chiiTrenl par 3 à 400 kitogr. par mois. On peut donc dire qu'il ■ pris rang parmi les produits tinctoriaux journellement en usage, tant en Alsace qu'en Normandie, non- seulement ttir laine, mais aussi sut coton et surtout pour les gris sur meubles.
Si le bleu Conpier devait un jour sprvir & frauder les indigos, il serait toujours iràE-facilc de découvrir dans ceux-ci la {trésence du premier, puisque sa dissolution alcoolique possède un dichroïsme remarquable, et qu'en outre il se délaye dans l'acide chlorhfdciquc en le colorant en bean bleu, deux caracli>ies tout à Fait éti-angers à l'indigo proprement dil.
Il serait loul aussi Facile de reconnaître qu'un drap a été teint avec un mélangQ d'indigo et de bleu Coupier en ic Tuisanl bouillir dans l'alcool qui, dans le cas supposé, présenternil le dicliruïsme signalé par H. Houcbcr.
La composition du bleu Coupier n'est pas parfaitement connue: très-probablement un mélange de violaniline, do violaniline iriphénylée et d'un peu de mauvaniline iripUétijlée, d'après M. Ch. Girard,