IV.' DES CODLEUBS DÉRIVÉES DE l'aCIDE PUÉMQDE
Je VOUS ni déji appris, Messieurs (I), qu'en faisant réagir à cbaud, pn présence do l'air, la chaux éleinle et In potasse concentrée sur l'acide pbénique, on donne naissance â une belle matière colorante rouge, qui est probiiblemenl un résultat de l'oxydalion de cet acide sous l'influence alcaline.
Aàde rusoSique. —C'est Hnngcqui, en 1834, décourril dans les réetdus de ta préparation de l'acide pbénique celle matière rouge, qu'il nomma iictde fOioliqne, ainsi qu'une autre matière noire qu'il appels acide brumliqaei il eu signala l'emploi eu teinture.
Uais SCS indiciUons paisôronl inaperçues, et ce n'est qu'à partir de 1830, que gTflce A M. Persoz fils l'atteoUon SC reporta sur l'acide rosotique. Il trouva on moyen facile de le produire en abondance en faisant réagir, à une température niodÉrée, 2 parties d'acide sulfurique, 2 d'acide oxalique sur 3 d'acide pbénique. Pour mieux réussir, il faut que l'acide oxalique soit parfaitement sec et employer de l'ucide phonique cristallisé, bonillanf â une température constante de I8i°.
Lorsque, après quelques heures, l'elTuriusccncL- plus ou moins vlvQ<
tl) Voir 5î' Ifivon, l. III, p. 3"à.
DES COULEURS DËRIVËËS DE l'acIDE l'IIilNIQUE:. 403
qui s'est produite d^e le début n cessf, que Is masse s'est 'épaissie en [ircnanl une couleur d'un brun rougfSIre, et qu'une goulle du mélange projetée dan» de l'nininoninqoe y développe une belle coloratioQ rouge-pourpre, on délaye le tout dans de l'eau froide pour séparer lo mnieure partie de l'acide luirurique et de l'ucide sulfophéniquequi s'est Turmé pendant l'opération. Ln matière insoluble esEpuriSée par des lavages à l'eau bouillante ; en se rerroîdissanl, elle Torme une masse rësinoïde cassanteqnï offre le reflet vert métallique des catilhorides, mail qui, par la pulvérisation, n'a plus qu'une couleur rouge bru uAtre, d'autant plus vive que la poudre est plus ténue.
Cet acide impur se dissout facilement dans lesakalis en les colorant en un rouge pourpre magniOque; les acides le précipitent dese^ dissolutions en flocons orangés. Séparé de sa dissolution alcoolique par l'eau, il est en flocons d'un rouge brillant ressemblant au sous-cliromule de plomb. Tous ses sels dissous sont d'un rouge plus ou moins foncé, n forme une laque groseille avec l'onyde de plomb.
On a donné plusieurs formules à cet acide-; celle de .U. Sniilli est la plus simple, C'H'O*, qui ne diffère de celle de l'acide pbénique que partiu équivalent d'oxygène.
Malgré les nuances Irès-belles de ses sels, l'acide rosolîquo n'a pu servir en leinlure ou en impressioD, parce que l'air et les aeidca les plus faibles, la lumière suluirc, détruisent rapidement sea couleurs. Hais plusieurs de ses dérivés ont, au contraire, été admis dans les ateliers; je dois vous les faire connaître.
1. Péo"ineoii cofii'liw. — En cberchaol des applications à l'acide rosoliquc, M. Persoz file constata qu'en le chauffant en vase clos avec de l'ammoniaque on le convertit en une belle matière coloraule rouge
ÉcliantUion de corallins rouge sur u
dont il céda L'e;iploilaiion à la maison Gulnon, Marnas et Itounel, de I.yon. Ces bubiles teinturiers désignèrent le nouveau coloranlsoua le nom de Pvonme, pour rappeler qu'il te rapproche de la COuU"" '
Qeur de pivoine, en lalin paonia. Plus lard, on remplaça ce nom pat I tclui àù Corattlne, parce que ccrtaÎDcs de ses teintes sur tissus onl taiiuaDce du corail.
Le procédi^ d'oblention est le siiÏTant : On inlroduit dans un appareil J atitodave I partie d'acide rosoliqne cl Sperties environ d'ammoniaque du commerce. On chaulTe au buin d'huile pendant trois heures à une température qui ne doit pas dépasser loO°. La masse retirée de l'appareil aprf's refroidissement forme un liquide épais pourvu d'un rcllel cramoisi àaré magnifique; en 1c neutralisant par l'acide clilorhjdrïque, on précipite la maliâre colurante sous forme d'une poudre range- I ponceau. ^
Presque insoluble dans l'eau, celte coralHiu se dissout Irèi-aisément dans l'alcool qu'elle colore en rouge; les acides la dissolvent aussi sana changer sa couleur, mais ses solutions alcalines s'allèrent au boul do quelque temps au conlact de l'air et prennent une teinte brune.
On en tire parti en teinture de la manière suivante : sa soIulîoQ >■ alcoolique ftddilionnée d'un peu de soude cl versée ensuite daosunej grande mnsK d'eau, est neutralise e pur l'acide tarlrique. Lu corallinft J mise en liberté se trouve dans un étal de division extrême et se immédiulemenl) même A Troid, sur la laine cl la soie qu'on plongs 1 dans le buin, Los nuances obtenues sont intermédiaires enire celles de | la cochenille el de la fui'.bsine.
Pour le coton, il faut qu'il soit à l'avance mordancé â l'élain et au I sumac ou au tannin. Le bain se prépare avec une solution de coralîiae J dans UQC lessive de soude Faible, qu'un étend de beaucoup d'ea qu'on neutralise ensuile avec de l'acide sulfurique faible. On entre Ia'| coton h li(!tIo et on l'y maintient à S0° pendant une heure el demie.'^ Pour uno nuance nourrie, il faut environ SOO gr.de coralline par pi^ci^ J
Les couleurs fournies par la coralline résistent au vnporisagu et au. 1 lavage, mais le savou, les utcalis et la lumière solaire les allèi-enl aasn 1 promptcmenl. Les vapeurs ammoniacales les tout virer au carmin, mais cette nouvelle leinle ne persiste pas.
On a obtenu en impression de beaux dessins rouge-ponceau moj'cji de la coralliue en poudre, seule ou mélangée inllinemenl à du .J carbonate de chaux ou à de i'o\yde de une, délayée dans de l'albumia et fixée par la vapeur.
Ou prépare avec elle de trés-belIcs laques pour la fabncation det-| papiers peints et p>,ur les couleurs lithographiques.
Sur de Fausses iudicaijons, on a cru pendant quelque temps que la.l coralline- Était pourvue de propriétés toxiques el que les vûtemcnts I teints par elle pouvaient compromellre la santé des personnes qui lei portaient. Cette erreur a été promptcmenl recoDoue.
% CiiralHiK jaune. — On designs sous ce nom un produit qui ne dilT^re L du préi'édeut que par une teinte plus orangée; il donne à la loiuedal
DES COULEURS DÉRIVÉES DE l'aCIOE PUÉNIQL'E. 405 nuancn oranges très-riTcs. On suppose qu'il esl préparé avec les mOmes mattëret, mais dans des condilions un peu dilTorentes.
M. Schulzenberger décrit aiosi son mode d'emploi sur loine : On dissout 2"',3 de celle coralUne jaune dans 10 litres de soude caustique h I0< Baume, chaulTéc à W. On étend de tOO litres d'eau, on chauffe lie nouveau, et après complète djssolultDn ou ajoute 1 litre de bichloente d'élain à SS° B. étendu de 3 litr<-a d'onu. On filire et on obtient 'la litres de laque d'une nuance orange trëa-vîve.
On ajonic à cette Inque non lavée et devenue fluide: i til. de gomme ''n poudre et 700 gr. d'acide oxalique; on chaulTe jusqu'à ce que tout suit dissous, on passe au tarais, on imprime, et apri^s douxc heures on vaporise pendant quarante minutes.
3. Bleu Guinon ou Aiulîne (bleu de pbényle). —Celle malifiro coloranlo Itleue, dnnt-rintensilé rappelle celle de l'outremer et dont les nuuncet sont plus pures et plus Iruoches que cdics du bleu de Lyon, a paru dans le commerce, comme ce dernier, vers la un de IS>H). Sa découverte esl duc ù U. Richoud, chimiste à l'École de la Marlinièro de Lyon, qui en céda l'exploitation A MM. Guinon, Marnas el Itonnet, dont le brevet est ii la date du 21 juillet 1862. Su préparation fut tenue secrète pKudanl longtemps el des quanlilés considérables serviront 6 la teinture de la soie et de la hiluc.
On sait aujourd'hui qu'on l'obtient par la réaction do l'aniline, de la tiiluidîne cl autres bases homologues sur l'aciderosoliquo ou la coralline. Le procédé généralement sui\i consiste à chauffer & une température voisine de 180° un mélange fornifi de 5 parties d'acide roeoUque et de c à. 8 parties d'aniline. Après quelques heures, la conversion en maliijrehleuc est opérée. On la purifie pardcs lavages à l'huile de nnphie chaude pour lui enlever l'excis d'aniline non transformée, puis par des lavages ala^lins suivis d'iin lavage acide ; enfin on la dissout daas l'ulcool et on lo précipite par de l'eau alcaliiii6ée.
L'addition d'une p^lilc qiianlilé d'acide benzoïque ou d'acëlale c plomb favorise siiiguliÈremenl la conversion de l'acide rosolique « bleus Irès-purs, noUmiocnt en ceux qu'on a aominés btcus lumièTe, qui j conservent leur nuance à la lumière orliGuielIe.
VAiuline est une poudre amorphe d'uae bielle couleur brun doré. Elle est insoluble dans l'eau cl les aqides ëlendus, mais elle se dissout 1 dans l'alcool, l'esprit de buis, l'éther, l'acide acÉlique et l'ocide sulfu- 1 rique conccnlré. Sa solution dans ce dernier uaL d'un rouge bruo ; ella J en est sâparée sans ullËralJou par une addition d'eau ; mais quand la I liqueur a élé chauiïëe jiendanl quelques heures, la malîi^re a subi uBB ( curlaine modification puisqu'elle n'esl plus ptécipitable par l'eau, biea qu'elle le soit encore par une solu tion de sel maiin ou de sulfsle desoude.
lille colore en rouge violacé les alcalis caustiques. On la vend dane le comnicrcc en solution dans l'usprit de biiÎK; celle aolutiou uoniiunt un peu d'une mali^ru ronge, puisqu'en VËlendanl sur du papier, elle produit une tache bleue bordiie de rouge.
Pour teindre la soie en azutine, on ajoulo une quantîtâ convenable Ue la Bolulion commerciale à un bain d'eau litde, en ayant soin d'agi- J ter vivement jiendBol qu'un fait le m61aiigc ; de cette muniiïre, la couleur se mainticnL en suspension dans l'eau. Lasoie plougée danses bain prend rapidemeat une nuance bleu gris de fer, mais peu uaî.1 forme; si alors on la passe dans l'cuu bouillante aigu isi5e d'acide suiro-'l liquc, clic du\icul d un bleu virel brillant.
DuQB cette opëralion, la matière coluraulc âprouse une vërilabls I fusion qui la li\c rf' g u librement sur la libre; elle résiste parfaitement] à l'acliun du savon, quand la teinture a élé bien réussie.
Eu Angleterre, ou en a fuit usage pour l'impressiàn sur tissus de4 colon cl on eu u obtenu de trés-buus réeultaU. Mais le prix élevé dflfl cette couleur eu a tingulièrcmenl rcslreîjjt l'emploi; on la lempUeftf par le bleu de Lyon dont elle se rapproche beaucoup par ses uane- V lÈres; elle parait être moins azotée que celui-ci.
i. Acidi: iHcritiuc. — Ce dérivé nitré de l'acide phénique coiiEtîtu*fl une belle matière colorante Jauuc. Je vous ai fuit cuunuilre anlÉriao^ J rement (1) ses propriétés, son mode de préparation et ses divers usages; I Je compléterai sou étude en vous parlant de son emploi spécial ea | teinture.
C'est U. Guiuon, ai-ji: dit, qui le premier en a fait adopter l'usasaJ pour obtenir sur soie les jaunes clairs et moyens (paille, nankin, soU'l fre, citron clair, maïs, etc.). La laine cl tous les autres tissus animaax j prennent les mêmes nuances, sans l'inlermédiaire des mordants
Malheureusement les couleurs obtenues ne sont pas d'une très- J grande solidité, bien qu'elles résistent & l'air et au soluil, J'ai couitatd 4
(1} Vuir SI* leçon, 1. 111. p. 3i:.
DES CODLEOBS DÉRIVÉES D!î l'aCIDIî PHÉNIOt'E. 407 qu'en mordaiJÇBDl i l'avance la soie el la laine par l'aluo et le tarlrc, OD rend les couleurs plus «olidca cl susceptibles de subir impunémeni plusieurs lavages, ce qui n'a pas lieu lorsqu'on leinl sans mordant. J'ai également reconnu qu'en imprégiianl le coton d'albumine ou de caséine, on lui donne la propriété de se teindre en beau Jauoe dans la solution d'acide picrïque.
Il n'est pas nécessaire pour mouler les bains de purifier cet acide par plu'ieors cristalltsittions. Chez M. Guinon, on se borne à larer la
- Ëclianlillon de Ji
masse crislalline obtenue de premier Jet pour enlever l'acicle aicoliqus qui l'imprègne, el à la dissoudre dam de l'eau bouillante contenant un milHCmc d'acide suif iirique oliii de afporer la matière résineuse çui se forme en inâuie tempfl qui! l'acide picriqoo et qui a résisté à l'aclion de l'acide aïoliquo. l.a présence dn celle rësiue communiquerait i la soie une odeur dé^ngréablc el tci'DÎrnîl les couleurs en leur laissant une nunncc rougeâtie. On obtient de la sorte une liqueur buTlisammeul pure, qu'on étend d'eau avunl à'j passée les 81s el les étolTes.
Les Jaunes il l'acide picrique se disliuguenl de lous les autres A la teinte rouge qu'ils prenucnl au eonlucl du sel d'éluîii et d'un alcali, teinte qu'un lavage fuil disparallre eu laissant le tissu décoloré eompléletnenl.
Le picrate de soude mélangé au carutin d'indigo sert A colorer la .soie, la laine, les fleurs artificielle», la mousse dont on gnrnil les laiee de plantes dans les salons, les plumes destinées à la toilette, etc., en vert d'une exquise frakheur. On Tait aiosi des verts-printemps bien plusjolis que par loule aulre mélhode.
Le picrate de soude, que les leinturiers d'Allemagne reçoivent des fabriques de produits chimiques sous les noms impropres d'acide picri* <jue et de jaune d'uniline, a, comme voua le savez, des propriélés explosives ;dussi son transport et son mniùcmcnt donneut-ils lieu parfois il de graves accidenta.
Les déilvés par réduction de l'acide picrique, tel* que i'acMtr picro-
mi<ive de M. A. Girard ( aeiiie niîroliéinatiqHe de M. Vccliler), et VncSâè • isopurpurique de M. Carcj'Léa, jouenl à l'âlal de aeU akalinii le rOle de malières colaranles qui se fixent dirsclement sur les Rbrcs animales ; mais II n'y a qiio le second qui ail passé dans la pratique des leinluriers.
îr), et Vaciâê -^H
S, Boiigf d'acide fiicri'/ue. — Des solnliona concenIrÉea rt i-liaudes ' â'acide picrique (I parlic-) el de cyanure de polaEsium (3 parties) doanenl, par leur mélange graduel, une liqueur qui prend immédialcmenl une coloration violet -pourpre Crès-funcé, et ec remplit de crielauic 0ns à éclat méliillique verJatre. C'est un sel de potasse donl l'acide, nommé acide ijopurpurigue, a pour formule CH'Ai'O".
Cet isopurpuralB de polaese est peu soliiblc dans l'eau fniide, plus soiuble dans l'eau bouillante et dans l'alcool faible. 11 ■ un pouvoir colorant considérable; sa Golutiou aqueuse est d'un pourpre i Toncé. Il détone fortement â 215'. 11 est également décomposé, mais i \b température ordinaire, par l'acide sulfurique eoocenlré.
Ce Bel, découvert par M. Carey-Léa el étudié avee soin en 1357 pn M. Hlasiwelï, a élé breveté en ISfii, en France, au nom do M. Guinon J ]eune, de Lyon, sous le notadarouge d'aridcptcrique. 11 offre une grands. 4 nnulogie avec l'extrait d'orseîlle du commerce. Comme ce dernier, il 1 fournit sur soie et sur laine des nuances grenat et puce, surtout aveo I addition d'un peu d'acide acétique ou larlriqne, ou d'alun. On obtieat^l tes mAmes nuances sur coton albuminé. Son mélange avec le sulfataïf <Vindigo donne des Ions puce foncé c( noir. Malheureusement toatA CCS couleurs sont for) peu stables, et sous l'inDuence de la vapeur nuance grenat passe & l'orange.
l.ei/TcnalsohiblenuXi'.hnin-gretin.l exploiié parM. Casllielazdc Paris et'l
EcliantillDii du brun-grcnst de H. Caslhalai.
appliqué sur une grande échelle â la teinture de la laine par 1%, M maison Chalnmcl, de Puleaux (Seine), n'est autre chose que l'iao- J purpurute de potasse. Comme ce sel fuit explosion par le moindre (toU
DES COULEDRS DÉRIVÉES DE LACIDE PHÉNtQnB. 409
lement, on le livro en paie au commerce, el pour eœpeclier la dwaiccalion de celle-ci on 7 ajoute un peu de gljcërine.
0. Aeîde xmithoj>h('ttique. — Une autre malif^re colorante jwunedécouverle en (8Ht par M, Frédéric Fol, qui l'a nommée acide ntanlhophénif/ih; csl celle qu'on oblicnl eu faisant réagir l'acide arsénique ou le sulfate de mercure sur l'acide pliËnique. Vdici comment on opère :
On cliaulTe pendant doute heures à 100° dans une cIjaudiËrc en ter '■i kîl. d'acide phéniquc et 3 kil. d'acide arsénique sec flnemcnl pulvérisé, en remuant fréquemmetit avec une epalule de Ter. Une coloralion apparat! au bout de deux heures et devient de plus en plu> iulense A mesure que le mélartge s'épaissît en dégageant de la vapeur d'eau. Après douze heures, on élève la lempéruture il 123" et on la mainlienl aiosi pendant sis heures. A ce moment, tout boursoufleincnt a cessé et la matière est pltlcuso et tranquille; toute odeur phéniquc a presque complètement disparu. — On ajoute alors to kil. d'acide acétique du commerce li 7", et on chaulTe jusqu'à dissolutiott. II se Torme une liqueur excessivement foncée qu'où décaule, c( l'on l'puisc de nouveau le résidu avec! kil. d'acide acétique.
Les liqueurs fitirées sont étendues de 12 parties d'eau et saturées par du sel marin, qui précipite la couleur sous forme de llocons. On la puriHc par une nouvelle dissolution et par une seconde précipitalion à l'aide du sel marin. Ce nouveau précipité, lavé el séclié, se prévale en paillettes mordorées douées d'un vif éclat.
I/acide xanlhoptiénique est assez sol uble dans l'eau froide, beaucoup plus dans l'eau biiuillaule, qui le laisse déposer en refroidissant ; ses solutions sont d'un jaune d'or. Il se dissout Irés-bîen dans l'alcool, l'esprit de bois, l'èlbcr el les acides, mais non duns la benzine. L'acide ^Lilfurique concentré el froid ne l'altère pas. Les alcalis concentrés ou ciendus, les carbonates alcalins et terreux le dissolvent avec une estrème fudlilé en donnant naissance à des sels rouges.
Ces sels leigaeat pari^lemunt la laine et la soie, depuis le rouge le plus foncé lusqu au rose le plus tendre, qui acquièrent une plus grande vivacité par le savonnage. L'acide libre communique directement ans fibres animales une nuance jaune que les bains Alcalins virent au
il'après H, Toi, l'acide xanlbop béni que n'est pas de l'acide rosolique,iniilgrÉ sa grande analogie; c'est un anlje produit d'oxjdatiou de l'acide phénique, el il le représente par la formule CI l'iJ*.
7. PhinieùniHe ou brun de phényle. — U. Jules Roth a constaté, en I8Q3, qu'en soumettant l'acide phénique â l'action des agents oxjdants, notamment El celte de l'acide atolo-sulfurique, il se produit une matière colorante brune, à laquelle il a donné le nom de Phénicienne
pour rappeler son origine.
SOISAKTE-DIXIÈME LEÇON.
Le procédé de rabrication est Tort simple ; il surfil de vcreer peu à J ppu el par pelilcs perlions i 1h fois de l'acide nKolo-euirui'ique con trâ sur de l'adde phëoique liquide ou cristallisa. DCs que les ( addes sont en contact, Us s'atlaquent avec une violence extrême ; d'abondante» vapeurs rutUanles apparaissent. Il faul donc éïiler que U mélange ne s'échaulTo et que l'acide phonique qui se volalllise dann cette circonslanco ne prenne feu. La réaction est lerminëe quand une derniÉre addilion d'ucide ozolo-sulturique ne développe plus de viipeura niireuses. il faut d'ordinaire iOâiakil. de cet acide pour! Itil. d'ai'idephénique.
On jelle alors le mélange acide dans une f^rando masse d'eau. La nouvelle matière colorante produite se'dépose îmniédiaK^meQl, On la lave par décantation, mais il ftiul plusieurs jours pour la débarrasser des dernières Iraces d'acide.
Une Toia aècbe, c'estune poudre brune, Irès-lénue, peu soluble dans l'eau Iroide, complètement insoluble dans l'eau bouillante, fort soluble, au coniraire, dans l'étlier, l'alcool et l'acide acétique, doal OQ peut augmcnler le pouvoir discolrant en y faieanl dissoudre préalablemenl des crïslaux d'acide larlrique.
Les alcalis solubles, la chaux la dissolvent aussi 1res- facile ment en lui communiquant une belle nuance bleue violacée ; mais celle-ci ne persiste qu'en présence des alcalis, et le moindre excès d'acide la ra^ mène au brun.
D'après M. Rolh, la phénicienne serait un mélange de deux matières coloranles, Tune jaune, l'autre noire, jouisBant toalefoia des. ,1 mémos propriétés tinctoriales. Dans tous les cas, elle csl remarquable' par la variélé et la solidité des nuances du genre Havane qu'elle douim snns le concours des mordants au\ tissus anioiaun ; ces nuances soqi beaucoup plus pures el plus vives que les analogues fournies par loa mélanges d'extraits de bois el d'orseille.
Comme l'a reconnu M. Eugène Dolfus de Mulliouse, la phénicienne présente des analogies l'rapiianles avec la maiière colorante du cachou : ainsi, de mùme que pour celle dernière, les sels métalliques oxj-danis en rehaussent considérablement les nuances. Un morceau de lissu de laine ou de soie luint en phénicienne, de brun jaunSIre qu'il est, prend une belle nuance grenat par l'immersion dans un bain de bicbromate de potasse, ou mieux encore dans un bain de chromale de cuivre acidulé d'acid^sulfurique.
Elle ne fournil que des nuances fugaces sur colon mordancé au stannale de soude el au tannin.
Elle ne peut servir dans l'impression, mi^me sur soie et sur laine, ]iarce qu'elle est altérée au vaporisage. Néanmoins, M. E. Doirua pense ] qu'elle peut rendre des services dans l'impression sur c 11 a lue-colon, parce que, imprimée sur ce genre de tissu avec addilion de cbloralcde potasse el d'acide lartriquo, elle fournil des nuances ck boii égales al^
DICS COULEURS DE NAPHTAL15E. Hi
ir In Inine cl stir li! colon juMaposés, résullat nsseï difBcile à oblenir ir lus prouÉdés orJinaii'CB,
LL'tlS DE NAFUTALIttE.
Par In rëaclion plus ou moins Énergique et prolongée de l'acide azotique, on d'un mélange d'odâcs azotique et sulfurique sur la naphtaline (C'H'), ou donne naissance et quatre dérivée nilrés, dont les deu\ premiers termes de In série, la monanitronaphtaline, C^H'tAïO'j, et la binitrutiaphtaline, CH'iAîO')', présentent seuls de i'intérût au point do vue îuduslriel, parce qu'ils duunent lieu ù des matières colorantes de presque toutes les nuances lorsqu'on les soumet soil à des actions oxjdanles, aoil à des actions réductriecs.
Uallicurirnsemeiitcci malières ji^unee, rouges, bleues ou vîblelies, n'ont pas toujours assez de solidité pour pouvoir lutter avantageutenieut avec les mfmes couleurs fournies par l'aniliDe ou ses homologues. Je a'en dirai donc qne quelques mots.
A, Jaaneff'inçaîs, acide ehryséique ou nili oxynipktalique. — Cette mali(i;e colorante, qui teint la soie et la laine en jaune d'or et se comporte comme l'aude piciique, a élé découverte en 1639 par UU. Uuurt et Gëlis.
On l'ubticnt en mélangeant une porlic de munuDilronapbtalinc pure avec une partie do potasse caustique dissoute fi l'uvaoce dans uu |ieu d'eau et deux porties de cliaui 6leiule, chauffant te mélange dans une coniuc tubuléeàuuc température de 1 41)" au moven d'un baiu d'huile et y faisant arriver un courant Irés-lenl d'air ou d'oxygéno qu'on maintient pendant dix i douïc heures. La maliùre organique, en Dxonf de l'oxigi^ne et les éléments de l'eau, se trouve transformée en un ncide jaune que salure la potasse.
On traite la masse parl'eau, on (illrc, et en saturant la liqueur par un acide, on précipite la matière colorante qui cristallise en belles oiguilles jauues, pourvues d'un grand pouvoir colorant. L'est là l'acide niiroxvnaphtalique, auquel MM. nusai't et tiëlis assigncut lu formule luiianle : L"'H'(.A»0'JO,IIÛ,
B, Aeide chioroxi/naphlalique. — Cet acide, obtenu en IS40 par Laurent au moyen d'une réaction assez compliquée, est en pou dre cristalline d'un jaune paille. Il est iciiré=cnlâ par L"H'CIO'.
Ses sels alcalins sont solubles, d'un rouge foncé. Avec l'alumine et la plupart des oxydes métalliques, il forme des sels insolubles do toutes loi nuances de rouge, qui sont applicables ii In peinture.
Libre, il leiul sans mordant la kîno en rouge intense, et avec le sulfate d'indigo en uu très-beau noir. UÉlangé avec d'aulrcs matiûm j
culorntites, il ilotine des nuances variées dont quielques-iincs sont f Ll-IIcs, mois il ne ruurnil pas de bons résultats sur colon.
L'n papier imprégné de cet acide est un excellent réaclir pour loi < alcalis qui te Tunl virer du jaune an rouge cramoïei.
Le clilorovjnaphlalnte d'ummoniaque, comme t'a indiqué M. Perkin, j Irint la soie en jaune d'orbrillani et Ir^s-stableit lu lumi^ro.
En 1863, M. HoraceKœchlinaobleiiu de l'acide chlorosynaphtalique, par voie de réduction au moyen du îinc et de l'ammoniaque, une ma- 1 tii^re colorante qui, comme celte du tournesol, est bleue ou rouge selon qu'elle est en présence des alcalis ou des acides. Sa solution b1coo> j Mque étendue teint en bleu la soie, la laine et le colon albuminé. Ls tiiiiu de Icioture addilionnë d'acide colore ces tissus en rose.
n est nicboux que, malgré le bas prix de la naphtaline, la produt lion de l'acide dont je viens de parler soit aussi diUlciie que coûteuse.) 1
C. TioleU et bleus de binitronaphlaline. — En chauffant la biuilronKphtaline pure, soit avec du suirhfdrale de EuKure de sodium, loit avec | un protosel d'étain dissous dans une lessive alcaline, M. TroosI, d'un cûté, M. Roussin, de l'autre, ont vu se produire des matières colornn- J les violettes et bleues qui se dissolvent facilement dans l'alcool, l'a prit de bois, le sulfure de carbone, et avec lesquelles on leinl parfaits- ' mentics ëloifes. Les nuances obtenues sont aïsez stables.
D. Sophlaiarineotipseudo-olisatine. — En 1801, !U. Roussin a Teconnu qu'en dissolvant la binitronapbtaline dans de l'acide sulfurique concentré, chauffant i 200° et projetant dans la liqueur de la grenaille de dnc, on opi>rela réduction de la maliûre organique elsa conversion on une belle matière rouge, non azotée, crislnllisable en fines aiguillei, qui, por un ccrtnin nombre de caractères, se rapproche bsscî: de l'alizarine ou de k purpurine pour qu'un iualaul on ait pu croire à. leur idenlilé.
M. Roussin pensant donc avoir ainsi reproduit par syniliôae l'aliui- | rine naturelle, donnai sa nouvelle matière colorante le nom d'Alùari'M J artificielle: mais lorsque les essais de MM. Bâtard, Persoi, Jacqucmîni " Kopp, etc.. eurent démontré les dilFérenccs caractéristiques de t deux matières, le dérivé de la biniironaphtaltne uc garda plus que la ) nom de Psciuh-alizarine, que M. Kopp changea depuis en celui de 1 Nnphtazarine qui rappelle mieux son origine.
Ce qui prouve bien que ce n'est pas de l'ali/.arine, c'est que fixe bien, lï la manière de celle-ci sur les tissus mordancés, il donne' ] des nuances Tort différentes : violettes avec les mordante d'aliim grises plus ou moius vcrdllIreB avec les mordants de fer, se dégradant J dans les bains de savon à l'ébullîtion cl Bnissant même p:ir dispuruTlre^ 1
E. Rùu^e de naphtylamiiie. — L'alcaloïde incolore el cristallin, connu I MUE le nom do Xaphtylamiite, CU'Az, cl qui dérive de la mononîtroi |