DES COCLEUKS DE NAPHTALINE
naplilaline par voie de rëduclion.se comporte d'une manii're analogue à. l'anilitie et fournit comme elle des malk^res rouges, bleues, pourpres, violettes et jaunes par l'oxydalion. C'est ce qui résulte des expé* riences de Pii'ia, de UM. Hugo SchifT, Scheurer-Kestiier, Dicliard, Rouïsin, Do Willdes, Perkin, etc.
Mais toutes ces couleurs ne posscideDl ni l'éclat, ni la beaulé, ni la purelË de nuance des couleurs correspondantes de l'aniline. Les rouges et violets du naphijiamine peuvent dire racîlement diâlingués de ceux d'anîline en [aisant dissoudre la matière colorante dans l'alcool et y ajoutant un peu d'acide sulTurique ou d'acide chlorbydrique étendus. Ces acides bleuissent le violet d'aniline, jaunissent les rouges dn celte base et sont sans aciion sur ceux de n ap h l;l aminé. L'acide su 1 ru riquG concentré seul transrorme les rouges de celle-ci en une dissolution vert d'émeraude.
F. l'ermi ces rouges, it en est uti qui a la fixité de l'atizarine ; c'est celuiquo MM. Perkin elBonssin ont obtenu en faisant réagir l'azolile de potasse sur le chlorhydrate de naplilylamiue. Au moyen de l'alcool qui le dissout, on parvient H l'avoir en petits crislaus d'un rouge trêsfoucé pourvus d'un rellel vert mélallique compnrabk- à celui de la raurevide. Gerhardt a désigné ce principe colorant sous le noni du NilTOsonai'litylùie. On le produit directement sur les laines et la soie, et on leinl les libres d'une manière Irès-solide, en les Irempant succesfb émeut dans un bain cbaud de cblorbydrale de napbtylamineeldans une sohi lion étendue et froide d'azotite de polns^c. Les nuances varient de l'aurore au rouge marron intense avec l'êlal de concenlration et le degré d'acidité des liqueurs.
Les nuances jaunes sont désignées à l'étranger par les noms de jaune de MarUusJaune de Manchester, jaune de naphtali/ie, jaune d'or ; les nuances rouges porlent ceux de rowje de Magdala, de Touge ds nufhtali'ie,puee de naplitylamine ou naphtaméine.
\': Iinliyoti"eaTtilieielle. — La synihèse de l'indigolioea élé réalisée en IS70 par deux chimistes allemands, MM. Emmerling et Engter, en partant de la naphtaline. Voici la série des Iransfurmalions qu'il laut faire subir ù cet hydrocarbure pour arrivera ce résultai, non moins important, au doulilu poinl de vue de la science cl de l'industrie, que la reproduction synthétique de ralizarine,dontje vous parlerai bientill. Le produit le plus ordinaire de l'oxydation de la naphtaline est un acide d'un blanc jaunSIre, peu soluble, qui a reçu le nom d'acUle pAraZ-vue = t"ll'0'. On l'oblienl aisément en Irailanl à l'ébuUilion lequadrichlorure de naphtaline ^ C"ll'Ul' par l'acide azotique; en concentrant la liqueur, l'acide phialique se dépose sous forme de lamelles réunies en groupes arrondis- Combiné â la chaux et chau ITé en présence d'un etcès de cette baac cnlre330cl3t)0<>,àrabrî de l'air, pendant quelques heures, cet acidu se
dédouble en Bcidc carbonique et en acide benzoTque, nioai que l'oo^ consluté MM. Detiouilly. SîTod traile par l'eau bouillante le mélange ds ~ carbouale et de benzoale de chaux forme dans cutle opération, on dissout Beulcmeul le benioate calcaire. La liqueur filtrée, élanl additionnée d'un léger excès d'acide chlorhydrique, laisse déposer de l'acide benzoïquc.
Voilà donc un moyen tr^s-économïque de préparer cet acide du benjoin, qui a pris plus d'importance qu'il n'en avait aulrerois depuis qu'un l'a fait concourir il lu rormition de certains bleus d'auiline.
Tous ces faits étaient déjà connus avant les essais de MM. Emnierling et Engler. Voici comment ils ont opéré la reproduction deliDdigoline:
En soumctiant è. la distillation sùcbe un mélange de benzoate et d'acétate alcalins, ils ont obtenu un composé particulier qu'ils ont nommé acéto/'hùione. En le traitant par l'acide azotique cuuccnlré, ils t'ont changé en un nouveau composé azoté qui a l'apparence d'un liquide sirupeux et qui a reçu le nom de nitro-acélophinoat. Ce dernier ne diffère de l'indigoline que parce qu 'il tenferme les éléments d'une molécule d'eau cl un atome d'oxfgiïne en plus. En le mélangeant avec dell< i chaux potassée et du zinc en poudre et soumettant le tout à une teni* pérature élevée, la chaleur enlève l'eau et le zinc s'empare de Voxjgéne ; mais comme l'indigotine Turmée ainsi pourrait être transformée i parla polasse en aniline, il faut, pour éviter celle destruction de la ma- J tiëre colorante, cbaulTer rapidement le mélange précédent et n'agir I que sur peu de matière à la fois; l'indigoline peut alors sesublimer ea I vapeurs violettes.
MM. Emmeriing et Engler ont monté une pelile cuve d'indigo avM ] ce produit, qui leur a olTerl toutes les propriétés caraclérisliques t l'indigoline.
Reste maintenant à trouver les moyens de faire passer dans la pral que industrielle ce fait capital de l'utilisation de la naphtaline et de m dérivés à la production do cette belle matière colorante qui donne & I l'indigo du Nouveau Monde et des Indes toute sa valeur linctoriale(l}* I