Jaune réseri
Mais il est une autre manit^re de produire des dQU< bleu d'indigo. C'est celle par enlevage au cAi^
508 SOIXANTE-THKIZIÈME LEÇON,
f&bricanl d'indicnaea à Manchester, a r.téée en I82fi el que I'od a continué depuis à appliquer. On se sert du bîchromale de poinsse, dont l'acide, une fois mia en liberté, exerce h même aclion deslruclive que le clilore sur les maflÈres colorantes, ainri que Je vous l'ai tiionlié déjà dans la première partie du cours (I).
Voici, en peu de mois, comment on oblïent des desBiiis bluncs sur bleu, tels que vous les oITVe VÊchanlilliiri ci-Joint :
%.vmss&msssms,sss?m
- Liiliiïage blinc
On commence par donnera la toile, dans une cuve d'indigo, une tei bleue plus ou moins foncée, pois on la foiilarde dons une solution bichromate de polaase, et on 1» sëche i l'ombre. On imprime on rongeant composé d'acide ouUque sufRsammenl épaissi. AussitAt après l'impression, on lave la pièce dans une eau de craie chauffée X 4S ou 50", et on nettoie à l'eau courante. Le bleu est compléiement enlevé partout où le rongeant a été appliqué.
Si vous vous rappelez, Messieurs, que l'acide cliromique est posé peu slublc que les matières organiques convertissent instant ment, sous l'influence des acides énergiques, en o^jdc vert decbi et en oxygène; qui^ ce dernier, d'un autre côté, opJre sur le- champ la destruction dee principes colorants sur lesquels il est accumulé, tous concetres sans aucune diflicultë le rOle du bichromate dépotasse dans le mode d'enlevugc dont il est ici question. Il est aisi! de voir, en etFet, que te rongeant acide, appliqué sur la toile bleue imbibée de chromale, s'empare d'abord de la potasse et isole l'acide cliromique ; puis, que celui-ci, en présence de l'indigo, lui cède de l'oxygène, et se troUTC ramené par U à l'étal d'oxyde vert de chrome qui se dissout dans l'excès d'acido du rongeant. C est donc, dans ce cas, l'oxigène porté en trop grande quantité sur l'indigo qui en détermine la destruction, et qui Venlà:e des endroits circonscrits par les dessins de la planche d' prcuiou.
{1} Voir la 30* leçon, S» volume, p. 39â.
TElNTUnE PAR IMPRESSION. 509
C'est là une des plus jolies applii:utiiinE des cbromatcK .\ l'art de l'iodienaeiir. Il d'; avait qu'un (.'hiuiisle qui pût t'entrovoir, car elle n'est pas du nombre de celles que le hasiird Tait parfois dËcouvrïr.
Bleo d'application solide pab i.'iNTF.nsiÈNe de [.'hydbosui.fite de socoe, — Je vous Eli parlé aDtérieuremenl de l'heureuiL emploi qu'ont Toit MH. Schutzenberger cl de LuUnde de l'hydroeultite de soude, pomr monter de nouvelles cuves d'indigo avec lesquelles la teinture des draps en bleu uni est deveaue bien plus fadie. Mais c'est gurlout pour l'impression que cet agent de réduction rend let plus grands services, car les dilTërenls procédée employée jusqu'ici pour obtenir sur les étoffes lea bleus d'application solides, lels que le bleu de fiinceau, le bien faïence, le bleu solide, sont três-dinidles d'exËeulion en raison de la rapidité avec laquelle l'indigo amené à l'état solublc absorbe l'oxfgf'ue de l'air pendant l'impression.
Le bleu lie pinceau et le bleu faience sont à peu près abandonnés aujourd'hui. Quant au bleu solide, qu'on appelle auesi dans les uleliers tieu au précipilÉ, on l'obtient de plusieurs manières, Je me bornerai à dire qu'après avoir désoxjgéné l'indigo par la couperose et la chaux, ou par une combinaison de sel d'étain et de soude causlique, ou par un mélange de sulTure d'arsenic et de lessive causlique, on précipita les liqueurs tiréesà clair par une solution acide de prolocblorure d'étain, dans le premier cas, et dans les deuxautres, par l'acide chlorhfdrique. Le précipité ce compose d'indigo réduit ou blanc, mélangé de proloxyde d'étain ou de sulfure d'arsenic. Ces deux composes métalliques retardent la suroxydalîon de l'indigo par l'air; on a soin toulerois do préserver, autant que possible, du contact de celui-ci, le précipité qu'on recueille sur une chausse pour qu'il s'égoutte; il est sous Torme d'une pâle d'un blanc grisûtre.
On prépare alors une solution d'azolale de protoxyde de fer en décomposant une solution de couperose par de l'azotate de plomb; on l'épaiîsit convenablement et on y incorpore l'indigo blanc; on imprime aussitôt et on passe immédialemeni le tissu dans un lait de chaux. Celte base, en décomposant l'azotate de Ter, met en hberlë du protoxyde de Cer qui maintient l'indigo eu solution et favorise ainsi sa pénétration dans le tissu. Lorsque ce dernier, de vert-pomme qu'il était, devient verl-chou, c'est un signe que la réaction est à peu prés achevée; on passe à l'eau, puis immédiatement eu acide siilfurique faible qui dissout l'oïyde de fer et fait apparaître to bleu dans toute sa pureté ; ou savonne et l'on scche.
Ce procédé, comme vous le voyez, est assez long et dispendieux; il est fort diilicile d'éviter les coulages et l'altération de la pureté du dessin pendant le passage en chau\, et quoi qu'on fasse, une bonne partie de l'indigo se réosygiïne avant d'iître combinée k la libre cl se trouve dès lors perdue et enlralnée dans les lavages.
Laaouvelle méthode imaginée par MM. Schulzenlierger et consiste essetiliellemeiil daus rioipreesîoa d'une solution alcaline d'[ii> digo réditil, convenablement concentrée et épaissie, et de plus additionnée d'un grand exct^a d'iiydrosulilte de soude. La présence de ce sel a pour eiTel de maintenir constamment dans un élal de réduction complète i'indigolioe qui tend h s'oxyderpendanlle travail du rouleau; il remplace donc, avec un immense avanlnge pratique, le gaz de l'éclairage dont on afait tenté l'emploi pour cooslitucr une atmosphère artificielle; l'impression se Tait au conlacl de l'air avec les machines oïdinaires, el l'oxidalion est si peu marquée que, après une heure de (rarait dans le châssis d'une machine, la conteur se maintient ji el réduite.
Voue comprenez que, grâce i^ la présence de l'hydrosulHIe, la preaqi tolalllë de l'indigo est utilisée; l'expérience a prouvi égalée, on rëaliee sur l'ancien procédé du tiku solide une éconoi de jO à 60 pour 100 d'indigo; c'eal au moine ce qu'affirment MU. SchDI zenberger et de Lalande; en outre, les teintes obtenues sont belles el plus solides, el l'impreasion esl plus nelle.
Après l'impression, qui doit être faite préférable ment avec des leaux légËremenl chauds, on laisse oxjder l'indigo en suspendant les pièces pendant douze ou vingt-quatre beurca à l'étendage, puis on lave et on savonne à sO ou OU". Lorsque le blanc laisse à désirer, on peut cblorer à in vapeur sans inconvénient.
Ce nouveau bleu, n'ayant besoin, apriis l'impression, d'aucun Irait ment pour être fixé, peut donc s'imprimer sïmullanémenl avec intlnité de couleurs, telles que noir d'anihne, puce de naphtylamine, rouge et liolel garances, rouge et puce garancine, cachous, couleurs chromées, rouille et chamois, etc. Voici des échantillons qui donnent une idée des résultats que l'on pcul obtenir:
hn^^H
peut^^^ -ait^^l
ilr
il mm
10. — Dleuàl'lijrdrasullilijavecnaLril'aiiiliiio Jiii|jrimc3 cLlIxÉs âimulunén] Les formules de couleurs suivantes sont dues à l'obUgesoi
TEINTORE Par IMPRESSION. SU
M. Ch. Cros-ReDaud qui s rendu pratique le procédé de MM. Schut-
zeaberger et de Lalandc par l'étude qu'il en a Tailo dans la A. Cordier, de Déville près Rouen :
Bleu foncé à *0 ffrnui. initigo bltu par kilog. de touleur, 255 grnm. p&to d'indigo bUnc à l'iiydrosulflte. SIS grant. oau gammée plus ou. moini épaisse. COO grani. hydrosulfile de soude tMari k 33> B.
8S grwn, lait de ctiiux, h lOO grain, de cliaui vive sous le volume de 1 litre.
Sleit pile à 15 ffram. inrfijb bita par kîlog. de rou'cur,
57 gnim. pile d'îiidigo blanc II l'IiydraïulBte. S04 gram. eau gommés, toi) gram. Iiydrosulfite de soude salure à !J* B.
21 gntm. lait de cliaui à 200 grain, par lîtra (!}.
Couleurs cacqou. — Je ne m'étendrai pus, Messicui-s, sat loules lea matières que l'on peut appliquer solidement aux tissus par des procédés analogues & ceux que.nous venons d'étudier ensemble. Le cachou cependaitl a, comme l'indigo), donna naissance â de si nombreuses et intéressanlei recherches qae je ne puis le passer complëtemenl sous silence.
Aucune fixation de matièic colorante n'est plus facile à elTectuer. Il surfit de le dissoudre dans de l'eau contenant un peu d'acide acétique, de l'épaissir à l'eau gommic, d'y ajouter une certaine quantité de sel ammoniac et d'un sel de cuivre, pour obtenir par le simple aérage une couleur brune nourrie et solide.
II) Voir, paar plus de détails, l'iniéressant mémoire de H. Groi-Reiiaed inséré dans la bnlietin de Janvier ï mars, année 1174, de la Sociélé industrielle de Rouen, pige IT. sous la titre dai /Mémoire sur la nouvelle fabrication de bleua folidet i idrofulfitet.
DaiiB les couleurs vapeur, le cachou offre aussi des ressources trè* gruudes pour rJudU-iineur. lue simple aolulion de celle matière lioc-" loriale dans l'eau additionnée d'acide acétique ou de lessive alcaline, épaissie couvenablemcHt, donne des couleurs très-variées el Irès-résistanles par le passage, à diverses tempe ratures, dans un bain de bichromate de potasse, dont on modifie d'ailleurs les ciTets par des additions de craie, ou de cristaux de soude, de sel mariu ou de sel
Nom d'amline. — Depuis une dizaine d'années on (ire le plus hei reux parti, et sur une grande ëcheile, d'une couleur excessivemt solide, dérivée artiSciellement de l'aniline.
Le noir d'aniline, dont je vous ai eulietenus précédemment, est une substance insoluble dans presque tous les agents chimiques, que l'on produit par conséqueni sur la fibre mCme, par l'oxydation à l'air d'un mélange de sel d'aniline ( chlorhydrate, uzolale ou lartrale acide), de chlorate de potasse, et d'un peu de sulfure de cuivre et do chlorhydralc d'ammoniaque. Le mélange incolore, exposé A une température de Su il 30", arrive promplement â une nuance verl-bronze trés-inleuM^ qu'il suiït de passer dans un bain alcalin ou de savonner, pour Tm mènera un beau noir, très-résistant. I
Le noir d'aniline, qui peut se combiner i presque toutes les autres fabrications, est certainement l'une des couleurs les plus précieuBea pour les imprimeurs sur étofTes, mais il ne s'applique qu'au colon. Le* fibres azotées, la soie, la Inine, enlravenl sa formation.
Coolean Tapenr. — On appelle coule tirs vapeur celles qu'on ne Qxe point sur les tissus par la teinture, mais par une simple exposition à la vapeur d'eau. Les couleurs sont vives et belles, mais elles sont loin d'avoir la solidité des couleurs de grand teint.
Le principe sur lequel repose ce nouveau genre d'impression est la
TUlWtUBE PAH IMPftESSIUN.
ol3
r uni! laque colorée, la tenir en iliasululion piti' l'iiitcr lède d'un acide Tolalll, épaissir la couleur, l'imprimer el la soumetlrc eà l'acliond'un courant de vapeur afin de chasser l'acide volalil; la laque se précipite alors sur les nbrcs el a'jr combiue assez inllmemenl. A la faveurde l'humidité el de la chaleur réunies, unecombin plu» intime s'établit entre la matii>re colorante, l'oxyde et le lissu, en sorte que ces couleurs d'application qui, aprËs l 'ira pression, étaient facilement enlevées pur le lavage à l'eau pure, se trouvent consolidées â un haut degré, en même temps qu'elles acquièrent une Tivacilé qu'elles n'avaieul pas avant ce Irailemenl.
Cette action remarquable de la vapeur est une des découvertes les plus importantes qui aient été faites pour l'art de l'impression, depuis son introduction en Europe. Chacun s'en dispute l'honneur, el il est :z dirQcile de décider cette question de priorité. Si nous en crofoni RancrolT, qui écrivait son ouvrage de teinture en (794, ce serait un fabricant anglais, imprimeur sur Casimir, qui aurait eu le premier l'idée de fixer les couleurs par la vapeur. A cet effet, après l'impression des couleurs d'application, cet industriel enveloppait l'ëtoll'e dans du papier gris non collé, ou bien il l'enroulait avec une toile ou une étoffe grossièrt' en laine, alin d'éviter le coulage ou la réappli cation des couleurs, el dans cet état il soumetlatt l'étoffe â la vapeur de l'eau bouillante.
Bien évidemment ce fail n'était pas connu en France lorsqu'un sieur Viarl prit (1), le )2 novembre 181 1, un brevet pour une manifre d'imprimer sur, laine, breràt dans leqtiol il indiqu^j pour nxer les couleurs, de presser sur les pièces, imprimées un fer A reoueer assex cliaud; el il ajoulc'^'on arrive'an mt'me bfn, en faisantvsage de la vnpeuT d'eau, ou en faisant Msser l'ôtnlTc Jiumido enlrçdeux cylindres chauds. U'uD 'autre cûté,'DBniel Kœcton afflrme^que, d^s 1810, le lixage des couleurs au moyen d'un fer chaud était pratiqué par Georges Dollfus, de ilùlhouac, qui, peu de leàips api*s, de concert avec LolTei, de Colmar, remplaça la chaleur du fer par celle do la vapeur d'eau. Uès 181U, ce dernier moyen était exploité très en grand, pour l'impression de la laine et de la soie, dans les environs de Paris, par la maison Ternau\; i Beauvais; au Logelbadi par tes frères llauesmann. A l'exposition des produits de l'industrie en t8IS, des récompenses étaient décernées A ces derniers induslrieU pour leurs impressions sur soie, el i Uottel pour ses dessins cachemires exécutés sur mérinos. DeKurrer, d'Augsbourg, dans tous les cas, décrivit le premier les différents procédés de l'impression au moyen des couleurs locales Qxées par la vapeur.
Dana rorigine, on se servait de toiles huilées cl mordaacées en acétate d'alumine, comme pour la teinture en rouge d'Anddnople; on
{!) Voirk
n Denri'iption itm bi-eueli tttavtttioH, p. MB,
SOIXANTIÎ- TREIZIÈME LEÇON.
«, pour les C4^^|
îuprinmit ^rimiitcmciit ks matières coloratilcs épaissies leun rouge, rose, jaune, violel, el on vaporisait ensuite. Le vert i foisait avec la graine de Perse et le bleu-vapcur, le noir avec le cbeqpf che et l'acétate de fer. Les résultais qu'on obtenait ainsi étajeat Tort beaux; les coulcun étaient m^me plus solides que celles que l'oD fait nclucllemenl. Il n'y avait que le blanc qui laissai â désirer, aussi ne Oibriqusit-on gënéraltment que des genres à Tond coloré. Mais conune ce mode de fairo était trËs- dispendieux, on y renonça bientôt.
On se borna alors ù agir sur lissus simplemonl mordancës en alumine, mis à la chambre d'oxydalion pendant quelques jours el dé^mméi ensuite en eau do craie. On ; imprimait les décodions épaissies, et on vaporisait. Los résultats étaient asseî saliefaisants; mais commn il arrivait fréquemment que les pièces emmagasinées éprouvaient, au boul do quelque temps, un véritable coulage, c'eel-à-dire que les couleun »c conrondaienl, que los blancs se salies.'nent sans que les pièces eussent été exposées à l'humidité, force fut bicu d'abandonner celte nouvelle méthode.
Depuis une trentaine d'anuées, on se sert de l'oxfde d'élain comme mordant, surloul pour le Wcu de France el le gros vert. On précipite de l'oxyde slannique sur le tissu, soit au moyen du bichlorure d'ét&în, soit au moyen du slannale de soude qu'on pusse ensuite en acide sulTuriquc faible, soil par le sulfo-muriale d'étain acide. On neltoic bien, on dessèche et l'on imprime sur ce tissu tandis qu'il est récemment préparé.
Une couleur vapeur doit toujours contenir, en certaine quanlitÉ, Ut^. sel hygromù trique, afin de maintenir l'épaississant dans i étal de mollesse et do Tavoriscr la cundeusatioo d'un peu de vapeor q a pour effet de racililer la dissolution et la combinaison intime d Inquo avec le tissu. Sans celle addition, ou s'il y a insumsance, à s'expose à avoir des places mal Buées et inégales de nuance. S'il jr c Irop, la couleur peut couler et brouiller le dessin.
On choisit tes sels el les acides non corrosifs, autrement ils dél^ raient la libre végétale & la haute lempéraluro S. laquelle o: Lorsqu'on est forcé d'avoir recoure à un sel dont l'acide est lrô»« inque, on n'en introduit dans la couleur que la quantité slrictea nécessaire pour contribuer ù la formaiion do la laque.
Les épaississanls qu'on emploie doivent être, autant que pot incolores pour les coulem-s tendres, el, dans tous les cas, ils d<dT( pouvoir s'enlever racîlcmcnl par les lavages.
Les décoctions des matières tinctoriales doivent dire exempta parties résineuses; il faut donc ne les employer que lorsqu'elles n bien claires et depuis longtemps préparées; dans ce dernier C matières colorantes sont déjà partiellement oxydées,ot le fixage n que compléter l'oxydation. Pour le bleu, obtenu loujoun avec J cyanure double de Ter el d'élain, c'est tout le contraire; en e
couleur la plus ri^ccmrnoil préparËR e^l celle qui donne tes meilleui-s résultais; le bleu n'a de soUdilé el d'éclat que lorsque le cyanure do fer s'oxjdc el se dâveloppe sur ta nbr6 mCme ; s'il C9t déjà en parlie oxfdê loro de l'impressioa, il n'a plus autant d'arQnité pour le tissu.
Il y B une inliDité d'appareils pour vaporiser les loiles imprimées. Dans les uns, les laites sont placées les unes k cUlt des autres, ou les unes sur les autres: c'est quand on n'a pas à craindre les réappHcages de couleurs. Dans les autres, les toiles sont éleDdues de maniëre A dc pas se toucber. II y a le vaporisage au tonneau, à la cuue, à la eotonne, à la chambre, i la guérite, qu'on emploie suivant les genres. Il sufOra. pour notre objet, de tous décrire brièvement le 6xage à la colonnt le plus anciennement pratiqué ; la figure I2fi^ vous en mon(re la disposition.
Cet appareil se compose essentiellement d'un cflindre de cuivre C, creux et percé d'une multitude de trous ; il est muni en haut d'un robinet R', et s'ajuste à frollemenl dans le bas T! avec une sphi^re de cuivre A munie d'un robinet R; cette sphère communique par un lube inrérieur avec un générateur de vapeur. On recouïrc !p cylindre C d'une chemise Ai:
drap ou d'un doublier do fnrti' toile D, puis on y enroule, en les serrant ënergiquement, li^s pièces à vaporiser; on a soin d'interposer entre chaque tour un doiiblier pour éviter les réapplicages; on enveloppe te tout d'un drap épais qu'on lie aux deux exlrémitës. Le cylindre ainsi garni est placé sur sa sphère. GËnéraIcmeol, on dispose à côté les unes des aulres un certain nombre de ces colonnes dans une espèce de chambre ou de guérite de bois qu'on peut fermer 4 valonié pour éviter te refroidissement par l'air.
Lorsque tout est disposé, on ouvre le robinet supérieur du cylindre, puis le robinet inférieur, et loi-squc la vapeur du générateur a fait irruption et chassé tout l'air de rap[iareil, en élevant surflsammeni la
Fit- lIAa.— Tipnrlu
SOIXANTE-THEIZIÈME LEÇON.
tfmpËnilure pour qu'il n'y ail plus de condensation, on terme le i binel supérieur. La vupeur ne trouvant d'autre issue que \et irons cylindre C, passe à Iravera et pénâlre peu à peu loule l'épaisseur des pièces superposées. La sphère A a pour but de retenir l'eau que 1« jet de vapeur cntrnine.
La pression de vapeur suus laquelle on opiirc doil Olre peu élevi^e. Ln durée du vuporisnge varie de 30 à 45 minules suivant les genres; aujourd'hui pour les couleurs dérivées de l'nlizarine cette durée dépasse souvent une heure.
Lorsque l'opérnlion est terminée, on déroule les pièces : on les ^letid pendant quelque temps, vingl-quolre heures environ, dans une chambre chaude et humide pour achever l'oxydation, et on les lave à l'eau cotiranle. On les st^che ensuite le |ili:3 rapidement possible.
Le genre vapeur a denoinbreux avantages; il peuls'appUquerà presque toutosles matières coloranles connues; il permet d'en imprimer et d'en tixer k la fois un nombre pour ainsi dire indéfiai ; pur conséquent il apporte une grande accélération dans le travail, puisque celui-ci no consiste plus qu'en ces trois opérations ; impression, vaporiaage et lavage. Voilà pourquoi ce genre se substitue presque partout aux anciens modes qui eugent un matériel considi^rablc, un personnel uombi'c:ix et demandent souvent plusieui's semaines d'un labeur continu.
Ce qui a encore contribué ii celle simpllflcalion et à cette économie du travail de l'imprimeur de dos jours, c'est, d'une part, la découverte des magnifiques couleurs dérivées des produits de la houille, qui ont une si grande affinité pour la laine et la soie, mais que l'on réussit également à appliquer sur le colon par vaporisagc. Kn voici quelques spécimens :
TEINTURE PAB IMPRESSION. ol i
garance qu'on livre aujourd'hui dane un grand état de purelô, qu'on produit môme arliliciellement à des prin assez bas pour que l'emploi en soil devenu possible.
Voici, comme evcinple. un rouge li l'cxlrail de garance par impitisiion directe, i
■5. — Rouge il
it da g>ra
Kulei, Messieurs, que si les brillnntes couleurs prnvenanl de l'atiiline, de la tuluidine, de l'unde pbânique, de lu napliUlitie ne possèdcnl pas une grande lïitilé,^ l'exception, loulcroïs, du noir d'aniline, en revanctuceltes'qui annt dues k l'aliiarine nalurelle ou artillciellu S' lemenl solides par le vaporisoge el peuvent rivaliser, so» avec celles que rouruit l'anden procédé de garançagu.
Je place sous vos yeux des échanlillons de rowfffl et de riiic arlificielle, tels qu'on les produit acluellement en grande q surtout eu Allemugnc (voir ci-aprûs, p. SIS).
s ce ruppoi-l,
violât d'rtttïoe quantité
Ces éubanlillons ont Ëlé fabriquas en Normutidic . l'iiliMniU
518 SUIXANTE-TIIEIZIÈME LEÇON.
cielle qui a servi pour )o rouge provieiil do la maison Thomas G qui a établi aux cnvirond do Lyou, ù Neuville-Eur-SaOue, la prc usine française pour les produits dérives de l'aDlbracène.
- Ilou^'e b l'iliiarine artlBciulli;.
Les impressions sur laine présen(enl certaines diracultës de pit» ]ue celles sur soie et sur coton. Une des causes principales provienl du louTre quicntrctlnnslacomposilion^l^mpiilairude colle fibre animale;
3Î. — Violât il rsliiaririe aiuflcioUe,
il résulte un grand incunvénietit de lu tendance de cet ëlôment i s'unir i plusieurs malières métalliques qui peuvent se trouver eu contact avec la laine, et A donner naissance ù des sulfures i]ui tachent l'ûlore en noir, en brun, ou en couleur de rouille. Les seU et les oxjdcs de cuivre ne peuvent ûlrc frappés par la chaleur, lorsqu'ils sont en contact avec la laine plus ou moins liumeclée, sans ptx: avec clic une couleur de rouille. Eh bien I eeltc dil^culté au sajâ contre jamais pvec la soie et le coton, exempts qu'ils sont de i élÉmenlaire,
Conlenra tt l'albninlB* on ûxtem ^écaKiiaenenl. —
gine lie la fabricatioa des indiennes en lûurape, on appliquait sur les loiloa des poudres grasses ou des vernis, dans lusquels oa dëlayiiil les couleurs vëgétales ou minérales, -C'ËlaK pIulOl une peinture ou un coloriage qu'une opération chimique. Abandocaé pendant longtemps, CB genre a repris faveur depuis une trentaine d'années ; l'épaississanl et le fixateur dont on Tait usage est le caeéute de clmun, ou le glulen pour tes genres A bon marché ; mais, en général, c'est à l'albumine qu'on accorde la préférence. Voici comment on agit dans ce dernier cas :
Dans une disBolution d'albumine d'ceuf, ou d'albumine du sang pour les couleurs peu délicates, additionnée d'une certaine quantité d'épaiS' lissant convenable préalablement dissous dans l'eau, tel que gomme du Sénégal, gomme adragante, dextrïnc, etc., on délafe, en proportion sufOsantc, la poudre colorée humectée à l'avance avec un liquide approprié, ou la pâte colorée qu'on veut Taire adhérer à l'éloETe (oxydes métalliques colorés, ocres, noir de fumée, bleu d'outremer, Jaune et orange de plomb, laques végétales, caimia de cocbcnille, etc.); on imprime ces couleurs soit il k planche, soit au rouleau, on s^chc cl on vaporise. L'albumine se coagule et Torme un vernis solide, transparent, qui retient les poudres englobées entre et sur les mailles du tissu avec assez de solidité pour les faire résister & l'action du savon bouillant. Voici des exemples de cp genre d'impression ;
Dans nombre de circonstances on trouve une grande économie h substiluerla caséine ik l'albumine. T.a première s'emploie en dissolution dans un peu d'acide acétique, ou dans un lait de cbaux ; dans ce dernier cas, les couleurs acquièrent une solidi té qu'ellesu'ontpasaïecriilbomino ou nvec la caséine ammoniacale, carelles résislenl, même assez longtemps, au savon bouillant. Mais l'impression de ces couleurs doit i^tre faite pidement.carcHeBnc tardent pas à perdre leur lluldiié, et se prennenl en masse au bout de quelques heures, sur tout les <'ouI('(ir« A Voti
C'est génëralemetit aussi i au colon la propriété de s'un pour lesquels il n'a par lui
On remplace parfois l'albi
cotninu n iqaÂ^^l
j moyen de l'albumine qu'oa cotnmuniqa«l r aux divers composés colorés de l'aniliDe, oiOme aucune alïïnilé.
nma par le tannin, qui a ta propriété de
lormer de belles laques avec ke mâmeg couleurs arliticielles. Ces laques étant dissoutes dans l'acide acétique, on épaissit la solution avec de la gomme ou de l'amidon, et après l'impression on vaporise.
Quelquel'ois on mëlanije lu lannin, la maliére colorante, l'acide acétique et l'épaississant, ou imprime et on vaporise. Voici un exemple de verl lumit^i-e au tannin, en double nuance :
Depuis une dizaine d'années on a recours, pour ti.\er les couleun; d'aniline solublee, à un procédé aussi curieux que dangereux qu'U serait désirable de voir abandonné; il consisle dans l'emploi de l'arsénite d'alumine dissous dans l'acide acétique. Pour donaer à ce procédé toute sa valeur comme solidité, on imprime les couleurs, avoc cet arténilc, sur des tissus préalablement passés en soluliou bùbleh.
Je n'abandonnerai pas les genr-es d'impreasioa dans lesquels les matières colorées sont fixées méCBiiiquL'Dicnt au tissu, suns vous dire quelques DDOla des inipressions briUaiites et ttt rrlief. Celte InTenlioa inlëre»- 1 santé, que se dispulcnl plusieurs induslriels, notamment UU. Thuillier^fl de Houen, et Petit-Didier, de Sainl-Denis, est appliquée depuis I8ltll4 aux lissua de soie qu'un piirsfme de pointa brillanls en relief, de dilTé-
, pour imiter lu broderie. Ce genre, qui produit de fort s manîËra tri's>économique, a eu de suilo une vogue ex ti'aordi nuire. On l'exécute au oïDj'en d'une matière résineuse, colorée ou non, qu'on dépose sur le tissu, en gouttelettes Tondues, k l'aide d'une gravure métallique en relief, fcin se retroidissani.cee goullelelles aequiÎTenl asseï de dureté pour faire corp» avec réiuiï'.' cl remisier au frottement.
M. Petîl-llidier a donné le ncin de itellimini.x m vnurectiunnés.
SOIXANTE-TEIEIZlfcMK LEÇON.
laluguo en ^^^^
HH. G. Depouilly el Mcjer ont imagina quelque chose d'aiial< BiSDt iur les tissus trùs-léh'crs, lels que les lulka, des goulles brilli en relief qui rappcllcut par leur limpidilâ des perles ou des pierres pri^deuses. Elles sont obtenues ù l'aide de la gëlaline ou de la gomme, déposées à l'état liquide par des aiguilles ajiaélriqueinenl placées ou par d'autres mojens dont il est facile de se former une idée. Le num de tuile (HamiTU a été donné à ce genre de liiisu par ses invenlcun.
Un nouveau genre de réserve opéré mécaniquement sur lisius da soie, a été imaginé par M. Brunet-Lecomlc dont les articles fonda noir elMeu avec petits sujets en couleurs réserves ont été remarqués i l'Exposition universelle de IS67 ; il rappelle les prucédés prîmililb des Indiens avec la cire. On imprime sur le lissu des couleun réserves A la résine, puis on leintle Tond à froid, enfin on passe l'étofTe, une Fois s^cbe, dans un bain d'essence légOro de houille qui enlève la résiua toul en respectant les couleurs. La condition pour réussir c'est d' ployer des matières qui teignent Le fond à une basse température.
Pour remplacer les réserves chimiques, ou en général les réaervi épaisses el grasses qui nglfscnt, pour ainsi dire, mécBDiqucmcnl pour^ conserver le blanc sur les tissus de soie el de laine, la maison Onfro; el C", de Paris, a imaginé, il j a une quinzaine d'années, pour l'i pression au rouleau, un mo^en mécanique qui Tonctionnc d'une □ ni(re irréprochable. Il consiste en un coi'lon découpé h l'emporte- pièce, c'esl-â-dire percé à juur aux endruils qui doivaut tester blatics. Ce carton forme un eviindro ctBa\ dont on recouvre le cjUndre presseur de la machine ft imprimer, de aorte que pondant le travail de cello-oi le [issu porto à fau* aux endroits qui sont pcreiîs il Jour (faisant abstraction du drap doublierj; il en résulte que le rouleau gravé n'imprime pas sur ces endroits.
Le docteur BoUcy, dans son rapport sur l'Exposition internai ion nli? de Londres, en ISflS, a parïû Kvec élogoa de ce moyen bien simple d'obtenir des réserves blanches dans l'impression uu rouleau.
- C'était autrefois le genre fondamcnlal a s toiles de coton. Voici un aperçu de l'an-j^
Conlears par MlBlnrv.
et le plus important pour les cicnne manière d'opérer :
Lorsque l'iudicnne doit avoir plusieurs couleurs, du noir, du rougt du lilas, etc., on imprime successivement autant de mordants quCil y v de couleurs dilTéreutcs, — soit à l'aide de petites planches dites rcntruna^ ^ qui ne portent les nouveaux mordants que sur les endroits du d réservés par la première planche, dite planche d'im/iresiioa, — soit parles | rouleaux, — soit par la perrotine. Dn passant ensuite la pièce dans 1« ' même bain de teinture (ou, après chaque impression, dans des bain« j difi'éreule), on voit apparaître suc celte pi<^ce nulunl de nuances dt&lioo^
TKlMTtlIŒ PAR IMPRESSION.
les, quis'harraoïiisGntcnlrtt elles, et produisent dci dessias variés d'u^ trôs-bel effet.
Voici UD échantillon de calicot t,uv lequel noua avons, imprimé des dessins avec de l'acSIatc d'alumine, d'autres avec i
l'acétate de Ter, ft deux degrés difTérenls de concentration, et, enfin, d'autres avec un mélange de ces deux sels. En passant la toile dans un bain de garance ou de goranciue, nous aurons des dessins rouges avec le premier mordAnl, des dessins noirs avec l'acétate de Ter concentré, des dessins violets avec le mCme mordant afTaibli, et des destins grenats ou puces avec les acétates d'alumine et de Ter réunis.
La garance étant assez pauvre en principe colorant, son emploi a été spécialement réservé pour les genres fond blanc, c'est-à-dire peu chargés en mordant; mais comme les maiifres Tauvea de la garance salissent le blanc de lu toile. Il esl toujours indispensable de rétablir