‹ Lecons de chimie élémentaire (volume 3)Chapitre 13 sur 114 · ALTÉRATIONS DES BOIS · texte numérisé non relu

ALTÉRATIONS DES BOIS

En traitant donc par les alcalis le bois altéré, on lui enlè?e la portion qui est déjà arrivée à Tétat humiquey et il reste du terrreau charbonneuxy qui continue à subir Faction de Tair et devient peu à peu soluble dans les alcalis en se changeant en humus parfait.

Tous ces phénomènes proviennent d'une véritable combustion lente, dans laquelle l'oxygène de l'air enlève incessamment de l'hydrogène au bois pour former de l'eau qui s'évapore, tandis que de l'oxygène et du carbone du ligneux se réunissent et se dissipent sous forme d'acide carbonique. En sorte que, graduellement, par suite de ces deux effets, la proportion du carbone, propre au bois, devient de plus en plus prédominante par rapport aux autres éléments, jusqu'à ce que tout soit changé en humus parfait ou acide humique^ plus riche en charbon que le terreau charbonneux et à plus forte raison que le bois sain.

I^ cause première de celte altération réside dans la présence des matières azotées albuminoïdes que la sève a déposées entre les fibres du bois, et qui agissent comme un ferment en favorisant la réaction de l'oxygène de l'air.

M. Kuhlmann a signalé, en 1859, une cause toute spéciale de la prompte altération du bois; c'est le contact immédiat du fer. Ainsi lorsque des clous traversent une planche, on remarque, au bout d'un certain temps, que sur tous les points traversés, la substance du bois est profondément altérée; elle est comme charbonnée et se détache au moindre effort. Ce genre d'effets est bien connu dans les chantiers de construction.

Suivant M. Kuhlmann, le fer est l'unique cause de cette altération, car elle ne se manifeste que dans les points de contact du métal avec le bois, et ne se montre pas là où le bois est fixé par des chevilles de bois ou de cuivre. Voici l'explication des phénomènes :

Quand le clou s'est oxydé sous l'influence de l'air et de l'eau, le peroxyde qui a pris naissance ne tarde pas à être désoxygéné partiellement par les éléments du bois et à être ramené à l'état de protoxyde; le bois éprouve donc une combustion lente. Mais le protoxyde de fer, absorbant peu après l'oxygène atmosphérique, reproduit du peroxyde, qui cède de nouveau une partie de son oxygène au bois. Ce double effet se répétant sans cesse, l'altération du bois se poursuit et s'étend de proche en proche.

D'après celte ingénieuse théorie, le fer servirait à emprunter de l'oxygène à l'air p:jur le reporter sur la matière organique, de même que le deutoxyde d'azote des chambres de plomb emprunte de l'oxygène à l'air pour faire passer l'acide sulfureux à l'élat d'acide sulfurique. Le peroxyde de fer serait un rouage intermédiaire entre l'oxygène de l'air et le bois pour en opérer la combustion lente. On se mettrait à l'abri de cette cause de destruction en remplaçant, dans les chantiers, les clous de fer par des clous de cuivre ou par des clous de fer galvanisés ou zingués.

C'est surtout lorsque les bois, plongés dans l'obscurité, sont sans cesse au contact d'un air chaud, humide et stagnant, qu'ils se trouvent envahis par des insectes et des champignons microscopiques, qui vivent et se reproduisent aux dépens des matières azotées que la sève a déposées entre les fibres ligneuses. — Les insectes, en creusant des

sillons dans l'intérieur des couches ligneuses, en en dévorant une partie de la substance, leur font perdre leur solidité et les réduisent, pour ainsi dire, à l'état d'un tissu spongieux. Aussi, lorsque des pièces de charpente, des solives, des planchci's sont attaqués par les insectes, et notamment par les termites (fig, 1068), ainsi que cela arrive journellement dans l'Aménque méridionale et que cela s*est présenté, dans cesdernièresannées, à la Rochelle et à Rochefort, ils ne tardent pas à s'écrouler (1).

Fig. 1068. — Termites romellcs el termites

neutres aptères. Pourriture flèehe.— L'invasion

des bois par les petits champignons n'est pas moins redoutable et produit l'altération désignée sous le nom de Pourriture sécJie, Selon Knowles, celte maladie des bois aurait élé signalt'^e dès la plus haute antiquité ; il croit môme reconnaître la pourriture sèche {dry-rot des Anglais) dans la plaie appelée Lèpre des maisons dans le quatorzième chapitre du Lévitique.

Les praticiens ont remarqué que les bois abattus pendant les époques où la sève est en mouvement sont plus sujets que tous autres à contracter la pourriture sèche. Ce fait est facile à expliquer ; c'est que la sève, plus abondante, a introduit au milieu des fibres ligneuses une plus grande quantité de substances azotées albuminoïdes.

(1) a La promptitude avec laquelle, dit M. Boussingault, le bois est quelquefois dévoré par les insectes est réellement incroyable. Il y a plusieurs années, les termites se propagèrent avec une telle rapidité dans les ports do la Rochelle et de Rochefort, qu'en peu de temps des travaux considérables furent détruits. C'est principalement dans les climats où la température est constamment élevée, où il n'y a pas d'hiver, que les termites occasionnent les dommages les plus sérieux. A Popayan, dans l'Amérique méridionale, il est difficile de rencontrer dans un bâtiment, même de construction récente, un morceau de charpente qui no soit pas vermoulu. Les bois les plus durs, les plus compactes, ne résistent pas toujours à l'invasion de ces animaux, qui n'épargnent que quelques espèces de bois odorant, comme le cèdre, par exemple. Dans de semblables localités, il est de toute impossibilité de conserver les livres et les papiers. » (Boussingault, Économie rurale, t. I, p. 198.)

La pourriture sèche occasionne des pertes considérables dans les chantiers de la marine. En voici des preuves :

En 1798, on lançait à la mer le Foudroyant^ vaisseau de 80 canons ; la pourriture sèche s'en empara, et dès 1802 il fallut le radouber et le refondre presque en totalité. Le navire anglais le Benbow fut construit en 1813; la pourriture sèche l'attaqua; il fallut le réparer, en 1818, à Portsmouth, et, sans avoir jamais été en mer, il avait coûté déjà 1250000 fr. de réparations.

Procédés de conaervAtlon des boit. — Fagot, en 1740, Haies, en 1756, Jackson, en 1767, Pallas, en 1779, tentèrent, mais sans succès, de prévenir les altérations des bois en les plongeant pendant un certain temps dans diverses dissolutions métalliques, notamment dans celles de couperose, d'alun, de sulfate de magnésie, de sel marin, etc. Sir H. Davy, dans les premières années de ce siècle, pensa, pour combattre la pourriture sèche, à utiliser les propriétés conservatrices du sublimé corrosif ou bichlorure de mercure, et en 1830 cette idée commença à recevoir, en Angleterre, un commencement d'exécution par l'initiative d'un nommé Kyan, qui se servait d'une dissolution de ce composé métallique au titre de 2 p. 100. Depuis, un grand nombre d'essais ont été entrepris au moyen de nombreuses substances toxiques qu'on fît pénétrer dans l'intérieur des pièces par voie d'imbibition.

!• Par imbibition. — Le procédé de conservation par tmbibilion consiste à immerger simplement le bois dans un liquide antiseptique, en l'y laissant baigner pendant un temps assez long; malheureusement les gaz contenus dans le tissu ligneux s'opposent à la pénétration du liquide au delà de quelques millimètres. Les substances antiseptiques qu'on a essayées de cette manière sont: le bichlorure de mercure, l'acide arsénieux, le chlorure de zinc, le sulfate et le chlorure de manganèse, les sulfates de fer et de cuivre, le sel marin. Mais ces substances sont trop chères (sublimé), ou elles sont dangereuses dans leur emploi (sublimé, acide arsénieux), ou elles ne préservent que pour un temps ' trop court, par la raison qu'elles n'imprègnent que très-imparfaitement la substance totale du bois par le vice même du procédé de macération employé pour les faire absorber.

Néanmoins, c'est au moyen d'une dissolution de sulfate de cuivre au titre de 7 p. 100 de sel cristallisé, et à la température de 70"* centigrades, dans laquelle on tenait plongés pendant quelques heures les bois débités, système indienne par MM. Ghauviteau et Knal, qu'on a préparé, pendant ces dernières années, en France et en Allemagne, les traverses des chemins de fer, les échalas pour vignes, les cercles pour tonneaux^ etc. Un mètre cube de traverses de chemins de fer, de longrines ou de poteaux télégraphiques exige 2 kil. de ce sel ; les échalas pour vignes, les cercles pour tonneaux, les planches de parcjuct n'en Bxigent que t 1/2 p. 100. Les bois ainsi traités noircissent au feu, mais ne peuvent ni s'enflammer ni se consumer.

Ce procédé, toutefois, est tout à fait insuffisant pour assurer la conservation du sapin, du pin, et en général des bois légers qui renferment beaucoup d'aubier, mais il parait prolonger sensiblement la durée du chêne. Le bois, ainsi préparé, est entouré d'une enveloppe injectée très-mince, qui est imputrescible, inattaquable par les insectes, et qui retarde, par suite, l'altération des parties internes. CeUes-ci ne sont, du reste, nullement imprégnées du

« liquide antiseptique, et elles conservent leurs germes propres de corruption, qui

se développent d'autant plus facilement que la surface injectée est en partie enlevée, soit par les frottements ou les chocs, soit par le clouage. L'altération commence aux points ainsi dénudés et se propage à l'intérieur. Il est certain que les traverses des chemins de fer de Rouen et du Havre, qui ont été préparées par ce procédé, sont arrivées, au bout de peu de temps, à un pitoyable eut.

La créosote brute est beaucoup plus efficace, comme le démontrent les expériences faites par MM. Mackensie et Brassay, ingénieurs anglais, sur le chemin de fer de Lyon à Saint-Étienne. En Angleterre, où Ton a adopté cet agent de conservation, on sèche complètement les pièces de bois et on les plonge immédiatement dans des chaudières contenant des huiles de goudron de bois chauffées à 60* ; la créosote pénètre presque jusqu'au centre des pièces qui, une fois imprégnées, ont pour ainsi dire une durée indéfinie.

Les huiles de goudron de houille, et plus particulièrement l'acide phénique brut, qui est à si bas prix dans le commerce, produisent les mômes effets et sont très-utilisés sous ce rapport.

Dans tous les cas^ le procédé de pénétration par imbibitioh ne donne des résultats satisfaisants qu'autant qu'il est appliqué à du bois sec. En effet, lorsque celui-ci est chargé de sucs végétaux, l'imprégnation est à peu près nulle, vous le comprenez facilement, puisqu'il, n'y a pas de place vide dans laquelle puisse pénétrer le liquide antiseptique.

2* Par pénétration forcée. — Dans ces dernières années, on s'est attaché à faire pénétrer les préservatifs dans les conduits capillaires du bois et jusqu'au centre des pièces les plus épaisses et les plus compactes. Il est évident que le procédé de pénétration est préférable au procédé d'imbibition.

La première idée en appartient à Bréant qui, en 1831, construisit une ingénieuse machine pour injecter des solutions métalliques, des liquides huileux ou résineux dans l'intérieur des bois. Il plaçait, après les avoir équarries, les pièces à préparer dans un cylindre métallique, au sein même de la dissolution à injecter ; il obtenait ensuite dans ce cylindre une pression de 10 atmosphères, en y introduisant de nouvelles quantités de liquide au moyen d'une pompe foulante. La dissolution était alors refoulée dans, l'intérieur de l'arbre par suite de la réduction du volume des gaz.

Bréant eut des résultats encore plus satisfaisants en commençant par faire le vide dans le cylindre; il déterminait ainsi une dilatation des gaz contenus dans les pores du bois ; ces gaz s'échappaient en partie et étaient remplacés dans les canaux séveux par le liquide qu'y refoulait la pression. Dans certains cas, ik chauffait môme le cylindre, de manière à obtenir une plus grande dilatation des gaz.

L'appareil de Bréant se compose essentiellement {fig, 1069) d'un cylindre en fonte A, d'une pompe foulante B, et d'un condensateur C, dans lequel on peut, à volonté, faire arriver soit de la vapeur, soit de l'eau froide par le tube p. On opère de la manière suivante : on enlève l'obturateur, on place la bille de bois dans le cylindre A et on introduit le liquide en quantité telle que l'extrémité supérieure de la bille dépasse un peu son niveau. Le cylindre étant re« fermé, on fait le vide en C par l'introduction successive de vapeur et d'eau froide ; on ouvre le robinet r; l'air passe en partie du cylindre dans le condensateur, et on recommence, s'il est nécessaire, cette opération, jusqu'à ce que la pression dans le cylindre soit inférieure àO*,lô. On maintient cet état pendant quelques minutes, afin de laisser sortir les gaz du bois. On ferme ensuite le robinet r, et ou introduit, au moyen de la pompe foulante, du liquide dans le cylindre jusqu'à ce que la pression soit portée à 10 atmosphères. Cette presr sion est maintenue pendant un temps variable suivant la nature du bois et le liquide employé : c'est, en moyenne, pendant six heures. Après ce temps, on laisse rentrer l'air peu à peu, et on fait écouler le liquide par le robinet o«

Le pin, Ib hMra, le ponplier, le «pin, lont presque complètement ÎDjecLéi pkr cette méthode i il en eit de mCme da l'uibier da chêne; m>is,<l>Q» lecteur de celui-ci, l'injection est t peu près nalle. Des pluicbes de upin imprégnées par Brétni d'un mdUnge de résine et d'huile siccitire ont été employais en 1S86, coDCUTremment arec des pièce» de chSne, k U construction du tablier du

pont Louis- Philippe, à Paris ; elles Turent retrouvées, en 1818. dans le plus pirfait élsE de conservstion, tandis que les madriers en clifine, qui avaient déjà été remplacés une Toli, étaient ï peu près complètement désorganisés.

« L'invention de Bréant, dit H. Gauthier- Vil lars, ■ subi le sort de tant d'au- Irea découvertes qui, après avoir pris naissance en France, ont été porfectionnées et appliquées industriellement en Angleterre (1). ■ En 183S, M. Belliril prit k Londres une patente pour un nouveau procédé d'Imprégnitioa , qui n'est en réalité qu'une modification de celui de Bréant. Le liquide adopté est la créosote brute ; on en emploie environ lOâ kilogr. par mètre cube pour le pin, le sapio, le hêtre, et en génénl pour les bois légers. Le difine iia peut absorber que la moitié h peu près de cette quantité de liquide et, psr suite, il se conserve moins longtemps que le sapin créosote. Quant aui bois destinés aux travaux maritimes, ils doivent renferqier 116 Icil. de créosoto par mètre cube, pour être préservés de Taltsque .des vers et des larets. Le procédé Bethel est devenu d'un usage général en Angleterre; 1( '

bètre.

pin ou sapin, pour

pour être créosote. Linflammabilité des bois a gréable et persistante ne permettent pas qu'on e

e fer, i

B 15 Ir. (

(I ] Notice sur la préparation et la conservaiii d'injection, par Gauthier- Villars, inspecteur di liliSntphiquei, x. U, p. ÏI et ÎS7, I«à0.)

bots au moyen des procédés :s télégraphiques, {liimalrt

26 CIHQDANTE-NBUVIÈUK LEÇON.

La ■aibtisMlon du bois qui doiveat séjourner loDgtempt dans l'air, dans la terre humide ou soua l'eau, donne de bous réauliata par la piétbode de Bréant.

8* Proeédét du docteur Bouehtrit. — En France, c'eat lurtoat le doctear Boacberie qui, k partir de IB3T, a entrepris le* eipériences lea plus curisoae* pour résoudre économiquement l'imporunte question qui nous occupe, et pour modiOer avantageusement l'espèce et la qualité de* bois ouvréii.

Les moyens que H. Boucherie a d'abord essayés reposent sur ce principe que la sére puut entraîner le long des Cubes capillaires des arbres les liquides que l'on met en rapport direct avec elle. La faculté d'sapiration des arbres euxmËmes surat donc pour porter, du pied du tronc jusqu'aux bnnebes, les liquides que l'on veut btroduire dans le tissu ligneux, et la seule condition indispensable, c'est que ces liquides ne soient p*a t un trop haut degrd da concentration.

La manière la plus simple de procéder, c'est de couper par le pied l'arbre en pleine végétation et de le plonger dans une cuve renfermant la liqueur qu'on a l'intention de lui faire absorber) celle-c) monte, en quelques Jours, Jusqu'aux branches les plus élevées; tout le tissu ligneux Oit envahi Ik l'exception du cœnr de l'arbre qui, pour les espèces diveraes ut lea gros troncs, résiste toujours k la pénétration. Il n'est pas nécessaire de conserver toutes les branches et toutes les rouilles de l'arbre; il sufQt, pour déterminer l'ascension du liquide deatiné k remplacer la sève, qu'on laisse un bouquet b son sommet.

Mais il est plus facile encore d'abattre l'arbre, d'en élaguer les branches inutiles et de mettre sa base eu contact avec les liqueurs destinées k l'absorption (/ig. 1070}) celles-ci pénètrent de la même manière dan* toutea lea partie*

Fis. lOTO. — Injcclioudaboitobiltui pir le pioc<d« BoBChci

du végétal. On peut aussi percer à la tariét^ des cavités au pied d'un arbre encore planté daaa le aol; te liquide conservateur s'introduit par ces troua, et son ascension, dans ce cas, est complète et rapide Ifig. 1071).

Mais ce procédé d'injection n'a pu être appliqué dans l'industrie, parce qu'il ne permet pas une pénétration régulière et complète dans le tronc, qu'il nécessite uuu maia-d'rauvre dispendieuse et rend dirscile ta surveillance dea

En IStl, H. Boucherie a imaginé un autre mode fond*) sur le déplacement M l'expulsion de la sève, au mojren de la pression et de la flitration du liquide à injecter. A l'aide de divers pertectionnemeiits, ce second procédé a été rendu

TAriUblementDUOuraclurier Bta donné lien àdeaeifdoitaliantinduslTielles CDUûdinbleii c'eit ce procédé qu'on utiliM pour U prépiration des triyersea de

Fig. IVTi. — Injection àet boli par te nouTfiu |in)ciîd( Bouchcrk.

• piËces de baii, iprès avoir re«ii i chaque etiréoiité un coup de acie pour

28 CinQUANTE-NEUVIËHE LEÇON.

«n TfttMIdiir 1m uirracoB, sont étenduei pantlèlement wm une légère Inclinkitoii {fig. 1011). On tppUquo (ur It lection du gnn bout, qui »enU surfKce de pénétntion, on pliteau en cœur de chêna, après ivotr toutefoia placé sur le pounoar de la aurfice une corde aèche en étoupe de chanvre ; on aeire fortement le plateau contre l'arbre et on l'y maintient k , l'aide da crocheta en fer. 11 y a donc de cette manière, un espace vide de quelquea mlllimètrea qui sert k loger le liquide antiseptique qu'on vent ! mùwlurtân dM l'aiild" "^"^ *" P"^»"*!" •*« 1* section tout entière du coDMmtean iioa. La plateau eat percé, de part en part, d'une

ouverture clrcnlùre dans laqucjle on introduit de Toree l'eitrémité d'un ajutage en bols dur oa robignole (fig. ID73), qui tranamel le liquide qu'il retoit de réservoirs placéa t 8 ou 10 mètrea de hauteur

Ifig. 1014}. Lorsqu'on ouvre les robinets de ces rfurvoirsila pesantear du liquide pousse bientôt devant lui l'eau de végétation et les principes aiotés qu'elle con* tient. Cette eau s'écoule par l'un des bouts du tronc d'arbre et est remplacée par le liquide conservateur. L'opération est terminée quand il ne sort plus du tronc que de Is solution aulbtée, su lieu et place de !■ eéve. Un Jour en deux sufflaent pour des billes courtes de bètre ou de charmei des billei

de 1S à 20 mètres exigent quinie joara; an sapin de 15 mètres demande un mois. '*>

D'après les expériences de M. Boucherie, la substance la plus recommandable pour préserver le bois de la carie, en augmenter la dureté et en prolonger la dui^e, serait le pyrolignite de fer brut» toujours chargé de goudron et de créosote, qui conservent si bien les matières organiques. Mais la pratique n'a pas Justifié ce choix. Il a été reconnu, en effet, qu'à la longue, l'oxyde de fer du pyrolignite altère les fibres ligneuses, de même que le clouage altère les bois et que l'encre attaque le linge. De plus, des essais faits à Toulon et à Lorient, sur des bois destinés à la marine, ont prouvé qu'il n'éloigne ni les vers ni les tarets.

En définitive, c'est le sulfate de cuivre qui a été reconnu le sel le plus avanugeux, et c'est à peu près la seule substance conservatrice qu'on emploie maintenant en France, surtout pour les traverses des chemins de fer et les poteaux télégraphiques. 11 se fixe si bien sur la cellulose et les diverses matières adhérentes au tissu ligneux, qu'il résiste aux lavages. L'expérience a démontré que la dissolution la plus convenable doit contenir 1 kiiogr. de sulfate de cuivre par 100 kil. d'eau ; elle marque 1* à l'aréomètre de Baume. Il suffit, pour préserver les bois de toute altération, d'y introduire 5^",5 de ce sel par mètre cube. Le prix de revient de la préparation peut être évalué en moyenne, par mètre cube, de 14 à 15 fr.

Les bois les plus légers ne sont pas ceux qui se laissent pénétrer le plus facilement, ainsi qu'on serait disposé à le croire. Le peuplier résiste beaucoup plus que le hêtre, le charme et le saule bien plus que le poirier, l'érable et le platane.

Au moyen des ingénieux procédés dont je viens. Messieurs, de vous donner une idée suffisante, on est parvenu à métamorphoser les bois tendres et les plus communs en matériaux pour ainsi dire indestructibles. Lorsqu'on apprend que l'importation des bois de toutes sortes s'élève chez nous au chiffre annuel de 28 millions de francs, et que, pour le seul entretien des voies de fer établies, il faut 20 millions de traverses en chêne, <)ui devront être renouvelées en totalité tous les dix ans, ce qui entraîne une dépense décennale do 130 millions de francs, on comprend combien le traitement des bois tendres ou blancs par la méthode scientifique du docteur Boucherie a d'avenir et doit rendre de services à notre économie forestière.

4* Nouveau procédé cTinjection. — Plus récemment, MM. Legé et Fleury- Pironnet, entrepreneurs au Mans, ont fait construire, en se foi\dant sur les mêmes principes que Bréant, un appareil qui diffère peu, dans ses dispositions principales, de celui de M. Bethel, et qui permet de préparer non-seulement les bois verts et en grume, comme dans le procédé de M. Boucherie, mais toutes les autres sortes de bois débitées à quelque époque de l'année que ce soit et quel que soit le terme écoulé entre leur abatage et lour mise en préparation. C'est encore le sulfate de cuivre qui sert d'agent conservateur.

Comme ce nouveau mode d'opérer est en activité au Mans, à Amiens, à Bordeaux et dans plusieurs autres chantiers de chemins de fer,, je dois vous en donner une idée suffisante. La figure 1075 représente l'appareil de MM. Legé et Fleury-Pironnet.

AA, cylindre en cuivre de 12 mètres de long et de 1*,G0 de diamètre, destiné à renfermer les bois ; il est terminé, à ses deux extrémités, par des fonds bombés dont l'antérieur seul est mobile autour d'une charnière, mais peut être fermé hermétiquement quand le cylindre a reçu sa charge. — B, chariot pour apporter les bois, placé sur un truc et pouvant ainsi être amené en face de l'ouverture du cylindre, sur les rails intérieurs duquel on le fait rouler. — C, locomobile de la force de 10 à 12 chevaux, servant de générateur pour la vapeur qu'on doit faire pénétrer dans le cylindre par le tube A, et servant aussi à mettre on mouvement les pompes à air et à injection. — D,D, cuves en bois contenant une dis-

ClNQUAMTB-NBUVIfeMlî LEÇON.

solation de sulfate de cai*ra >a titre de l.Spour 100. Cnierpeatin plac£d*nices Cavea reçoit le courant de vapeur qui, après avoir traversé le cylindre, sert fc élever li température de 1» dissolution. — Le tube m est doatiné fc l'introduction dana le récipient du liquide poussa par la pression atmosphérique et k sa aortie à la fln deropéntion. — E, appareil comprenant : 1° une pompe h airt

fonte ; 3° une pompe aspirante et foulante, à double

!° un condenseur (

Voici eommiîiit on fait fonKtIonnpr cet appareil. Ou'nd '8 cylindre eat chargé de bois et le couvercle herméliqucment fermé, on ouvre le robinet », et on lùt p««er,pendsnt un certain temps, qui varie de vingt-cinq minutes à trois heures, un courant de vapeur par le tube h pour écbaulTer les bois et chasser les gaz et l'air de l'appareil. En sortant du cylindre, avec ces doi-niers, par le tube d qui communique avec la panic supi^rieure du condenseur, la vapeur entre dans le aerpeniin des cuves D, D, et échanlTe la dissolution de sulfate de cuivre. Après avoir fermé -les robinets d'entrée et de sortie de la vapeur, or onvre au condenseur et la pompe à air est mise en mouvement. Après dii ou qulnie minutes de vida, la dissolution chaude de sulfate do cuivre est introduite dans le cflinA« parla tube m etpeusséeparta pression atmosphérique. Quand le cylindre est k peu près plein, on ferme au condenseur. La pompe foulante complète le plein, ou moyen d'un tube qui plonge dans lea cuves, et continue h travalllsr pendant un certain temps, de manière k maintenir dans le cylindre une pression moyenne de 10 atmosphères environ. L'opération est alors terminée; on ouvre le robinel'do vidange m, on fait écouler le liquide daua les cuves après avoir ouvert le robinet k air v, et on en retire les bots qu'on laisse sécher k l'air uu BOUS des hangars. La durée totale des opérations n'atteignant pas trois henrea, on peut faire au moins liuit séries d'injections par vingt-quatre heures, et comme on charge dans le cylindre, soit ?00 traverses, soit Va poteaux télégraphiques de g mètres, on peut préparer avec cet appareil, par Jour, 1600 traverses ou BDO poteaux. Le temps nécessaire k la préparation du chénv est beaucoup plut considérable.

L'imprégnation obtenue par ce procédé est vraiment remarquable ponr le bétre, le pin, le peuplier, le charme, etc.; il n'y a. pour aind dire, aucune partie qui échappe k l'opération ; les nœuds eux-mêmes prennent une certaine quantité de sulfate. Le puida du sel &xé par mètre cnbe est compria entre 6 et

7ktt.go. Bans le diône, toutefois, Tsabier seul est préparé. Le prix de revient l>ar mètre cube est de 9 fr. environ^ soit 60 p. 100 de moins que dans le procédé Boucherie.

&• Injection des bois par le refroiâUsemtnt, — M. Hossard, chirurgien d'Angers, a fait connaître, en 1865, un procédé d'injection d'une grande simplicité. 11 consiste à chauffer fortement les bois à la vapeur ou à l'eau bouillante pour les débarrasser de l'air, des sucs et résines qu'ils renferment dans leurs pores, et à les plonger immédiatement dans la solution froide préservatrice. Celle-ci pénètre alors rapidement dans les pores dilatés des bois, qui s'en imprègnent à la manière d'une éponge; aussi ne tardent-ils pas à tomber au fond du liquide.

Deux heures de chauffage suffisent pour les madriers Iqs plus gros, et cinq à quinze minutes pour les espaliers, échaliers, palissades, planches de menuiserie, voliges, chevrons de bois blanc et surtout de sapin.

6* Conservatton par la carbonisation. — Vous devez vous rappeler, Messieurs, que dans la treizième leçon de ce cours, je vous ai dit qu'en se fondant sur rindestructibilité du charbon, les anciens avaient imaginé de cbarbonner la surface des pièces de bois qui devaient séjourner dans la terre humide ou dans l'eau. Cette idée s'est transmise d'&ge en âge et aujourd'hui encore elle est mise en pratique pour les pilotis, les échalas, les tuteurs, les clôtures et barrières, etc.

L'efficacité de ce moyen conservateur se comprend aisément. La chaleur, en carbonisant les parties externes du bois^ les privent de leur eau d'interposition et de toutes les substances organiques susceptibles de fermentation ; de plus, elle durcit les couches sous-jacentes tout en les imprégnant d'huiles empyreamatiques ou créosotées, ce qui en assure la durée. 11 est certain qu'on ne voit jamais apparaître de moisissures ou de champignons sur les bois ainsi traités.

En 1862, M. de Lapparent, directeur des constructions navales de l'Etat, li fait connaître l'heureuse idée qu'il a eue d'appliquer le même moyen à la conservation des coques de navires ; presque immédiatement, dans les arsenaux maritimes, on s'est mis à charbonner les navires en chantier, au fur et à mesure que les différentes parties de la coque sont mises en place. Cette carbonisation superficielle s'effectue en quelques minutes à l'aide de dards de flamme intense, provenant d'un mélange en proportions calculées de gaz d'éclairage et d'air comprimé, dards qu'on dirige à la main avec autant de facilité que la lance d'eau d'une pompe à inccnilie.

M. de Lapparent fils a rendu ce procédé applicable à l'industrie privée, en substituant au gaz d'éclairage, qu^on ne peut pas se procurer partout, une lampe alimentée par l'huile lourde de goudron, par le pétrole ou par un mélange de ces deux liquides à parties égales. Une mèche cylindrique d'un assez fort diamètre est placée horizontalement sur le côté du réservoir, et c'est au centre de la flamme qu'arrive le chalumeau à air qui communique par un tuyau en caoutchouc avec une soufflerie à pédale. Une cheminée métallique, percée de trous à sa base^ complète l'appareil, qui donne une flamme aussi intense que celle du jet de gaz. En moins d'une heure on carbonise, avec une faible dépense d'huile, 3 mètres carrés environ de bois de chône, et jusqu'à 8 mètres carrés de peuplier ou de sapin .

Cette Umpe-chalumeau a obtenu des médailles dans les concours régionaux, et l'administration des chemins de fer l'a adoptée pour la conservation de ses constructions et de son matériel roulant. Toutes les industries qui font un grand usage des bois d'œuvre, aussi bien que l'économie rurale, en font également leur profit.

Coloration des boU par Injection. — Lorsque les liquides conservateurs dont il a été question Jusqu'ici sont naturellement colorés, ou

lorsqu'ils peuvent produire des colorations en agissant sur les principes propres au bois, ils lui donnent, tout en le rendant inaltérable, des qualités dont les arts de luxe peuvent profiter. C'est ainsi, en effet, que le platane, injecté avec du pyrolignite de fer, prend des teintes trèsrecherchées dans rébénisterie. — En faisant succéder à ce sel, déjà introduit dans un bois, une dissolution de matière tannante, on produit de l'encre dans la masse du llssu, et on le teint de la sorte en bleu noir ou en bleu gris. — Lorsqu'on veut colorer en bleu de Prusse, on injecte d'abord un sel de fer, et ensuite une solution de prussiate jaune dépotasse.

MM. Renard-Perrin, en variant les expériences de M. Boucherie, sont parvenus à appliquer aux bois l'alunage et les procédés de teinture réservés jusqu'ici aux étoffes. Ainsi, ils les teignent en noir jusqu'au centre par l'action successive de la noix de galle et delà couperose; en diverses nuances de rouge et de violet, au moyen du rocou, de la garance, du campôche, du Brésil, de l'orseille ; en bleu, avec le tournesol, l'indigo, ou avec le campôche associé au nitrate de cuivre ; en vert, avec Tacétate de cuivre. Il y a plus : ils peuvent effectuer des décolorations partielles de manière à imiter les effets des bois naturellement veinés. Il suffit de faire pénétrer successivement dans le tissu du charme, par exemple, d'abord une solution de soude à un quart de degré, puis de l'eau, puis une solution de chlorure de chaux, et enfin de l'eau aiguisée d'acide chlorhydrique. Le bois, ainsi blanchi intérieurement, sert aux imitations de l'ivoire, dans les incrustations d'ébénisterie.

Ces ingénieux procédés donnent aux bois les plus communs de nos forOts des teintes variées qui permettent de les employer, en place des bois exotiques, à la confection des meubles précieux. Et notez bien que les bois ainsi injectés de substances minérales sont devenus moins faciles à enflammer, et, dans tous les cas, impuissants à propager le feu.

Vous voyez. Messieurs, par ce qui précède, que la conservation et la coloration des bois constituent une industrie des plus curieuses et des plus importantes, tant pour les objets d'un emploi général que pour les articles de luxe. Cette industrie est réellement scientifique et vous démontre, une fois de plus, tout le parti qu'on peut retirer des données théoriques bien comprises.

Moyens de donner ans bols nne apparence de Télnsié*-» Je ne quitterai pas ce sujet sans vous apprendre le moyen bien simple que M. Melsens a découvert pour imprimer un cachet de vétusté aux meubles et aux sculptures en bois récemment confectionnés. 11 ne s'agit que de les soumettre au contact des vapeurs ammoniacales humides, qui ont pour effet de réagir sur eux en fonçant la couleur de leurs surfaces.

Ainsi, un objet en chêne neuf acquiert par une courte exposition à

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ces Tapeurs, l'aspect qu'il aurait en restant pendant longtemps à Tair. Entrez dans la plupart de nos fermes, et vous y verrez des bahuts, des armoires en chêne d'une teinte si foncée qu'elle en parait noire; vous comprenez maintenant que cela est dû au voisinage des étables et à la mauvaise disposition des bâtiments, qui entretiennent, dans l'atmosphère des pièces d'habitation, des vapeurs ammoniacales.

Le permanganate de potasse en solution concentrée agit encore plus rapidement. On l'étend avec un pinceau sur le bois jusqu'à ce que celui-ci ait acquis la nuance plus ou moins foncée que l'on désire. Cinq minutes suffisent avec les bois blancs, avec le poirier, le cerisier, le noyer, etc. ; les bois résineux demandent plus de temps, à cause de leur résine. On lave ensuite à grande eau les objets teints ; on les laisse sécher, puis on les huile et on les polit.

Vous comprenez, très-bien que, dans ce cas, la matière colorante est le biozyde de manganèse qui provient delà désoxygé nation partielle du caméléon rouge par le bois.

SOIXANTIEME LEÇON

DES ORGANES EMPLOYÉS DANS L'INDUSTKIE (suite).

SoMMAiBE. — Distillation du bois. — Fabrication de Vndde pyroligiivux, — Gaz d'éclairage extrait du bois. — Produits nombreux contt.Mius dans l'acido pyroligneux brut. — Purification de cet acide. — Acide acétiquk pur. — Acétone, acétates, anhydride acétique. — Cncodtj^e et sf.'s CDniposés. — Radicaux composés métalli(|ues. — Acétato de cuivre. — Vat-d'i-gri,^. — Accidents qull occasionne. — Préparations aUmeniairos <iui en renferment. — Des acétates de plomb. — Extrait de Goulard, — Pyrolignito do plomb. — Acétate d'alumine. — Préparation du mordant de ruuye des indienneurs. — Acétate et pyrolignite de fer. — Du vinaigre de vin et de su fabrication. — Des vinaigres (falcooL — Caractères disiinctifs des vinaigres. — Leur essai et leui-s falsifications.

DUUllatlon sèche du bois. — Il ne me reste plus, pour terminer l'étude des propriétés spéciales du bois, qu'à vous faire connaître les nombreux produits qui dérivent de sa décomposition quand on le soumet à l'action de la chaleur en vases plus ou moins clos.

Deux arts chimiques reposent sur cette destruction du bois hors du contact de l'air : la fabrication du charbon et celle de l'acide pyroligneux ou vinaigre de bois. J'ai suffisamment parlé de la première industrie pour ne pas avoir besoin d'y revenir. Occupons-nous donc seulement de la seconde.

GlRARDlM. — 1Y« 8

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