DE I.* ACIDE ACÉTIQUE
Le nom de cet acide dérive du mot latin, Acetumy par lequel les Romains désignaient le vinaigre. C'est, en effet, à lui qu'il faut rapporter toutes les propriétés de ce dernier. Les alchimistes le connurent à l'état d'une grande concentration sous le* nom àe vinaigre radical ou glacial.
Dans son état de pureté, il est solide au-dessous de -\- i 6^, en lames blanches très-brillantes ; mais à -f- iô<^, il est liquide, incolore, limpide> d'une densité de 1,063, ce qui correspond à H* au pèse-acide de Baume. Son odeur est vive et pénétrante (1), sa saveur si fortement acide qu'il brûle la peau et pique la langue à la manière des acides minéraux. Il rougit fortement le tournesol. Il entre en ébullition. k-\- 120® et distille sans altération. Quand il bout dans un vase ouvert et qu'on en approche un corps en combustion, il brûle avec une flaùime bleue, en se convertissant en eau et en acide carbonique.
Dans cet état, cet acide est composé de :
Acide acétique anhydre 85,11
Eau J4,89
Quant à l'acide anhydre, tel qu'il existe dans les acétates desséchés, il se compose de :
Carbone 47,05
Hydrogène „ 5,90
Oxygène 47,05
On le représente, dans cet état, par la formule C*H'0', et on lui donne le nom d'Anhydride acétique que lui a imposé Gerhardt.
L'acide liquide, au maximum de concentration, est représenté par C*H*0*, ou plus rationnellement par C*fl»œ,HO. C'est donc un monohydrate comparable à l'acide sulfurique à 66^.
Quand on le fait passer en vapeurs dans un tube de porcelaine rempli de charbon calciné et porté au rouge sombre, il se trouve converti en eau, en acide carbonique, et en un liquide volatil, neutre, nommé acétone ou esprit pyroanéiique^ C'H'O*, dont une partie fournit, par une décomposition ultérieure, des gaz inflammables et du charbon. Cette transformation de l'acide est facile à comprendre. Qu'on retran-
(1) On l'emploie communément, à cause de cela, pour rappeler à la vie les personnes qui tombent en syncope, en leur mettant sous le nez un petit flacon rempli de sel de vinaigre. Ce prétendu sel est tout simplement du sulfate de potasse en petits cristaux arrosés d'acide acétique très- concentré.
che de 2 équivalenU d'acide acétique monohydralé 2 ëquîvalenli d'acide carbonique et 2 ëquivalenls d'eau, on obtient la formule de l'acélone; en effet :
l(C'H>0',HO) — îCO» — !H0 = C'H'O»
C'est surtout dans la 'dlsIiïIalioD des acélates alcalins secs que l'acétone se produit en très-grande quantité. Dans ce cas, la réaction est exprimée par l'équation suivante :
Si l'on fait passer des vapeurs d'acide acétique sur de la mousse de ■platine chauffée au rouge IJig. 1077), l'acide se dédouble alors nelle-
Fïj. ton. — IMeoinpolilit
ment en donnant des volumes égaux d'acide carbonique et de gai des marais :