C'H'O'.HO = 3C0» + CM
La même transformation se produit en le distillant sur uA excès de base alcaline, de la baryte, par exemple ; mais, dans ce cas, l'acide carbonique se fixe sur la baryte, ell'bfdrogëne carboné se dégage tout i fut pur :
C*HK}*,E10 + SBaO = 3(BaO,CO<)
DE l'acide acétique. 43
AbandoDDé à Tair, l'acide acétique en absorbe peu à peu Tbiumidité et s'affaiblit. 11 se mêle à l'eau et à Talcool en toutes proportions. De son côté, il dissout un grand nombre de substances organiques, entre autres les builes essentielles, le campbre, les résines, le gluten, la caséine, l'albumine.
Chauffé avec l'alcool, il s'y combine et donne lieu à un éther d'une odeur très-agréable, très-combustible, brûlant a?ec une flamme jaunâtre, et qui dissout si bien tous les corps gras, qu'on devrait l'employer pour détacher les draps et autres étoffes. Il parait que c'est à un peu û'éther acétique que les eaux-de-vie et les vinaigres de vin doivent leur arôme spécial.
Cet éther (C*H»O,C*H»0»), découvert en 1759 par le comte de Lauraguais, s'obtient dans les laboratoires en distillant jusqu'à siccité un mélange de 5 parties d'acétate de soude sec, 6 parties d'alcool à 86® et 4 parties d'acide sulfurique concentré. On agite le produit de la distillation avec une solution de chlorure de calcium additionnée de lait de chaux, on décante i'éther qui surnage, on le déshydrate sur le chlorure de calcium en morceaux et on le rectifie au bain-marie. Il bout à 74^ Sa densité est 0,86.
Le chlore est sans action sur l'acide acétique à froid et dans l'obscurité ; mais en exposant le mélange de ces deux corps aux rayons solaires, l'hydrogène de l'acide est enlevé sous forme d'acide chlorhydrique et remplacé exactement par son équivalent de chlore; l'eau d'hydratation de l'acide reste dans la nouvelle combinaison, qui est un acide très-fort, cristallisable, peu odorant, que M. Dumas, qui l'a découvert en 1844, a nommé Acide chloracéiique. Cette curieuse réaction est représentée par l'équation suivante :
Acide acétique. Ac. chloracétique.
C*HH)»,HO -f. Oa = C*CPO»,HO + 3HC1
L'acide acétique est très-énergique ; il décompose les carbonates et il sature très-bien les bases. 11 est monobasique. Ses sels sont neutres ou basiques. On ne connaît que deux acétates avec excès d'acide; ce sont ceux d'ammoniaque et de potasse.
Acétates. — Les acétates sont presque tous solubles. tls répandent immédiatement, par quelques gouttes d'acide sulflirique, l'odeur agréable et piquante de l'acide acétique, et quand on les chauffe avec le môme acide et un peu d'alcool, ils émettent l'odeur bien reconnaissable de I'éther acétique. — Ils donnent avec le perchlorure de fer une coloration rouge foncée, et si l'on fait bouillir le mélange, il se dépose de l'hydrate de peroxyde de fer.
Les acétates de potasse et de soude, étant desséchés et fondus, puis mis en contact avec l'oxychlorure de phosphore, fournissent un liquide incolorci très-mobile, d'une odeur acétique très- forte, bouillant
à-f- 1370,5, n'ayant aucune propriété acide, mais régénérant subitement de l'acide acétique monohydraié dès qu'on le soumet 4 l'action de l'eau. Ce liquide, dont la composition est représentée par C^H'G*^ correspond donc à Vacide acétique anhydre tel qu'il existe dans les acétates ; c'est Vanhydride acétique de Gerhardt, qui l'a obtenu en 1852.
Les mêmes acétates alcalins, étant fondus et mélangés avec les azotates de potasse et de soude, constituent des poudres explosives à la température de dSO^', ainsi que M. H. Violette, de Lille, l'a découvert en 1871; elles sont comparables à la poudre noire ordinaire pour la violence et l'instantanéilé de l'explosion. Le mélange le plus explosif est celui qui consiste en 60 parties d'acétate de soude pour 100 parties de salpêtre. L'acétate de potasse et l'azotate de soude donnent les mêmes résultats, -r- Ces nouvelles poudres blanches ne détonent pas par le cboc ; réduites en grains fins et mises en gargousses^ elles s'enflamment en fusant violemment avec bruit et vive lumière lorsqu'on met le feu à l'étoupille placée au centre. Elles pourront donc servir dans les artifices, dans les projectiles creux incendiaires, pour le sautage des mines, dans les cas où une déflagi^ation lente a des avantages.
Les acétates alcalins présentent aussi avec l'acide arsénieux, sous l'influence de la chaleur, des phénomènes très-curieux dont il est essentiel de vous donner au moins une idée.
Quand on distille au-dessous de la chaleur rouge, dans une cornue en verre {fig. 4078), un mélange à parties égales d'acétate de potasse et d'acide arsénieux, il se dégage de l'hydrogène carboné, de l'hydrogène arséniqué, de l'acide carbonique, de l'eau, de l'acétone, et une liqueur huileuse mélangée d'arsenic métallique. Cette huile, qui, puri^ fiée par la distillation sur du chlorure de calcium, est incolore, répand d'épaisses fumées à l'air, exhale une odeur horriblement fétide; elle porte, dans les laboratoires, le nom de Liqueur fumante de Cadet j du nom du chimiste qui l'a obtenue pour la première fois.
Ce composé possède les caractères d'une base salifiable, et peut être rapproché par ses propriétés de la classe des oxydes indifférents de la chimie minérale. 11 est neutre aux papiers colorés, mais il se combine aux acides en donnant des composés solubles dans l'eau.
Il est représenté par la formule CWAsO.
La molécule C^H'Af constitue, ainsi que l'a vu M. Bunsen, un radical composé très -stable qui se comporte dans toutes les réactions chimiques comnie les métaux, et notamment comme le potassium. En éCTet, il est très-avide d'oxygène, il se combine au chlore, au brome, au •oufre en rapports simples et forme des chlorures, bromures, sulfures, etc., définis.
M. Bunsen nonmie ce radical cacodyle, de deux mots grecs qui veulent dire mauvaise odeur ; il désigne la liqueur fumante de Cadet sous le nom d*oxyde de cacodyle, et la représente alors par la formule rationnelle : (C*H«As)0.
DU CACODÏLE. 45
Le cacodyle a élâ isolé sous la toime d'un liquide lucoiore, Iraiisparent, visqueu\, d'odeur Télide. 11 rOpnod à l'air des Tumées ëpuisBes et S0]i]dG, il est Irés-infkmmuble, mCide spoiilUDémeut ; il bout
à + no», el ù — fi" il devient solide el criatallise en prismes à base carrée.
La foiiDalion de l'oxyde de cacodyle par la diftillaliun d'un acO'ule avec l'acide arsénieux s'explique au moyeo de l'équation suivaule :