‹ Lecons de chimie élémentaire (volume 3)Chapitre 29 sur 114 · DU CHANVRE · texte numérisé non relu

DU CHANVRE

Tre que possédait la reine Catherine de Médicis. Tout le linge de corps employé jusque-là était de lin ou de coton.

Le chanvre fait la richesse de contrées entières. La Lombardie, le Bolonais et la Romagneen Itab'e; la Lithuanîe, Tf Ukraine, la Courlandc, la Finlande et la IJvonie, en Russie; le grand-duché de Bade, le Palatinaty la Prusse, la Hongrie, la Carinthie, la Styrie, la Gallicie, la Moravie, en Allemagne; l'Amérique du Nord, en font d'importantes cultures. En France, les départements qui eh produisent le plus sont ceux delà Sarthe, de Maine-et-Loire, de l'Isùrc, du Puy-de-Dôme, du Haut et du Bas-Rhin, de la Meurthc, delà Moselle, de la Haute-Marne, dé la Somme, de l'Aisne, du Finistère, d'illc-etVilaine (i)«

(1) En Afrique, en Turquie, chez les Arabes, en Perse, en Birmanie, en Malaisie, en Chine, et même dans la majeure partie du continent indien, on obtient du Cannabis indica une résine qui sert de base au haschisch, préparation eni- Trante dont l'action est caractérisée par un état d'extase tout particulier, pendant lequel paraissent des hallucinations bizarres, burlesques, se succédant avec une rapidité inouie, mais dont on conserve le souvenir. On broie les fleurs^ les feuilles, les pousses, l'extrémité des tiges, on les fait infuser, puis on exprime à tnvers un linge fin ; l'opération se renouvelle à plusieurs reprises, et cliaque fois un peu plus de résine adhère au tissu. Mais dans Ui Népaul et autres contrées adjacentes, le chanvre est si riche en principes résineux, que la matière exsude naturellement des aissellos et des sommités^ sous forme de globules. On recueille de temps en temps ces larmes en promenant sur les plantes des lanières flexibles; on pétrit ce suc en petites boules appch^es chourrout, tchenns, moméah par les indigènes; on l'expédie à Calcutta, d'où il se répand dans toute l'Asie, sous le nom générique de résine de ga?ija.

Dans rinde, tout le monde use plus ou moins de cette résine. On la prend tantôt en pastilles ou en pilules, tantôt en éloctuairc, en potion ou en opiat ; on la mêle aux confitures, aux pâtisserios, aux bonbons, aux sorbets, aux boissons rafraîchissantes ou autres breuvages; on l'utilise en guise de condiment oa d'épice, comme chez nous le poivre ou la muscade ; on l'ajou.e aussi au goudaukf préparation qu'on fume àl'aide d'un appareil appelé houkka. Les plus dangereuses de toutes ces préparations où figure la résine du ganja, sont : lemalach, sorte de pâte pétrie avec du beurre et du miel, puis le bang, liqueur femientée, extrêmement enivrante.

En Birmanie, l'usage de la résine de ganja est abandonné aux étrangers qui fréquentent les ports de l'Arakan et du Pégu ; il est prohibé dans l'intérieur du pays.

Les Malais font une grande consommation de malach, de bang et autres préparations du chanvre, aussi tombent-ils fréquemment dans des accès de furie qu'ils nomment eux-mêmes ranka- môok, folie du rêve.

Les Chinois fumaient autrefois le chanvre; mais depuis qu'ils ont adopté l'opium, ils se contentent de mêler h quelques-unes de leurs boissons l'extrait liquide du ganja, ou chu-tsao.

Le haschisch algérien s'appelle mhadjound ; les sommités du chanvre que l'on fume se nomment kief, (Thomas Anquetil. — Paris Magazine^ du 13 jan- Tier 1867.)

Un décret de la Cour suprême de Constantinople, sanctionné par le sultan, défend la vente du haschisch dont les Turcs faisaient un très-grand usage, il faut l'ordonnance d'un médecin pour en obtenir une quantité très-minime.

On donne ce nom à une matière fllamenteuBe, flne et wjeuse, qui entoure les semences de plusieurs espèces de pUntes et d'arbustes de U famille des Uauves (I ).

Les cotonniers sont originaires des contrées les plus chaudes des Indes orientales, et aussi, à ce qu'on croil, du Brésil et des Antilles. On en a peu à peu ëlendu la culture vei-s le nord, jusqu'à la latitude i laquelle ils ont entièrement refusé de produire. On n'en compte pas moins de vingt espèces; mais il en est deux surtout qui sont cultivées de préférence :

Le cotonnier herbacé, qui croll en Egypte, en Perse, dans l'Asie Mineure, aux Étals-Unis et dans plusieurs contrées de l'Europe mé- ridionale,qui est tantôt une plante annuelle de BO à 55 centimètres d'élévation, lantOt un arbuste de l^i^Oà 2 mètres; c'est cette espèce qu'on préfère dans toutes les régions voisines de la Méditerranée et aux Êlats-CiÙB; c'est elle qui a servi principalement aux tentatives d'acclimatation du coton dans f.B, 1105. — coionnitt cmibrc. le midi de la France, dans les

Ëtals napolitains et en Espagne; Et le cotonnier arl/orescent (/ig. \ Hi'j), arbrisseau de 5 â 0 mèJrcs, répandu en Egypte, en Arabie, dans les Iles de l'océan Indien, d'où il a été transporté aux Canaries et dans l'Amérique du Nord. Le coton qu'il fournit est de moins bonne qualité que celui du précédenl.

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HlatorlqDF. — L'an de mer et oe tisser le duvel de ces ve ' monter aiset loin, puisque déjli du temps d'Hérodote, versl'i»

( I) 1.0 mol colon dérive dit l'arabe. Il partit que, do tomps immémorial, cetta substance a été désignée dans cetio langue sous le nom de colon ou godon. Les Maures, qui cultivaient la plante en tispagiie, y ont apporté aussi ce nom qui, précédé do l'article al. s formé algodon, qui est te nom espagnol du coton. Ce mot, légèrement modiflé, a été ensuite adopté par Cous les peuples de l'Europe. — Le nom grec buasos, que nous rendons par byBaua, et qui a été appliqué su coton par certains auteurs, parait venir évidemment de l'hébreu ou du clialdéen bni; et M. Fée pense que celui de gossypiitm, adopté en botanique, et qu'on trouve dans les auteurs latins, était le nom barbare du cotonnier (Penot, l" Mé-notre pour servir à l'Iiùloire du colon. — Société da Hultiouse t. XIV, p. 99.)

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