DU COTON
chrétienne, tout les Indiens portaient des étoffes de coton d'une trè^ grande finesse. Le byssus on iin orientai dont il est fait mention dans l'Écriture sainte, n'est autre chose qoe le coton, dont le nom indien est tn^ta. Ce sont les Arabes qui, dans les premiers siècles de notre ère, allaient chercher les étoffes de coton dans l'Inde et les apportaient à Adulis, sur la côte ouest de la mer Ronge, d'ob elles se répandaient en Europe ; les Grecs les appelaient gffngitiki, nom qui indique bien qu'elles étaient fabriquées sur Ips bords du Gang:e (l).
Dès le dixième siùcle, les Arabrs avaient naturalisé le coton on Espagne, et an qnatorxième les cotonnades de Grenade surpassaient en réputation celles de rOrient. C'est également à cette époque que s'établirent à Venise et à Milan h?s premières manufactures de ce genre. C*est seulement dans le seixièmc siècle que la môme industrie apparut en Angleterre et dans les Flandres, et il fallut un siècle entier pour qu'elle y prit tout son essor. Elle n'eut un peu d'importance en France que vers 1787, mais ce ne fut que sous le premier Empire, grâce aux efforts de Richard Lenoir. qu'elle put s'acclimater chez nous. C'est surtout en Alsace, en Normandie et dans nos départements du Nord qu'elle a reçu les plus grands déTOloppements et fait le plus do progrès.
Dans le nouveau monde, la culture et l'exploitation du coton sont fort ancienneSy puisque, lors de sa découverte, la fabrication des tissus de co genro était déjà parvenue sur ce continent à un haut degré de perfection, et qu'au Mexique le coton servait comme matière à papier et comme monnaie courante. Ce ne fut cependant que vers la fin du dix-huitièmo siècle quo cotte matière textile entra dans le commerce comme objet d'échani^o important, et que la culture de la plante prit une grande extension en Amérique.
Quelques chiffres vont vous démontrer, Mesf^iours, avec quelle incroyahki rapidité elle a marché,. En 1747, sept balles de coton seulement furent expédiées de Charlestown en Europe; et, lorsqu'en 1784, le m>>mc port envoya on Angloterre 71 balles nouvelles, environ 8 à 9000 kil., la cargaison fut saisie comme contrebande, sous prétexte qu'il était tout à fait impossible que l'Amérique eût produit une .ti grande masse de coton !
En 1791, le total des exportations était d'environ 8G00 ) kilogr. ; soixantn-ileux ans après, en 1853, il montait à 587 millions de kilogr., évalués à (iOO millions de francs!
M. Paul Madinier fixait ainsi qu'il suit, il y a quelques année<«, la production annuelle en coton du monde entier; ces chiiïrcs sont loin d'être absolus, noais ils sont comparables :
, Millions de kilogr.
États-Unis 000
Brésil :i5
Amérique du Sud et Anliiles 30
Hindoustan 450
Chine, Indo-Chine, Malaisie 800
Perse, Turkestan, Arabie, Asie Mineure. 50
Egypte .30
Le reste de l'Afrique 50
Europe méridionale 18
(1) Les dénominations que portent encore plusieurs do nos tissus témoignent assez de leur origine asiatique. Ainsi, la mousseline doit son nom à la ville do Mossoul; la percale^ le sien à un mot de la languo tamoulc, qui signilio toih superfine; le calicot^\e sien à la ville de Calicut, chef-lieu du Malabar, renommée pour ses fabriques de toiles. Les mouchoirs désignés en Europe sous le nom de madras, rappellent la ville de l'Hindoustan qui les a inventés. 11 en est de même du madapoinnt, sorte de percale, plus forte que le calicot, servant à (aire des chemises, des pantalons, des objets de literie .
86 SOIXANTB-L'NIÈME LEÇON.
On a évalué k plu» île 4 millUrdi de Trancs, U production de l'industrie du colon d»nB le monde entier.
De toutes les matières teitilet, c'est celle qui se prSts lo mieui k tous les besoins et qu'il est le plus facilu de traTiiller. Pour vous donner une idée du prodigieui abaissement de prix qu'ont subi lus colons filiis, par suite des procidia parrectionnés de fabrication. Je vous dirai que 1 kilogr. de Hl do colon qui, du vivant de Crampton, en 1776, valait 57 francs, ne se vendait que b francs en 18601
^renag* du rolon. — Le Coton entoure les gi'aincs qui sont contenues dans des capsules saches et ligneuses, à quatre logea. On en fait la l'écolte quelques jours après l'ouverture des capsules, ordinal' renient en août, seplembre et octobre, suivant les pays. On enlève à la lois le duvet et les graines, en laissant la capsule sur la plante, et on les fait sêclier au soleil pour rendre plus facile l'opération qui a pour but de séparer ces deux nTatitres. Ce travail se fuit, depuis longtemps, avec des moulins i cylindres de diverses formes, nomiDés RoUer-gin, Mat-Carthj/-gin, Sata-gin, qui saisissent le duvet, et l'entraînent, en laissant les graines du eô té opposé.
Ld Saw gin ou mouHii-scianl, imaginé, en 1793, par l'AmËcicain
Ed. Wbilney, mais singulièrement amélioré depuis, se compose cssenliellemenl d'un cjlindre en bois a (fig. 1 106) Bami de petites lames de