‹ Lecons de chimie élémentaire (volume 3)Chapitre 33 sur 114 · CLASSE. — MATIÈRES TEXTILES ANIMALES · texte numérisé non relu

CLASSE. — MATIÈRES TEXTILES ANIMALES

De Itk l<alue.

La Laine est la matière illamenteuse qui couvre la peau des moutons et de certains autres animaux, tels que la vigogne, les chèvres du Tbibet et de Cachemire, le castor, le lama, l'autruche, etc.

Son emploi pour la confection des vi^tements remonte à l'antiquité la plus reculée, car c'est elle qui remplaça les feuilles, les écorces d'arbre, les joncs grossièrement tressés, les peaux de bOtes fauves dont l'homme primitif se couvrit d'abord pour se préserver des atteintes du froid et du chaud.

C'est avec les diverses espèces de poils des animaux dont je viens de parler, poils qui se distinguent les uns des autres par quelques pro- , priétés physiques, mais qui ont la mtime nature et les mômes caractères chimiques, qu'on fabrique les étodes dé:^ignées par les noms de drapSy de viyontines, de ihibétanies, de cachemires^ de mérinos^ de casimirs, de castonneSf de serges, de flanelles, d'étoffes de laine rase, etc.

La laine du mouton est la seule qui soit susceptible d'être foulée ou feutrée. C'est surtout à cette espèce que s'appliquera ce que je vais dire.

94 SOIXAHTE-DEDXIÈME LEÇON.

Les bêles à laiae lonl londues chaque année, en mai, juin ou juillet, La laiae coupée sur un animal forme ce qu'on appelle une lotion. La toison des gros moulons pèse de S à 6 kilogr. ; celle des pelils, de

Dans le commerce, on distingue un grand nombre de qualités diO'éreules de laine, sous le rapportde la finesse, de la longueur, de la couleur, de la force el de l'élaelicilé ; non-seulement en raison des races de bJIes qui les produisenl, mais encore dans la même race, suivant les climats, et dans le même individu, suivant qu'on la prend dans telle ou telle partie de son corps. Ainsi, dans chaque animal, la plus belle laine est celle des épaules, de la base du cou, du dos, des flancs et de la partie supérieure des cAtes (n^ I de laSgure lliO); la deuxième qualité se trouve sur

,„-^ , les côtés du corps, les

cuisses, la partie supârioure de la gorge, les hancbes (n° -2); la dernière qualité est celle qui couvre la partie inféiieure des jambes, le ventre, la qui^ue, la tête et les fesses [n° 3).

■'-'-"'aU'— ^<~" ^"^ toison se cora-

^~^^^^^^3^ië)^ pose de mèches ou de

^^•. ,fc>— '-^ flocons séparés, formés

f\ç. iiit. — [wiieition du dîiena qiulHéi de ii itiae de plusieurs Blameuts lur uDc tuixm. réunis par leurs extré-

mités. La longueur de ces filaments ou brins varie de 40 (race de Nai] à 180 millimètres (race de Lincoln). En général, la finesse des laines est en raison inverse de leur longueur, el en relation directe avec le peu d'épaisseur de la peau de l'animal. Plus les races sont petites, plus le derme est mince, plus les filamenU sont fins.

Vmrlétk» eoMimcrclMlea. — En ayant égard à la longueur, à la ânesse des brins el ô l'état de leur surface, on partage toutes les laines en trois grandes classes : Laines longues ou à pàgnef. Lames tmirUs ou à cardes, Laines communes. Elles ont, chacune, des emplois bien différents.

1« On regirde comme laimi longvt* tontes celles dont les brin» ont plos do S k 10 ceatimètres de longueur, et qui ne présentent ni tspérilfs, ni frisures Knsibles à leur surbce. On les réserve k 1* fibricition des étoffes rues, ni rouléei, ni feutrées. Ces liines »y*nt besoin d'Être préparées par dos peignes poar être Blées, on les désigne IiabituellBoienl aous le nom de Lainei à peigne*. Elles Bont d'iutint plus estimées qu'elles sont plus longues, soyeuses, lisses et

DE LA LALNE. 93

2* On ta«fB dan* la claMe dca tnMi courfpi unirs c«ll«9 doni Im filun^nl» n'ont paa plu de t fc 10 cmtimètm d* Ion;. Cft tlxtatau Mni Tris^ ci ^ni «De Huftce rAknlée os oadalje. n qai Ikil qu'ik s>a^rvn«ii( ab^miH» In un» duM Im aoirc*. — Os Uincs, ^nénlement deuioêcs, k cause de cette di^p»ûtion, à h bbciotion dia tiuus dnprt, et pu- cont^aenl Tuul^ wnt pt«> paréopvle tardage, d'où leur nom de Lniiuiâ earties. tlicsont d'auiani plui de *ale<iT qaeHea toot iaet, frisées el mime a^seï tendres.

3* Lea laite* nmammet sont celles nue roumUsent Ifs necs frotsi^ivs, et qui wmnt k la confection de li bûnueterie. de 11 dnperie commune. d<'« nu* telaa et de* Marertores de couleur. — Ces Uines sont mitheuses. rcuirëes, ■Mée» de poilB imu et de Jarre ; 1 1.

Lonqn'oD etamine au microscope, sous un fort grossissement (MO fois), le* filaments d'une laine quelconque, iU apparaissent comme de> tubes cjlindriques(jf(t. 1111} dont la sui^ face est recouverte d'écaillcs irréguli^res un peu recourbées eu dehors; on y remorqui', en outre, des stries e\tn>memeul fines, toutes parallèlei k l'ane. Ces tubes vont en s'uuindnsDt de la racine à la pointe, on ils prennent une forme conique. Lorsqu'ils n'ont pas été dânalurés ni déchirés, on voit dans l'intérieur une ligne noire qui dénolu l'eiiileoce d'un canal médullaire rempli d'air ou d'un liquide plus ou moins coloré, aîn« qu'on l'observe (également pour les cheveux. Le diamètre de cliuquc filumeut varie de ,', ^ ti du millimètre.

C'est en ayant égard h ces diiïéiciicis qu'on classe luuveiit les laines eo : suptr/ina, fines, moyennes, •/rosu-s, aupcnjrusses.

Voici comment les principales laines iieiivcut Olre rangées loui co rapport ;

MonWns de Prutso et de Silésii-. Mérinos d't^iuRne et d« frtiico.

— de Hongrie et de Moravie. ' Mhuioiih dit llii-i-iin.

— do Saie. I — du tï Ikkuce.

— de Hanovre. ', ~ de IIuenot-Ayret. Race de Nai. ! lUc« ftmilidown, Houtoa* du Rousiillon. i — LIiiidIii.

— de la Brie. , — Ui»liley.

— d'Australie. .Mouton» Ju Cetilrn et du Nord de 1*

— du Cap. Fririte.

Il 7 a des laines naturellement blunclies, iioin-s, rousses, jaunes et même bleuâtres. Mais dans les grands troupeaux de France, on ne cun-

(Dl^jomroi

u jare eut un poil saut l'-lmjtiuiu'-, non fi^utrabl-^

faiiement U Uit

iture, qui te inunlre kurluut tur lu Uiie [iou|ret,

inférieures du t

Douton. On a tout hniiti k «ii dil>ajTU>«r l«i

serve que les moutons blancs, parce que leur laine prenant très-bien la teinture, on lui donne ensuite la couleur qu'on veut. En général, les laines de couleur sont plus grosses, moins douces, moins souples que les laines blanches.

11 suftit de .toucher et de frotter entre les doigts un flocon de laine pour sentir si elle est douce et moelleuse.

Pour connaître si elle est forte ou faible, on en prend des filaments et on les lord en les tenant des deux mains par les deux bouts. Plus ils résistent à TelTort qu'on fait pour les rompre, et plus la laine a de force ou de nerf. Les laines fines, par rapport à leur diamètre, sont plus nerveuses que les laines communes.

C'est également avec la main qu'on s'assure du degré d'élasticité de la laine. 11 faut qu'après en avoir serré plusieurs flocons ensemble, ils reprennent, quand la compression a cessé, le môme volume qu'auparavant. Cette qualité a une importance très-grande pour la bonté des étoffes; c'est elle qui rend les laines propres à faire des rembourrages, des matelas.

Dans le commerce, on distingue les laines qui proviennent de la tonte des animaux vivants de celles qu'on enlève des botes égorgées ou mortes de maladies; les premières sont appelées laines vivantes ou laines de toison, les secondes laines mortes, écouailles, pelades, pelures.

Les unes et les autres sont surges ou en suint, c'est-à-dire enduites d'une matière onctueuse, sécrétée par le mouton et appelée suint. 11 palpait que ce suint a pour objet de les préserver des insectes, qui les attaqueraient promptemcnt et les détruiraient. Aussi remarque-t-on que les laines se conservent mieux en suint que lorsqu'elles ont été dégraissées ; plus elles contiennent de suint, mieux elles se blanchissent.

Les laïjies mortes , détachées des peaux par le moyen de lachaux, sont bien inférieures aux laines de toison; elles sont rudes et faibles; privées de suint, que l'actiou corrosive de la chaux détruit, elles n'ont plus ce moelleux et ce nerf que conservent pendant très-longtemps, môme après le lavage, les laines vivantes.

Les laines des moutons malades ne prennent que très-imparfaitement la teinture. Bosc rapporte qu'ayant fait tondre, à Rambouillet, mi mouton bien portant, un mouton malade et un mouton mort de maladie, tous trois de la race des mérinos espagnols et du môme &ge, il en fit laver et filer les toisons séparément et mettre les fils en écheveaux, avec des marques particulières pour les reconnaître. Il les donna à Roard, alors directeur des Gobelins, qui en fit teindre un de chaque espèce en bleu, en rouge et en jaune. On reconnut que ces couleurs étaient vives dans les écheveaux de laine du mouton bien portant, faibles dans ceux de la laine du mouton malade, et ternes dans ceux de la laine du mouton mort. Tous ces échantillons avaient été teiaU ensemble, de la môme manière et dans les mômes bainsir

n est doDC bien importaDt, pour les manufacluriers qui tiennent à avoir des étoffes d'une teinte unirorme, de faire en sorte que les laines qu'ils achètent ne contiennent point de mélange de ces toisons de qualités différentes; mais il n'est aucun moyen de les reconnaître. Pour éviter qu'on ne les trompe, il faut qu'ils payent ces laines défec-' tueuses le mi^me prix que les autres, afin qu'on n'ait aucun intérêt à les confondre.

CoaiposiiloB immédiate. — M. Cbevreul a examiné la laine brute de mérinos, et a trouvé qu'après avoir été séchée à + 100<>, elle renferme :

Matière terreuse qui se dépose dans l'eau avec laquelle on la lave. 2G,06

Suint de laine, soluble dans l'eau froide 32^74

Espèces de graisses pariiculières 8,57

Matières terreuses fixées par les graisses 1,40

Laine proprement dite ... 31,23

Saint de la laine. — Le suint est une matière grasse, onctueuse, très-odorante, qui, selon toute apparence, a sa principale source dans rhumeur de la transpiration cutanée du mouton, mais qui peut bien aYoir subi par son contact avec les agents extérieurs quelques changementfl qui en modifient la composition. Vauquclin Ta considéré comme un savon à base de potasse, associé à une certaine quantité d'acétate de potasse, de carbonate de potasse et de chlorure de potassium, plus une substance animale odorante.

Suivant M. Maumené, le suint n'est pas alcalin, attendu que la potasse, qui s'y trouve en grande quantité, est neutralisée principalement par un acide organique azoté spécial, énergique {acide suiutique)^ qui affecte la forme d'un liquide huileux. Le suintate de potasse est neutre et renrerme 33 p. iOO d'alcali.

D'un autre côté> d'après le môme chimiste, le suint ne contient pas de carbonate de potasse quand il n'a pas été altéré, puisqu'alors il est d'une neutralité parfaite.

MM. Maumené et liogelel ont eu la pensée d'extraire industriellement la potasse du suint. Pour cela, ils fout un lavage à froid des laines ; l'eau est claire, et, par une opération méthodique, on peut l'avoir trèsconcentrée; on l'évaporé en sirop qu'on caramélise et dont on calcine le résidu. On obtient ainsi un charbon trùs-alcalin, dont l'eau sépare du carbonate de potasse ne renfermant que quelques centièmes de chlorure et de sulfate^de potasse sans traces de soude. 11 sufOt de faire évaporer la dissolution alcaline pour avoir une potasse beaucoup plus pure que toutes les potasses commerciales. Le suint provenant du lessivage de fOOO Idlog. de laine en fournit au moins 75 kil. \oilà donc une nouvelle industrie qui pourra être exploitée dans tous les pays où l'on s'occupe du lavage des laines.

GUARbIK. — IV. 7

Leslayeura de laines d'Elbeuf, de Reims, d'Avesnes, de Roubaix^ etc., utilisent le procédé de MM. Maumené etRogelet, qui ont été médaillés & Londres, en 1862, pour avoir trouvé une nouvelle source de potasse dans la laine des moutons. S'il était possible à nos fabricants de lavera l'eau simple les toisons de tous les moutons de France, ils Jetteraient dans le commerce 12 millions environ de kilog. de potasse pure, de sorte que nous trouverions sur notre sol toute la potasse nécessaire à nos besoins; et si cette potasse était convertie en salpêtre, on obtiendrait annuellement 17 millions et demi de kilog. de ce sel.

La quantité de suint varîe dans les différentes laines. Plus elles sont fines, plus elles en contiennent, et plus, par cela même, elk'S sont colorées. Voici quelques cbiffres à cet égard :

Suint sur 100 de laine.

Laines les plus fines d'Allemagne, dites de

la Saxe électorale ^ 80

Belles laines de Brie CO à 75

Laines mérinos 60

Laines communes^ rarement moins de SO

Comme le fabricant n'achète jamais de laine entièrement désuintée, il est important pour lui de pouvoir estimer approximativement la quantité de corps étrangers dont elle peut être chargée, et le déchet qu'elle devra éprouver. Pour opérer exactement, il faut d'abord sécher la laine dans le vide sec, la laver Jusqu'à ce qu'elle ne cède plus rien à l'eau, et la sécher dans le vide sec avant de la peser pour savoir ce qu'elle a perdu. Si l'on ne prenait pas ces précautions, il y aurait une quantité notable d'eau, qui serait comptée comme suint par la raison que la laine pourvue de celui-ci peut conserver une proportion assez considérable de ce liquide.

La laine, bien dépouillée, par des lavages à l'eau, de toutes les matières solubles, cède à l'alcool bouillant une matière grasse d'une nature particulière, dont la quantité s'élève jusqu'à 17 p. 100. Cette graisse est composée de deux principes immédiats que M. Chevreul a désignés par les noms de stéarérine et d^élaérine. Le premier ressemble à la cire par sa consistance, et ne fond qu'à 60<» ; l'autre est filant comme la térébenthine, et fond à 15<*. Ils sont tous deux insaponifiables par les alcalis.

C'est à cette partie huileuse qui remplit l'intérieur du brin de laine qu'on peut rapporter l'impossibilité d'obtenir, même après plusieurs opérations successives, le dégraissage complet de la laine, impossibilité dont on s'aperçoit par une réapparition du gras après un certain temps.

C'est, sans doute, du reste, à cette circonstance que sont dus la douceur et le moelleux des étoffes; car s'il était possible de débarrasser le brin de toute matière grasse, il perdrait sa souplesse, et sa substance desséchée deviendrait semblable à celle de la corne. C'est ce que l'on constate en épuisant la laine par l'alcool et l'éther ou le sulfure de carbone. -

M. Cherreul a constaté, non sans surprise, que le tissu de laine qai a été dépouillé de toute sa matière grasse par l'emploi des dissol- Tants précédents, ne se montre pas beaucoup plus apte à se teindre qu'il ne Tétait auparavant, comme on aurait pu le croire d'après ce que l'on admet sur la nécessité de dégraisser la laine avant de la teindre.

Composlilom élémentaire. — La laine, épuisée par l'alcool et l'éther, ne donne que 2 p. 1(K) de cendres par la calcination. D'après Scherer, elle a la composition élémentaire suivante.

Carbone . . 50,C53

Hydrogène 7,029

Azote 17,710

Oxygène et soufre . S4,608

n est facile de constater qu'elle renferme du soufre au nombre de ses principes constituants. Il suffll de la faire bouillir légèrement avec une fiùble dissolution alcaline; il en résulte une liqueur qui donne un dégagement d'hydrogène sulfuré avec les acides, et qui précipite en noir parles dissolutions métalliques, notamment par l'acétate de plomb. Cest à cause de cela que, lorsqu'on mordance les laines avec des sels renfermant des traces d'oxyde de plomb, elles prennent une teinte grisAtre plus ou moins prononcée, effet qui est produit pareillement quand on les alune dans un vase de cuivre.

Caractères dUtlnctlfs delà laine. — La laine est assez hygrométrique; elle absorbe dans l'air jusqu'à près de 8 p. 100 d'eau.

Jetée sur des charbons ardents, elle se crispe, se resserre, noircit, dégage une odeur empyreumatique, et s'enflamme au bout de quelque temps; mais elle brûle avec une certaine difOculté, et laisse un charbon brillant assez volumineux. Elle donne beaucoup de sels ammoniacaux, du sulfhydrate d'ammoniaque, entre autres, par sa distillation en vases clos.

Elle n'est pas sensiblement altérée par les acides et les alcalis faibles . Mais ces mêmes agents concentrés la détruisent. L'acide azotique, même affaibli, la colore en jaune. Les alcalis forts la dissolvent à l'aide d'une légère chaleur, et produisent un composé savonneux. C'est pour cela que Chaptal conseilla de préparer, avec les résidus de laine qu'on rejette des ateliers, un savon très-propre, suivant lui, à fuuler et dégraisser les étoffes (1).

(1) Une application de la dissolution de la laine dans les alcalis caustiques a été faite en 1839 par MM. Jacobi et Van ni, qui ont pensé les premien à retirer l'indigo des rognures des vieux draps et chiffons de laine tel^^ cette matière. On fait bouillir ces objets de peu de vaiior i

Plongée dans le chlore, la laine s'y altère profondément. Elle a moins d'affinité pour les oxydes métalliques, et par suite pour les mordants, que le coton, le chanvre et le lin; mais elle en a plus que ces derniers pour les matières colorantes.

L'action dissolvante des alcalis sur la laine sert avec succès pour distinguer ses filaments de ceux du coton, du chanvre et du lin, et sur. tout pour reconnaître si une étoffe de laine, un drap, par exemple, est ou n'est pas mélangé de coton, genre de fraude assez commun.

Le procédé à employer, dans ces cas, consiste tout simplement à faire bouillir, pendant une heure ou deux, un morceau de l'étofife suspecte dans une dissolution de soude caustique à 8<>. Si l'étoffe est de pure laine, elle sera dissoute en entier et formera un savon qui se rassemblera à la surface; ce savon passera au travers d'un tamis fin en toile métallique, sur lequel on le jettera bouillant. Si, au contraire, l'étoffe contient du coton ou toute autre fibre végétale, cette dernière pouiTa bien éprouver quelque altération, mais elle ne se dissoudra pas; aussi, restera-t-elle sur le tamis, sous la forme d'une pâte filamenteuse. En pesant un poids déterminé de l'étoffe, et recueillant le résidu insoluble dans la lessive, le lavant et le séchant, on peut savoir les proportions respectives de laine et de coton dans le tissu.

On peut aussi faire la distinction du coton et de la laine d'une autre manière. On mouille avec de l'acide azotique ordinaire l'étoffe suspecte, et on l'abandonne pendant sept à huit minutes, après l'avoir étendue sur une soucoupe. En été, on l'expose aux rayons solaires ; en hiver, on place la soucoupe sur le marbre d'un poêle chauffé modérément. Au bout de ce temps, tous les filaments de laine sont colorés en jaune, et ceux de coton sont restés blancs ; on lave bien l'échantillon et on le sèche. L'inspection à l'œil nu ou avec une loupe permet de distinguer facilement et même de compter les filaments de laine et de coton mélangés. Dans le cas où le tissu est teint, on prolonge l'action de l'acide azotique, afin de produire la dissolution ou la décomposition de la matière colorante. Ce procédé a été indiqué, en 1843, par Lassaigne (!)•

caustique à 8 ou 10*', jusqu'à ce que le tissu ait disparu. 20 kilogr. de soude à IQo dissolvent 6 kilogr. de tentures de draps. On étend d'eau, on jette le produit sur des toiles garnies de filtres de papier, et on lave à plusieurs reprises l'indigo resté sur les filtres. Cet indigo est de bonne qualité, et on retire 7 kilog. d'un savon qui peut servir au foulage des draps.

(i) Lassaigne (Jean-Louis), né à Paris le 22 septembre 1800, mort en cette ville 1e 18 mars 18.^9, fils d'un simple mécanicien du Jardin des Plantes, apprit suus Vauquclin les principes de la chimie et devint en peu d'années un trèshabile opérateur. Il avait à peine 17 ans qu'il publiait déjà d'intéressantes recherches sur la composition de plusieurs plantes utiles. Depuis cette époque jusqu'à ses derniers jours, ses travaux se succédèrent sans interruption ; tous sont remarquables par le caractère de précision qui les recommande à la contiance des chimistes ; ils ont jeté une vive lumière sur une foule de questions de chimie minérale et organique, de toxicologie et de physiologie, d'hygiène ,d'agriculture et d'industrie. Lassaigne remplaça, en 1827, le savant Dolongdans

L'acide picrique.peut remplacer avec avantage l'acide azotique. En effet, en introduisant un morceau d'étoffe dans la solution moyennement concentrée de cet acide, au bout de six à huit minutes, tout ce qui est laine 8*est coloré en beau Jaune, tandis que le coton ou le lin est resté blanc.

Lassaigne a fait voir qu'en imprégnant un tissu mélangé d'une solution moyennement concentrée d'azotate de mercure (i) et le maintenant à une température de -f- 40 à 50®, tout ce qui est laine prend une nuance rouge ou amarante en moins d'un quart d'heure, tandis que les filaments de coton ou de lin ne se colorent aucunement.

I^ bichlorure d'étain peut encore servir, ainsi que M. Maumené l'a indiqué en 1850, avec les tissus blancs ou peu colorés, attendu que, sous l'influence de ce sel et de la chaleur, les fils de coton ou de lin restent blancs, tandis que ceux de laine deviennent entièrement noirs.

L'acide sulfurique concentré détruit le coton et le lin, à la température ordinaire, sans altérer sensiblement la laine qui prend seulement une couleur rougeAlrc. Si donc l'on soumet à l'action de ce réactif un tissu composé de ces sortes de filaments, ceux de lin et de coton sont détruits plus ou moins vite par leur conversion en dextrine, tandis que ceux qui résistent sont exclusivement de la laine, comme on peut s'en assurer en les lavant, les séchant et les brûlant.

C'est cette môme action destructive de l'acide sulfurique sur le coton que j'ai appliquée le premier, en i8i3, au nettoyage des graines de cotonnier destinées à l'extraction de l'huile, graines qui sont enveloppées de menus filaments qui gOncnt considérablement l'action de la presse (2).

Les moyens précédents sont prérérables à celui qu'on emploie habituellement, et qui consiste à introduire dans la tiamme d'une bougie l'extrémité des fils arrachés à l'étofl'e qu'il s'agit d'essayer. Ceux en colon brûlent rapidement et exhalent l'odeur du papier enflammé; ceux en laine ont une combu«;tion difficile, qui s'arrOte dès qu'on les relire de la flamme; ils s'arrondissent h leur extrémité en un globule noir, et ils répandent l'odeur fétide de la corne brûlée. Mais ces caractères ne sont pas toujours aussi tranchés que je l'indique ici, et voilà pourquoi on a quelquefois de la peine à prononcer.

Depuis 1853, on fait industriellement la séparation de la laine d'avec

la chaire de cliimie à l'École vétérinaire d'Alfort. On a do lui un Traité de chimie, un Dictionnaire des réarii/Sy et en collaboration avec M. Delafond, une Histoire naturelle et médicnle des médicaments employés pour les animaux dO" mestiques. Il était correspondant de l'Académie nationale de médecine, et l'un des chimistes experts près le tribunal do la Seine.

(I) Ce réactif s*obtient en faisant dissoudre à une douce chaleur 1 partie do mercure dans 2 parties d'acide à 28* Baume, faisant bouillir pondant quatre à cinq minutes pour transformer une partie de razotato do |>roU>ii'ilo on asotatfe de peroxyde, et étendant la dissolution de son toIuida '^

i2; Journal de cftimie médicale, t. IX, 2* sério, 1949

le colon. Voici dans quelles circonstances : les vieux chiffons de tricot, de laine pure, de tissus à chaînes croisées (laine et coton, laine et fil), et môme de drap, sont ramenés à l'état de filaments, et rentrent dans la fabrication des tissus sous le nom de renaissance. Il arrive que, dans ces filaments, plus ou moins de coton, de lin ou de chanvre se trouvent mêlés avec lalahie, et comme ces matières végétales ne prennent pas la teinture dans les mômes conditions que celle-ci, on est exposé à rencontrer dans* les tissus de laine mêlés de renaissancef des brins non teints qui nuiraient à Taspect des tissus et révéleraient leur origine.

On enlève le coton et ses similaires par Taction de l'acide chlorhydrique étendu d'eau bouillante, qui désagrège, émiette le coton et n'attaque pas sensiblement la laine. — Le coton, réduit en poudre pour ainsi dire, est séparé mécaniquement, soit en agitant la laine au milieu de l'eau, soit en la battant à sec. Celle-ci peut alors être cardée, filée et lissée de nouveau.

Dans beaucoup d'usines, on emploie de préférence l'acide sulfurique dilué, surtout pour purifier les laines en toison, notamment les laines exotiques du Cap, de l'Amérique du Sud, de l'Australie, des Étals barbaresques, qui arrivent souillées de petits chardons, de pailles et autres débris végétaux liés aux toisons par une espèce de feutrage déterminé par le frottement. On les immerge donc dans un bain d'acide sulfurique à 4 p. 100, pendant plus ou moins do temps, on les essore, on les expose à une température moyenne de liO<^ pendant une trentaine de minutes, on les lave ensuite à grande eau, puis dans un bain' légèrement alcalin (eau de chaux, urine ammoniacale, etc.), enfin on les rince à l'eau ordinaire et on les sèche.

Un procédé analogue, appliqué aux draps en pièces, remplace avantageusement la vieille opération manuelle connue dans les ateliers sous les noms d'échardormagey d'épaillage^ d*époutiagej d'épincetage^ et qui consiste à enlever, au moyen d'une petite pince, de la surface ou de l'intérieur des draps, les parcelles végétales dites pailles ou époutis. Vépaillage chimique, par l'acide sulfurique, est mille fois plus rapide et plus économique.

De la Soie.

La Soie, qui est aux matières textiles ce que l'or est aux métaux, est ce fil fin et solide avec lequel plusieurs espèces d'insectes du genre Bombyx, à l'état de larves, construisent la coque qui les met à l'abri des agents extérieurs, et dans laquelle elles subissent leurs métamorphoses. C'est surtout la Phalène ou Bombice du mûrier {fig. 1112), insecte à ailes brillantes et à écailles, qu'on élève de préférence pour obtenir ce précieux produit.

Cet insecte, qui se nourrit sur les feuilles dumûrier blanc {fig. H 13)

DE LA SOIU.

eit originaire dM contrée» orienlnle» de l'Aûe, conune d'ailleon loui let auUet Bombycei pmducleun de loie, qu'on commence & acclimater en Europe (i;. L'an S698avaQt J.-C., lesChiooùapprenaieDtdelaremme deleurempereiirYao,rar[ d'élever ce Ter et celui d'en approprier les Sis ù la conreclion des vêlements.

Ce ne Tut que longtemps aprtïa que cei arti paMërenI dans la Pelile- Boukharie, d'où ils pénélrèrenl ensuite da» l'Inde et en Perse (2)

et ce ne lut que louglemps après l'Orc chrétienne qu'ils Turent inli-oduiLienEurope(3).

(I) Je ciuni, entre auires, les bombyi du l'ïilante, du cbino, du ricin, le Iwmbyt Paphia de i'iudc, ceui du Japon, de l'Assam, vie.

(1) Ce fut une Temme qui, la première, dit-on, parvint à cnfreindro les loi» de il Cliine <|ui punissaient de mort l 'ci portât i un des œufs du ver h sole. «Vers l'an itO avant notre ère, dit U. de Quaircrago^, une princesie de la dynastie des Han, fltnc^o h un roi de Kliolin, contrée ^iiuC-e vers le centre de l'Asie, dans la Petite- Boukharie, apprit avec terreur c^u'il n'y a%-att dan* ce pays ni mùriars ni vers t auie. PlatAt que de renoncer à l'un et b l'aulru, elle ne rraiRnît pas d'exposer w liberté ou sa vie. En partant pour allrr rejoindre ^on épDui, elle caclia des graines et des aura sous son bonnet. Lns gardes n'ayant pas osé déranger la coiffure d'un membro de ta famille impi'i laie, lEufs et graine» arrivèrent i bon pon. TouB deui prospérèrent ï souhait dans leur nouvcllo pairie et se répandirent peu k peu. •

iji) Les BoieriBB na pénétrèrent que fort tard en Europe, après les guerre» d'Aleiandre contre Darius. C'est seulement quelques années après nutre ère (|u'on en vit pour U première fois il Rome iors dos jcui donnés par César, mais .elles ne tardèrent pas ï duveuir l'objet d'un lu>c effréné parnii les pairiciens des deoi sexe». Les poGtcs latins rcprocitaient è cet tissus d'indiquer les (ormes du corp». Il y eut un temps où la soie se vendait au poids de l'or, et Vopiscus rapporte que l'omporeur Auréliun rerusait ii la rciumv, cwnme une parur*

104 SOlXANTE-DEUXiÈMK LEÇON.

Si, pendant longtemps, la soie, par sOn prix élevé, est restée le partage exclusif des hautes classes de la société, aujourd'hui, grâce à l'extension considérable qu'a prise l'industrie séricicole, elle est devenue accessible à toutes les fortunes. En France, des milliers de bras sont occupés aux divers travaux de la sériciculture^ et soixante-quatre départements cultivent le mûrier ; on a réussi à faire

trop chère, une de ces robes que portent aujourd'hui nos ouvrières endimanchées.

Jusqu'au règne de Justinien, l«s Grecs et les Romains achetaient ces tissas des Phéniciens, qui manufacturaient le fll venu des Indes par l'Egypte et la mer Rouge, ou- de Perse par la c6te do Syrie. Le ver à soie et le mûrier n'étaient pas encore introduits en Europe ; c'est qu'à l'exemple des Chinois, les souverains des Indes et de la Perse cherchaient à s'assurer les bénéfices d'une possession exclusive.

Mais en 552 ou 565, deux religieux de l'ordre de Saint-Basile appoi'tërent ^ Constantinople et remirent à l'empereur Justinicn des roseaux renfermant entre leurs nœuds des œufs de ver à soie et des graines du mûrier blanc qu'ils avaient apportés, au péril de leur vie, de Serince ou Serhend, ville située dahà les en« virons des monts ImaQs, région de l'Asie centrale qui parait être la Sérique des anciens (c'est du nom de cette région, Serica ou Sert> que les Latins firent le mot sericum pour désigner la soie). Grâce aux encouragements de Justinien, l'art d'élever les vers à soie et d'en exploiter les produits ne tarda pas à sa répandre chez les Byzantins, et quelques années après des manufactures s'élevèrent à Athènes, à Thèbes, à Corinthe, etc. Les nouvelles plantations de mûriers qu'on fit dans le Péloponèse pour nourrir les vers, valurent plus tard à ce pays le nom de Morée, qui n'est qu'une altération de celui de Morus, uom bous lequel les Latins désignaient l'arbre.

Au neuvième siècle, les Maures qui, antérieurement & cette époque, avaient introduit le ver à soie sur les côti's d'Afrique, le propagèrent dans les provinces de la péninsule ibérique alors sous leur domination. Les Vénitiens, de leur côté, en répandirent les produits dans toute l'Europe occidentale. En 1130, Roger II, roi de Sicile^ transporta des ouvriers grecs, en soie, à Palerme, d'où cette industrie se propagea en Italie, du treizième au quatorzième siècle.

Lorsque Grégoire X obtint, en 1274, do Philippe le. Hardi, la cession du comtat Venaissin, qui devait^ ti'ente ans plus tard, devenir le siège de la papauté^ il y fit planter des mûriers, et venir de Sicile, de Naples et de Lucques des fileurs et des tisserands. Cette industrie naissante, que favorisèrent bientôt la présence et les encouragements des papes, prit assez de développement pour que les étoffes façonnées, les damas cT Avignon, rivalisassent de perfection avec les plus belles soieries de l'Italie. D'Avignon, la fabrication des soieries se propagea a Mmes, à Lyon, à Paris môme, vers la fin du treizième siècle, et en 1470 Louis XI l'établit à Tours. 11 paraît qu'au commencement du seizième siècle, Rouen possédait des fabriques de soie qui ne disparurent que vers le milieu du siècle dernier. François 1*' encouragea singulièrement la culture du mûrier et la fabrication des soieries, à son retour d'Italie, en 1520.

Mézeray assure que jusqu'aux troubles des règnes de Charles IX et de Henri III, les courtisans firent peu d'usage de la soie. Henri II fut le premier qui porta des bas confectionnés avec de la soie indigène, & l'occasion du mariage de sa sœur avec le duc de Savoie. On rapporte que la reine Elisabeth d'Angleterre convoitait fort de beaux bas de soie que la France seule savait alors fabriquer, et que, pour se rendre à une cérémonie, elle n'hésita pas à en faire demander une paire à notre ambassadeur. — La chronique dit à l'emprunter, mais je n'y veux pas croire. — Henri IV imita les Valois et fit planter des mûriers à Orléans, à Fontainebleau, au château de Madrid^ à 8 kilomètres de Paris, et même dans les jardins des Tuileries, malgré l'opposition de Sully.

Sous le ministère de Colbert, les fabriques de soieries de Lyon, de Tours, de

de» édaeationf aax enfirons de Ptris. ainsi que dans le Nord, où le mûrier résista encore aasex bien à la froide température de nos hivers et aux gelées tardirea da printemps. A Texposition universelle de 18S5, M. Cbampailler, du Pasdo-Calaia, a présenté des cocons de la plus grande beauté, qui rivalisaient avec eeax de la D^me« de l'Ardècbe, de l'Hérault, d'lndre-et-Lx>ire, de la Syrie ; aussi en fut-il récompensé par une médaille de première classe.

Ce rapide essor est principalemenfdû aux efforts des gens de science, et surtout à Camille Beauvais et à d'Arcet, qui, en construisant des magnaneries salubres(l), ont permis aux départements du Nord de se livrer à rélève du ver à soie arec autant et plus de succès, peut-être, que les départements du Midi.

Lyon, le plus grand centre d'exploitation de l'industrie de la soie, employait, en 18S8, 72000 métiers et plus de 50000 ouvriers. On estimait à cette époque à 221000 le nombre des métiers appliqués en France à tisser des étoffes où la soie domine. On portait, en 1855, la valeur de la production générale des soieries, chea nous, à 6)2 millions de francs, et à 239 millions la valeur de la soie récoltée dans nos 64 départements. En 1861, le nombre des métiers était de 2S0000.

Les pays qui fournissent le plus de soie à la France sont : l'Italie (Lombardie, Piémont, Naples, etc.}t l'Espagne, la Syrie, la Turquie, la Perse, le Bengale, la Cbine (2i.

On évalue la production de la soie grège dans le monde entier à 37 millions de kilogr., représentant un revenu brut annuel de plus d'un milliard (3). Ces cbiffrea peuvent vous donner, Messieurs, une idée de l'importance de l'industrie sérigène, importance qui s'accroît d'année en année; car de mémo que la conaommation du lin prend, aux dépens du coton, une place de plus en plus girande dans les pays policés et riches, la consommation de la soie empiète chaque jour sur celle de la laine.

ÉdaeatloB du Ter à aolc. — En Asie, on élève le ver h soie sur des arbres en plein air; mais en Europe, et surtout en France, on le ren-

Xlmes et du midi de la France devinrent très- florissantes. Louis XIV accorda des lettres de noblesse à un simple ruvricr de Bologne, que son ministre érlairé avait fait venir pour donner une nouvelle impulsion à l'industrie sérigène. La révocation de Tédit de Nantes l'introduisit dans la Grande Bretagne. Dans les deux derniers siècles, on a vu la Suisse, l'Autriche, la Prusso et d'autres Ëtats d'Allemagne, la Suède et môme quelques provinces de la Russie, tenter avec plus ou moins de sucrés la culture du mûrier et l'éducation des vers à soin.

(1) Magnanerie dérive du mot mofjnauy nom donné au ver à soie dans le dia* lecte languedocien. On appelle magnanier uu magnanière l'ouvrier ou Touvrière chargé de l'éducation des vers à soie. Les magnaneries sont nommées dans la Touraine coconières, magnanderies et vcreries.

(2) C'est de Shang-hai que partent les 7/8 des 40000 balles de soie que là Cbine exporte annuellement {Seize mou autour du mondes par Siegfried).

(3) Ces quantités et valeurs se partagent ainsi qu'il suit :

Soie grège produite, Valeur totale,

eo kilogr. en francs.

Asie en son ensemble 20600UO0 702KOOOOO

Europe, moins la France 1319:3000 458290000

France 3000000 108600000

Afrique 33000 1100000

Amérique 15000 500000

Ocêame IGOOO 600000

.ferme dans des chambres dites magtianenes, dont on entretient la température entre 16 et 18". Lea œiifs, trè «-improprement nommés graines, éclosent à cette tempéralurc. On place les larvée qui en sortent sur des claies garnies de feuillesdeaiûrieT,queroa renouvelle plusieurv fois par Jour Ifig. 1 H ï). Elles changent quatre fois de peau dans l'espace d'un mois, et, après la dernière mue, elles' se retirent. dans de petites niches

Fif. Il

de bruytre, rtisposées à cet effet, el s'y filent une coque ou cocon (fi!). liia\ m elles s'enferment et dont la matière est la soie.

Elles prenncnl dès lors le nom de chrysalides ifig. M 16), et demeurent dans une parfaite immobilité pendant dix-buit à vingt jours. Elles se transforment enfin en papillons ou insectes parfaits; maii on né laisse parvenir à ce dernier état que celles qui doivent servir i la reproduction àa l'espËce ; on fait mourir les autres, en trempant les cocons dans l'eau bouillante ou en les exposant h la chaleur d'un four ou d'une êluve ; ensuite on les dévide.

Dé«ld«ite 4«B («eoBB. — Le dévidage s'opère en plongeant loi cocons dans de l'eau cIiaufTéc h 'îO'par un courant de vapeur. L'ouvrière 'saisit un brin de chaque cocon et l'atlache h la circonférence d'un rouet ifig. 1117); elle réunit ainsi simultanément lurle même dévidoir 13 à lii brins et même plus, suivant le degré de Qncsse qu'elle veut avoir, et comme ils éprouvent une espèce de torsion en se plaçant les um contre les autres, ils contractent une adhérence parfaite et ne peuvent plus Être séparés; il en résulte un Bl unique de soie brute.

100 grammes d'ccufs produisent, dans de bonnes conditions, ISO et

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