‹ Lecons de chimie élémentaire (volume 3)Chapitre 34 sur 114 · DE LA. S91K · texte numérisé non relu

DE LA. S91K

I, lonque tout favoriic l'educelion, SOO kilogr. de cocont, an con- «D( eariron S7S0 i 9000 kilogr. de reuilles. — 1 kilogr. de cocou

Ffg. (III. — iltUerdc

cooapreoaDt, CD moyeanc, aSC cocons, il en résulte que <C0 granr d'œuftdonneat de 87»00 à I17aoo cocons.

100 kil. de cocons fournisBenl généralement 8 kil, de soie tllée.

— Les cocons, ;ï leur étal naturel, au

Soie 1I,S

fisvB et bourre 0,7

Chrystlido i<i,8

K*t«re «t •ti'BctBre da la floie. — I.a malit^re de la soie est liquide dam le corps du ver, mait elle se durcit à l'airA mesure qu'elle •ort, par une double filière, des organes excréteurs placés près de la bouche de la chenille. Les filaments jumeaux que file l'insecte s'agglutinent par le contact et n'en forment plus qu'un. La soie d'un couon pèse I décigramme et demi en mofenne; son fil a une longueur de 230 A 2S0 mètres, ce qui donne une idée de son e\lréme ténuité; dana cerlunes espèces de soie, il n'a pas plus de 1 8 millièmes de millimètre de diamètre, et possède néinmoini une grande force.

La figure 1 1 16 représente la aoia vue au microscope, gronie 400 fois, CewDldealubeiexcessivemeotBiiiiia b, transparents,

dont la surface présente souvent des irrégularités, et qui sont fomiéB de trois couches superposées; au centre la substance même de la soie, au-dessus des matières organiques qui ne peuvent être dissoutes que par une eau alcaline, et enfin h l'extérieur d'aulres matières solublei dans l'eau chaude. Ces tubes ne sont Jamais tordus sur eux-mêmes comme le coton, et ib n'offrent pas de cloisons transversales comme le lin. Leur confonnatioD et leur apparence sont bien différentes de FSg. iiiB. - Bciot de Mit tu celles des tubes de la laine. ■a miciouope.

■MnomlBMSloNi «ommerelalM. — On connaît deux espèces de soie : celle qui est naturellement blanche, et la Jaune. La première, dite Soie sina, parce qu'elle provient d'une variété de ver de la Chiue, n'est obtenue en France que depuis quatrevingts ans environ. C'est Louis XVE qui fit venir, en 1789, de Chine, les œufs du ver qui la produiL Dans le commerce, on partage toutes les soies en deux grandes classes :

1. Soit grfge, qui est le prodalt [oimédiU du dévidage du cocon; elle ■ été détachés ï l'ciu cliaude et n'a subi encore aucune préparation; cbsqaa fll sa compose de la réunion d'un nombre de brina qui varie frénér*iement de 3 1 li, et même au delk.

!. Soit ouivée, ou qui a subi une préparation quelconque qui la rend propre à ditréreni» emplois dans les manufactures.

Dam cbaque cUsso. on distingue la Soie icrue bianchr et la Soie éerut jaune.

On appelle Soie icrue celle qui est encore recouverte de son enduit ou iitr/iii naturel, auquel elle doit u roideur, son élasticité et sa couleur. Lorsqu'elle est débarrassée de cet enduit, qui représente environ le quart de ton poids, on la nomme Soie décreutie ou cuite.

CompMltlaa immédlBle. — Le vrniis de la soie serait composé, d'après Roard, d'une matière azotée soluble dans l'eau, d'une matière azotée insoluble, d'une maliËrc grasse analogue à la cire, d'une huile volatile odorante, et d'uue malière colorante Jaune, quand la soie est colorée.

Mais, en 1630, H. Mulder, de Rutteidam, a donné une nouvelle ~ analyse de la soie ëcfiie, d'où il résulte que cette matière est ainsi composée :

Sal« «nue jimc Soie terne blincli*

Matière fibreuse 63,31 64,04

Gélalino S0,6B IS.nS

Albumine ît,4a 3S,4T

Uatière colorante

Hatières grasse et résineuse..

11 Ikat ajouter à ces substances des traces d'uu acide particulier et quelques sels.

La matière fibreuse de la soie, analogue à la fibrine du sang, en difl&re par quelques propriétés, et surtout par sa composition élémentaire; aussi M. Mulder a-t-il proposé de la distinguer sous le nom de /i&roine. Elle laisse, par son incinération, Quelque bien purifiée qu'elle soit, euTiron 0,3 p. iOO de cendres qui consistent en soufre, phosphore, chlore, potassium, sodium, calcium, magnésium, manganèse et fer.

CWaip^sItioB élémentaire. — M. Mulder assigne la composition tmTante à la matière fibreuse ou fibroine censée pure :

Carbone 49,38

Hydrogène 6,51

Azote 1 7 ,60

Oxygène 2G,51

L'albumine et la gélatine de la soie sont analogues à celles qu'on trouve dans les autres animaux. C'est la réunion de ces deux substances qui constitue ce que Roard avait nommé la gomme de la soie,

La matière colorante de la soie jaune est rouge dans son état naturel; les alcalis forts foncent sa couleur ; elle est insoluble dans l'eau, mais elle se dissout dans l'alcool, l'éthcr, les huiles grasses et volatiles. Le chlore et l'acide sulfureux ramènent a un jaune clair excessivement faible.

■MstlBCtloB de la sole d'avee la laine el les antres matlèrea textile*. — Vous voyez, Messieurs, d'après ce qui précède, que la soie tout à fait pure diffère chimiquement de la laine, parce qu'elle ne contient pas de soufre élémentaire, et du coton, du chanvre et du lin, parce qu'elle est azotée. Il est très-facile, d'après cela, de reconnaître et de distinguer la soie dans les tissus de laine blancs, et même dans ceux qui sont teints.

En effet, en mouillant avec une solution de plombite de soude (eau de soude bouillie sur un excès de litharge) un tissu composé de fils de soie et de fils de laine mélangés, ces derniers, même à-t- i5<>, ne tardent pas à brunir, tandis que les premiers n'éprouvent aucun changement; au bout d'une demi-heure, l'étoffe mouillée étant exposée au soleil, l'effet est produit ; tous les fils de laine sont colorés en brun chocolat; on peut alors compter les fils de soie qui, restés blancs, forment presque toujours la trame de l'étoffe examinée. C'est à Lassaigne que nous devons ce procédé, très-commode dans son exécution.

Il ne faut, toutefois, conclure à la présence de la soie dans le tissu qu'en faisant un second essai sur les fils qui n'ont point été colorés

liO SOIXANTE-DEOXIÈME LEÇON.

par le plombite de soude ; il faut s'assurer qu'ils se dissolyent dans la soude caustique, qu'ils jaunissent par les acides azotique et picriquc, qu'ils prennent une couleur rouge ou amarante par l'azotate de mercure, et qu'ils ne sont pas colorés par le bichlorure d'étain, caractères que la soie possède en commun avec la laine, et qui n'appartiennent pas, vous le savez, aux fils de lin A de coton.

Lorsque les étoffes à essayer ont été teintes, il faut, avant de les soumettre à l'action des réactifs, les débarrasser de la plus grande partie de leur couleur, par des immeraions successives dans des liqueurs alcalines et acides.

Caractères dUtiactlfs. — La soie pure a une ténacité supérieure à celle des autres matières textiles. Sa densité est intermédiaire enlre celle des fibres végétales et celle de la laine. Elle est assez hygrométrique; elle absorbe environ 8 p. ^00 d'eau dans l'air ordinaire, et 3i p. iOO dans l'air saturé d'humidité.

Elle résiste assez bien aux acides et aux alcalis très-faibles, mais elle est attaquée et dissoute par ces mêmes agents concentrés. L'acide azotique du commerce la Jaunit d'abord, puis la dissout rapidement à froid ; or, comme, dans ces circonstances, la laine n'est pas soluble dans cet acide, il s'ensuit qu'on peut se servir de ce moyen pour reconnaître la présence des deux fibres animales dans le môme tissu et en déterminer les proportions. La perte éprouvée par le tissu, qui a été plongé pendant quelques instants dans l'acide azotique froid et nettoyé convenablement, représente la soie en mélange. On a soin d'enlever préalablement les matières étrangères dues à l'appri^t, à la teinture, en traitant successivement le tissu par l'eau, les lessives et les acides étendus, l'alcool et l'éther. Ce mode d'essai a été donné, en 1857, par Barreswil.

Plongée humide dans le gaz sulfureux, la soie blanchit d'abord, finit par jaunir et s'altère. Le chlore l'attaque aussi avec énergie.

L'acide chlorhydrique concentré la dissout en formant une liqueur niucilagineuse qui, mêlée avec de l'ammoniaque et évaporée à siccité au bain-marie, donne une substance organique qui parait appelée à jouer un rôle important dans la photographie. Cette substance, d'après M.John Spiller, rend les sels d'argent beaucoup plus impressionnables à la lumière.

Exposée au feu, elle se fond, noircit, se boursoufie, répand une odeur empyreumatique, et laisse un charbon difficile à réduire en cendres.

Elle s*unità un grand nombre d'oxydes métalliques et de sels.

Elle se dissout, aussi facilement que la cellulose, dans la liqueur cupro-ammoniacale de MM. Schweitzer et Péligot. La solution ammoniacale de nickel est aussi, d'après M. Schlossberger, un excellent dissolvant de la soie, mais non de la cellulose. Enfin, d'aprês M. Pérsoz fils, le chlorure de zinc neutre en dissolution concentrée à 50* aréomé-

DE LA SOIE. ill

Irîqoes, est encore un très-bon dissolvant de la soie; son action peut avoir lieu à froid, mais une chaleur modérée la favorise ; à l'ébuUition, cette solution saline dissout des quantités de soie assez considérables pour doTenir visqueuse. Voilà donc de nouveaux moyens de distinguer la sde des tissus végétaux, d'une part, et de la laine, de l'autre, puisque cette dernière résiste à l'action des agents précédents.

D'après tout ce qui précède, il est irès-fucile de faire l'analyse d'un tism composé de soie, de laine et de coton. Il sufQt de le plonger dans une solution bouillante de chlorure de zinc qui dissout uniquement la soie. Le résidu bien lavé est traité par de l'eau de* soude à 8^ un peu chaude pour enlever la laine; ce qui reste est la fibre végétale.

La sde prend généralement les matières colorantes organiques mieux que le lin et le coton, mais moins bien que la laine ; elle s'unit avec moins de force aux couleurs métalliques que les tissus végétaux. Gomme sa texture est moins serrée que celle de la laine, elle se laisse pénétrer plus facilement par les principes colorants, qui ne se fixent réellement qu'à la surface de cette dernière ; aussi, pour donner la même teinte cramoisie à la laine et à la soie, il faut deux fois plus de cette couleur pour la dernière que pour la première.

Les couleurs que prend la soie sont plus belles et plus solides por le concours des mordants, qui sont ordinairement l'alun, la noix de galle et le sel d'étain.

Dv blaneblment des flbres textiles.

Maintenant que vous connaissez. Messieurs, les diiTérentes matières textiles, dans leur nature chimique et dans leurs plus importantes propriétés, il nous faut étudier les diverses préparations qu'on leur fait subir pour les amener à leur plus grand état de blancheur, soit qu'elles doivent servir dans cet état pour la confection des vêtements, soit qu'elles doivent passer dans les mains du teinturier.

Ces préparations ont toutes pour but de les dépouiller des matières étrangères qui adhèrent habituellement à leur surface et qui les colorent. I^ur ensemble porte le nom général de Blanchiment.

Vous pressentez déjà. Messieurs, que chaque espèce de tissu, eu raison de sa nature spéciale, réclame un mode particulier de blanchiment. C'est, en effet, ce qui a lieu ; aussi parlcrai-je isolément et successivement du blanchiment des fibres végétales, de la laine et de la soie.

Avant tout, permettez-moi de bien préciser le sens qu'il faul attacher à deux mots qu'on emploie souvent à tort l'un pour l'autre. Ces mots sont ceux de blanchiment et de blanchissage. Ils désignent deux choses bien distinctes.

Le blanchiment est l'ensemble des opérations qui ser>'ent à enlever aux fibres textiles brutes, sdt filées» «tes les matières

étrangères, naturelles et acddeQteli ^ cellulose^ les

tubes de la laine, la iibroïne de la soie, et à amener ces matières organisées à un étal de pureté presque absolue, auquel cas elles sont blanches.

Dans le blanchissage, on n'a en vue que de nettoyer les tissus en cours de service des impuretés ou ordures accidentelles (graisses, poussière, etc.)) qui les salissent et leur <fai ôté, en tout ou en partie, le blanc qu^ils avaient avant leur emploi.

Le blanchissage s'exécute dans les ménages ou dans de petits établissements situés dans k banlieue des grandes villes.

Le blanchiment est une Véritable industrie qui ne peut être pratiquée que dans de grandes usines, pourvues d'un outillage spécial et dirigées par des personnes initiées aux connaissances dt$ la chimie (I).

(I) L'art du blanchiment ne doit pas avoir été de beaucoup postérieur à l'usage lAème des vêtements. 11 est bien certain que les Indiens et les Chinois ont connu des moyens plus ou moins efficaces pour enlever à la laine la matière grasse dont elle est imprégnée, et aux toiles de coton la couleur rousse qui leur est, pour ainsi dire, naturelle, puisque dans les plus anciens auteurs, il est question de lainages et de calicots extrêmement blancs. D'ailleurs, comme ils pratiquaient la teinture de la laine, de la soie et du coton, il est évident qu'ils devaient d'abord soumettre ces tissus à l'opération du blanchiment, sans laquelle il leur aurait été bien difficile d'obtenir des couleurs solides et brillantes.

On dut commencer d'abord par de simples lavages à l'eau froide ou chaude ; mais on ne tarda pas à découvrir que certaines plantes ou plutôt certains organes de plantes communiquent à l'eau de la viscosité et parfois des propriétés détersives très-marquées, si bien que le nettoyage des fils et tissus est bien plus complet et rapide par leur intermédiaire que par l'eau seule.

La plante nommée saponaire {Saponaria officinalis) fut appliquée à cet usage dès la plu» haute antiquité. Dioscoride parle de son emploi pour nettoyer les étoffes et les habits. En Allemagne, elle porte encore aujourd'hui le nom d'herbe à laver. — En Perse et dans tout l'Orient, on se sert, depuiH fort longtemps, pour nettoyer les châles de Cachemire et autres tissus animaux, de la racine d'une gypsophile (Gypsophila sù-uthiùm) désignée dans notre commerce européen sous les noms de saponaire d'Orient, S. du Levant, S. d'Egypte, Pline la mentionne sous le nom de sti^thioHf et dit qu'elle sert à dégraisser la laine. La même plante a été connue autrefois en France sous le nom à*herbe aux foulons et remplaçait le savon dans les diverses régions de la Méditerranée ; c'était la Lanaria en Calabre. — Les Indiens employaient de la même manière les racines et les fruits écrasés de plusieurs espèce de rarak ou savonnier {Sapindus emarginatOf S. madurtensis, S. saponariuSf S. senegaUnsis).

L'emploi de ces plantes savonneusessQ retrouve, d'ailleurs, dans toutes les régions de la terre et s'est conservé jusqu'à nos jours chex les indigènes qui sont restés fidèles aux pratiques de leurs ancêtres. Ainsi, les voyageurs nous apprennent que le lavage et le dégraissage des tissus s'effectuent :

En Abyssinie, avec les semences d'une phytotaque {Phytolacea abyssinica], et avec les fruits féculents de Vindote;

Aux lies Maurice et de la Réunion, avec les feuilles de l'acacta Lebbey;

Aux Philippines, avec le suc d'une liane gigantesque nommée gogo;

Aux Antilles et à la Jamaïque, avec le suc des feuilles de V Agave mexicana ;

En Californie, avec les bulbes de la' pùmte à savon {Phalangium protneridia" num ;

Sur les rives du Parana, avec la pulpe des gousses d'une sorte d'Inga, nommjée limbo;

ou BLANCHIMENT. 1]3

■■•■clilmcBt des flbres ^^ipétaleA.

. î.c lin, le chanvre et le coton, dans leur état brut, sont naturellement imprégnés ou enduits de matières qui sont absolument étrangères à leur contexture fibreuse, et qui nuisent aux qualités précieuses qui en font rechercher l'emploi. C'est ainsi, par exemple, que le coton qui, dans son état de pureté absolue, est parfaitement blanc, est recouTert, dans son état brut, d'une matière résinoïde qui empêche son imbibition, et d'une matière colorante jaune ; que la filasse du lin et du chanvre, môme après le rouissage, retient de Tacide pectique, de la matière grasse cireuse, de ressonce odorante TerdAtre et une matière colorante qui lui donnent cette teinte, quelquefois grise, d'autres fois rougeAIre, qui la colore.

Ces différentes substances qui imprègnent les filaments du coton, du lin et du chanvre, altèrent singulièrement leur souplesse, sans rien clouter à leur force; elles masquent leur blancheur naturelle, et les rendent impropres aux diverses opérations de la teinture. Et si l'on ajoute à ces substances naturelles aux fibres organiques plusieurs autres matières étrangères, provenant des opérations qu'on leur fait subir pour les réduire en fils ou en toiles, tels que : graisse ou huile, colle du tisserand, crasse des mains, savon calcaire, oxydes métalliques

Au Chili et dans tonte l'Aincriquo du Sud, avec IVcorce intérieure ou liber du guiliaja (Quil/aja sa/tonaria), connue dans le commecco européen sous le nom ù'écorct de Panntna, etc.

Tputes ces plantes savonneuses paraissent devoir leur propriété de rendre l'eau mousseuse et leur faculté dét(;rgonte à la présence de la saponine^ qui laMse les tissus souples et ne mange pas les couleurs délicates conimo le font les alcalis.

On retrouve également, dans plusieurs de nos provinces reculées, les mêmes habitudes : ainsi les pauvres gens du Poitou frottent leur linge avec les bulbes écrasés du pied-^e-veau (Arum mnculatum)^ ceux du Dauphiné avec les racines bouillies et écrasées de la luserne commune. En Irlande et ailleurs, on utilise de la même manière les marrons d'iiido râpés, les pommes de terre cuites à la vapeur, etc.

Tout ceci vous prouve que partout le hasard d'abord, puis l'observation ont amené les mêmes pratiques industrielles.

Mais on ne fut pas longtemps sans constater que les agents alcalins, tels que les lessives de cendres et de natron, donnent à l'eau des propriétés déteréivcs encore plus prononcées que les substances végétales précédentes. Dans les premiers siècles de l'ère chrétienne, le savon entra à son tour dans les opérations du blanchiment. A une époque qu'il est difficile do préciser, on reconnut les effets blanchissants de l'air et de la rosée, d'où l'exposition des fils et toiles sur le gazon des prairies. Le concours des acides faibles, tels, par exemple, quu le petit-lait aigri, remplacé aujourd'hui par les acides chlorhydrique et sulfurique, puis l'emploi du chlore et des hypochlorites, ne datent que du milieu et de la An du dernier biècle. Ce n'est que dans le nôtre que les diverses phases du blanchiment ont été régularisées et disposées dans un ordre conforme aux préceptes de la théorie la plus avancée.

GlIABD». — IV. V

soixante-df:uxièhb leçon.

et lubstanccï lerreuseB, malières étrangères qui ont encore l'inconvénient de colorer plus ou moins les lifsuï et de diminuer leur alBnilé pour les matiËres colorantes, on sentira toute l'imporlance des diverses opérations dont l'ensemble porte le nom debtanchimmt.

Un plus grand nombre de manipulalions apportant nécessairement sur les fibres textiles plus de malières étrangères, vous concevez Tacilement, Hestieurs, que les flls doivent oITrir au blanchiment moins de difficultés que les toiles; et même, parmi celles-ci, faut-il distinguer celles* qu'on livrera blanches à la consommation de celles qu'on destine k la teinture ou à l'impression. Ces aerniëres exigent un plus grand nombre d'opérations, ou au moins beaucoup plus de soins, car il est important qu'elles ne retiennent aucun corps étranger susceptible d'altérer ou de fixer les couleurs, autrement il se produirait des taches ou des inégalités dan» la teinture.

I oBlBacklaicNt dea flu de coIob. —Voici succinctement comment on procède au blanchiment des flls de coton.

On fait d'abord bouillir ces fils dans l'eau ordinaire pendant deux heures, si l'on opère sur de grandes quantités, et on les laisse tremper ou macérer dans de l'eau chaude pendant plusieurs heures, afin d'enlever toutes les parties solubles ; on les lave ensuite i grande eau, ou, comme on ^lit, on le; dégorge ou on les décretise, puis on les fait bouillir, pondant un temps plus ou moins long, dans une lessive desoudcà <° 1/2(1). On rince alors et on tord les pitntes, ou paquets d'écheveaux au moyen de Vespart {fig. 1119), cheville cylindrique en bois enclavée dans un poteau vertical, et terminée à son autre bout en léle arrondie. L'ouvrier passe un bftton cjUndrique dans la pante pour faciliter la torsion.

Chez H. I.eveillé, habile teinturier de Itouen, on remplace Yupart par une mathine à tordre dont voici une section verticale par le milieu du bassin (/Ig. 1120). Elle se compose esscnliellement dedeux crochets en fer a, a', placés au-dessus du bassin. L'un d'eux, a', est animé d'un mouvement de rotation qu'il reçoit d'une poulie A ; l'autre, a, a un

— lOT^OB de» *elM«i

(I) I.es leintnriers ponr le petll teint ne donnent Jamais da lessive alcalino aprfia le dicreutage à l'eau simple.

liV BLANCniHBNT. ll5

moaTement de TB-€l-vient dans le uns horiiontril, ci il est garni d'un levier A picdx qui tait TBiier te degré de torsion el qui ciigr<?ne In ma-

chine longue 1 ouvner appuie sur ce ci'ochet au moment où il v pose la pantc A (ordre. Tous ces détails sont en avant de la machine et ne peuvent figurer ici.

Quand le crochet tournant a. tordu la pantc avec nsseï de force, le levier est soulevé, elaumt?me instant part un déclenchement qui Tait passer la courroie de la poulie llve sur la poulie folle 6'.

Un ouvrier, avec celte marhine, exécute le travail de trois au miniiDum ; les panles, soumises à une Irasjon progressive et régulière, ne retiennent Jamais plus de liquide 1e> unes que les autres, ce qui ne peut avoir lieu dans le tordage à la cheville ou à l'eapart.

Dans les grandes blanchisseries, on remplace maintenant ces divers .

appareils de torsion par ïliydro- ■ ''''"

rxtraetear ou le diable de Penlioldt, ''''' ',lrbiû~pl!îr r^iè^B'e'jtiû'i*''* '" dont je vous ai parle à propos du

■ucre, mais dont la forme est généralement modiSée. La figure (131 représente le module anglais.

Les fils sont reafermés daai cette machine au sortit ia dégiwgws^

et en sept ou huit minutes, en donnant aux tamboun une vïteise de 1500 à I80O révolulîona par minulc, la presque lolalilé de l'eau en est expulsée, si bien que les pantes ne conservent plus, quand on les retire du diable, qu'an peu de moiteur, qu'elles perdent bientôt par l'exposition à l'air ( I ] .

Après le lenÎTaffe et les opérations manuelles qui le suivenl, on passe les flis dans un bain de chloruie de cbaux à 2°, et on les suspend à l'air pendant quelques heures, ce qui s'appelle diverdir ; on les lave légèrement à l'eau courante, puis on leur donne un baio d'acide suirurique h 4°.

Après trois heures d'immersion, on lave, OB tord et on tennine le blanchiment en passant les panles dans une cuve d'eau où l'on a mis en suspension un peu de bleu de Prusse ou d'outremer factice. La légère teinte bleue que prennent les Bis contribue à rehausser leur blancheur.

Pour le blanc grand ttinl destiné aux impressions chinées, après les bains de chlore et d'acide, on donne un bain de savon ù la colophane. On a commencé les opérations par une ébullition dans un lait de chaux, comme pour les calicots.

Pour tous les lils, on termine par le séchage, en étendant les pantes, pendant quelques heures, sur les barres d'un ^(ettdage {/ig. 11S2} établi

dans une cour bien aérée et recevant le soleil ou, si \e temps est mauvais, installé sous un hangar. En hiver, on les place sur les perches d'un séchoir à air chaud.

V Bluichlnieat «•■ lU de lin et de chanvre.— Le blanchiment

de cea Hls est plus long, parce qu'ils sont bien plus chargés do matiùrcs étrangères. On Tait ordinairement les macérations dans des lessives qui ont déjà servi, mais qui sont peu colorées. L'immersion dure de vingtquatre fi quarante-huit heures, suivant les localités et aussi suivant la

(l}Générsleiiient les teinturiers n'essorent psa après un décreusige ou toviln ■Dire opération ; unn sini|)le torsion k la main surst ; iln laissent reposer quel- ((ue temps et ne aèclieni jamais entre deux opérations; ca ssrmlt trop ditpen- 'dieui et 4'alll«urs nullement Dicessaire.

proTensnce de* fili. Après un degot^eage ou lavage à l'eau courante, on lord à la cheville, oti mieux, ce qui est plus eipédilil et moins dangezeax pour le> fils, on soumet les pantes à une Torte pression donnée, dam IçsgraDdsélabltsienienlg, parla presse hydraulique. Dans nombre d'établivements, on pratique l'essorage au moyen de la turbine.

A Berna;, les lessivages se font généralcmeiilàla soude caustique, les deux premiers avec de la lessive à 2°, pendant dix heures, à une tempe* raturede-|-4SàG!t° seulement, les derniers avec de la lessive i i'iji, à la température de -|- 6i», Ce sont donc de véritables coulayn semblables à ceux des blanchisseuses.

Hait, dans d'autres localités, en Flandre, par exemple, les lessivages ce font, comme pour le coton, à l'ébulHlion, el dans des euvien à projedim. Le nombre des lessivages varie avec le degré de coloration des fils, et cbacun d'eux dure de six 6 sept heures. On empUiie de 8 à 9 kil. de ■d de soude par 100 kil.

de fli. Dam tons les cas, entre chaque lessive, on rince & l'eau courante, on tord à la cheville ou on passe A la presse, souvent ausn è la turbine.

Je dirai tout de suite ce que c'est que le cutii>i' à pmjtction, imaginé par Widmer, de Jouf, mais perfectionné par Rardci, Descroisillc's fils, Duvoir.

Vtnd 1b Ibrme la plus habituelle de cet appareil (Aff. "23)-

Vn cuvier en bois A, dont le Tond ec est perce de trous, repose sur une maçonnerie au centre de laquelle est un bouilleur

B avec son Toyer. L'n luyou central en cuivre D, ouvert par ses deux bouts, est placé au centre du syslj^me et met en communication le fond du bouilleur avec la partie supérieure du cuvier ; il sert à l'injection de la lessive dans ce dernier ; une plaque e, disposée un pou audessus de l'ouverture supérieure du tuyau II, force le jet de lessive à tomber en forme de nappe sur les toiles.

On dispose les panlei dans le cuvier avec régularilé, après les avoir imprégnées do lessive faible. On recouvre la masse d une toile grossière

qu'on assujettit au moyeu de barres de fer. On reniplit le bouilleur de lessive aux deux tiers de sa contenance, et on cbaulTe assez pour porter à Tébullition. La vapeur qui se forme acquiert peu à peu une force élastique assez grande pour presser sur la lessive et la forcer à s'élever par le tube D qui la déverse sur les Gis, et comme la pression va croissant avec la température, son ascension se fait bientôt très-rapidement. La lessive redescend en s'infillrant à travers les Gis contenus dans le cuvicr et s'écoule par les trous c^c dans le bouilleur pour y être écbaulTée et élevée de nouveau.

Après le lessivage des fils, on donne des bains de chlorure à 1<> ou 2% qu'on a le tort de prolonger, pendant 1 heure i /2 à 2 heures chez les uns, pendant iO à 12 heures chez les autres. 11 faut, comme pour le coton, retirer les pan tes du bain de chlorure peu de temps après leur immersion, les exposer sur des traverses au contact de l'air pendant quelques heures, les laver légèrement, et les passer enfin dans un bain acide. On les dégorge à eau courante, on les étend sur le pré pendant un temps plus ou moins long, et on termine la série des opérations par un bain d'acide sùlfurique ou, comme l'on dit, par un vitno^ lage à 1 ^, en dégorgeant ensuite soigneusement.

Une chose essentielle pour avoir le fil bien rond, c'est de veiller à ce qu'il ne gèle jamais dans les ateliers durant la manutention, autrement le fil se feutre et devient étoupeux.

Quand les lins sont de bonne qualité et ont été bien rouis, il faut ordinairement pour obtenir le blanc à fleur : deux fortes lessives, dites écruagesj deux lessives intermédiaires ou plus faibles, trois bains de chlorure, trois bains acides et un vitriolage.

A Bernay, pour les lins de Russie, qu'on a beaucoup plus de peine à blanchir que les autres, parce qu'ils ont été généralement mal rouis, on donne un vitriolage après chaque lessive, et on passe immSdiatement après en chlorure, sans rinçage intermédiaire. On les expose aussi sur le pré, à la fin des opérations.

Z^ BlanehimcBt des toiles de coftoa. — Le blanchiment des toiles de coton destinées à être vendues en blanc, et surtout des toiles de lin et de chanvre, nécessite un plus grand nombre d'opérations, car il y a ou il peut y avoir sur ces toiles toutes les substances suivantes, eu supposant le cas le plus compliqué :

p De la colle forte ou gélatine, j

2<^ De la potasse ou de la soude, I employés dans l'encollage \

3° De l'amidon, de l'albumine^ | de la chaîne I solubles dans

du sucre / | l'eau.

4* Do la crasse des mains j

( soluble dans l'eau &• Du gluten [ de chaux.

S* Des mfttières grassef.

** Un savon de chaux i

It* Un savon de cuiTre fsolubles dans la

9* Les nurtières colorantes jaune et verte des fibres tex- / soude caustique.

tUes ]

10« Des matières résineuses ou gommo-résineuses /

11* Du fer et des matières terreuses ( solu blés dans les

( acides.

L'expérience a démontré que les tissus de coton contiennent, tei-mc moyen, 5 pour iOO de leur poids de substances susceptibles de se dissoudre dans les alcalis, et qu'ils perdent environ dans tout le blancbiment 28 pour 100 de leur poids. Les ?.l parties inattaquables par les alcalis directement sont celles qu'enlèvent Teau, le chlore et les acides. Les tissus de lin et de chanvre contiennent 18 pour 100 de maliùres solubles dans les alcalis, et ils perdent de 28 à 30 pour 100 de leur poids dans tout le cours du blanchiment.

Sans entrer dans tous les détails qu'elles comportent^ je me bornerai à indiquer la série des opérations qu'on fait subir aux toiles. Pour éviter les répétitions, je dirai qu'après chaque opération on dégorge en eau pure. Un parfait rinçage, après une opération quelconque, contribue essentiellement à la réussite des manipulations successives.

on dé|for|fea|fee. — Les lavages ou dégorgeages s'efTcctuenl de deux façons : l'une, la plus naturelle, et aussi la plus anciennement en usage, consiste à faire cette opération à mains d'hommes dans une eau courante; dans la deuxième, on substitue au travail toujours imparfait et pluS borné des hommes, celui de machines, qu'on connaît sous les noms de sautoir, plateau à battoir, machine à rouleaux, machine à laver, roue à laver ou dasU-wheel, machine à tubes, wash-stocks, trinquet, machine à lanières, etc. De toutes ces machines, les trois plus généralement employées sont le dash-wfieel, le sautoir ou clapeau et le clapecai cylindrique à lanières. Je vais vous les faire connaître.

Le dashrwheel ou roue à laver, dont voici une coupe perpendiculaire à l'axe (fig. 1 124), est un tambour cylindrique en bois, mû sur son axe par une poulie à courroies. Ce tambour est divisé en quatre parties ou chambres par des planches percées de trous. L'eau s'introduit par un tuyau a qui communique avec un réservoir supérieur, de telle sorte que quand le cylindre est en rotation, elle pénètre successivement dans chaque chambre par les ouvertures o, o, pratiquées dans le moyeu de la roue, et sort par les ouvertures antérieures.

On introduit dans chaque chambre par les ouvertures f. f, deux pièces de toile, et l'on donne à la roue 20 à 24 tours par minute. Les étoffes, imbibées d'eau, s'élèvent et retombent alternativement, en vertu de leur propre poids, d'une cloison sur l'autre; une grande partie de J'eau qu'elles conUennent rejaillit par l'effet de cette chute, et s'écoule au

120 SOIXANTE-DEUXIËMC LEÇON.

dehora, UodU qu'elles en reçoivent continuellement de nouvelle. Aprt^» un quart dlheure de mouvement, le dégot^eage est terminé.

Le dath-wheil est préKrable pour le dégoi-gcage des tissus légers a toutes les autres mac Uines qui les éiuillent toujours plus ou moins.

Quand on a affaire à des éloiïes façonnées délicates, on a miïme le soin d'enrermei' ces tissus dans des sacs de grosse toile, avant de les mettre dans le dask-wheet.

Le sautoir, clapeai

<e (1), dont voici une.coupe transver-

rlopefed pflHT it dâfOrgeag*.

sale et une élévation (/Ig. 1 1 îa), consiste en deux cylindre de bols entre lesquels on fait passer les toiles; ils sont placés i couvert et disposés

D rappellu quu c'est h Rouen qu'on I

d'abord toientd oi

DU BLANCHIHEMT.

sn-dOMM d'DD conrant d'eau ; le cvlindre lupérieur B est uni, l'infériMirA«lcainMlé.An-deiMaadecelui-d eil une travenetur laquelle ■ont împUiiléM de* eberillei, deilinéei i espacer les bandes de loJlei a, e, « qni pnnnt en spirales entre les deux crlindres. Alaparlîe loul ItntinféTieunBetroaTeunpelit cylindre de tension caebé sons l'eau, et qo'oo appelle habituellement une UmmetU.

Le cfUndre cannelé, receTant l'impulsion d'un molenr, met en inoai«inen( tout le iptème et pendant que les pi^ea, en sortant de l'eau, se rendent sur ce cylindre, le rouleau supérieur, à chaque Instant soulevé par les cannelures, comprime l'étolTe en retombant sur elle el en fait jaillir tes impuretés.

Les [Hècea sont d'autant mieux nettoyées qu'elles sont revenues ttn pins grand nombre de Ibis entre les deux cylindres. On met ordinairement trais clapeaus de l'.S à 2~ de longueur à la suite l'un de l'autre. Les pièeea sortant du premier sont saisies par un ouvrier qui les introduit dans un deuiiOme, et de celui-ci dans le troisième. Cet ensemble porte le nom de baiUrit.

Le elapem à lamérts, généralement adopté dans les usines de la Normandie (m. H SO), se compose do deux rouleaux en boismonléssur un

bâti ea fonte AÂA. Le rouleau ioférieur B, très-gros, est fixe; le supé* rieur G, d'un diamètre beaucoup plus faible, peut monter et descendre dans la rainure D, pratiquée dans l'épaisseur des jumelles du bâti. C'est entre ces deux cylindres que passent les pièces à dégorger. Un peu en avant du gros rouleau, quatre tringles fixées autour d'un axe F supportent des lanières E, E, en gutta-percba ou en cuir qui, lorsqu'elles tournent avec une vitesse de 800 à 1000 révolutions par minute, frappent sur les pièces au moment de leur passage sur le rouleau B. Le mouvement est communiqué par les deux pignons H et H', le premier fixé sur l'axe du gros rouleau, le second sur l'axe qui porte les tringles à lanières.

Le clapeau est placé sur un plancher PP au-dessus d'une eau courante, ou d'un grand bassin rempli d'eau qui se renouvelle sans cesse. Une tournette G', plongée à moitié dans l'eau, sert à tendre les pièces pour qu'elles passent au large dans le liquide qui doit les laver. Une crémaillère G sert à monter et à descendre la tournette. — Les pièces à dégorger, toutes liées les unes à la suite des autres, forment une toile sans fin, qui repasse continuellement de l'eau sur les cylindres pour y être battue par les lanières. — Cette machine fait un fort bt)n travail et ménage beaucoup plus les toiliss que les anciens clapeaux ou sautoirs.

Voici la série des opérations pour le blaiic d'impression, à Rouen :

1" Débouillage à la cbaux (3000 litres d'eau, 100 kil. de chaux vive) pendant douze heures environ ;

2** Bain d'acide chlorhydri(iuo à 1* 1/2;

3" Lessive carbonatée à 1" 1/2 pendant quatorze à dix-huit heures;

4* Lessive carbonatée avec addition de savon de résine ;

5^ Bain de chlorure de chaux ;

6** Bain d'acide chlorhydrique;

1* Dégocgeage parfait.

Le bianc à fleur est obtenu de la même manière, mais on soigne mieux le chlorage qu'on double, ainsi que les bains acides. On termine par un passage en amidon avec le bleu d'azur ou bleu d'outremer, et après le séchage, on cylindre ou on calandre.

Pour les tissus légers, les mousselines, etc., on supprime l'ébulUtion dans le lait de chaux.

DéboBlllair« ^ !• ehavx. — Le débouillage à la chaux est une opération très-importante qu'on a soin d'effectuer en vases clos, parce que les fibres végétales ne peuvent subir la double action de cette base alcaline et de l'air, surtout à la température de l'ébullition, sans éprouver une altération profonde.

Les chaudières en cuivre ou en tôle forte dont on se sert, de forme ovoïde, dites Ballons, sont fermées comme les autoclaves et ont des parois assez épaisses pour résister à la pression de 2 à 3 atmosphères né* cessaire pour porter le lait de chaux à une température supérieure à 100<^. Elles sont assez grandes pour y traiter à chaque fois ibOO à 2000 mètres de calicot.

DU BLAnCfHUEKT. 123

Danscettaines fabriques, on opère au moyen de la vapeur en faiiant UMge de cuvien en bo» ou en fonle pouv&nl contenir de 4 à 6D0 piëcesi eldispoiésautout d'un généraleuc comme d&ni la figure 1127. On & de

cette mBDiëre un débouillage continu, car, tandii que la vapeur passe dans un cuvier pour en chauffer le contenu, un autre peut flire en cho^e, on troîûùme en déchaîne, et ainsi de suite.

H. Benner, fabricant d'indiennes k Damelal prés Houeo, substitue à la cbaux du saccharale de cette base qu'il prépare aisément en ajoutant à 3Skil. de cbaux ëteinleel mite en lait 7 kil. I /2 de mélasse dissoute dans l'eau bouillante.

Ces proportions sont pour 300 pièces de 7 kil. chacune. On fait bouillir pendant huit heures ; on répète deux fois ce débouillage sur les mOmes pièc(^.

M. Benner prétend que ce saccharale attaque et désaRrége mieux que la chaux seule la roaliire résinoidc du coton et qu'il saponifie mieux les corps gras sans attendrir aucunement les toiles (I).

■^•alvage. — Les appareils de lessivage varient beaucoup déforme. Les plus employés cji France, sont Iccuvier à piojec tiotj de Widmer, dont je

déjà parlé, le e

r de Descrois'lkf

ifig. H28) qui ii'esl qu'une modification de celui-ci et qu'il suffit de

(1) Osns tous les cas, ce n'est quo depuis toa corr cbimiste de Boslon> 4 la Suciété industrielle de Mullioiisc, fa ISSi',, niionnsi du la cbaui dans le bUactiiineiit s'est iuuoduil et généra. tttbUsHineiili frauçaU.

voir pour en comprendre le Jeu, et la ctnte à circttlation, qui remplit (oulei tet conditions dëtirables. En voici la figure (H29).

Ls chaudiCire en Tonte A et le cuvier en bois B qui reçoit les toiles, ■ont au mi^me ai veau. La hsu(eur de leurs parois doit être égale, tandis

que leurs diamètres peuvent âtre difTérents. Ces vases communiquent entre eux, supérieurement et inrérieuremenl, par des lubcs horizonlaiK û,d. Deux tuyaux, e,^, du cOté opposé, s'adaptent à un autre cuvier semblable. Un trou de bonde est percé au bas du cuvier pour le vider.

Les toiles étant placées dans le cuvier, on ajoute la quantité de lessive nécessaire pour que la surface du liquide, étant de niveau dans les deux vases, vienne ameurer l'orifice du tube supérieur. Oh Terme hermétiquement le cuvier et lu chaudière, et on Tait le Teu sous celle-ci. Le liquide, en se dilatant, s'élève par le tuyau supérieur c, se déverse sur les toiles, et une quantité correspondante de lessive retourne parle tuyau inférieur d dans la chaudière pour s'y réchaulTer. Le mouvement continu du liquide produit, de la manière ta plus favorable, l'action pour laquelle on en fait usage.

Dans les grandes blanchisseries, il est économique de fhire intervenir la vapeur comme moyen de chaufTage de la lessive dans laquelle sont immergées les toiles. L'appareil peut être alors le même que celui figuré A propos du débonilûge à la chaux. Le coulage dans cet appareil n'exige aucun soin, presque pas de surveillance, et ne dure pas au deU de quatre heures.

Il 7 a cependant un inconvénient, c'est que la quantité de vapeur qui se condense pendant le cours de l'opération, étend la dissolution

DU BLANCUIMEIST. 125

alcnline de manière & en diroiauer, ùnon à en anéantir l'Bction; de telle wrle que, pour qu'elle en exerce une conrenable sur le tissu, il Taut, en commençaiit, l'employer à un degrâ de force qui peut altérer celui-d. On éTlte ces Rtcheux elTetB en se sertanl pour faire bouillir In leMÎTe d'un serpentin en plomb placé au fond des cuvei et daut lequel circule la vapeur.

H. Berjol, de Caen, a imaginé, il j a quelques année», et fait adopter dans pluûeuis grands étabUssemenls un appareil pour le lestivage dans le vide que Je vais vous foire connaître. En voici une coupe longitudinale (flg. 1130).

■iir fUM bande ds cioulclioiic pour I s'opère au mofen d'un flotteur I, placé dus un rëiervoir h eau en Ule L qui BO trouve aoui le eufier; le fiotteur est relié >u coii- Tcrcte par trois (ringtea en ter J,J Diiinlenucs par des guides K,K.

Va Mrpeniin en cuivre rf cil placé ui fond du cuvier pour chauffer la leuiro aa moyen <li; l.i Tapeur qu'un tuyiu am^ne du rvnéiMoor. Le tofan B sert au retour de l'eau de condenMtion qui ïient se rendre dsna un vase eu rôle G. I>ar le tuyau H ci?ltu eau est ramenée dans le cuvier puur

pré pondu égale

à la t

i do I

Au-dessus du leriieiitin d, an double fond en hoia bb, percé de troni, est destiné à recevoir les toiles à lessiver.

Le tuyau d'aspiration un d'uni' pompe à »lr, conslruile d'après les principes de» condenseurs des machines k vapeur, iraverse le ouvier et monte jusque sous te couvercle; il est destiné à opérer /■,,. inc— ippi il •* Bfjui p'urle lM9iv»Re le vide dans l'appareil. Entre la it»iul« nde

pompe et le cuvier, sur le tuytu

d'aspiration, on ■ soudé une petite cloclie dans laquelle on injecle de l'eau froidn pour condenser la vapeur produite pendant le lessivage ; le coiulenseiir peut être appliqué directement sur la pempc.

L'appareil est muni d'un baromètre indicatif du vide dans son intérieur, d'un tube de niveau, d'un thermomètre / donnant le degré de température dans In cuvier, et en outre de dcui glaces opposées pernietlant de voir dans l'inlérisur poor suivra U marcUo de l'opéraUon. i est le tuyau do vidange du

126 SOIXAm'E-DEUXIÈME LEÇON.

cuvier ; m est le tuyau d'arriTée et de sortie de l'eau qui fait monter et descendre le flotteur I.

Tous les tuyaux ci-dessus indiqués sont munis de robinets dont la manœuvre est facile à comprendre.

Voici maintenant la manière d'opérer. On ouvre le cuvier en soulevant le couvercle, au moyen ^u flotteur qui, montant au-dessus de l'eau qu'on fait entrer dans le réservoir L par le tuyau M, pousse les tringles J, J attachées au couvercle . On place la toile humide sur le double fond, en ayant soin de ménager, au moyen de cylindres et demi-cylindres en bois, que l'on retire après l'encuvage, des cheminées destinées à faciliter la circulation de la lessive dans le cuvier. La quantité de lessive Jugée nécessaire est versée sur le linge, au fur et à mesure de l'encuvage.

On laisse couler l'eau du réservoir L, quand le cuvier est rempli; le flotteur descend^ entraîne avec lui le couvercle de l'appareil, auquel il vient s'ajouter comme poids, et contribue de cette manière à le fermer hermétiquement.

On met la pompe en marche pour opérer le vide, dont la première action, en ouvrant les tissus, permet à la lessive de les pénétrer complètement et d'opérer la saponiflcation entière des matières grasses et résineuses, en n'employant que des lessives très-faibles (1* du pèse-lessive).

Aussitôt que la colonne de mercure du baromètre est descendue à 70 centim., on laisse arriver la vapeur dans le serpentin pour chauffer la lessive. Sous la faible pression qui s'exerce alors dans l'appareil, l'ébuUition ne tarde pas à se produire, à une température de 45*.

Vous comprenez que l'opérateur est toujours maître de faire varier à volonté la température de la lessive depuis 45 jusqu'à 100«, en laissant rentrer de l'air pour augmenter la pression intérieure ; pression qu'indiquent le baromètre et le thermomètre.

Le temps nécessaire pour un bon lessivage est de six heures. La buée^ les miasmes et la mauvaise odeur étant enlevés constamment par la pompe à air, les ouvriers n'en sont plus incommodés.

liCMlTaiTc à havte pression. — Deux Américains, MM. Wright et Fi;eeman, ont introduit, de i838 à 1K40, en Angleterre et en France, notamment à Rouen, un nouveau mode de lessivage^ surtout pour les toiles destinées à l'impression, qui constitue un progrès réel. Ces industriels ont eu l'ingénieuse idée de substituer aux deux ou trois lessivages de douze à dix-huit heures chacun, qu'un faisait et qu'on fait encore presque partout subir aux toiles après le débouillage à la chaux et le passage en acide, une ou deux lessives effectuées à une température bien plus élevée que celle qu'on emploie généralement (153 à 160<»}.

Pour cela, on encuve les pièces dans une grande chaudière de fonte exactement fermée, on y introduit le bain alcalin fait avec le sel de soude, et on y lâche de la vapeur à 5 ou 6 atmosphères. Cette énorme pression force le liquide à traverser immédiatement la masse des pièces et à s'écouler dans un réservoir vide. En condensant une partie de la vapeur par une introduction d'eau froide, le vide produit fait remonter le bain du réservoir dans la chaudière, d'où on le chasse de nouveau par une nouvelle injection de vapeur ; cette circulation est maintenue pendant six heures, à l'aide d'un simple Jeu de robinets. Au bout de ce temps, la lessive, ayant pris une couleur très-foncée, par suite des matières étrangères qu'elle a enlevées aux toiles, est rejetée;

puis cellet-ci «ont (oumiiei à. un iKTage à l'eau pure dans l'appareil infime et par le vaùme mécanisme.

Ud second lessivage est efTectué pendant 6 autres hitures, après 1eqnel lea pièces n'ont plus qu'à Otre passées en chlorure et en acide pour Otre complètement blanchies.

Vers la fin de 1848, un constructeur de Rouen, M. fiaudry, a perrecliouné cet appareil de manière k permettre de blancliir le double de pièces, dans le même temps. On encuve les toiles dans deui chaudière* qui communiquent entre elles cl qui s'envoient réciproquement et alternativement le bain alcalin, au moyen d'un Jet de Tapeur. Void cet appareil (Ad'. K3I}:

ng. 1111,

A, A', cbiadièrea ou cuves à lessirer à double fond. — B, B, luyaui dp prise de npenr. — C, C, tuyaux da communiotion conduisant la Ins^ivo d'iiue chaudière dans r»utre. — R, E. luyaui d'ascension pour roiivoyor la IcssiTC dans le réierroir K. — F, F, luyaut de purpp. — G, G. luyaiii lie purpt- de vapeur dans le réiertolr. — H, M, robinets indiiuant le niveau d'eau. — I. I, couvercles de fermeture. — L, tuyaux de comm uni cation do réservoir aui cures. — H, robinets Indiquant 1q niveau d'eau dans le réservoir K.

On opère à une pression variable avec le genre de tissus qu'on soumet su lesiirage ; ainii pour :

Les toiles d'Alsace et les fortes toiles de Rouen .... b «imospliires.

Lei toiles légibreB de Koucn, jaconas, madapolams. . 4 —

Lesartidet de Saint-Quentin 3 —

Les toilM et flis d<i lin 2 à I 1/1.

Panrun bon lessivage, il faut que la lessive passe 20 fois k travers

SOIXANTE-DBUXIÈHE LEÇON.

Au moyen de cet appareil perfectionna, qui ne revient qu'à 12(iO0 fr., toutes les op<ira<ions du blanchiment lont terminées en trois ou quatre jours.

D'autres appareils fondés sur les mémea principes, ont été brevetés en Angleterre vers 1838 par les nommés Bai'low et Pendleburj, et introduits en Alsace à partir de I6ï9 (I). Hais l'expérience a démontré que l'emploi de la haute pression n'est pas aussi économique et ne peimet pas une régularité aussi grande dans le lessivage que les procédés ordinaires à basse pression; il exige des ouvriers bon ligne etpi-é- ■enle d'ailleurs de graves dangers d'explosion par suile du maniement mal entendu d'appareils imparfaitement construits. Des accidents de ce genre ont eu lieu, en efTel, dans ces dernière» années, à Moscou, à Barcelone, à Lefde et à. Wûslewaltersdorf. On peut donc se demander, avec H. E. Burnal, si les avantages de !a haute pression ne seraient pas, Jusqu'à un certain point, compensés par les inconvénients qu'il» ealratnent.

Chlorate. — Après les lessivages effectués d'une manière ou d'une autre, on passe les toiles dans un bain de chlorure de chaux à !", pour achever la destruction des matières colorantes. La bain est placé le plus habituellement dans un envier surmonté d'un trinquet, tourneite ou tourniquet (fig. 1132), sur lequel on enroule les toiles et qui, par son

%. ilîJ.—TriiKH.

mouvemeni, fait passer successivement toute la pièce dans la bain. Les toiles y restent en immersion pendant dix à douze heures, en les faisant manœuvrer de temps en temps sur le trinquet pour changer les points de contact.

On emploie pour le blanchiment, en deux passages, entre un vingtième

([] On trouvera Itdescription ot les figures de ces «]>pir«ils du» llntéreuant npport de H. Emile Burnit k la Société industrielle de Mulhouse (t. XXXVlll da sea Bulletins, Juillet lli68, p. 611), imprinié louB la titre de i Motex wr to (ftvtra sysiémga ifapptirrils dits ù haute pression, employer pour It blanekimtiit dei lUna de co/on, et Rapport tur les cause* qui ont amtaé pAiriMn, «q^i»nom de ces appareils.

DU BLANCHIMENT. l29

et un trentième du poids des toiles en chlorure de chaux, suivant leur qualité et leur nuance.

Immédiatement au sortir des hains de chlorure, les toiles, sans avoir été lavées, mais seulement pressées entre deux rouleaux, sont immergées dans une cuve contenant de l'acide chlorhydrique à i/2<* Baume. On les tourne sur un trinque! pendant vingt minutes ; on les abandonne dans le bain pendant plusieurs heures ; on les retire en les enroulant sur le trinquet, puis on les jette à l'eau et on les dégorge exactement.

L'acide, en agissant sur le chlorure dont les toiles sont encore imprégnées, met en liberté du chlore qui agit sur la matière colorante et la détruit, ou au moins la rend susceptible de se dissoudre dans une seconde lessive.

Après les bains acides et un dégorgenge fait avec le plus grand soin, on donne aux toiles une nouvelle lessive de soude caustique ou carbonatéepour enlever la partie de la matière colorante qu'a déjà moditiée le chlore et qui adhère encore au tissu (t).

Après cette deuxième lessive, les pièces, selon le degré de blancheur qu'on veut leur donner et selon la résistance qu'ofTre leur fibre aux opérations du blanchiment, reçoivent un second passage en chlorure, semblable au premier, et suivi également d'un passage en acide, après lequel elles sont dégorgées pour être lessivées une dernière fois au carbonate de soude.

(1) Les expériences do M. J. Kolb ont fait connaitrc d'une manière plus précise le rôle des hypochlorites dans le blanchiment : je crois utile d<; vous indiquer les faits principaux constatt^s par cot liabilo chimiste.

!• Une dissolution de chlorure de chaux, au contact de Tacidc chlorhydrique, dégage du chlore.

2* Au contact de l'acide carbûni([ue, elle no dégapi; «juo de Tacido hypochlorcux.

3* La môme dissolution blanchit complètement les fibres textiles sans qu'il soit nécessaiFe de recourir soit à l'intervention de l'air, soit à celle des acides. Danses cas, le chlorure do chaux cède son oxygène à la matière colorante et se trouve ramené à l'état de chlorure de calcium. La décoloration se produit à la lumière diffuse et même à l'obscurité; elle a lieu sans aucune émission de gaz et en l'absence de toute trace d'air.

4* Le chlore à l'état naissant et l'acide hypochloreux, tout eu détruisant la matière colorante de la fibre textile, exercent un effet plus ou moins destructeur sur la cellulose ; celle-ci perd toujours plus ou moins de son poids et de sa résistance. Il n'en est pas de même avec le chlorure do chaux agissant en dehors de l'action des acides ou de l'air, puisque, dans ce cas, il n'y aucune émission de chlore qai puisse altérer la fibre.

De ces faits, il faut conclure qu'il y aurait un grand avantage à modifier la pratique du dilorage, en se bornant à de simples immersions des tissus dans le bain de chlorure en vases clos, à supprimer l'exposition h l'air des tissus chlorés, en les soumettant à des lavages k grande eau pour les dépouiller de toute trace de chlorure avant de les passer dans les bains acides. Ceux-ci sont toujours indispensables pour transformer en sel soluble le carbonate de chaux adhérant aux fibres textiles. (J. Kolb, Recherches sur le chlorure de chaux et mr le blanchiment dee ti$»ue — -Mémoirea delà Société des sciences de Lille, pour les annéei 1868 et 1889, VI* foL, p. 1S9 et 887. et VII* vol., p. 113.)

GUAID». — lY. '•>

Dans beaucoup de fabrique s, on fait un dernier lessivage avec des savons résineux, notamment avec du savon de colophane. Pour 200 pièces de calicot de 7 kil. chacune, on emploie 50 kil. de résine et 50 kil. de sel de soude ; on fait un lessivage de douze heures d'ébullition. On a seulement l'attention de passer les pièces en eau chaude à 70 ou SO^ au sortir du bain résineux, puis de les faire bouillir pendant deux à trois heures avec 30 kil. de cristaux de soude. On rend ainsi bien meilleur le blanchiment des toiles qui doivent ôtre garancées ou imprimées (1).

Dans d'autres fabriques, on fait intervenir les savons de résine avant tout chlorage, par conséquent immédiatement après le débouillage à la chaux, afin que la fibre textile, mieux débarrassée des corps gras, soit plus sensible à l'action de l'agent décolorant. Ce lessivage à la résine dure vingt heures et consomme pour 300 pièces de iOO mètres environ 120 kil. de sel de soude et 55 kil. de colophane. Cette manière de faire est plus rationnelle.

iritrlola|ir«* — On termine la série des opérations par un vitriolagey c'est-à-dire par un bain d'acide sulfurique très-étendu et tiède qui dissout le fer et quelques matières terreuses qui pourraient se trouver encore sur les toiles. Au moyen d'un tourniquet qui surmonte la caisse renfermant le bain acide, on y fait passer les pièces en leur donnant un tour et demi à deux tours, puis on les retire pour les jeter à la rivière.

Il est essentiel que les toiles soient bien lavées à l'eau courante, sans quoi, à mesure qu'elles se sèchent, l'acide se concentre sur les fibres, les détériore et les réduit en poudre. On éprouve le môme inconvénient en hiver, quand l'eau se gèle sur les toiles avant qu'elles aient été bien rincées. Un bain d'acide chlorhydrique ne présenterait aucun de ces inconvénients.

Bssorair«* — Les toiles blanches rincées, sont essorées, soit en les comprimant entre deux rouleaux, soit en les faisant passer dans l'hydroextracteur, soit dans une machine très-employée en Normandie sous les noms de Folle ou de Panier à salade {fig. 1133).

Celle-ci se compose essentiellement d'une caisse ou panier CCCG, en bois et fer, dont les deux fonds extrêmes sont formés d'un grillage en fer étamé, comme

(1) C'est à partir de 1836 que l'emploi des bains savonneux à la colophane fut

-adopté dans nos ateliers. Cette invention appartient à l'Allemagne, puisque le

premier brevet connu fut pris en 1827 par M"* veuve Bruckbœck, de Regens-

burg près d'Augsbourg. C'est un nommé Heinzelmann, acquéreur de ce brevet,

qui importa le procédé en Ecosse, d'où il nous est venu.

L'emploi de la résine pour le blanchissage du linge est très-ancien dans l'économie domestique. Dollfus-Ausset, de Mulhouse, nous raconte que dans une course qu'il faisait dans le Haut-Rhin, en 1816, il vit dans un village des environs d'Altkirch une femme de ménage ajouter de la résine de pin à de la lessive de cendre qu'elle préparait. « II y a bien longtemps, lui dit-elle, qu'on agit ainsi s le linge n'en est que plus blanc. »

DU BLA^CH1HE^T. iJl

on l« voit «a CCCC. Cette nisse est p*rugé« en deui compartimenu dani lesqiiel* on met un nombre égal ds pièces. Elle est perlée »ur un aie fi, et pl>cé<^ ■a centre d'une grande chambre en bois AAAA, munie d'une porte E serrant à chargnr et II décharger la mncliine. Celle-ci marclin, au moyen^ea ponlias de

Flç. tt».

commande, dont une Toile el l'autre fixe, ■

la minute. Les pièce» n'y restent que 11) it I .

fer garni d'un demi-cercle en bois, s'adaptant sur ta pr)u1i< moyen de la petite manîielle H pour arrilf est terminée.

lorsque l'opéra

Celle mBchiae est beaucoup plus simple, moins coûteuse et moins dangereuse que Vhyâ/m^xtraeleur .

Néch*!^. — Dans lous les cas, après l'essorage pratiqué d'une manière ou d'une autre, on Tail sécher les pièces. Pour cela, on les suspend à des traverses de bois, placées en Ibrme de gril, à la partie supérieure d'une lour carrée {fig. 1 1 34) dont les parois en bois sont formées par des auTenls à Jour disposés comme les rangs des persiennes de fenéire. Les pièces pendent de toute leur longueur dans l'intérieur el même k rextérieur de Yètendoir, exposé à lous les vcnis.

Dans les usines bien montées, la dessiccation des loiles s'opère dans detiéchoiTsàsirchaud (%. 1135), ou sur des cjtindres creux de cuivre

132 SOIXANTE-DEUX lÈMIi: LEÇON.

ou de fer-bUnc dans l'inlérieur desquels circule de la vapeur. Dans

Fig. M». — Séchoir i lir chiud it» «ludnir di» le haut.

ce dentier cas, lès (oilet, élenduei dans toute leur largeur, pauenl

DU BLANXHIMëNT.

sacceaiTemant sur dnq ou six cylindres A, A, A, A, A de 25 à 45 cenlim. de âîamëlre, placés à la suite les uns des autres ou disposés, comme dans la figure 1136, sur deux rangées l'une au-dessus de l'autre. C'est

Fig. 1136. — Scchoir à \:i|ieur.

par les arbres creux d'un bout à rautre H, H, It, B, B qu'arrive la vapeur dans les cylindres, ot qu'on fait écouler l'eau do condensalion. I.es toiles T, T passent d'abord sur un petit rouleau do tension C, puis sur les cylindres, en suivant la marche indiquée par les tlèches, et tiennent enfin s'enrouler sur le cylindre I).

La dessiccation à chaud par l'une ou l'autre méthode est préférable au séchoir à air libre, cai* elle est plus prompte et indépendante de toute influence atmosphérique.

DES ORGANES EMPLOYÉS DAîNS L'INDUSTRIE (suite).

Sommaire. ^ Apprêt des toiles. — Grillage ou flambage» — Blanchiment des TOILES DB LIN ET DE CHAXvnE. — Expositloii SUT le pré. — 2<* Blanciiimbi^t hes FIBRES AMiMALES, laine et soie. — Du papier et de sa fabrication. — Matières filamenteuses employées. — Papiers divers du commerce. ^ Papiers colorés et peints. — Carton, cartes à jouer, carton -pierre^ carton à couvertures. *

Apprél des toiles. — Le plus habituellement on donne aux toiles amenées au blanc parfait, ce qu'on appelle l'apprêt. On les immerge dans un empois, plus ou moins léger, composé avec do l'amidon, de l'alun et de l'azur de cobalt ou de l'outremer factice. Les deux premiers servent à donner du corps ou de la fermeté, sans nuire à la sou-

pleue; les deut autres ont pour bul de masquer une nuance jaunAIre que conservent quelquefois les tissus, et, en leur communiquant une légère teinte de bleu, de les faire paraître plus blancs.

Au sortir du bain d'amidon, on soumet les pièces à une torsion ménagée quand leur tissu est fin et léger, ou, quand elles sontdemi-flncs, oii les exprime entre dcun cylindres métalliques garnis de drap, alin d'agir le plus également et le plus fortement possible ; on les séchc, on les asperge ensuite, on les roule pour leur donner une cerlainc moiteur, puis, après les avoir pliées, on les-compriœe énergiquemrnt entre des cartons d'une forte épaisseur ou des planchettes de boia dur ou de cuivre.

La fécule, la dextrine blanche, les gommes arabique et adraganic, lesalcp, la gélatine, le savon, le blanc de baleine, l'acide stéarique, etc., sont aussi emploies pour les apprCts. On introduit quelqueroîs dans ceu^-ci de la terre de pipe, de la terre à porcelaine, du plâtre an et blanc, afin de boucher les vides de la toile et de faire illusion à l'acheteur sur sa finesse et sa qualité; mais au premier lavage la poudre interposée disparaît, et il ne reste qu'un tissu à mailles plus ou moiuj grossières.

Pour faire pénétrer dans l'intérieur despiiïces les apprêts épaissis par les matières terreuses dont je viens 4e parler, on se sert d'une machine dite foulardifig. 1137). Elle se compose essentiellement de deux cylindres en cuivre e,f, recouverts de toile et placés l'un au-dessus de l'autre sur un bâti en fonte ab. Le cylindre f exerce une cerlaJne pression sur l'inrérieur par le levier g chargé de poids à son extrémité. Au-dessous du cylindre e se trouvent une auge n qui contient le mélange destiné k l'apprél, et une bobine m sur laquelle sont enroulées les pièces. • Lorsque cette machine fonctionne, le tissu en se déroulant suit la marche indiquée parles flèches; il passe sur une traverse iquil'élend au large et fait disparaître les plis ; de là, il entre dans l'auge », en glissant sous un rouleau de cuivre o qui est à 54 millimètres de sou fond, s'imprègne de l'apprêt, se débarrasse de l'excès de celui-ci en frottant sur un segment de vis divergente s, et s'engage ensuite entre les deux cylindres presseurs *, f, qui le compriment et font pénôlrer

'■pprtl dct M

DC BUk5ECBJVE3rT. 135

Taj^rfit dans toof wn pont; coiii, 2 i earcfol^y encofe humide, sar le rouleaD sapérienr r.

Le listu ainiî unfté§Dé é «pprf t «st »6ché soit sar an métier oa cadre qui en saint la éeox iKirdj «t 1^ tient écarléf, laDdis qu'ao Tentilateiir plaeé aindeteof »>cf!3<; «sr l^U/ffe l'air échauffé de la chambre, soit sur des cjhnénÊ en rmrn de grand diamètre dans lesquels OQ £ût âtaUtx de h Ta|i«Dr. Une fois la dessiccation opérée, oo plie les tofles, oo les uxmei 4 la preise. et oo les fait passer sous de lourds cyliodres de foofe 'ja wy^i nzit calandre.

drlllace •• MmmÊm^pe Sem tmÊêem» — Les tofles de coton, calicots et crdséSy qui sont destixiées 4 la tnatore et à l'impression, nécessitent une opératioD prâimiaaire ao blanchiment ; je Tais vous la faire connaltie en quelques iDiyx

Qadqne perieetioaDé qse yAi > filage du coton, on n'a pas encore pu obtenir on fil abs&lomeiït è»ia d^tet. et d'après la nature de cette matîèfe filaneateiBe. fl es: à^AiUm qu'on puÎMe jamais y parvenir. Les ffii de coton serosit UAzy/an plus ou moins barbus oo cotonneux, si je puis parier ainsL coitar.: Y^ss^hui de coton employée et suivant le degié dlhabileté du filaleor.

L'^peêt qoe les fils re^^iient pocr être tissés ne remédie que momeotanéiDent à ce! l:^ic*^Ller.:. Un i»T:*s de filaments non engagés dans le corps du fil £ie ^.i! qit «'/>:^ch4s et '>:I'é5 conLre lui; ils se redressent azsBi&t qz'rrri Vkfit U UÂ>. dont la surface dewent cotonneuse.

DaxH ^'.u!H^r:n r:rtc::itâr.'rei, on *:n fiiî zi&z^ dans cet étal: mais, la &bi>irt dT3 trtns*. :ri * h-^^i-fr* c"* > o'.ts du îiifi: 5.::: à découvert et yèAh*m^Ti*. c::;: fi^U e*î de rr:;e-r dia* !r5 c^licitr qu on destine *îïmpra*L:s. et okrme dir.s les t'/Ie* d-r ménize p-'.-ur linge de table, de KTjtyL, i ame::b!emer.t, e!»:.

Cert ea çriiiin: le d-.^t c--! re-y.u'.re ilr.si le* ûls du coton et masçx* I«ir é<!a: et leur fineae. a-i nK.in* en parue, qu'on parvient à le décnire complètement et \ d^r.zirT %ai toi!» de co:on l'aspect des •iiC»» de lin- CtiUt sorVi de torr^fi^M-jn superficielle s'appelle GrCliPje 'sa F^M&o^s. et plus ralgairement A:u»i.

Oa Feiécute en faisant passer rapidement les toiles ^fij, l t3S) au-desflcs d ace plaqae ou demi-cylindre en fonte et mieuv en cuivre, a, «tiiasiTé au roaze, ou sur une flamme sufSsamment chaude et non fu- ^gineose. comme celle de I hydroe'rne bicarb»jné. de l'esp rit-de-vin.

Le ff U'Pj^ -z ïa p'jj^j'ii»^ milzré plasieurs inconvénient* qu'il présenfe, ■îst ecc'jre pratiqué dim îi plupart des fabriques d indiennes : il donne des résïil'ats <atisfiîiÀr.'s.

La premier** idée dn zn'Aàz^ au m^iyen de la rîimme d:i r.12 ippar- L-int a Molard, ancien *«,.«i3-directeur da •^Q5ervit..ire de^ arts et métier* de Pans, mais il zi^ *té mis â exé«:i:tion qu'en îSî' p-ic Samuel Hill. mécanîden awi^^i^.

136 SOlXANTE-THOlSlfeME LEÇON.

Son appareil (/Ig. H3D} consisle essentiel Icmcot en deux pdres de

ng. Ii3t. -Grillage à b plaqut.

tubes <!,«, en cuivre, posés à iOcoiitimftrcBdc distance l'un de )'aulrc;<

F\g. II3«. — Grilliniu t."

lubea, perces d'une mullilude de pelils (rous à leur partie aupârieun,

DU BIANCHIMENT. 137

sont placés horizontalement sous d'autres tubes à larges ouvertures 6,6 munis d'un ventilateur ; ils reçoivent le gaz d'un réservoir c. Le gaz s'échappe par les trous des tubes a, a, lorsqu'on y met le feu ; il y a alors deux ou quatre lignes de feu sur lesquelles ou fait t>asser rapidement les toiles tj t qu'il s'agit de roussir. On règle la hauteur de la hotte d'aspiration e suivant la nature du tissu à griller ; la flamme, entraînée par le courant d'air, passe à travers les mailles du tissu ; mais les toiles, avant d'arriver sur les lignes de flamme, glissent entre des brosses g, g, qui relèvent les filaments, et après leur flambage, elles passent entre des frottoirs f, f, garnis de futaine, qui ont pour but d'éteindre les étincelles qu'elles entraînent quelquefois avec elles.

Ce mode de grillage a joui pendant assez longtemps d'uue grande vogue, mais il a été abandonné peu à peu, principalement dans les fabriques d'indiennes, parce que sa flamme n'étant pas assez intense ne produit qu'un grillage insuffisant, parce que cette flamme traverse le tissu, le creuse et souvent môme en altère la force, et enfin parce que le passage des pièces entravant le libre développement de la flamme^ empêche la combustion complète du gaz, ce qui donne lieu à une fumée dont les produits se déposent sur le tissu et ne peuvent en être enlevés que très-difficilement. Cet inconvénient est surtout très-grand pour lésé tolTes de laine et de soie.

En 1860, M. Coke, de Manchester, a eu l'beureuse idée de se servir d'un mélange bien fait de gaz et d'air, comme dans les brûleurs de Bunsen, et de forcer la flamme, plus intense et non fuligineuse, à n'agir que sur la surface du tissu. Dès lors, tous les inconvénients de l'ancien mode ont disparu, et le nouveau, qui s'applique aux étoffes les plus fortes comme aux plus fines, a repris faveur.

M. Tulpin aîné, de Rouen, l'a introduit en France, en y apportant plusieurs perfectionnements très-importants qui permettent de pouvoir flamber deux fois le môme côté du tissu avec une seule flamme et un seul passage,, et quatre fois avec deux flammes, et aussi de pouvoir flamber deux fois l'envers et deux fois l'endroit en un môme passage.

La machine de M. Tulpin est trop compliquée pour que je la reproduise ici (1) ; je me bornerai à ce qu'il y a d'essentiel, à savoir, les dispositions adoptées pour soumettre les pièces à l'action directe de la flamme ; les figures 1 140 et 1 14i suffiront pour cela.

Le prix du flambage au gaz, dans ces conditions, est un peu inférieur à celui du grillage à la plaque, et le résultat est bien supérieur. Dans divers établissements des environs de Paris, les brûleurs à trous ont été remplacés par des brûleurs à fentes ; la dépense du gaz est beaucoup plus grande dans ce cas, mais les flammes sont plus égales et le grillage plus parfait.

(1) Vous trouverez le dessin de cette machine dans le toine XXXVII des Bulletins de U Société industrielle de Mulhouse, annexé aux Mémoires de MM. Schuitz et Jules Meyer sur ie fUamhatÊ» ^f^ (t**»* ^t Uê nouvelles machines à flamber au gaz (n* de oofeMb*^

Le grillage au moyen de la flamme de l'alcool, imaginé par Descroizilles fils, en 1826, n'a été établi que dans quelques fabriques et

Fig. 1140. — Disposition pour griller quatre Tois le même cAté.

a été abandonné au bout de peu d'années parce qu'il était insuffisant et de plus dispendieux.

Rien ne surprend plus les personnes étrangères à l'industrie que

Fig, 1141. — Disposition pour griller deux fois le même cùté*

S représente le tissu à griller : c///^'/, les brûleurs Bunsen ; a,a,a,(?, les roulears de détours du tissu; e,e,c,e, les roulettes en fer mobiles servant à rapprocher ou à éloigner le tissu des flammes suivant sa force. L'écartement qu'on donne à ces roulettes est de 2 à 3">™y pour les cretonnes, calicots, percales, etc., de 4"»™, pour les jaconas et autres toiles légères.

de voir des tissus aussi légers que nos calicots, nos mousselines, traverser une ligne de flammes sans être brûlés. Cet étonnement cesse dès qu'on sait que la fibre ligneuse est un très-mauvais conducteur

de la chaleur. En effet, qu'on présente un fil à la flamme d'une bougie, il 7 a aussitôt une scission nette, et l'inflammation qui a lieu d'abord, Imn de se propager dans la longueur du fil, ne tarde pas à s'éteindre. C'est en raison de celte propriété non conductrice de la fibre végétale, qu'une étoffe qu'on grille n'éprouve aucune altération dans ses fils, tandis que le duvet seul de sa surface est entièrement consumé par la flamme.

Depuis qu'on a remplacé l'exposition sur le pré par des bains de chlorure et qu'on ne sèche plus enlrc deux opérations, le blanchiment des toiles, dans les fabriques d'indiennes, est terminé en quelques jours, et souvent, dans les moments de presse, on complète toutes les opérations en vingt-quatre heures. Les toiles ainsi blanchies sont tout aussi bonnes que les autres pour l'impression et tout aussi blanches. Le seul inconvénient qu'elles présentent, c'est que, n'étant Jamais étendues, il s'y forme quelquefois des plis, surtout dans les lisières; ces plis sont très- difficiles à faire disparaître, et, lors de l'impression à la planche ou au rouleau, ils peuvent donner lieu ù des larrons^ c'est-à-dire à des blancs provenant de plis qui se sont opposés à l'impression.

N'oubliez pas. Messieurs, que le point de départ de tous les perfectionnements survenus dans le blanchiment des tissus végétaux, c'est l'introduction du chlore comme agent décolorant faite par Berthollet (1) et régularisée par Descroizilles père, de Rouen.

4^ Blanehimeiit des toiles de lin et de chAiivre* — Les toiles de lin et de chanvre, toujours plus chargées de matières colorantes et

(I) Claude-Louis BerihoUet, né en 1749. à Talioire, on Savoiu, se fit naturaliser Français et devint médecin du duc d'Orléans. Ami du grand et infortuné Lavoisier, il concourut avec lui, Guyton d<; Morveau et Fourcroy, à la réforme du langage chimique et à la brillante révolution do cf!tte science. Il entra, dès nSO, à l'Académie des ScifMices^ fiit chargé, en 1794, de professer la chimie à rËcole normale, puis à l'École polytechnique, et nommé membre de rin!>titut à répoque de la création de ce corps savant. Sa probité le fit désigner pour recueillir les objets d'art conquis dans nos triomphes en Italie, et bientôt après il fit partie de la mémorable expédition d'Egypte. Napoléon l'aimait beaucoup ctsarait apprécier sa haute capacité. 11 l'éleva au rang de comte et de sénateur. Outre un grand nombre de découvertes, on doit à Berthollet l'application du chlore dans le blanchiment, d'importants travaux sur la teinture, et notamment des Éléments de Vart de la teinture^ qui ont érigé cet art en une science positive. Son autre ouvrage, l'Essai de statique chimique^ dont il avait conçu les bases au milieu des sables brûlants de l'Egypte, suffirait seul pour rendre son nom impérissable. Dévoué à la science qu'il chérissait, il fonda, en 1807, à Arcueil, dans cette célèbre retraite de ses vieux jours, une Société composée de physiciens et de chimistes, ses élèves, qui se réunissaient tous les (|uinze jours pour répéter les expériences nouvelles, et qui publièrent trois volumes d'intéressants mémoires, sous le titre de Mémoires de phyHque et de chimie de la Société d' Arcueil, Berthollet fut nominé pair do France en 1814. Il mourut le 6 novembre 1822, à l'âge de 1^

résineuses que celles de colon, exigent que l'action des mêmes agents soit répétée un plus grand nombre de fois. Voici, en général, la longue série des opérations pour les toiles de lin :

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