DU BLANCHIMENT DES FIBRES ANIMALES
Les différentes laines n'exigent pas la même chaleur au dégraissage. Les unes, très-huilenses, comme celles d'Allemagne et d'Espagne, demandent 75 à 80* pour saponifier leurs corps gras. Les suints de France demandent, en général, 70% tandis que les laines lavées d'Australie et certaines laines de Russie ne réclament que 00 à 6o<>.
Pour tous les suints, en général, on se sert actuellement de sel de ioudey dont l'action caustique est tempérée par les matières émulsives dn suint. — Pour les laines lavées d'Allemagne, d'Australie et de Russie, on emploie de préférence les cristaux de soude dont l'alcalinité plus faible respecte davantage les fibres de la matière textile. — L'urine est toujours utilisée, mais en bien moins grande quantité qu'autrefois.
Dans sa journée, un dégraisscur et ses quatre hommes font régulièrement 200 kil. de laine blanche, parrois 240 kii., suivant que les laines sont plus ou moins chargées de suint.
On a remarqué que les laines se dégraissent mieux en hiver qu'en été. Les eaux de rivière, subissant l'influence de la température, dc- Tiennent plus ou moins propres au dégraissage.
Ce n'est que lorsque la laine doit être teinte en bleu d'indigo, qu'on lui Dût subir plusieurs dégraissages successifs, en laissant entre eux un mois d'intervalle, et en faisant sécher chaque fois la laine avant de la dégraisser de nouveau.
Pendant le lavage et le dégraissage des laines, il ne faut jamais les agiter de manière à en déterminer le feutrage. On se contente de leur imprimer un mouvement giratoire, ou on les soumet à la compression en les piétinant, si l'on n'a pour intention que de renouveler le liquide interposé. Vous comprenez facilement l inconvénient qui résulterait du feutrage ; on ne pourrait plus alors mettre les filaments en état d'être filés, sans les déchirer et sans nuire beaucoup à leur qualité.
Tout ce que j'ai dit jusqu'à présent s'applique à la laine en flocons. Les étoffes de l'aine destinées à l'impression sont dégraissées au moyen de cristaux de soude associés ordinairement à du savon blanc, et à une température qui ne dépasse pas 05<*. On passe les éloffes au large dans le bôin, au moyeu d'une machine dite foulard^ que représente la figure il43.
On répète les bains alcalins, dont chacun est suivi d'un lavage à l'eau chaude, selon que les étoffes sont plus ou moins chargées de corps gras. Même après les lavages et )es désuintagos les plus parfaits, la laine, en flocons ou en tissu, renferme encore généralement 3 p. 100 de matières étrangères et contient du soufre à l'état latent. Or, celui-ci, comme l'a remarqué M. Chevreul, peut devenir sensible et se combiner avec les métaux, surtout avec le cuivre et le plomb, sous l'influence de la Tapeur ou d'une certaine température. Il produit alors une couleur jaune orangé bnm oa gris fauve, ce qui peut, par conséqueril, altérer les nuances délicates.
GlBABMa. — 1V«
Il fainîmil dont' rtnoncor aux clioudiùreB dp cuivre qu'on emplnic ' habituel lumen I, el no plus ee sorvir pour l'uiiduirc I'gou ou la vapeur dont les buins, de tuyaux artiuulés au mofeu d'armalurea bouloonëcs
Aï.biti en liois. — B, ciiase renfamunl le btin «Icalin.— C, C, C.C, roulflips en bois repninlll sur des cousilnèli do ciiivro, au moyen desquelles Ips pièce» drculent dans lu bain. — U, D, ri)u[e*u\ de cidvre, enlourés de doubles de cilicol, deslinés & stilrct- et k yreisar lai pièces bu sortir àa biin. Le roidetu supérieur peut Strc plus ou moins rapproclié de l'inrérleiir su moyen du levier L et de son conire-poida. — E, ruulcsu mobile sur lequel leï piècus s'enroulent. ~- L', levier en cuuimunicttinn avec ce roulesu, et qui permet de tendre et do pres&ur plus ou moins les pièces. — G, règle munie de r«.lnnres diTergente* pour tpndre les pièces ou los mettre hu large a ....
I D, D; UJi évite unai les plis.
entre Icsqucllsa on inlei'poso du mastic au minium. On éviterait une partie de ces accidenU dont les Tabricants bc plaigncnl et dont ÎUign»rout l'origine.
Dans les deux cas, en efVel, de tris-peliles quantilës d'o\ydes de cuivre et de plomb venant ù se déposer sur la laine, le souTre de celleci réagit nécoeauireraent sur ces oxydes pour peu que la température vieiin'e à s'élever, comme cela a lieu dans l'opération du vapvrisage
DU BLAllCHnfE3CT DES FIBRES A5IMALCS.
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des pièces qui a pour bat de fier les eooleun imprimées, ou dans celle de rmpprêt qoi eonrirte à faire passer les tissas sur des cylindres chauds (PeiiOB pèfe).
Ummtwmtf" — ' Le Manthiment de la laine, cooTenablement dégraissée, s'eiTectoe ao OM^eo da ifMfingey c'est-à-dire par l'action du gaz acide solforeax (I).
On opère de la manière saivante :
On choisit one chambre tiolée et sans cheminée (/l^. 1 144, AA\ ayant
le hant une trappe 6, que Ton peut «..j^rir et fermor à volonté, et di» le bu une porte k à hauteur d homme, a\ec deux peliles ou\ert'ires dans les anirles (/, d, destinées à recevoir les terrine? à soufre.
tes perches <?, e, », t sont éULIieé transversal»? m.? ni dans îinlérieur, à eaiiioa3 mètres de hauteur: c'est sur elles qu'on disp«>se les laines ectées. Pour éviter que de la fleur de ««jufre volililisée ne se désnr celles-ci pendant lopération, on enveloppe les pentes ou les p-.-xes d'une grande toil»? de t-oton humide. Après avoir garni Tinté- T.^iT de la chambre, on en femie la trappe et la porte dont on lu te I« ;:inture* a\eo de la ItMTo glaise, puis on pousse dans chaque ouver- :ir* i, une terrine contenant du soufre entlammé, et on clùt ces ou-
I, L'opération du yow/Vrtj/e dos laine» était connue des anciens. Piine o-i \ a- * *i siisi'^ars endrv»iiH do >on Uistûtrtf natueile Vix, X\XV, §§ 50 ci 5'). Apuly?, ii:m 4oa livre do VAnt'^ii'ot\ raconte «iu'i Tarrivée d-* son mari, la fvnim-^ (i j:» )LU<riisseur ayant radié un galant *<>«> une graiide caze qui servait ordinairement aa ioufnfjfTt le* vapeurs salfureise* prv'voq'itrrent bientôt la loui du nial- Iwareax dooi la présonce fat ainsi nÎTêlée lu mari.
^erlurcs. Pour 100 kil. de laine, on emploie à peu près 2 kil. de soufre. Ce corps se convertit en gaz sulfureux au moyçn de Fpxygène de Tair, et cet acide, condensé par l'eau qui mouille la laine, réagit sur la«matière colorante et la fait disparaître.
Au bout de douze à vingt-quatre heures, suivant les cas, on ouvre toutes les ouvertures pour que Tair extérieur rentre dans la chambre, chasse l'excès de gaz sulfureux et sèche la laine. Dans l'hiver, aussitôt que l'odeur suffocante est dissipée, on referme la porte et la trappe, et l'on fait sécher la laine à l'aide de réchauds chargés de braise allumée.
La laine blanchie au moyen du gaz sulfureux ne tarde pas à Jaunir au contact de l'air; c'est là un grave inconvénient qu'un de mes élèves, M. Pion, chimiste- teinturier à Elbeuf, a su éviter, en remplaçant le soufrage ordinaire par une immersion plus ou moins prolongée de la laine dans une dissolution de sulfite de soude additionnée d'acide chlorhydrique.
Ce sel s'emploie en gros cristaux. On en met 12 kil. dans 1000 litres d'eau et l'on ajoute environ 10 kil. d'acide chlorhydrique. On introduit dans ce bain 40 kil. de laine, qu'on laisse séjourner pendant deux ou trois heures. On les relève au bout de ce temps, et on les remplace par une autre mise en ajoutant dans le bain 2''",5 à 3 kil. de sulfite et autant d'acide. A chaque mise nouvelle de laine, on répète les mômes additions.
On peut aussi employer le bisulfite de soude, qui est en solution saturée ; dans ce cas, on met pour les mï^mes proportions d'eau et de laine 3''",o de sel et 2''",o d'acide. Le sulfite neutre est 'préférable parce que, mis en gros cristaux dans le bain, il ne se dissout et n'est décomposé par l'acide que peu t\ peu, de sorte que la laine reste plus longtemps en contact avec l'acide sulfureux devenu libre et que son blanchiment est ainsi plus complet.
Les laines les plus jaunes et les plus communes deviennent d'un blanc magnifique et persistant par ce moyen; c'est avec elles qu'on confectionne ces draps de fantaisie dans lesquels il y a un mélange de parties blanches et de parties colorées d'un très-bel efi'et.
Habituellement, après le soufrage, on soumet la laine à un désoufrage à l'eau chaude, puis on la passe dans un léger bain de savon pour lui donner plus de moelleux ; on l'azuré ensuite avec du carmin ou de l'acétate d'indigo, seul ou mélangé d alumine, pour rehausser le blanc, ou plutôt pour masquer la teinte jaunâtre qu'elle conserve ordinairement.
La laine blanchie après avoir été filée est toujours d'un plus beau blanc que celle qui est soumise aux opérations précédentes pendant qu'elle est encore en toison.
• 2<^ Dlatichimeiit de la sole. — Suivant la nature des soies, et surtout aussi suivant les emplois qu'on ea veut faire, le ti'aitement des fils