‹ Lecons de chimie élémentaire (volume 3)Chapitre 4 sur 114 · DU TABAC · texte numérisé non relu

DU TABAC

riadigotiei. On lei appelle Bayo daoi la NoaTelIe-Grênade. Recueillie! trois fois par an et detaâciiÉet arec grand soin, ellei lont l'objet d'un commerce trèt- coniîd érable ; leur emploi remonte auni loin que les premiërei tradition! qu'on possède tur l'histoire du Pérou ; partout où les Incai pénétrèrent par la suite, ils distribuèrent ce végétal en |ir6- ■ent aux nations conquises; présent funeste, car le eoea produit le> mêmes effets fftcheux que l'opium.

Tabac. — Les indigènes de l'Amérique méridionale, des Antilles, ' des lies de l'océan Oriental et des deux preiqu'tlei de l'Inde, ont fait UMgedulabacdèsles temps les plus anciens. Quand les Espagnols abordèrent au Menique, ils ne virent gas sans surprise les habitants aspirer la fumée de roseaux dont l'un det bouts était allumé et dont l'intérieur était bourré d'une Tenille sèche, appelée pélun.

C'est vers ISIS que la plante d'où provenait cette feuille fut introduite ta Espagne et en ]>ortugal par Kernaadei de Tolède. On croit que son nom actuel vient de ce que les premières importations se firent de l'Ile de Tabago, une des Antilles, peu distante de ta cote de Venezuela. En liii)9, Nicot, ambassadeur de François II à Lisbonne, cnvova des graines de celle plante et mùme, dit-on, du tabac en poudre à Catherine de Médicis ; c'est de là que vinrent les noms de Nkotiane, d'Herbe à la reine, qu'on donna, en France , à la plante nouvelle. Ce sont les sauvages de l'Amérique qui enseignèrent aux Européens à fu- /^n. loeo. — uine runique. mer et à mâcher ou chiquer le tabac ; mais l'usage de priser sa poudre est tout européen.

La plante en question [fitj. 1000) appartient à la même famille (Solanées) que la pomme de terre. Elle a pi-oduit plusieurs variétés dont l'une, le tabac ù larges feuilles (fig. 10Ct),esl cuUivée le plus généralement en Europe,el dont une autre, le lalacà feuilles éiroiUtifig. 1063], est préférée en Virginie.

4 CINQUANTB-NEDVIËyB LEÇON.

I /exploitation de cette plante constitue, de nos Jours, une industrie agricole et manufacturière de la plus haute importance. En France, eue est, comme le rafSn^e du salpêtre et la conrection de la poudre à tirer, monopolisËe par Is Gouvernement, qui en retire annuellement un bënéBce net de 200 millions au moins. I.a consommation de ses produits sur le globe entier monte à plus d'un milliard.

U'aprèslesnombreusesanal;ses faites par les chimistes modernes , on sait que les feuilles de tabac, à l'état normal, contiennent :

lin alcaloïde spécial, appelé Nicotine (C'*H"Az'), en combinaison avec l'acide malique; une résine jaune et une réaine verte; de la cire; une matière grasse volatile, nommée Nicotianine; des matières azotées albumiiioïdés ; des acides malique et citrique libres; du malalc d'ammoniaque ; des malate , citrate, pectatû et oxalale de chaux ; de l'acétate et du sulfate de potasse; du chlorure de potassium; des azotates alcalins et terreux ; des phosphates de chaux, de magnésie, de fer et de manganèse; de la silice; enfin de la cellulose, dans la proportion de 0,50 a U p. too.

Les cendres fournies parle tabac varient de 17 4 24 p. 10O.

La nicolme est un alcaloïde liquide, Scre et volatil, qui se trouve non-seulement dans les feuilles, mais encore dans les racines de la plante, dans la proportion de 2 à 8 p. 1 00. C'est un des poisons les plus violents ; quatre ou cinq gouttes suffisent pour tuer un chien. C'est elle qui est la source du montant du tabac préparé et la cause de son action narcotique et délétère. Le crime de Bocarmé a, malheureusement, rendu trop célèbre l'incroyable puissance vénéneuse de la nicotine.

Séchées à la manière ordinaire, les feuilles de la nicolianc n'ofTrcnt Jamais ce montant et cette propriété sternutatoire si développés dans le tabac du commerce, parce que la nicotine n'est pas mise en liberté. On leur fait acquérir ces qualités en les abandonnant en tas pendant un temps plus ou moins long après leur dessiccation, et après les avoir arrosées avec une solulion do sel marin.

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