DD TABAC
1* FaMeafion du (oioc à pritrr. — V<rid, en *br£gé, comment on optra pour I> fabricitioa do labai: à prigtr, qui est l> plus longue et 1a plu» dirScile. Je dlni d'ibord qu'on emploie de prétérance pour cette •pédalilé les fenillei gnwes et corsées, comme celles de Virginie, dBlLeatucky,de Hollande, dei dépirtemenu du Nord, da Lot, de Lot-et-Garonne et d'Ille- et- Vilaine.
Api*sles«»oirDiouillée* à 18 p. 100 d'eau ulée mtrquuit 11° Bau- (Dé, on les biche en Uniire» d'un centimètre de Imrge lu moyen de macbines «sseï lembUbles lai hicbe-psille, poi* on en Tonne des muses rectangulaires du poids de tOàâOOOO kil, qu'on conserve pendant cin(] h sii mois {fig. 1063'.
LaTernientation lente qui se produit dans ces masses de Teuilles humides, dont la tcrapé-
tains endroits, Jusqu'ï 7a et mime 80*, par saits d'une véritable eombusiion due & l'aclion de l'air qui les traverse el dont l'oiygÈne
carbonique ; cet décomposer la m Les premières parlions d
e fermentation, dis-je, parait avoir pour résultat prineipul de 1 tleiinor naissance, par [i, U de l'ammoniaque. ;ali, en s'emparant de l'acide qui neutralise la n liberté, et l'excédant d'atnmoniaque lui sert Je véhicule. Dès lars l'odeur propre su Ubac se mBiiifesie.
H. Schlicsing a constaté ce qui suit : la nicotine est détruite en grande jwrtie 1 car les reuîHes, qui en contiennent G p. 100 avant la mise en masse, n'en renferment plus que 1 p. 100 après cette Tormentation. L'acide acétique sa développe el passe da D,& p. I0O& 1,5. Les acides malique et citrique se détruisent dans U proportion de 0,5. Les acides oialique et pectique deinenrent inaltérés. Il en est de même des résines et du ligneux. Il se produit une trés-petîte quantité d'esprit de bois, et une proportion plus minime encore d'une buile essentielle très -aromatique, i. laquelle le tabac Termenté en masse doit une partie de son odeur. La proportion d ammoniaque tie change pas, bien qu'il s'en développe certainement, mais il s'en perd, par la dispersion dans l'air, autant qu'il s'en prodiiit.
Lorsque la fermentation a été poussée assez loin, on procède au Tapage en passant les Teuilles dans do grands moulins analogues aui moulins h café (^7. 1061). La poudre, qui rei;ait le nom de rdp^ sec, après avoir été tamisée, est arrosée d'eau salée à 14° Baume (18 p. 100), tamisée de nouveau pour répartir également l'humidité : c'est alors du ràfté parfait, qu'on renferme dans des chambres oa cases en bois d'une contenance d'environ 301X10 kil. pour y subir un nouveau degré de fermentation qui exalte davantage te montant et produit
une coloration de toute la misse. Après iroii mois de séjour, la poudre est transvasée dsna d'autres ca>es, autant pour mélanger les portions ioégalement reroientées que pour ranimer ios riiactions cliimiqueB, et après trois lrBiiiT4se-
s somblnbles dans l'espace de neur k douze mois, les cases étant arrivées h maturité, on en mélange (nus les r&iiés dans une inimonso chambre de manière b avoir un produit aussi liomogèiio cjua possible. Sii semainus après, on lamiM le tabac et on la mot en barils.
Dans cette seconde Termentation, qui dure si longtemps et ati l'air n'interviont presque pas, il n'y a plus de phénomènes d'oxydation, comme dans la première. Les matières azotées, ainsi que les acides maliqus et citrique, conlinuent a se détruire ; l'acide acétique, au contraire, se dév<?liippc de plus ea plus, ainsi qne de petites quantités d'acides Tormique et bulyriqne. Quant h la nicotine, sa proportion ne clianp:e pas, mais elle est en grande partie neutralisée l>ar l'acide acétique. I.e montant du tabac est devenu plus interne et résnlts d'un dégagement incessant de carbonate d'ammoniaque entraînant avec lui dea vapeurs de nicotine. Quant h l'arnme ou parfum fourni par les feuilles de Virginie, il est dû très-probablement à uno'liuile essentielle.
La qualité des tabacs ne dépond donc pas eictnsivement de la quantité de nicotine qu'ils contiennent, puisque ce ne sont pas les meilleurs (Cuba, Marj' laud, Virginie) qui sont les plus rîclies en ce principe. D'après H. Schl'^sing. !• moyenne de cet alcaloïde, dans les tabacs de France, tels qu'ils sont livrés ani mitrepOiB. est de 3,b; mais, commt ils renrerme]it ordinairement 33 p. 100 d'eau, la proportion de nicatine se réduit k 1,36 p. lun.
Dana loua les cas, c'est véritable laent en France qu'on fabrique le mieai lo tabac en poudre. Cela tient h ce que cette industrie n'est pas libre, qu'elle est exercée par l'Eut, dont la régie déploie uuo grande surveillance sur la venta au détail.
- S" Fabrication du tabac à mdchn; — Le tabac à mA':lier, qui n'est guère consommé que par les marins, consiste en fouilles corsées, mouillées k Ht p. IIKI et privées de leurs cûlas, qu'on place les unes sur les autres et dont on fornu ensuite de véritables curdes auxquelles on donnu lo nom de rilts ordinaires
«I de riiti itttmt-flUi lalnnt leur grouenr. L'intérieur de ces corde» eu fait k*ec de* featllei da Nord, da Lot et da Lot-et-Gironne, et l'eilériear ou la robe nec des reuilles choisies de Virginie.
Ponr Is (afin; A /Unii
obtient
S* Fabrication du tabac à fumtr, leli, on assouplit d'abord les rouilles triées en le* mouillant k 38 p. 100 d'eaa salée à 8* Bsumé; puis, après Tingt-qnatre benrei, on les écdte, e'ett-t-dire qu'on leur enlfeve la partie la plus grosso de leur câte midiane. On les place slors les unes SOT les antres dans le rafimo sens et on les hacha au moyen d'une machirn spéciale œoe par la rspenr (fiç. lOSS). Les pertes lanières qu'on -'-•■--• —si sont desséchées sur des cuiirre cliauffés ï la vaienx dans un torréfacteur mécanique de l'invention do U. E.
Rolland. Celte opération n'a pas seulement pour bul d'enleTur l'excédinl d'IiumitÙté, mais nusai de faire fritcr le* lanières, ce qu'on n'obtiendrait pas par une simple desticralionil'airlibrp.
Le torr^racteur do M. Rolland l/ig. 10S6], aujourd'hui généralement adopté, se compose essentiellement d'un grand cylindre lioriionial en tOle HH, tournant sur des galets g, g, et armé b rintfricur de lamii^ lii'Ucoldales garnies, sur leurs liord», tie petites rourchettei. Deui foyers contigus L, L', alimentés par d» coke,
température constante de lîO", Lorsque le tabac, tombant de la (rémio AB, munie d'un dislrihuteur fi pa- fjg ^^|^^ ji,,,,]!,, ^ i,ru>dr uu ri|«r Iv» lettes C et do deux soupajies D, E, ' ' f.uLU-, .lu tàhac.
arrive sur le pl.in Incliné F, il onln!
dans le cylindre, le parcourt par le seul fait de la rotation, ci çnn par l'a-itre bout, en 1, où se trouve une trappe d conlro-poîd^ l'P'. Pendant ce trajet, les laniw le soulËveni, les tourclicttes le divisent et l'einpf client de se pelotonner. Un courant d'air, venant da la trfmie AH CI qu'écliaiiR't'nt la matoniinria et les enveloppes en taie qui couvrent le cylindre, iiénèiro dans celui-ci et entraîne avec loi le» vapeurs d'i/au dans le tuyau Kqui débouche dan; la grande cheminée de l'usine.
Le tabac, ainsi torrélîé, est étendu sur des claies, dans un séchoir h air libre maintenu ï une température de t.", au mieux, iniroilmt dans un séchoir mécani([ue, grand cylindre en bois assoi semblable au torréfacteur, traversé par un courant d'air froid projeté par un vcntilalcilr. On le conserve cJi masse pendant une quinzaine de jours, puis on l'enipaquHo et on l'i^mbariltn.
Pour ic .>c'j/er/a(toi'(/iii'iiVf, appelé vulgairement Caimeiil, on fait itn niéiangit de feuilles de divers pays, tels que Kcntucky, Maryland. Pas-de-Calais, Alsace, Hongrie, Macédoine, etc. Les scaferliitis éliinigeri sont composés exclusivement do l'une des cinq espèces suivantes : ïlaryland, Vir^-tnle, Varinas, Levant, Latatié.
O"""! aux cignres, on les conf.'Clionno avec di's feuille* nii des iniirci'an» de feuilles disposés longitudinale ment et préalabtemunt humectés et écûtés.
dans un morceau plus grsnd et qu on revêt d'une robe plus large
de belle apparence qui senroulL. Ln spirale Miour du cigare, L'extrémité I la robe est aasnjstiia itec un peu à. empois
fuis confection nÉs, sont étendus sur dus claies, dans des
séchoirs clinufTés i !i) et îk'. Après huit à quinie jours, on les renferme dans ti garde le plus luugtemps possible en m igasïn.
Les cigares k b centimes sont fabrirguâ^ avec des mélanges de fouilles du Heiique, de la Ueurtlie, de la Hoaclln, de la Gironde et do b Derdogno.
Pour les cigares i, 10 centimes, un mélange des feuilles de Kentucky, du Pas-de-Calais, do Lot-et-Garonne, du Bas-Bliin, da la Ucurthe, do la Moselle, de la Gironde, de la Dordogne, de l'Algérie et de Honnie.
Les cïmres étrangers sa font avec du Uaryland, du^ava, du Havune et du Brésil, seuls ou mùlangéa entre eui.
On snit, gi'Sce aux rechercbes de MM. Zeise, Meiscns, Vogel et Rcî- Bchauer,qiielu fumée de Ubac renferme un grand nombre do principes éDergiqucs, tels, entre autres, qu'une huile cmpjreumalique parlicn-
lièK, du carbonate d'ammoDisque, de la nicotine, de l'acide butyrique, de l'hfdrogâne suKuré, de l'acide cyantaydrique, avec quelque» oaaliëres inertes (parafQne et composés résineux). La prétence de tant de
j. lOH. — Toirtticleiir mécani
Bubstances actives explique l'elTet de la fumée de labac si SDDneg qui n'ont pas l'habitude de Tumer (1).
(1} Je crois mile de reproduira ici iea conclusions d'un récpnt travail de U. le 0' G. Le Bon, aur la naiura et !■ quantité des principes de la fumée de (abic absorbés par les fumeurs.
I* Les fumears et les personnes qui, sans fumer, ae trouvent dans uno atmosphère chargée da fumée de tabac, abaorbeut. par 100 gram. de tabac brûlé, une pruportion de nicotine variant de (juolijues ceiiligr. il I gram., avec une quantité d'ammoniaque i peu près égale.
2° La quantité de tabac journellnment conaomméa par un individu n'eat guère inférieure à 20 gram. 11 peut donc absorber Jusqu'il 2b centigr. de nicotine et autant d'ammoniaijue.
. 3° Lejaa condensé dans l'intérieur des pi^iea contient une proportion considérable du nicoline. il est un peu moins toxique que celle dernière ; toutefois il foudroie rapidement lesanimsut qu'on soumet à son action.
4° Le produit liquide qui se condeusQ dans la bouche et dans les poumons ^u fumeur consent de l'eau, de l'ammuniar^ue, de la nicotine, des corps gras, résineui et colorants. A la dose d'une guuite, il détermine rapidement, chez les petits animaux, une paralysie du mouvement et un eut ds mort apparente. Ces cfTels dispamissent a>sci promptemeut; mais la niortréellearrive,si la dose est portée li quelques gouttes.
5* Parmi les effets de la fumée du tabac sur l'iiomme on peut citer, à jielitei
Tout ce qui précède doit tous expliquer, Messieurs, les maux de tête, les Tertiges, le narcotisme, et cette sorte d'hébôtement continuel qu'éprouvent ceux qui font un usage immodéré du tabac, soit en le fumant, soit en aspirant sa poudre par le nez (1). C'est à l'irritation stimulante qu'il produit sur les membranes du nez et de la bouche, irritation agréable lorsqu'elle n'est pas portée à un trop haut degré, qu'est dû l'usage de celte substance, usage qui, toutefois, présente tant d'inconvénients, qu'on ne saurait trop s'en abstenir, lorsqu'on n'en a pas encore contracté l'habitude (2).