UU BOIS DE CAHPËCHE
Cet arbrn croll rapidement e( s'élève à 10 ou 13 mtlitres, avec une lige a»sex droile, m&is dont le diiimèlre, [oujours trùs-gros, n'est pas proportionné à sonËlâvallon. Son écorce est d'un brun gris, Bon aubier d'un blanc jaunfltrc, et le cœur rouge pAlc ou micuK Janne rougeâtre.
Son e\ploilalion rorme une branche cousidérabltt do commerce. Un l'expédie en Europe, t nu duna les navires, sous lu forme de bûches, plue ou mains grosses, pesant jusqu'fL '200 kilogr., et dépouillées, ou à pou près, de leur aubier. On l'appelle, en Angleterre, dois bleu.
Ce bois est dur.compacle, aisé ft IrarûUer et susceptible d'un beau poli; sa couleur eKléncure est luntOt rougebrun, lanlOI noirâtre; sa couleur est iniinc rougeâtre lorsqu'il est récemment coupé; il brunit à l'air par les i^'maualioiis ammoniacales.
Il a une lËgrre odeur d'iris, de violelle, une saveur doucefllre agrêuble el un peu astringente. 11 suffît d'en mâcher un polit morceau pendanl quelques secondes pour que la salive se teigne aussitôt en rouge luiicë; c'est dire combien il til riche en malicre colorante.
Variétés «ommereuici. — La qualité du bois do Campi?che varie avec la localilë qui le produit. Voici les diverses sortes tes plus rëpandnea dans le commerce :
fia. m
- I, Campéc/ie coups d'Eapoijne. — Duchés de G à MO iilog., mal arrondies, «invcnt nououses, prâsenuni quelques caviljs, coupées d'un bout sn funne An coin Dblua, et carrément de l'sutre. Ces bùchet, très-com partes et générslement «ans aubier, ont de l*,30ï l',\h de long. — Couleur eitérieure d'un rouge nair quand la coupe est fratclie, mais qui deiîeat noire en TioUliasant. L'intérieur cït d'un roDga tautfll jaunilrc, taiitût grisïtre.
!. Campéc/ie coupe anglain. — Provient de la Jamaïque. BùcUi^b de même (arme, edic en grosseur, soit en longueur, loules très-bien mondées de leur aubier, très-unies, exemples de rourcties et de cavités. Jt en vient fort peu.
3. Vampecke coupe de Saiiif-Domingue ou d'Haili. — Bûelies quelquefois un peu plates, noueuses, présentant ordinairement de longs sillons longïtndinsux (jui centiennent encurode l'aubier, moins régulières et moins lisses que celles de ta coupe d'Espagne. On remarque sur leur surface les traces de la baclie qui ■ servi i enlever l'aubier. — Couleur extérieure plus Tancée que celle des bois coupe d'Espagne; coulear intérieure souvent lussi d'un rouge plus vif.
4 Vampicke Honduras, — Espèce ioiermédiuire entre la coupe d'Espagne el cr^llo d'Haïti. Bûches plus courtes que celles de ce dernier bois, ei dunt les eiirL'milÉs sont taillces d'une manière irréguliére. — Couleur intérieure d'un roag^
SOIXANTE -SIXIEME LEÇUN.
5, CarupUcbe coupe Martimque. — Bllelie* pntiteï. irrégiiliÈre», presqaa lou- ^ jours courtes, nuuGusa*. cliirgtes d'aubier ei pssant ds à ï 3ï kilug. — QusUl< iarérieure aux précËdeniËi ei moiiu riche on parties colonnies.
6. Cumpéche coupi dr la GuaHelmipe. — Commo le prêaSdent. — Qutlii* encore in (érieuru 1 la coupe Martini'juQ.
CompoRiiton. — Ko 1810, M. Clicvrciil a hol6 la matière tinctoriule à\i bois de Campècbe, à V(i\aX de crialam d'un blanc rosé; il l'a nommée liiiiuitiiie ; ce nom a él6 depuis changé en celui û'himatoxy- Une, pour ne pas la courondre avec la malifre colorante rouge du sang.
E(i 1842, M. Erdmonu, en trai'iinl le campOche, non plus par l'eau el l'alcool, mais par t'étber, a isole Vhfm'itoxijline aous Tormo de petits prismes d'un jaune de miel, donl la poudre est blanche ou jaune pûle. Celle substance a une saveur douceâtre qui rappelle celle du jus de réglisse; elle est aolubledans l'alcool, l'élber et l'eau. Quand elle cristallise dans ce dernier liquide, elle s'hydrate en prenant 3 équivalents d'eati.
C« principe est l'eprésenté, à l'eut anhydre, par C"I1''0';
Lorsqu'il est cristallisé dans l'eau, par C"H'0»,3H0 ;
Desséché à + lOUs, par C'U'OMIO.
HH que t'Iiémato\vline a le contact de l'air ol des alcalis, elle lionne de magniliques couleurs, el, hors lie l'iutluence do l'oxygène, elle ne fournil avec les bases que des Lombinaisons non coloi'éeB. lia conluct avec l'ammoniaque et l'air, elle so colore en rouge-pourpre Toncë, en absorbant de l'oxygène, et d'autant plus rapidement qu'il; b , plus d'ammoniaque libre ; elle se change alors en une matière colorante nouvelle d'un brun rouge, que U. Erdmann a désignée sous le nom d'kémalfinc, el qu'il représente par : C'H'O'.
Vous vofCE donc que Vhcmatiine ne diffère de \ hcmatijxtjime que par I équivalent d'bvdrogène en moins; c'est que sous l'influence deê alcalis, l'ovjgtne de l'air enlève I équivalent d'hydrogène â la dernière pour former un équivalenl d'eau ;
CH'O' -t- 0 = CHW + HO.
Cette Iransfoimalion de Vhématoxyline en hématéine, sous l'influence des alcalis, est si prompte que M. Erdmann a pensé qu'on pourrait l'utiliser pour découvrir dans l'air la présence du l'ammoniaque : en elTui, les moindres traces de ce gaz sont accusées par une coloration rouge qui se manircste k partir des bords de la capsule 01*1 se trouve la dieaoluliond'hémutoïylinc.
Depuis le travail de M. EcJraaun, U. Ucsae a fût une nouvelle éluda