DU KERMÈS ANIMAL
des quantités égales de la même matière colorante, dans des quantités égales d'eaa ou d'alcool, paraissent, dans les tubes colorimétriques, de la môme nuance, et que des dissolutions faites avec des proportions différentes présentent des nuances, dont l'intensité est proportionnelle aux quantités de matière colorante employées ; ce qu'il est possible d'apprécier en introduisant dans les tubes 100 parties de chaque dissolution, et en i^ontant de l'eau à la plus intense jusqu'à ce qu'elle se confonde par la nuance ayec la plus faible. Le volume de la liqueur affaiblie, indiqué par la graduation des tubes, se trouve dans le môme rapport avec le volume de l'autre que les quantités du matière colorante employées. La richesse en principe colorant des deux dissolutions est proportionnelle aox volumes de ces mômes dissolutions avant et après l'addition de l'eau.
Ceci étant bien conçu, voici comment on procède à l'examen de deux décoctions de cochenilles, dont l'une est prise comme type de première qualité.
On introduit de ces liqueurs dans les tubes colorimétriques jusqu'au 0* de l'échelle, ce qui équivaut à 100 parties de l'échelle supérieure. On essuie bien ces tubes, on les prend par la partie supérieure, pour éviter que les mains n'y déposent de l'humidité, qui ternirait le verre et augmenterait l'intensité de la liqueur dans les parties qui en seraient recouvertes ; on les place dans la boite et on compare la nuance des liquides qu'ils renferment, en regardant les deux tubes par le trou servant d'oculaire. On tient la botte sous un angle de 45* et de manière que la lumière arrive régulièrement sur l'extrémité où sont les tubes, en se tournant du côté opposé au soleil, ou, si le ciel est couvert, en dirigeant l'extrémité de l'appareil vers une partie du ciel qui présente de l'uniformité.
Si l'on remarque une différence de ton entre les deux liqueurs, on ajoute de l'eau à la plus foncée et l'on agite le tube, en en bouchant l'ouverture avec le doigt. Si, après cette addition, on voit encore une différence, on continue d'ajouter de l'eau jusqu'à ce que les deux tubes aient absolument la môme nuance* On lit alors sur le tube additionné d'eau le nombre de parties de liquide qu'il contient ; ce nombre, comparé au volume de la liqueur do l'autre tube, volume qui n*a pas changé, et "qui est égal à 100*, indique le rapport entre le pouvoir colorant ou la qualité relative des deux cochenilles. Et si, par exemple, il a fallu ajouter à la liqueur la plus intense 25 parties d'eau pour l'amener à la môme nuance que l'autre, les deux volumes de liquide seront entre eux comme 135 est à 100, et la qualité relative des cochenilles sera représentée par les mômes chiffres, puisque cette qualité est proportionnelle à leur pouvoir colorant.
M. Chevreul a fait remarquer, avec raison, que les résultats de l'essai au moyen du colorimètre ne sont précis qu'autant que les liqueurs à comparer ne diffèrent que par le ton, et non par la gamme. Lors donc que les deux décoctions de cochenille n'offrent pas la môme gamme de rouge, il faut les y amener soit par quelques gouttes d'alcali^ soit par quelques gouttes d'acide.
J'ajouterai qu'il faut également s'assurer, avant tout, que la cochenille à titrer n'a pas été imprégnée de décoction de bois de Brésil.
n. Kermès «alasal on ▼frétai. — Ce produit, nommé aussi graine d*écarlatej est le corps desséché du Coccus Uicis, qui vit sur les feuilles et les tiges d'une espèce de chône-vert (Qaercus coccifera), dont la hauteur ne dépasse Jamais 1 mètre à i mètre 50 {fig. i 178). .
Cet arbiiBieao croit dans des lieux arides et pierreux du Levant, des tlM < I Grec, principalement à Candie, des parties méridio-
^^agne, en Italie, etc.
L'insecte du kermès vil et se développe comme la cochenille. Au comoiencemeol du printemps, la femelle Técondéc se fixe dans l'épî-
dcrmc des rameaux cl des rcnilles ; lA elle se gonfle, prend i'upect d'une pelile noix de galle {fig. (179) recouverte d'un duvet blanc assez long, dépose ses œufs, . les recouvre de son corps et meurt. En avril, chaque coque rougcHlrc a acquis te volume d'un petit pois et s'est arrondie ; clic a perdu son duicl qui 30 trouve remplacé par une légère poussière blanche. On en Tait la récolte avant l'éclo- "iou des œutâ, depuis le milieu de mai jusqu'à la mi-juin, le malin, avant que le soleil ait cliassé la rosËc. Ce sont des femmes ou des en- Tants qui sont chargés de celte opération ; ils détachent les coques avec leurs ongles.
AussilOt TécolléeSfles coques sont exposées à U vapeur du vinaigre, pendant une demi-heure, puis on les sèche sur des toiles. Elles ont alors une couleur rougc-brun3lre, une odeur vineuse, une saveur 3pre et piquante ; elles sont arrondies, lisses, luisantes, d'un volume qui varie depuis la grosseur d'un grain de poivre jusqu'à celui d'un pois. Elles conliennenl une poudre formée des
"« "ri. débris de l'insecte et de ses œub.
Le kermès est la seule récolle abondante qui
e régulièrement dans le Maroc, la seule à peu près qui ne man-