‹ Lecons de chimie élémentaire (volume 3)Chapitre 84 sur 114 · CHLOROPHYLLE · texte numérisé non relu

CHLOROPHYLLE

La chlorophylle ou chromule (1), nommée improprement, par les anciens chimistes, résine ou fécule verte^ est la substance qui colore en vert plus ou moins intense les feuilles des arbres et les plantes herbacées. EUe s'y trouve en mélange avec des matières exlractives, de l'amidon, de la cire, une huile grasse, du gluten et des sels.

Bxtraetlon. — On peut l'obtenir, d'après M. Verdeil, en épuisant l'herbe par de l'alcool bouillant, précipitant par un lait de chaux, et reprenant la laque calcaire par un mélange d'acide chlorhydrique et d'éther. La solution verie éthérée laisse, par son évaporation, une poudre d'un vert foncé.

D'après M. Fremy, on obtient» un meilleur résultat en introduisant de l'hydrate d'alumine dans l'alcool chargé de la matière verte des feuilles. La chlorophylle, étant retenue d'abord par l'alcool, ne se com* bine point avec l'oxyde métallique; mais si par des additions d'eau

(1) Chlorophylle neni des deux mots grecs chloro^, vert^ et phullon^ feuille ; il veut donc dire vert des feuilles, — Chromule vient du grec chroma, couleur»

successives on diminue de quelques centièmes la force alcoolique du liquide, il arrive un moment où l'affinité de l'alumine pour la matière colorante peut s'exercer, et alors il se produit une belle laque verte, tandis que Valcool reste chargé de la matière grasse et d'une matière colorante jaune. La laque verte étant bien lavée, on la traite par Talcooi bouillant qui enlève à l'alumine la chlorophylle qu'on peut considérer comme sensiblement pure.

Caractères dUtinetife. — La chlorophylle se présente sous la forme d'une poudre comme terreuse, d'un vert foncé, inaltérable à l'air, infusible et supportant une chaleur de 200<^ sans se décomposer.

Elle est insoluble dans l'eau, môme bouillante. Elle est beaucoup plus soluble dans l'alcool que dans Téther. Elle se dissout aussi très-bien dans les acides et les alcalis concentrés qu'elle colore en verl. La solution d'alun la précipite de ses dissolutions. L'hydrogène naissant la décolore à la manière de l'indigo.

Cette matière ne se produit que sous l'influence de la lumière, puisqu'en l'absence de cet agent aucune couleur verte n'apparaît dans les plantes. Sa formation coïncide avec une absorption d'acide carbonique et un dégagement d'oxygène.

Suivant M. SchuKz, elle serait aussi le principe colorant des animalcules verts vivant dans les étangs et les fossés, tels que polypes, lurbellariés et infusoircs.

ComposUlon. — Depuis les premières études de Pelletier et Cavenlou, qui remontent déjà à 1817, tous les chimistes qui s'en sont occupés, tels que Berzelius, Clamer, Marquart, Mulder, Morot et Verdeil, ont considéré cette matière verte comme un principe immédiat défini, azoté, et renfermant même une grande quantité de fer, ce qui augmenterait les analogies qu'elle offre avec la matière colorante du sang, M. Morol, qui lui assigne la formule C^*H*^\zO', affirme qu'elle est toujours accompagnée d'une graisse ayant pour formule C^irO.

Les recherches que M. Fremy a publiées en 1860 semblent démontrer que la chlorophylle, telle qu'on l'a étudiée jusqu'ici, n'est pas une matière colorante simple, mais un mélange ou une combinaison d'un principe bleu avec un principe jaune. En faisant agir simultanément sur elle l'acide chlorhydrique faible et l'élher, M. Fremy en a obtenu le dédoublement, puisque l'acide s'est coloré en bleu, et l'éther en jaune. Ces deux nouvelles substances colorantes étant retirées des liquides précédents et mélangées entre elles sous l'influence de l'alcool qui les dissout, elles donnent immédiatement une teinte verte comparable à celle que présente la chlorophylle.

M. Fremy adonné le nom de phylloxanlhine k la matière jaune soluble dans l'éther, et celui de phyllocyanine à la matière bleue qui reste en dissolution dans l'acide chlorhydrique faible.

La matière jaune est beaucoup plus stable que la matière bleue ;

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