‹ Lecons de chimie élémentaire (volume 3)Chapitre 85 sur 114 · DU VERT DB CHINE · texte numérisé non relu

DU VERT DB CHINE

c'est elle qui apparaît en premier lieu dans les feuilles; elle se retrouve encore dans celles qui tombent; cette persistance de la matière Jaune empoche que la phyllocyanine ne devienne apparente dans l'organisation végétale : en effet, on n'a Jamais vu de feuilles bleues. Dans les feuilles étiolées, la phyllocyanine peut prendre naissance, puisqu'elles verdissent rapidement par l'action des vapeurs acides; mais dans les feuilles Jaunies par l'automne, la phyllocyanine a disparu pour ne plus reparaître, car les vapeurs acides sont impuissantes à leur redonner une coloration verte.

ApplicAtioiia. — En i854, MM. Hartmann et Cordillot, de Mulhouse, ont réussi à obtenir de belles nuances vertes, assez solides, sur soie, laine et coton, au moyen de la chlorophylle.

Ils préparent cette substance d'une manière économique en traitant les herbes, préalablement dépouillées de toutes les matières solubles dans Teau bouillante, par une lessive de cendres à 3® et chaude, puis neutralisant la liqueur verte alcaline par Facide chlorhydrique. H se forme ainsi un beau précipité vert floconneux. Cette laque, étant délayée dans de la soude caustique additionnée de phosphate de soude et d^oxyde d'étaig, puis épaissie avec la gomme, est imprimée et fixée par le vaporisage. On peut aussi teindre dans un bain composé des mêmes ingrédients, moins la gomme. On obtient par ces deux procédés des nuances très-vives et très-foncées.

Vert de Chine.

Les teinturiers chinois emploient depuis longtemps, pour donner des nuances vertes k la soie et au coton, l'écorce des branches de deux nerpruns {Rhamnus utilis et R. chloraphorus) qu'ils désignent sous le nom ûeLO'Chou.

Les toiles, étant passées à plusieurs reprises dans la décoction de lochou additionnée de chaux ou de carbonate de soude, ou d'alun, puis séchées entre chaque immersion et étendues sur le sol à la tombée de la nuit ou lé matin, prennent une couleur verte sur la face qui est exposée à la lumière. Lorsqu'elles ont acquis la nuance voulue, on les lave pour les débarrasser de la matière colorante qui ne s'est pas combinée à la fibre végétale ; cette matière colorante qui reste en suspension dans l'eau de lavage est recueillie, puis séchée sur des papiers. C'est alors ce qu'on nomme le Lo-kao, espèce de laque qui sert pour la teinture des tissus de prix.

C'est cette laque, signalée pour la première fois en I8i8 comme matière colorante distincte par Daniel Kœchlin, qui, sous le nom de vert ou indigo vert de Chine, a été importée en France, depuis i8o2, d'abord par M. Guinon atné, teinturier à Lyon, et ensuite par la Chambre de commerce de cette ville. Elle a été l'objet de nombreux

travaux de la part de Persoz père, de MM. Michel, Charvin de Lyon, et tout récemment (187l-t872) de MM. Cloez et Guignet.

Caractères dUtinelIfs. — Le vert de Chine est en écailles minces, d'un bleu foncé, avec reflets violacés ou verts; sa cassure a Téclat pourpre métallique de l'indigo, mais le frottement le fait disparaître. 11 se dissout en très-petite quantité dans l'eau froide, en la colorant en bleu foncé avec reflets verdâtres ; à l'aide d'une digestion prolongée, il se gonfle et se dissout en plus grande proportion.

Abandonné pendant une semaine au contact de l'eau dans un vase fermé, il subit une sorte de fermentation accompagnée d'une réduction partielle. La liqueur filtrée est d'un bleu verdâtre très-foncé; le résidu, épuisé par l'eau fraîche, se dissout dans l'eau chaude et la colore en violet rouge très-intense.

Le vert de Chine est insoluble dans l'alcool, l'élher, le sulfure de carbone, les huiles. L*acide acétique faverise sa dissolution dans l'eau sans l'altérer.

Tous les agents réducteurs le transforment en une matière d'un rouge sanguin, qui reprend sa couleur primitive par l'action de l'air ou des corps oxydants convenablement employés. Ceux-ci, trop concentrés, le détruisent, de môme que les alcalis et les acides trop énergiques. Le carbonate d'ammoniaque avec 40 fois son poids d'eau en dissout les trois cinquièmes; la solution, d'un vert bleu très-foncé, fournit, après filtration et évaporation au bain-marie, 00 p. iOO d'un produit bleu parfaitement solublc dans l'eau, représentant la combinaison de la matière colorante pure avec de l'ammoniaque.

Les phosphates et acétates alcalins, l'alun, le savon, etc., dissolvent aussi le vert de Chine avec facilité ; ces dissolutions (eigncnl directement le coton et la soie sans l'intermédiaire des mordants; la laine a beaucoup plus de peine à prendre cette matière colorante.

Les teintures et les peintures faites avec elle paraissent bleuâtres à la lumière du jour, mais elles ont ceci de particulier qu'elles prennent à la lumière arlificielle une couleur verte franche et acquièrent même une beauté qui efface complètement tout ce que les autres principes colorants peuvent fournir en pareils cas.

Composition. — La composition immédiate du lo-kao chinois n*est point constante, puisqu'on l'incinérant on en retire des cendres dont le poids varie de 21,5 à 33 p. 100. Deux échantillons ont fourni par l'ana- Jyse les résultats suivants :

D après Persoz D'apros MM. Cloex père, et Guignet.

Eau . 9,3 y,i

Matière colorante et auircàk . . 61,9 Ci, 4

Matières minérales 28,8 26,2

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