DU NÉNUPHAR
il est évident que le sumac peut être représenté par une matière jaune, plus une matière astringente semblable à celle de la noix de galle.
Souvent on Tassocie avec la garance, le quercitron, le campCcbe. Dans les impressions, on Tutilise pour obtenir en m^me temps : jaune par Tacétate d'élain, gris et noir par l'acétate de fer plus ou moins étendu, et jaune brunâtre par le sulfate de zinc.
La couleur du sumac s'enlève facilement des réserves, en n!employant pas une chaleur trop modérée ou en n'ajoutant pas au bain du quercitron.
Introduite en petite quantité dans le garançagc, il diminue la fixité de la matière fauve sur les parties blanches, mais il ne donne pas de beau violet.
Pour la teinture, l'eau doit être chauffée à + 50» seulement. On y jette le sumac et l'on y plonge aussitôt les étoffes, qui ne doivent pas y rester plus de quinze à vingt minutes; pendant ce temps, on fait monter la chaleur du bain. Si l'on élève trop la température ou si les étoffes y restent trop longtemps, les couleurs s'affaiblissent, et celles obtenues avec le fer disparaissent presque entièrement ; cela provient de l'acidité du sumac, lorsque celui-ci est ancien et qu'on en met un léger excès dans le bain de teinture, il y a redissolution du mordant de fer, le blanc se salit autant par le tannate ou gallate de chaux qui se forme avec la partie calcaire de l'eau, que par le tannate ou gallate de fer.
Le sumac redoulesi tout à fait impropre à la fabrication des indiennes, parce qu'il ne ménage pas les blancs; on ne peut s'en servir que pour les teintures unies.
Chez les maroquiniers, qui ne travaillent que des peaux de chèvre et de mouton, destinées à recevoir des couleurs vives et délicates, on préfère le sumac à la noix de galle et au tan, parce qu'il n'a pas, comme ces dernières substances, l'inconvénient de modifier les nuances qu'on veut obtenir, et qu'il conserve aux peaux leur souplesse naturelle.
Falsiflcatloiis. — Très-souvent on mélange du sable aux sumacs, surtout à celui de Sicile. Il suffit, pour s'en apercevoir, de jeter un peu de sumiCè sur de l'eau ; la poudre végétale reste quelque temps à la surface, tandis que le sable, plus lourd, tombe au fond. Il est d'autant plus nécessaire d'éviter ces mélanges, que souvent le sable est ferrugineux, et qu'alors il devient très-nuisible dans les opérations de teinture, puisqu'il absorbe une certaine proportion du principe colorant et communique aux infusions de sumac une couleur noire plus ou moins foncée.