DU PLOMB
éclat mélallique, ta friabilité et »a cristallisalioD en cubes (fig. 647). Il est accompagne dans ses dépôts de eulfate de baryte (Auvergne), de catc&ire en prismei hexaèdres (Hartï), de fluorure de caliium, de carbouBle de baryte (Angleterre, Ecosse), de quarlz, de Pïriles de fer, de fer arsenical, de blende. Il eonlient toujours de l'argent, surtout lorsqu'il est en toutes petites lames, aussi, dans ce cas, il est traité comme minerai d'argent.
Les potiers s'en serrent, sous le nom d'alquifoia, pour vernir les poteries grossières (1). lis le répandent à la surface des vases déjà cuits, et les reportent ensuite au four. Le souh-e se dégage à l'état d'acide sulfureux; le plomb s'oxyde, pénètre ~ ^^, p^^ dans la terre, se combine h la silice et aux oxydes hibiiuciie de U g*terreux qui s'y trouvent et constitue un vert-jaune '*"■ brillant qui donne une belle apparence à la pâte grossière de ces sortes de poteries. Si l'alqutfuux est mélangé à l'avance d'o\ydes de cuivre ou de mangBni>se, le vernis obtenu est vert ou brun (ï).
Malheureusement ce vernis plombilëre est très-tendre et a le grave inconvénient d'Ctre facilement attaquable par les graisses et les acides, ce qui le rend fort malsain.
Eiir«ctioB. — L'extraction du plomb est assez simple. Les procédés varient aiec la richesse en plomb du minerai et la nature des gangues qui l'accompagnent. Dans tous les cas, débarrassée du plus gros de celles-ci par le cassage au sortir de la mine, la galène est réduite en morceaux uniformes dont on fait deux parts : l'une de minerai riche qui est soumis directement aux procédés de réduction, l'autre de minerai pauvre qu'on soumet préalablement au bocardage, au criblage et aux lavages nécessaires pour en expulser le plus de matières terreuses possible. C'est à ce minerai ainsi préparé qu'on donne dans les ateliers le nom de Sihlich,
1" Par réduction au moyen du charbon. — Le plus ancien procédé pour l'ei tract ion du plomb, qui ne convient touIcTois que pour le trai-. lement des schlichs très-impurs, consiste à les griller à l'air pour en chasser la majeure partie du soufre et pour oxyder le plomb; il se
(1) La découverte des procédés pour vernir lu plomb esc due, siiinnt certains biitorieus, à un potier de Schelestwll, qui l'iurait faite en ti8). Maïs ce mode de Temiuafce est bien plus ancien i il était déjï connu du temps de Sal omon. (Ptot., hvi, M.)
(t) Plus de 260000 kil. de galène sont lendus annuellement en France pour ]e vernissage des poteries de terre et de gris. C'est avec celte mime poudre, plus ou moins grosse, qu'on fabrique les papiers métallifËres brillants dont on recouTre Isa tioltes, les coffrets et autres objets de bimbeloterie cr
dégage de l'acide sulfureux et il resie un mélange d'oxjde et de «ul-
fate de plomb :
2 PbS + 0' = SO» + PbO + PbO,SO>.
Ce résidu est alors mélangé avec du charbon et chauffé au rouge dans
un fourneau A manche (jlg. 648). L'oxyde de plomb est réduit el le
métal qui en provient coule
j 1 dans un bassin do réception.
Quant au sulbte, il repeiw b l'état de sulfure et fournil des crasses ou itutta qu'on grille de nouveau.
Ce qui peut faire admettn que c'est cette méthode qai fui d'abord suivie cbei let anciens, c'est qu'on l'a trouvée en usage chez let naturels de la Louisiane, alors qu'ils n'avaient point encore ' eu de communications avec les Européens.
~^ ~ 2" Par réduction au moyen
f/i,.6*8. -FournouimaDci,». dr. fer. — Lorsque les ga-
k^nea sont très-siliceuses, on les fond dans un fourneau à réverbère avec 33 p. iOO de fonte de fer en grenaille qu'on a soin de bien mélanger à toute la masse en fusion à l'aide de ringards. Le fer s'empare du soufre, d'où résultent du plomb métallique et du sulfure de fer très-fluide qu'on fait rendre dans un premier bassin de réception. Là, par suite de la ditfércnce des densités, le plomb occupe la partie inférieure; on l'isole du sulfure de fer qui le surnage par la dëcantalion dans un second bassin.
3° Par réaition. — Une (roisième méthode, qu'on nomme (nétfiode par réaction, employée' généralement dans les grandes usines de France el d'Angleterre, pour le traitement des galènes riches et peu siliceuses, repose sur une série de réactions curieuses.
On commence par griller & la chaleur du rouge sombre le tchlicb étendu en couches mincessur la sole E d'un four à réverbère [fig. 649 et 630} ; il se dégage de l'acide sulfureux, et il se forme beaucoup d'o\;de et de sulfate de plomb. Après quelques heures, on ferme toutes les ouvertures D, D, D et on donne un bon coup de feu. L'oxyde et le sulfalc de plomb, en réagissant sur le sulfure non altéré, qui est encore en grande quantité dans la masse, produisent de l'acide sulfureux el du plomb métallique, ainsi que les équations suivantes le démontrent :
Le plamb métallique est reçu dane un bassin do réception G, et lorsqu'il est débsTRissé des malle» qui le recouvrenl, on le puise avec des
F^. W. - Four à n
cuillers de fer cl on le coule en lingols ou taumow du poidi de SO b CO el 80 kilogrammes.
Lorsque les minerais ne soDt point argent i fi* res, ce qui arrive assez rarement, le plomb obtenu est iairaédiatemt.-nl Ii\i'^ au commerce.
Mais, pour peu que ce métal renferme aascï d'urgent pour couvrir les frais de manutention, on l'exploite soua le nom de Plumb d'avare, à l'aide d'un procédé, dit cùupellationy dont je parlerai dan^ un inslant. La quaiililt' de plomb extraite annuelU'menl dans les di\ erses porliea
du globe s'élevait, ea 1854, d'après M. Whitney, à 1351)80 quintaux, ayant une valeur de 78769250 francs. Les usines des Bouches-du- Rhône, du Finistère, de la Lozère et du Puy-de-Dôme n'ont fourni, en 1852, que 2927i quintaux de litharge et de plomb valant ensemble 1200505 fr. C'est à peine le vingt-cinquième des besoins annuels delà France. On importe le reste d'Espagne et d'Angleten'e.
Variétés rommerctalea. — Les plombs d'Angleterre arrivent en saumons de différentes formes, du poids d'environ 60 IdL Ils sont frappés de différentes marques. Les plus purs, faciles à laminer, sont expédiés comme plombs raffinés. Les plombs de deuxième et de troisième qualité sont plus ou moins sonores et alliés à des métaux étrangers, cuivre, antimoine, arsenic, zinc, avec traces de soufre et d'argent (i).
Les plombs d'Espagne sont, en général, plus communs que les précédents, mais ils sont de qualité uniforme. Ils viennent en saumons allongés de 70 à 80 kil. Ils portent pour la plupart des noms espagnols; ceux qui ont la marque Linarés, sont appelés plombs noirs ; ils sont de qualité inférieure.
Il vient quelquefois des plombs du Hartz, par la voie de Hambourg, en blocs d'environ 90 kil. ; ils sont égaux en qualité aux meilleurs plombs anglais. D'autres plombs d'Allemagne, plus ou moins sonores et impurs, arrivent par Trieste.
Les plombs de Poullaouen (Finistère) sont en saumons carrés, allongés et plats, du poids de 50 kil. et marqués de la lettre P. Ils sont doux, liants et flexibles. Les usines de Pontgibaud (Puy-de-Dôme) fournissent aussi du plomb estimé.
Cnractèrei dUtinetIfa. — Ce métal est si commun, qu'il n'est personne qui ne connaisse ses principales propriétés physiques. Ré- ' cemment fondu, il est d'un blanc bleuâtre et possède -un assez vif éclat ; mais habituellement il est terne et grisâtre, par suite de l'action de l'air. 11 tache les doigts en leur communiquant une odeur sensible. Il est iri mou que l'ongle le raye sans peine, que les ciseaux Tenlament, et qu'on peut le ployer plusieurs fois en sens inverses sans le briser. Il n'a aucune sonorité, peu de ductiUté; mais, en revanche, il est doué d'une grande malléabilité. C'est là ce qui le rend si utile comme couverture.
Ijamliinfçe da ploml». — Le laminage du plomb n'offre aucune difficuhé en raison de sa grande fusibilité (entre 322 et 33 i*») et de sa mollesse. On commença d'abord, probablement, par couler ce métal en feuilles sur des tables recouvertes de sable ; mais comme par ce procédé on ne pouvait obtenir des lames
(l) Le plomb commercial contient toujours des traces d'argent; c'est ce dont il est facile de se convaincre en passant à la coupelle un fragment d'une gouttière ou d'un réservoir à eau ; il restera un minuscule bouton d'argent.
DU PLOUB.
mince* et uniei, on lubMiti» au ubie une étoffe de Itilne, et snsDita du cautil croisé enduit de tait; ce n'est méms qu'en 17S1 qu'on » cesaé de fkire usage da ce muyen, quoique le GouTernement eût aulorisé l'emploi des laminoin pour le plomb, p» arrfiC du 10 Janvier 1730.
Loraqu'oD fait unge du laminoir, on coule d'abord le plomb en tables de 1 k 8 centimètrea d'épaisseur. Ce procédé n'a refu d'autres perfection aements que ceui apportés dans le mécanisme de cntto machine.
Le plomb coulé, qui était d'abord oaseï défectuoui, * reçu, dans ces derniers temps, un degré do perfection très-remarquable ; en effet, on esl parvenu t rouler sur le sable de» lames aussi unies et aussi égaies d'épaisseur que ai on les eût pasBéea au laminoir ; mais comme on ne peui, par ce moyen, obtenir des feuilles d'une épaisseur moindre de ! millimètres, un a remplacé le coutil ot le sable par des tables en pierre tendre, d'un grain uni et homogène. On coule ainsi des feuilles eitrimement minces pour presque loua les usaees.
C'est avec des feuilles de plomb aussi peu épaisses que celles dont on se sert pour doubler les boites & tlié, qu'on préserve les appartements de lliumidilé qui pénètre les murs et qu'on empêche ainsi la dégradation des papiers de tenture. On Hte ces feuilles avec de petits clous de cuivre, et on colla ensuite le papier de tenture immédiatement sur le plomb. Ces feuilles métalliques, qui ne pèsent <]ue !60 et même 12,." bu décimètre Carré, ne sont aucunement perméabks h l'eau. F,n place de plomb seul, on se sert souvent d'un alliage de plomb, d'L'tain, do linc et do bismuth, ou d'un alliage de plomb et d'étain entièrement couvert d'élain pur sur toutes ses surfaces.
Ëtlragc dn plomb. — On esl parvenu k étirer le plomb en flls asseï fins. M. Poulr>t, de Paris, fabrique, depuis 1843, des flls de tous numéros qui sont rechercliés par un asaii grand nombre d'industries. Les jardiniers et les horticulteurs, les fabricants de pianos, les ^ galvanoplastes, les Hlateurs k la Jacjjuai'd, les chirurgiens, etc., en ont adopté l'usage.
C'est aussi au moyen de U compression et d'un étirage particidieT qu'on fabrique aujourd'hui, d'une manière continue, et sans soudure, |es petits luyauiqui servent k la dislribution de l'eau et du gai d'éclairage -dans l'intérieur des maisons. La figure Ifig. Cil), va vous faire comprendre l'ingénieux procédé adopté.
Dans une chambre en acier a, ménagée au rentre d'un massif en fonte bo disposé au-dessus d'une forte presse îijdraulique, on intro-
téral b, du plomb fondu, et on l'y maintient k cet éial par un foyer circulaire nn. Aussitôt que la chambre est pleine, on' bouche l'orifice de l'entonnoir et on fait Jouer la presse liy-. draulique. Celle-ci met en mouve- Fif 6 ment le piston r, renfermé dans la «>I'>
chambre ; le plomb, chassé par cette pression, sort de celle-ci par un trou de flUère percé k diamètre e^i égal au diamètre extérieur du tube qu'il s'agit d'obtenir. Le métal liquide passe entre les parois du trou et de la tige verticale du piston qui en oc-
n sommet, et dont le
cupe le centre, se solidifie presque immédiatement et forme ainsi an cylindre creux^ d'une longueur indéfinie, qu'on enroule à mesure sur un tambour d manœuvrant au-dessus de l'appareil.
C'est encore au moyen de la compression qu'on fabrique, dans les arsenaux d'Angleterre, les balles de fusil^ ce qui évite les soufQures produites en coulant ces balles dans un moule : on agit au moyen d'un appareil qui étire le plomb en cylindres^ et d'une machine, portant des cavités sphériqaes, qui saisit ces cylindres et les pétrit en boules. Les bavures sont enlevées à l'aide d'un emportepièce, et l'opération s'achève en jetant les balles dans un tonneau qu'on fait tourner pour les arrondir par leur frottement les unes contre les autres.
drannlai^e da plomb. — Pour pouvoir granuler le plomb et en faire ce qu'on appelle du plomb de chasse , il faut de toute nécessité lui associer quelques millièmes d'arsenic, car seul il ne prend jamais la forme sphérique. Lorsque le métal est eh fusion, à une température aussi basse que possible, on y ajoute, soit un peu de sulfure d'arsenic, soit un alliage de plomb et d'arsenic; on enlève la crasse de la surface du bain, et on le verse dans une passoire en cuivre ou en tôle à fond plat, en forme de cône tronqué, percée de trous parfaitement ronds, entourée de charbons pour empêcher le plomb de s'y figer. Cette passoire est placée à la partie supérieure d'une tour, do 60 à 70 mètres de haut, au bas de laquelle se trouve une cuve à demi pleine d'eau destinée à recevoir les granules métalliques. L'intérieur de la passoire est rempli de crasses formées pendant la fusion ; cette matière poreuse a pour effet de diviser le plomb et de Tempècher de passer trop vite à travers les trous : la hauteur do la chute varie avec la grosseur des grains ; pour les plus gros, il faut 50 mètres.
Les grains que l'on obtient^ dans une mftme passoire ne sont pas toujours égaux ; on les classe au moyen do cribles de différentes grosseurs ; on sépare ensuite les grains qui ne sont pas réguliers, puis on termine par le vernissage, en faisant tourner les grains triés, avec un peu de plombagine, dans un tonneau traversé par un axe en fer.
Lorsqu'on fond une grande masse de plomb et qu'on l'abandonne ensuite à un refroidissement lent, si l'on décante la portion centrale encore à l'état liquide, on remarque que la partie solidifiée contre les parois du vase, offre une texture cristalline et présente des octaèdres réguliers.
Dans le monde, on a l'habitude de prendre le plomb comme type de la lourdeur, et, quand on veut parler d'un objet très-pesant, on dit ordinairement : lourd comme plomb. Cependant, parmi les métaux, il n'arrive qu'en septième ordre sous'lc rapport de la densité; car le platine, l'or, l'iridium, le tungstène, le mercure et le palladium sont plus lourds que lui. Bien des personnes n'entendront pas dire sans surprise que l'or, à volume égal, pèse environ 2/5 de plus que le plomb.
L'oxydation de ce métal dans l'air humide est très-prompte, mais superficielle; il perd son éclat métallique, et sa surface devient d'un gris mat ; c'est un sous-oxyde qui se forme, Pb*0. Toutefois, le plomb est inaltérable dans l'air privé d'acide carbonique.
Sous l'eau non aérée, il garde son éclat; il en est de môme sous l'eau