DES OXTDES DU PLOMB
qui conlienl des mstières organiques ou des sels en dissolution. Hais dans l'eau aérée et pure, il s'oxyde rapidement et se change en hydrate et en carbonate de plomb, dont une partie se dépose en cristaux micrascopiques, blancs, écailleux, tandis qu'une autre se dissout à la faveur d'un excès d'acide carbonique, Barruel et Mérat ont retiré 62 grammes d'hydrate et de carbonate de plomb très-bien cristallisés de S Toies d'eau laissées pendant deux mois dans une cuve doublée en plomb. Le professeur Christison, d'Edimbourg, a également constaté que de l'eau de source très-pure qui circule dans des conduites en plomb, se charge d'une proportion de carbonate de plomb assez grande pour incommoder les personnes qui en boivent. Persoz a trouvé dans de l'eau qui avait coulé dans des conduites articulées avec mastic de minium (oxyde de plomb) près de 3 milligrammes de plomb par litre.
C'est cet hydrocarbonale de plomb qui apparaît en croûtes blanches sur les parois des bassins cl des réservoirs en plomb, juste au niveau de l'eau. C'est également lui qui se forme sur les toitures de plomb et qui en compromet la durée, puisque l'eau dos pluies, en entraînant ce composé, ri'mct à nu la surface métallique qui s'oxyde, s'hydrate et se Carbonate h nouveau.
Il y a donc toujours, par conséquent, de l'hydrate et du carbonate de plomb dans les eaux pluviales, qui séjournent pendant quelque temps dans des vases de ce métal, dans les mânes eaux qui coulent des toitures et des terrasses couvertes en plomb, comme aussi dans les eaux terrestres trop pures qui sont amenées dans les villes par des conduites de même nature,
La conséquence â tirer de ces faits, c'est qu'il faut éviter d'appliquer aui usages économiques ces sortes d'eaux, car tous les composés du plomb, mOme aux plus petites doses, provoquent de graves désordres dans l'économie animale. Les eaux calcaires et sélËnifeuscs n'orfrcnt pas les ml?mes dangers, puisqu'elles ne peuvent dissoudre les composés oxygénés du plomb.
Quand on veut constater la présence du métal dans une eau quelconque, il faut opérer ainsi que l'a indiqué Persoz. On évapore à siccité, dans une capsule de porcelaine, G ù 8 litres d'eau ; on reprend le résidu par de l'acide chlorLydrique en excès, on filtre e( l'on introduit la dissolution dans un flacon contenant 30 ou 40 fois son volume d'eau saturée d'hydrogène sulfuré. Il se produit immédiatement un précipité abondant de sulfure de plomb qui est d'un noir bleuâtre.
Oxyde* d« plomb. — Le plomb n'est pas pmrfÙndK ei ôi'îa sensiblement volatil en, vases clos, mais chauffé >e plomb, au rouge blanc, dans un tel d'argile (fig. 652), il se l'éduil en vapeurs d'une manière sensible et, en même temps, il se recouvre d'une pellicule irisée qui passe au jaune, par suite de son
oxydation. Celle pellicule qui se renouvelle à mesure qu'on renlève est un protoxyde, PbO, qu'on appelle vulgairement Massicot.
Cet oxyde, qui est la base de tous les sels de plomb, se combine aussi avec les alcalis, qui le rendent soluble dans l'eau. C'est un des oxydes les plus facilement réductibles par l'bydrogène et le cbarbon ; aussi, chauffé légèrement avec des matières végétales, il se révivifie trèspromptement. Voici une carte recouverte d'un peu d'oxyde de plomb; je la brûle, et bientôt vous allez voir sur les bords du carton non incinérés de petits globules très- brillants de plomb métallique.
Il est très-fusible et il donne par le refroidissement un verre Jaune demi-transparent, dur et fragile ; il cristallise aussi en petites lames hexaèdres régulières d'un jaune rougeâlre, auxquelles on donne dans les arts le nom de Litharge. Ce proloxyde de plomb demi-vitreux provient de la coupellation du plomb d œuvre ou du plomb argentifère dont je vous parlerai plus tard.
De la lilthari^e. — Ses varl^tét. — La litharge (dont le nom, tiré de deux mois grecs, veut dire pierre d'argent et rappelle ainsi Toiigine), a une couleur jaune-rougeâtre, quand elle s'est refroidie brusquement, et une belle teinte rouge quand son refroidissement a été lent (<). Avec le temps, sa nuance s'affaiblit, parce que la surface de ses lames se recouvre d'hydrate et de carbonate de plomb blancs, dus à l'action de l'air.
Dans le commerce, il y a plusieurs sortes de litharge, qu'on distingue par les lieux de provenance. En voici les caractères :
I. Litharge d'Angleterre. — Petites lames ((emi-vitreuses, très-pesantes, d*ano couleur rougeàtre, ayant un bel éclat, parsemées de larges paillettes argentines qui lui donnent un aspect micacé.
Emballage. — Expédiée de Liverpool et de Newcastle. La première arrive en futailles cerclées en bois, du poids do 250 à 300 kilogrammes ; la deuxième, en futailles du même poids« mais cerclées en fer.
C'est la plus estimée, parce qu'elle ne contient que des traces de cuivre et do fer.
II. Litharge de France. — Elle a moins d'éclat et est d'un rouge plus terne que la première : elle a aussi l'aspect micacé, mais ses paillettes reflètent moins vivement la lumière.
Emballage, — Futailles de 500 kilogrammes. Contient du fer et du cuivre en certaines proportions.
III. Litharge d'Allemagne. — Ressemble beaucoup à colle de France; cependant elle est plus pâle, jette moins d'éclat, et contient des parties qui ne sont pas complètement oxydées.
Emballage. — Fuuillcs cerclées en bois, du poids de 400 à 500 kilogrammes. C'est la moins estimée, parce qu'elle est la moins pure.
Une bonne litharge doit se dissoudre sans résidu dans l'acide azotique faible ou l'acide acétique, et sa dissolution incolore ne doit prendre aucune coloration bleue par un excès d'ammoniaque.
(1) La litharge jaune est nommée improprement dans le commerce litharge d'argent, de mOme que la lithargo rouge porte le nom de litharge d'or.