UE LA CÉRUSE
Bubstancp, qui porle principalement sonaclion sur l'appareil digcsiif, et occasionne des Iremblcmenli convulsifs, ainsi que la maladie cruelle appelée (olique dts peinlns.
Les apparlemenls râccmment peints à l'huile conservent pendant ua certain temps une odeur très-forte, qui n'est pas sans dangar pour les personnes qui les habitent. Mais les actidonis produits dans ce cas doivent f Ire attribués à l'essence de térébenthine qui se volatilise, et non, comme on le croit généralement, et à tort, aux émanations du plomb. La céruse, en elTel, mélangée à l'huile et avec le siccatif dans la peinture, est absolument fixe, et ne subit aucune volatilisation. Les belles recherches expérimentales de H. Chevreul sur la peinture à l'huile ne laissent aucun doute à cet égard.
Peinture ■■ blkne de zIhc et aa blane Rie. — Je vous al dit précédemment, en traitant du zinc, qu'un grand progrès hygiénique a été réalisé en faveur des ouvriers peintres et dcî broyeurs de couleurs par la substitution du blanc de zinc h la céruse dans presque tous les travaux du bûliment. Une autre couleur blanche, encore plus inoffen- Bive peut-éirc que le blanc de zinc, a été conseillée dans ces derniers temps pour remplacer la céruse dans la décoration ; c'est le Sulfate de baryte tirn/in'ej, que M. Kuhlmann, de Lille, livre au commerce è l'état sec et en pains, mais plus généralement à l'état d'une pilte consistante, au prix de 23 fr. les 100 kil. On l'appelle, vous te savez, blanc fix^, et en Autriche, blunc de plomb dti Tyrvi.
L'application de ce sulfate de baryte dans la peinture a lieu, comme celle de toutes les autres bases blanches, en couches successives an moyen de la colle forte ou de l'amidon, ou enfin au moyen d'un mélange d'amidon et de silicate de potasse dissous. Presque transparev ( lorsqu'il est appliqué à l'huile, ce sulfate couvre parfaitement et tout aussi bien que la céruse et l'oxyde de zinc dans la peinture en détrempe, et présente sur ces derniers l'énorme avantage d'un pris réduit des deux tiers. Il n'est pas altérable par les émanations sulfureuses, et donne des peintures d'une blancheur et d'une douceur au toucher que les plus Unes céruses ne sauraient atteindre. Supprimant l'emploi de la céruse, de l'huile et des essences, il oITrc donc, au point de vue de l'hygiène, des avantages incontestables, m<<me sur l'oxyde de zinc. Tous les essais pratiqués en grand, tanlà Lille qu'à Paris, aux Tuilciies et au Louvre, ne laissent aucun doute h cet égard.
Un fuit des plus intéressants, constaté parM. Kuhlmann, c'est que ce gel peut encore servir à facihier la fixation des autres couleurs. C'est ainsi que la peinture faite au moyen d'un méhnge de blanc de zinc et de blanc de baryte présente une solidité et une adhérence telles, qu'on peut l'apphquer avec sécurité sur d'anciennes peintures h l'huile. L'expérience en a été faite à Lille sur une trOs-grande échelle. Ce résultat est d'une haute importance économique pour Paris, Londres,
Bruxelles, et en général pour toutes les grandes villes oà les maisons des personnes aisées sont couvertes de peintures à l'huile coûteuses, et qui doivent Ctre souvent renouvelées. Il faut espérer qu'on ado^itcra les nouvelles peintures salubres, et qu'on préservera ainsi une classe nombreuse d'ouvriers des dangers qui font de leur profession un véritable fléau.
Au reste, le plomb, sous quelque forme qu'il pénètre dans l'économie animale, produit de funestes elTeis. Ainsi, les vapeurs qu'exhale le plomb fondu ; la poussière, chargée des molécules de ce métal, au milieu de laquelle vivent ceux qui le travaillent ; les particules d'oxyde qui se dissolvent dans les liqueurs acides, les vins, les vinaigres qu'on conserve dans des vases de plomb ; celles qui passent dans les aliments gras préparés dans la poterie commune, dont le vernis est du à l'oxyde de plomb, produisent journellement des coliques sourdes, un appauvrissement du sang, enfin une sorte d'empoisonnement lent, dont la cause i^stc souvent tout à fait ignorée.
Danyert des poteries comiiiaiies Terniseéee. — J'insisterai surtout ici sur l'abandon qu'il faudrait faire, d'une manière absolue, de 6es mauvaises poteries vernissées que leur bas prix a fait adopter par le peuple des villes et des campagnes. Le vernis plombifère qui les recouvre est si peu durable, que les substances alimentaires qui renfirferment du vinaigre, de l'oseille, les salaisons, le vin, le cidre, la piquette, les confitures, les corps gras qui ont ranci, etc., l'attaquent et se chargent de plomb. Pour en acquérir la preuve, il suffît d'examiner les vases qui ont servi pendant quelque temps; on trouve le vernis de leur surface interne plus ou moins détruit. Et ce qui démontre bien l'insalubrité de ce vernis plombifère, ce sont les nombreux accidents toxiques auxquels il a donné lieu. Je ne citerai que deux faits.
En J847, une famille de Bergerhout (Belgique) présenta des symptômes d'empoisonnement après avoir mangé une soupe préparée avec des groseilles qui, après avoir été écrasées et mêlées à l'eau, avaient séjourné vingt-quatre heures dans un vase en terre vernissée. L'analyse chimique démontra la présence du plomb dans cette soupe.
En 1848, M. le docteur Emile Marchand constatait un véritable empoisonnement aigu chez un cultivateur de Sainle-Foix (Gironde), qui mangeait depuis peu de temps des cornichons conservés dans un pot de terre verni.
Les poteries à émail feldspathique que l'on fabrique en Allemagne, les vases en fonte émaillée, mais surtout les ustensiles en fer battu, beaucoup moins chers que les précédents, sont bien préférables, sous tous les rapports, aux poteries à vernis plombifrrc ; aussi devrait-on en adopter exclusivement l'emploi.
Le plomb est donc un métal dangereux, et ne peut, sans inconvénient, être employé seul. C'est pourquoi la plupart des ustensiles de plomb