SULFURE DE MERCURE
Citte cbalflur limiUe, pend*nt tesqDellei on ■ renouvelé l'eiu ï mMure de «on. éiipontJan, la masse, d'tbord noire, m colom en rouge brun, puis puse rapidement lu rduge »rmi[/. Lorsqu'elle ■ atteint li nuance convenablu, on li Ure à pinHean eani et on en «épire par décantation le mercare non combiné. On ■tcbe k une basie température.
On ne fKlirique pas moins de nOQÛ kilogr. par an de cinabre et de vermillon dans le département de U Seins ; c'est ane Talear de ]IMO0O0 fr. Hais on refoii aowl, en France, du vermillon de Cbine 4t d'Allemagne.
¥*rl£léa coMmerelklea da verMlUoB. — Voici les caractères esi^nliels des espèces commerciales.
I. VtrmBton dfi Chine. — En poudra très-flne, d'une belle couleur ronge-cerise. Il est très-pur, et c'est encore le plus beau et te plus estimé. Il est d'un prix
bien plus élevé que les autres.
Emballage. -~ Arrive en caisses de 80 i 90 petits paquets carrée et ronds, dans des papiers noin, lisses, qui pèsent, chacun, de 37t',& h 41 grammes.
II. Vermillon d'Allemagne, d'IUijrie ou (TKmpire. — Poudre d'un rouge moins Tir que celui de la Cbine \ la nuance tire k l'orange.
Emballage. — Vient des mines d'idria, en barils contenant deui poches de peau, du poids da It kilogrammes environ et scellées du cachet autricliien.
III. Vermilltin de France. — Poudre d'une nuance rouge très-riche et plus éclatant» que celle des deui précédents. Il est livré h divera degrés d'intensité
de couleur et de finesse \ une échelle de numéros et da marques sert k distinguer les qualités.
Emballage. — Est eipédii^ en poches qui contiennent net 14 kilogrammes.
Il n'est pas rare de rencontrer, dans le commerce, des vermillons nilfiifléi avec des malitres rouges, et mûme blanches, de moindre valeur, telles que ; minium, sous-chromate de plomb, réalgor, colcolbar, brique, laïc, sulfate de baryte, résine de sang dragon. Le bon vermillon ae doit laisser aucun résidu quand on le diaulTe nu rouge dans une cuillère de fer ; sa nuance ne doit pas changer par le contact de l'acide azotique j enlln il ne doit colorer aucunement l'cspril-de-vin q l'on fait bouillir sur lui.
Les peintres font un grand usage de cette couleur minérale dont les Ions riclicsne sont pas malheureusement d'une longue durée, carils passent peu à peu au nuir sous l'influence des l'ayons solaires et des émanations sulfureuses. C'est aussi le principe colorant des belles cires à cacheter. Les Grecs le connaissaient sous le nom de mi7(os (1), les
(I) Homère donne aui vaisseaux des Achéens le nom de Milloparéoi, c'est-àdire âyniei rougw, parce qu'ils étaient eolorésk l'extérieur avec cette substance, Théopbraste en parla de la manière suivante : a 11 y a aussi daui espèces de cinabre : l'un naturel et l'autre factice ; le naturel, qui se trouve en Espagne, e.tt dur et pierreux de même que celui de Colchos, qui, dit on, s'y produit dans Isa rochers et les précipices, d'où on le fait tomber au moyen do dards et da
Dardi et flè^kei sont ici pour coins de fer acérés ayani h peu près la longueur i\e» anciennes flèches d'arbalète, et, comme beaucoup d'entre elles, terminés par une pointe allongée. Dans les Pyrénées-Orientales, on appelle encoreinjeffe, qui vient évidemment de lagilia, lU'chc, l'instrument ou le coin de mine avec li-quel oti abat le minerai des Hanci du Canigou.
Romains sous celui de minium, et remployaient comme couleur et comme fard ({ }. Les médecins des deux nations ]f délayaient dans des huiles pour en Taire des frictions sur la tête et sur le ventre. N'oubliez pas que c'est une matière très-vénéneuse.
AmaliraBicB. — Le mercure s*allie facilement avec un grand nombre de métaux, et leur fait partager sa liquidité. Comme il dissout trèsrapidement For, l'argent et le cuivre, il faut avoir soin d'ôter de ses doigts les bagues, si Ton doit toucher au mercure ; autrement elles sont bientôt blanchies et rongées, plus ou moins, par le contact du métal ; elles deviennent d'ailleurs si cassantes, que le moindre choc sufJQt pour les briser (2).
Lorsqu'on reçoit les vapeurs mcrcuriclles sur une plaque de cuivre, ou loi*squ'on frotte un composé mercuriel quelconque sur un morceau de ce dernier métal, il est bientôt blanchi à sa surface par le mercure qui s'y combine ; mais en chauffant le cuivre, la tache blanche disparait, parce que le mercure reprend la forme gazeuse, et que son affinité pour le cuivre n'est pas assez forte pour s'opposer à sa volatilisation. C'est là une expérience que font très-souvent ies chimistes, pour s'assurer si une substance contient du mercure.
Un procédé beaucoup plus sensible pour reconnaître les plus petites traces de vapeurs mercurielles a été indiqué tout récemment par M. Merget. Il consiste dans l'emploi de bandes de papier ordinaire imprégnées d'azotate ammoniacal d'argent, ou de chlorures de palladium et de platine qu'on expose au-dessus des mélanges ou qu'on place dans les endroits où l'on soupçonne la présence du mercure. Les sels métalliques précédents sont réduits par les vapeurs du mercure,- en sorte que
(1) Les censeurs de Rome étaient, par leurs fonctions, obligés, los jours de fête, de faire peindre en vermillon la face de la statue de Jupiter, et les généraux romains auxquels on accordait les honneurs du triomphe ne manquaient pas de s'en frotter le corps. On l'employait aussi pour enluminer des caractères tracés sur de l'or ou du marbre, et jusqu'aux inscriptions des pierres funéraires, comme on le voit sur les cippes et sur beaucoup d'autres monuments parvenus jusqu'à nous.
Une loi défendait aux marchands de le vendre au-dessus de 70 sesterces (17 f. 50 à 18 fr. 50) la livre. Les broyeurs de cinabre, éublis à Rome, s'enveloppaient le visage de masques formés d'amples vessies diaphanes pour ne point respirer sa poussière.
(2) La propriété que le mercure possède de dissoudre la plupart des autres méuux était utilisée autrefois par les sou/ fleurs, qui se faisaient donner de grosses sommes d'argent pour la découverte de la fameuse pie» re phiiosopha/e, dont il* prétendaient posséder le secret, a Ces imposteurs, dit Shaw, ont coutume de feindre une circonstance où ils ont besoin d'employer du mercure dans leur procédé; mais ils y ont auparavant dissous ou fait dissoudre directement une certaine quantité d'or ou d'argent, qui ne s'évapore point, comme le mercure, à quelque degré de feu qu'on l'expose, et font croire ainsi aux spéculateurs rrédulcB qu'ils n'emploient que les métaux les plus vils pour cette sublime opération ; les exemples do cette supercherie ne sont que trop communs et font grand tort à l'alchimie. » [Leçons de chimie de Shawy p. 1 10. — 1759.) '