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AMALGAMES

les bandes de papier prennent des teintes de plus en plus foncées qui aboutissent définitivement au noir, mais avec des tons variables, suivant la nature des métaux, et assez nettement caractéristiques pour chacun d'eux. L'emploi des chlorures de palladium et de platine est préférable à celui du sel ammoniacal d'argent, parce que ce dernier est trop altérable à la lumière, et que môme dans l'obscurité il se colore k la longue ; il ne peut servir que dans les recherches qui n'exigent pas de la durée.

C'est un amalgame d'élain qui sert à mettre les glaces au tain. On étend sur un plan horizonlal une feuille d'étaiu très-mince. On la recouvre de mercure qui adhère, puis on glisse une glace de manière à couper en deux la couche du mercure, en ayant soin qu'il ne s'interpose, entre le verre et l'élain, aucune trace d'air ou d'humidité ; on charge la glace de poids. L'amalgame s'atlache ainsi aux parois de la glace, et lui communique la propriété de réfléchir les objets (i).

L'amalgame de bismuth est destiné à donner aux globes de verre une apparence métallique. Un amalgame fait avec 3 de mercure, 20 de plomb et 1 d'antimoine, moulé en cylindres, fournit de bons crayons noirs. Les amalgames d'or et d'argent servent à dorer et argenter les autres métaux.

Depuis 1819, les dentistes emploient, sous les noms de mastic de Bell, pâte d'argent de Taveau, minerai succedaneum, l'amalgame d'argent pour plomber les dents cariées; en Angleterre, on fait servir au môme

(1) Avant l'eiuploi de l'amalgame d'étain pour étamer les glaces, on recouvrait le verre d'une couche de plomb fondu. Les vrais miruirs n'ont été inventés qu'à la fin du treizième siècle ; un franciscain anglais, Job. Pekham, qui enseignait, vers nSO, la philosophie naturelle à Oxford, à Paris et à Rome, en fait le premier mention. Raymond Lulle, Roger Bacon, et d'autres alchimistes de cette époque en parlent au^i en termes très -explicites. Avant cette belle découverte, on se mirait dans des plaques métalliques ou dans le cristal des fontaines.

Pline mentionne bien des miroirs de verre provenant des fabriques de Tyr et de Sidon, mais il ne donne aucun renseignement sur leur confection. Ce n'étaient probablement que des plaques do verre suffisamment réfléchissantes à cause de leur épaisseur, et assez larges pour se prêter aux exigences de l'ajustement.

Il est présumable que la première substance employée comme miroir fut lObsidiennCt roche ignée, fréquemment vitreuse et transparente, de couleur grise ou noire, qu'on rencontre autour et dans l'intérieur des cratères de plusieurs volcans éteints, et qui est quelquefois lancée pendant les éruptions de nos volcans modernes. Elle est souvent en masses énormes qui peuvent fournir des pièces de la taille d'un homme. Plino raconte que, de son temps, on en voyait de cette dimension, incrustées dans les murs des palais romains; elles venaient de l'Ethiopie. Les Guanches d» Ténérifife, les naturels des diverses parties de l'Amérique, se servaient de la même roche pour une destination pareille. L'abbé Grosier affirme que les Chinois ont confectionné leurs premiers miroirs avec la pierre noire dite /u, qui no parait être que de l'obsidienne. Enfin, d'après Théophraste. les Arcadiens tiraient également des miroirs des escarboucles d'Orchomëne, qui sont encore de môme nature. De nos jours, cette matière est recherchée par cei*tains dossinateurs de paysages ; on en fait aussi des bijoux de deuil; on réserve surtout pour ce dernier usage les' variétés qui sont opaques et qui présentent plutôt l'aspect de l'émail que du verre.

usage Famalgame de palladium, et, en AUemagnei l'amalgame de cuivre. C'est là une détestable invention, car, outre que ces amalgames perdent bientôt toute solidité, ils offrent encore le grave inoenvénient, par la vaporisation du mercure qu'ils contiennent, de oommu- 'niquer aux dents saines une teinte grisâtre, plombée, extrâmemeut désagréable, en déteiminant de plus la salivation, rinflammatioii des gencives, et mt^me des accidents nerveux assez intenseSé L'or et l'étain devraient seuls être employés par les dentistes.

L'amalgame de cuivre fait avec le cuivre pur et très-divisé, tel qu'en l'obtient par réduction de l'oxyde au moyen de l'hydrogèiiei ou do sulfate de cuivre par des rognures de sine, peut ser\ir, quand il est ramolli par la chaleur, comme mastic et pour réunir des pièees métalliques dont la soudure au feu présenterait des inconvénients. Il adhère très-fortement aux corps après son durcissement, parce que ce changement n'est accompagné d'aucune diminution de volume. On ajoute à 70 parties de mercure 20,30 ou 36 pai'tiesde cuivre djyisé, se» h)n le degré de dureté qu'on veut donner à l'amalgame, qui en possède d'autant plus qu'il contient plus de cuivre.

CoBiposItloB des ozjdea du mercure. — Le mercure s'unit en deux proportions avec l'oxygène, mais son protoxyde ne peut prendre naissance et persister que sous l'influence des acides. Le peroxyde ou biojyde est le seul qui se forme par la combinaison directe du métal avec l'oxygène.

Ces deux oxydes ont les compositions suivantes :

Protoiy«l«. Bi oa pcroiydo»

Mercure 96,15 92,50

Oxygène 3,85 7,41

Formules HgK) HgO.

•ttlfAtcs et asoiatea de Bierevre. — Quand on traite le mercure pair l'acide sulfurique ou l'acide azotique, on peut, à volonté, produire l'un ou l'autre de ces oxydes. Ainsi, en employant de l'acide faible, un excès de métal, et agissant à une température peu élevée, il se forme toujours du sulfate ou de l'azotate de protoxyde. Le premier est en poudre blanche, peu soluble dans l'eau. Le second cristallise en petites aiguilles blanches, djune saveur acre et très désagréable. Celui-ci, traité par l'eau chaude, se dédouble en azotate acide qui reste en dissolution, et en un azotate bibasique = AzO»,2 Hg*0 -f- HO, qui apparaît en une poudre d'un jaune brillant. C'est le turbith mtreux des anciennes pharmacopées.

Si l'on fait réagir l'acide sulfurique ou azotique sur le mercure à une température plus élevée, en opérant avec de l'acide concentré et en excès, c'est alors du sulfate ou de l'azotate de peroxyde qui se produit.

SELS DE UERCURE. 591

Le premier est encore en poudre blanche très-peu suluble. Le tecond ciùtalliBe fort dirBcikiuent.

Le nilbte de peroxyde a un caractère spécial. Au contact de l'eau froide, et mieux de l'eau bouillante, il k convertit immédiatement en un lulfate acide qui se dissout, et en un sous-sulfate, S0*,3 HgO, insoluble, pourvu d'une couleur jaune, qui le fait ressembler à la résine da liseron nommé twbiih. Ce sulfate Irimcrcurique, signalé déjà par Basile Vaienlin, a joui plus lard d'une grande célébrité, grâce au cbarlataniame de Crollius, qui fli un secret de sa préparation, et le préconisa sous les noms de précipité jaune, de iui-bith minéral, dans li! traitement des maladies vénériennes rebellci.

Il eA quehjuefoit employé par les peintres sous le nom de jaune miiM^J^iàafs.Ja.'iiuance Jaune-citrnn qu'il fournit n'est pas susceptible dluB s 'Ipngnei conservai ion ; toutefois, mélangé avec d'autres couleurs, il donne, dans certains cas, des résultais Irès-satisfaisants. Ainsi, brO',é :ltveê>da bletiide Prusse, il produit des vcrU magnifiques. Souvent, 4«M la commerce de la droguerie, on lui substitue du tous-sull^tc de plomb, qu'on iibtient en chaulTaiit le sulfate neutre, provenant des fabriques d'indiennes, avec son poids de litharge; loi-sque la malièrc eat>eii fusion tranquille, on la coule sur une table de marbre, et on .la pulvérise. On l'appelle jaunt paille minéral. C'est une couleur asseï belle, très-solide, qui couvre bien; mais elle noircit parles émanalions «ilfureuses.

Les deux azotates de mei-cure ont des usager Indu-lricls. Ils servent pour le secrétage des poils de lièvre et de lapin 3esfinés ù la confection des chapeaux ; leur solution est connue des ouvriers sous le nom d'eauforle des chapelien. Us sont auisi très-employés pour la dorure des métaux, pour reconnaître la pureté des huiles d'olive, et pour préparer plusieurs médicaments caustiques. Ce sont de violents poisons, au\ plus petites doses. Leu^ dissolution fait naître sur la peau des tacbcs brunes, qui ne disparaissent que par la chute de l'épiderme.

C*r*«iire« dlailBctir* 4«b mU de MervAM. — Les sels de mercure, à base de protoxyde el de bioxyde, oui pluûeurs caractères communs. Ainsi :

1. Ils ont lous une saveur métallique Irés-dé- •agréable el presque tous pi'ovoquent la salivation ;

2. Tous sont décomposés par une chalet dérëe. Quand on les cakine dans un pclit lubc «vec du carbonate de soude légèrement humecté, ib donnent des vapeurs mercurielles qui se con- d«>>«iid«mrRBrr. densenl en a |;lg. 674) sur les parois froides du tube,

MUS la forme d un abondant sublimé gris; il suffît de frolter celui-ci «TOC une baguette de verro pour en réunir les particules excessivement ténues en globules plus visibles.

592 TilËNTE-SlXlÈMË LEÇON.

Lorsqu'on opère sur de trop^petites quantités de matièresi ces globules ne sont pas apparents ; dans ce cas, on place à l'ouverture du tube de calcinàtion un papier sensibilisé par l'azotate ammoniacal d'argent. Les moindres traces de vapeurs mercurielles, absolument insuffisantes pour donner un dépôt perceptible, sont nettement accusées par la teinte foncée que prend le papier. (Merget.)

3. Tous sont réduits à l'état métallique par l'acide sulfureux, lo protochlorure d'étain et une lame de cuivre. La poudre grisâtre qui apparaît dans ce cas est du mercure très-divisé.

Lorsqu'on dépose, sur une lame de cuivre décapé, une goutte d'une sulution neutre ou légèrement acide d'un sel de mercure, qu'on lave, après quelques instants, la partie humectée, et qu'on frotte avec un bout de papier la tache grise qui reste, elle prend l'éclat métallique et lu blancheur de l'argent. Si l'on chauffe la tache,- elle disparaît par suite de la volatilisation du mercure.

Si les liqueurs essayées ne contiennent pas des proportions de sels de mercure assez notables, on n'obtient plus que des nuances d'un caractère trop indécis pour en rien conclure. Dans ces cas douteux, où l'œil ne discerne aucune trace d'amalgamation, si celle-ci s'est produite à un titre quelconque, il suffit d'appliquer la lame de cuivre sur le papier sensibilisé par l'azotate d'argent pour obtenir une coloration brune, caractéristique de la présence du mercure. On peut, de coite façon, démontrer la présence de ce métal dans des solutions au 1 100000. (Mehcet.)

Voici maintenant les caractères dilTérentiels des deux sortes de sels do mercure :

Selt de protoxyde. Sels de bioxyde.

Potasse ou soude Précipité noir floconneux. Précipité jaune orangé.

Ammoniaque Id. — blanc.

Clilore et acide chlorhy- 1 ~ ^'^"^' caillebotté, j

j • . < solublo dans uif j Pas de précipité.

* ■" \ excès de chlore. ;

lubie dans un ei-i !„„ très-beau, soluble

lodure de potassium ) jl^l ™î*^ avec! ^^^^ ^^^ excès. La li-

dépôt de mer- l ^^^^^

cure métallique \ ^^^^

' en poudre gnse. J

Chlorures de mercure. — Parmi les composés du mercure, les plus importants, sans contredit, et les plus anciennement connus, sont les deux chlorures dont la médecine tire un si grand parti.

1° Le protocMorurey que les alchimistes décorèrent d'une foule de noms plus ou moins ridicules, parmi lesquels on a encore conservé, pour l'usage vulgaire, ceux de mercure doux et deca/omé/os, est obtenu

CHLORURES DE MERCURL:.

ordinairemenl par la calcinalion, dans un malras de verre placé au centre d'un bain de sable (/ig. OIH), d'un mélunge de sel marin el de suUate de pro (oxyde de mercure. Par suite de la double décomposition de ces deux substances, il se forme du sulfate de soude et du prolochlorure de mercure, ainsi qu'on le voit piir rolte légende :

( Sodium — —

J I Protnclilorure ~r i de mercure

= Suttiiic de sonde.

Hg»O,S0»+ NaCI = Hg'Cl + K«O.SO'.

Le protochlorure de mercure produit se sublime, â la voûte d (ras, en belles aiguilles prismaliques, d'un blanc Jaunillre ot In^e iantcs, qui se couchent les uaes contre les autres, cl forrocnl une masse compacte qui te moule sur les parois du malras.

Ce composé, insipide et tout à fait insoluble dans l'eau, offre ce fait curieu<i, que sa poudre est d'un Jaune citron, c'est-à-dire d'une couleur plus foncée que ses cristaJx. C'est là une anomolie; car, en général, la division des corps •pporle une diminution dans leur coloration. El ce qui n'est pas moins singulier, c'est que, lorsqu'on verse de l'acide clilorhydrique ou du chlore dans de l'azotate de protoxyde de mercure dissous, le précipité de protocblorure qui se forme m

liquide est d'une blancheur éclatante. On le désignait autrefois sous le nom dep'écipité blanc.

Il en est de môme lorsqu'on fait arriver simultanément, dans le même espace, de la vapeur d'eau et du chlorure mercureux vaporisé ; les Vapeurs de ce dernier se déposent alors sous la forme d'une poudre 6ne et très-blanche, parce que la vapeur aqueuse qui s'est interposée entre elles met un obstacle mécanique à ce qu'elles puissent se réunir en une masse cohérente. Ainsi obtenu, le prolochlorure de mercure est Ir^s-employé aujourd'hui sous le nom de mercure doux à la vapeur. C'est un Anglais, Josias Jewell, qui a indiqué, en <810, ce mode de division, singulièrement perfectionné en 1822 par M. 0. Henry, et, en 1842, par Soubciran.

Le protochlorure de mercure est tellement insoluble qu'un gramme d'acide chlorhydrique, étendu de 50 litres d'eau, détermine un précipité très-sensible dans une dissolution faible d'azotate de protoxyde de mercure. Mais le chlore le dissout, surtout quand il a été récemment précipité. Les chlorures de potas-lum et de sodium, le chlorhydrate d'ammoniaque le convertissent très-rapidement, en présence de l'eau et à une faible température, en mercure métallique très-divisé et en perchlorure de mercure soluble, qui reste en combinaison avec les chlorures alcalins :

Hg«CI + NaCI = Hg -f- (HgCl,NaCl).

Un effet de ce genre se produit dans l'estomac des malades qui prennent du protoohlorure de mercure, à cause du sel marin qui exisie dans les liquides du tube digestif. M. Mialhe rapporte à cette transformation chimique du mercure doux, la plupart des propriétés médicales qu'il possède.

Les alchimistes, que leur imagination déréglée portait à accorder des vertus merveilleuses à la plupart des substances qu'ils préparaient, soumettaient le protochlorure de mercure à des sublimations sans nombre, croyant qu'à chaque sublimation il acquérait des propriétés de plus en plus puissantes. Après trois sublimations, ils le nommaient aquila alba; après six, aquila mitigata, et après neuf, panacée mercurleHe. Louis XIV acheta le procédé de ce dernier médicament, d'un nommé Labrune, pour le rendre public. Turquet de Mayerne, savant médecin chimiste du dix-septième siècle, illustré par les persécutions injustes de la Faculté de Paris qui sévissait alors contre les novateurs, a donné au chlorure dont je parle, malgré sa blancheur, le nom de calomélas ou calumet, qui signifie bon noir ou joli noir, en l'honneur d'un jeune nègre qui l'aidait dans ses opérations chimiques (1).

(1) Plusieurs lexicographes, noUmment Morin, Lunier, Boisie et N. Landais, trompés par l'étymologie et ignorant la circonsUnce que je viens de rapporter, ont avancé à tort que le calom'il est une substance noirâtre.

CHLORUnES DE MERCURE. 595

C'est surtout comme vermifuge et commo purgatif que ce composa est administré par les mëdeciu».

i' Bichlorure ou peich'omre. — Lorsqu'on chauffele sel marin avec du Hilfole de bioxyde de mercure, dans un appareil semblable au précédent, ce n'est plus du protoclilurure de mercure qu'on obtient, mais du U ou perchloTure de mercure (cbloride mercuriquc) :

IlgO.SO' + KaCl = Ilga + i\aO,SO'.

Ce ftnklorure de mercure cslunpoiâonredouliible, dont la découverte se perd dans la nuit des temps, et auquclles alchimistes firenl jouer un grand rôle dansleurs infructueuses reebeicliesde la pierre pliilosophale. L'Arabe Geber, dès le neuvième siècle, en indiqua la piéparation. Un franciscain auvergnat du quatorzii)ms siècle, Jean de Roque taillade, en parle sous le nom à'csprU blanc de mercure, et le distingue déjà du mercwe blanc ou prolochlururc. Wallerius, au milieu du dix-builième siècle, décrivait dix procédés différents pour l'obtenir. Jusqu'en (793, les Hollandais consenéreni le monopole de sa fabrication. C'est Ber- Iholletqui, le premier parmi les modernes, a établi d'uue manière précise ks différences chimiques qui existent entre les deux chlorures du mercure.

Voici leur composition :

Ptoloehlorute. Petchlorure.

Mercure 8i,91 73,^!

Clilore l&,ltC 36,IS

l-'urmules llg'Cl l'étal-

Bien dilTérent du protochlorure, le percblorure de i Irès-soluble dans l'eau, dans l'alcool, dans l'étlier, et il cristallise eu aiguilles flnes et déliées d'une grande blancheur. Obtenu par sublimation, il s'olTrc sous la mûmc forme ; il possède une saveur âpre et glyptique U-Ès- désagréable. Quelques centigrammes de sa poudre, introduits dans l'estomac, sufflâenl pour occasionner de vives douleurs, des nausées, des vomissements ; il corrode trés-proœptemeul les membranes avec lesquelles il est en contact, et détermine la mort, si son action n'est pas combattue par des moyens prompts et éuergiques. C'est A cause de ces propriétés que les alchimistes le nomméreni dragon et siiblmé corrosif {i).

(1) C'«t ipris, ou plulût avec l'acide arsénieui, le poison mélailiquo le plug dangereux. Il a porté pcniJanC un temps le nom de poudre de succession, à cause de rinlïme usage auquel on l'appliituail. C'éuii un des poisons de la firinvilliera, et le principal paitni ceux que l'on trouva dans la fameuse cassette de son com. plice, Sainte-Croix, donlia justice a'«tmpam. En 1GI3, ce fut par ce poison que le ■' le de Somincrsel firent périr sir Thomas Ovcrbury, enfermé

Heureusement que la plupart des substances végétales et animales ont la propriété, en s'y combinant, de le rendre tout à fait insoluble dans l'eau. C'est surtout l'albumine ou blanc d'œuf qui produit le plus promptementcet effet; aussi est-elle le contre-poison le plus sûr et le plus efBcace. Cette action de l'albumine sur le perchlorure de mercure est si prononcée, que cette matière, délayée dans de l'eau, permet de reconnaître dans les liquides les plus petites traces de ce composé, en y déterminant un nuage blanc ou un précipité floconneux, suivaot les proportions du sublimé corrosif.

M. Miàlhe a reconnu, en 1842, et Orfila a con6rmé, en i843, que le protosulfure de fer, récemment précipité et délayé dans l'eau, décompose instantanément le perchlorure de mercure et donne naissance à deux composés nouveaux qui n'exercent aucune action nuisible sur l'économie animale, à savoir : protoclilorure de fer et bisulfure de mercure. En effet :

Protosulfure de fer = Fer -f- Soufre .

Perchlorure de mercure = Chlore + Mercure.

Prolochioruro de fer + Bisulfure de merc. FeS -h HgCl = FeCl -f HgS.

Cette propriété précieuse fait du protosulfure de fer hydraté un nouvel antidote très-offîcace du sublimé corrosif; mais il faut que, comme l'albumine, il soit administré en dose suffisante presque immédiatement après l'ingestion du poison. Le même sulfure peut servir également de contre -poison dans les empoisonnements par le plomb, le cuivre et l'ai^senic.

Uaafl^es du bichlornre. — Le perchlorure de mercure e>t un des antiseptiques les plus puissants ; il rend, sous ce rapport, de grands senices aux médecins pour la conservation de leui*s pièces d'anatomic, et aux naturalistes pour celle des objets d'histoire naturelle ; on l'emploie dans ce cas en solution dans l'eau ou l'alcool. Les substances organiques, plongées dans cette solution, s'y durcissent à tel point, qu'elles résonnent sous le marteau coomie du bois; elles sont, dès lors, impu^.rescibles et inattaquables par les insectes et les agents atmosphériques.

De tous les composés du morcuro, le perchlorure est le plus employé pour combattre et détruire le virus syphilitique et les maladies de la peau. On s'en sert sous toutes les forme?, mais surtout en solu-

dans la tour de Londres. Les meurtriers essayèrent successivement, sur la victime, Teau-forte, l'arsenic, la poudre de diamant, la potasse caustique, de grandes araignées et des cantharides; le sublimé corrosif, administré en lavement, amena la mort en moins de 24 heures. Il est probable que la trop célèbre empoisonneuse Locuste, qui préparait pour Néron des breuvages si subtils^ connaissait et utilisait les propriétés terribles du sublimé corrosif.

DE l'argent. 597

lion dans l'eau alcootUde ; ce qui conslilue la liqueur de Van Swietai.

Dam les fabriques d'indieonei, il enlre dans la cotnposilion de plusieun mordaulB.

On peut le faire servir avec avantage à la deslruclion des punaiser. Pour cela, on lave, à deui toprises différentes, les murs, les boiseries, le carreau des appartemenis infeclês, avec une dissolution aqueuse de ce composé, faîte dans les proportions de 16 grammes de sel pour 16 litres d'eau ; on bouclie les trous, Jointures et tissures avec une pâte ou mastic fait avec de la colle de farine et de la craie, auxquels on associe 16 grammes de cliloride de mercure par kilogramme du mélange; enfin, on Aie les papiers de tenture avec de la colle de pfHe contenaut la même quantité de sublimé. Ces moyens réussissent compté temeul.

A ClermonI Ferrand, en Auvergne, on applique à cet usage le sel aicmbroth, qui n'est autre chose qu'un mélange ii parlics égales de pcrchlorure de mercure et de sel ammoniac, composé bien plus soluble que le percblorure isolé. Les alchimistes attribuaient à ce chlorure double des propriétés merveilleuses : voilà pourquoi ils l'avaient nommé Set devif. Sel de icien':e, Sel de la sagesse. C'est la solution de ce composé que M. Baldacconi a substituée, il y a une quinzaine d'années, au sublimé pour la conservation des tissus animaux mous' et gélatineui;. Les objets imprégnés de celte liqueur acquièrent la consisloncc de la pierre, tout en consei-vanl leur couleur naturelle.

SUITE DES MÉTAUX DE LA SIXIÈME SECTION

SovMtiau. — Del'AnciNT, de ses mines ei de leur exploluiion. — De la Coufietlation et du Fatlimonnnge. — Liquation. — Produclion annuelle de l'argent. — Alliages utiles qu'il tarmc. — Essais d'argent par [a voie s^clie et par la ioi« humide. — De l'azotate d'argent et de \i Pierre in fernale. — OtsV Argent falmùianl. — Cliloruro d'argent et préparation de l'argent pur ou vi-rgr.

Ot l'ArfCKt.

L'Aboent, par sa bjUc couleur btancbe, le vif éclat et le beau poli qu'il peut acquérir, son iiialtërabililé au contact de l'air, sa malléabilité et ta duclihté, qui ne sont inférieurcB qu'à celles de l'or, est un des métaux les plus précieux et les plus uliles ï l'homme. Sa découverte el MO emploi remontent au berceau du monde.

Hlal*rl«a«. — U e«t certain que, dés les époques les plus reculées

dont l'histoire fasse mention, l'argent était si commun en Chine, dans les Indes, en Perse, en Médie, en Assyrie, en Judée, en Phénicie, eu Egypte, etc., qu'on l'employa d'abord à faire des stylets, des lances et autres instruments pour la chasse des bétes fauves, parfois même les outils agricoles. On l'échangeait dans le commerce contre de Fairain et du fer, qui étaient bien plus rares. Plus tard, on en fit des lames pour recouvrir le bois et la pierre, 3es briques, des tuiles, des tables, des statues, et enfin des monnaies. Les Juifs, dès le temps d^Abraham, avaient déjà le sicle d'argent (valant à peu près i fr. 47).

C'est en Espagne que les Phéniciens allaient chercher l'argent. Les mines du mont Laurium, dans l'Attique, étaient exploitées dès le temps de Cécrops, le fondateur d'Athènes, et sous Thémistocle, elles occupaient 20000 ouvriers. Les Romains continuèrent dans les mines si productives de l'Espagne les travaux commencés par les Phéniciens et poursuivis par les Carthaginois.

Le nom actuel de ce mêlai est dérivé d'un mot grec qui veut dire blanc. Les alchimistes lui donnèrent, en raison de sa blancheur et de son éclat, les noms de Lune et de Diane, et ils en vinrent à supposer des relations mystérieuses entre cet astre et le métal. Aussi, comme la tête chez l'homme avait, suivant ces rêveurs enthousiastes, des correspondances avec la lune, ils attribuèrent à l'argent des vertus spéci- ^ fiques contre les maladies du cerveau. Mais ce n'était pas assez : il pouvait encore, par son application, guérir la morsure du scorpion, et sa limaille avalée faisait disparaître immanquablement et les palpitations du cœur et la fétidité de l'haleine. Malheureusement pour l'humanité, ces admirables propriétés n'existèrent jamais, et le seul avantage de l'argent métallique, sous le rapport médical, c'est de pouvoir servir à récompenser les soins du médecin.

État naturel. — On trouve l'argent dans la nature sous un assez grand nombre de formes ; sous celles de sulfures simples et double?, de chlorure, de bromure, d'iodure, d'arséniure, d'alliages avec l'or, l'antimoine, le mercure, mais surtout àrl'étal natif. Parmi ces minerais, le sulfure d'argent est le plus abondant; viennent ensuite l'argent natif, le chlorure, V argent rouge (sulfure double d'argent et d'antimoine), et Yai'gent anttmmial ou alliage d'argent et d'antimoine.

Les mines d'argent les plus célèbres et les plus riches sont situées au Mexique, au Pérou, à Buénos-Ayres, au Chili, aux Étals-Unis, en Colombie. D'après les calculs de M. Michel Chevalier, le nouveau monde a fourni, depuis Christophe Colomb jusqu'en 1848, 122050724 kilogr. d'argent fin, c'est-à-dire exempt de tout alliage, représentant une somme de 27 milliards 122 millions de francs.

Les mines d'Europe les plus importantes sont situées en Hongrie, en Transylvanie, en Silésie, en Saxe, dans le Hartz, en Suède, en Norvège, etc.

DE l'argent. 599

Dans presque loulcs ces mines, Tonnées principalemcnl, en Europe, le Buirure d'ai^onl, et, dans l'Anif riquc espagnole, de sulTure et do chlorure d'argent, ordinairement dissémini^s dans des argiles ferrugineuses, qu'on nomme facos au Pérou el au Chili (1) et cohradoi au Vexiquc, l'argent se montre â l'élal nalif, lantOt en crislaux isolés ou réunis en forme de belles végétation?, lanlôt en lilcls, grains ou masses imorpties dont le volume varie singiili^rrment.On en cile du poids de 25 & 30 kil. et mOme de plusieurs myrJagrammcs. On a rcmionlié une [nasse d'argeni natif du poids de 10 myt'iagrammcs dans les filons de la mine de Kongaberg, en Norvège ; cl, en 1748, à Sclinnebcrg, en Saxe, on en trouva une qui pesait plus de 1000 myriagrammes. On dit qu'Albert de Saxe, étant descendu dans la mine, fil apporter son dîner sur ce bloc, et dit aut convives : » (.'empereur Frédéric est sans doute un

■ puissant seigneur ; mais convenez que ma table vaut mieux que la

■ sienne, n

L'argent natif est rarement pur; il renferme presque toujours de l'or, du cuivre, du fer, de l'arsenic et quelquefois du plomb. Toutefois, c'est encore, parmi tes mélaui natifs, celui qui est le plus pur.

On exiriûl principalement l'nrgcul de son sulfure, AgS, désigné par les minéralogistes sous les noms à'Argyrose, d'Argent <:%lreux, mais on exploite aussi, comme mines d'argeni, certains minerais qui renferment accidentellement ce composé; tels sont les sulfures de plomb argentifères, assez abondamment répandus dans toute l'Europe (Souabe, Kartz, Silësie, Savoie, monts Altaï; mines de Poullaoucn el Huelgoël, en Bretagne; de Vialas et Villefort, dans la Lozère; d'Alais, dans le Gard; de Ponl-Gibaud, en Auvergne ; d'Allcmonl, dans l'Isère ; el les sulfures de cuivre argentifères, plus connus sous le nom de cuivre gris (Kolyvan, dans les monts Altaï; que^jucs mines de Silésic; Bockslein, dans le

(I) Au Cliili, Ips mines d'argent récemment découvertes sont situées dans un pays qui n'olTre pas Irace de végétation et pas un o goutte d'eau i il faut faire 10 lieues dans les sables, entre des montagnes arides el brûlantes, porter tout avec soi, munitions, combustible, .etc. Il y a cependant, à Clianarcilla', ane ville de tOOO âmes vivant de cette vie tactice. Dans les montagnes qui l'entourent, on a Uillé sur le roc vit des plateaux sur lesquels reposent des centaines do maisons. C'est dans les cours de celles-ci que s'ouvrent les galeries des mines. Tout autour, perchées comme des nidsd'aigles,se dressent de petitescabanesoù viennent dormir les ouvriers mineurs, quand iU sortent de leurs trous. Ils passent leurs journées à 3 ou 400 mètres de profondeur, travaillant à la clarlé d'une lampe et employant tour à tour le pic et la poudre d canon pour détacher ou

Ces filons aont généralement fort riches. Un des propriétaires disait à un de ses amis que sa mine lui rapportait 50000 fr. par jour. L'ami était incrédule. Impatienté par la discussion, le propriétaire fait appeler son majordome et lui dit : «Le produit de la mine appartient h monsieur pour !4 heures, nous verrons ■ bien qui des deux a raison, n Le lendemain, l'ami avait en sa possession pour plus de SOOOO fr. do minerai qu'il acceptait sans scrupule. (Lettre du Contre- Amiral Bonnard, en date de Valparaiso.J

Salzbourg; Zell, en Tyrol (1 ) ; Guadalcanal, en Espagne; Baigorri,dam les Basses-Pyrénées; Sainte-Marie aux-Mines, dans les Vosges, etc.).

BxiraclloB. — Dans le traitement du siilfure et du chlorure d'argent, l'argent est le but principal de l'exploitation ; dans celui des autres minerais, il n'est qu'accessoire, et n'est môme retiré qu'autant qu'il peut couvrir au moins les frais que l'opération exige.

Les procédés que l'on suit pour extraire l'argent varient singulièrement, en raison de la nature des mines, de leur richesse el des lieux où elles se trouvent. Cependant, en dernier résultat, ces procédés consistent presque tous h ramener l'argent à l'état métallique, lorsqu'il n j est pas, et à en Former, avec un métal convenable, un alliage fusible qui puisse, en raison de sa densifé, se séparer des gangues qui accompagnent l'argent.

Tantôt, comme dans l'Amérique espagnole et à Freyberg, en Saxe, on emploie le mercure. Tantôt, comme à Kongsberg, en Norvège, et dans d'autres localités d'Europe, on fait usage du plomb.

Le premier mode es! désigné sous le nom de procédé d'amalgamation; c'est le seul qui convienne, malgré le haut prix du mercure, pour l'exploitation des minerais pauvres, il a été inventé au Mexique, en 4557, par un mineur de Pacucha, nommé Barlolomé de Médina, et introduit au Pérou, en 1571, par Fernandez de Velasco (2).Ce n'est qu'en t786 qu'il a été importé en Europe par le baron de Born, qui monta la prc-

(1) Les plus anciennes mines du Tyrol sont celles de la grande bourgade de Gassenssass, au pied méridional du Brcnner. L'exploitation de ces mines remonte au tenfips des Romains, qui battaient monnaie à Vipiteno (Sterzing), avec les métaux qu'on en extrayait.

(2) C'est près de Guanaxuato que se trouve le*fameux filon exploité avec un très-grand succès au commencement de ce siècle, à Valcnciana et ailleurs, dont do Humboldt a dit qu'à lui seul il donnait le quart de l'argent que produisait le Mexique, et le sixième de celui que fournissait l'Amérique.

Ce qui distingue les filons argentifères du Mexique et au surplus ceux de la plupart des autres contrées de' l'Amérique, c'est la grandeur do leurs dimensions beaucoup plus que la forte proportion du métal. Le filon de la Biscaîna^ qu'on exploite à la mine mexicaine de Real- del Monte, a plusieurs mètres d'épaisseur. Le filon nommé la VetaMadre, à Guanaxuato, est ordinairement épais de 8 mètres; quelquefois il l'est de 60, et on l'a exploité sur une longueur de 13 kilomètres. Plusieurs autres filons connus ont 5,7 et 10 mètres, et par places le double.

Au Pérou, d'après M. de Tschudi, on trouve des filons plus puissants encore que celui de Guanaxuato lui-même, là où il l'est le plus. C'est ainsi qu'à Pasco on connaît et on exploite depuis longtemps deux filons, l'un de 111, l'autre de 123 mètrps d'épaisseur.

En général, et sauf des exceptions qui ne laissent pas que de se répéter, le minerai extrait do ces filons n'a pas, môme après qu'on en a rejeté les matières stériles, une teneur utile de plus de 2 à 3 millièmes, c'est-à-dire qu'on extrait à peine 2 ou 3 kilogrammes d'argent de 1000 kilogrammes de minerai soumis au traitement; mais l'immense quantité do minerai que fournissent ces puissants filons permet d'arriver, même avec une aussi faible proportion de mét^l, à un rendement considérable et assez fréquemment à de beaux bénéfices.

DE l'argent. 601

mière expluilalion de ce genre en Hongrie. Un an après, Galber! et Cbarpentier TondO renl, »ur les mflmes principes, l'usine d'amalgamat!oD de IlalsbrUclf, près de Frejberg. Ce bel établissement, Icrmîné en n90, fui complélement incendié en 1702. Mais il fui bientôt reconititiit, avec des modifications avanlageuscs ; la méthode' qu'on j suit est plus prompte et plus économique que celle de l'Amérique.

I.e second mode est appelé procédé par imbibition ou par fondage; il est pratiqué depuis beaucoup plus de temps que le précédent, et c'est lui qui fut employé tould'aborJ quand on commença l'exploitation des mines d'argent, car lorsque celles-ci sont riches et contiennent surtout àe l'argent natif en grande proporlion, il est tr'a-simplc d'exécution. I.e passage suivant que j'emprunte à de llumboldl va vous montrer ce qu'étaient les premières exploitations de l'Amérique, cl combien est niséc l'extraction de l'aident di!s minerais riches.

■ Depuis 15t5jusqu'en IS7i, les minerais d'argent ne furent traités, à Polosi {!), que par fondage. Les conquisladores (les conquéranls espagnols), ayant uniquement des connaissances miJilaircs, ne savaient pas diriger des procédés métallurgiques. Ils ne réussirent point à fondre le minerai au moyen de soufllels; ils adoptèrent la méthode bizarre que les indigènes employaient dans les mines voisines de Paaco, qui avuent été travaillées au profil de l'Inca, longtemps avant la conquête. Oo établit sur les montagnes qui environnent la ville de Potosi, partout où le vent soufflait impétueusement, des fourneaux portatifs appelés huayres. Ces fourneaux étaient des luyaux cylindriques d'argile, très- larges et percés d'un grand nombre de trous. Les Indiens y Jetaient, couche par couche, du minorai d'argent, de la galène et du charbon; le courant d'air qui pénétrait par les trous, viviOait la flamme cl lui donnait une grande intensité. Les premiers voyageurs qui ont visité

(I) H La montagne appelée le Hnlun Potocchi, donl |>ar euptionie les Européens ont fuit le Potosi, rcssembln dans son intérieur, dit Ullo», & une ruche k miel, moins sa régularité, à cause du grand nombre de percements, de galeries, de rouilles qu'on y remarque. S'il élait donc pr>ssible de bien enlever tout d'un coup la croûte qui la recuu%*re> on y apercevrait un nombre inHni de routes souterraines percées sans suite et comme au liasard, selon la direction des veines métalliques. » (Jtf'rmuireï co.tcerninf la-dicouve-lede F Amérique, par don UllM. Paris, I78T.) — Il en est sorti près de 7 milliards de francs. On l'exploite encore aujourd'hui, mais les minerais d'une grande richesse qu'elle fournissait autrefois loitt remplacés par d'autres d'une extrême pauvreté.

.C'est peu d'années aprët l'audacieuse invasion des Espagnols sous la conduite des deux Piiarre et d'Almagro, que fut découverte cette mine d'argent, donl le aom-eat employé encore pour désigner une ricliease sans limites. — On raconte qn'un Indien nommé Gualpa, courant un Jour dans les montagnes à la pour- *nit« d'an gibier, arracha, nn voulant se soutenir, un arbrisseau dont les racines étaient recouvertes d'un minorai brillant qui fut reconnu être da l'argent. Après quelques contestations entre Giialpa, un autre Indien et un Espagnol nommé Villaréal, les exploiutions de Potosi furent déclarées ouvertes le 31 avril lâ4S.

les Coiilillères, parlent tous avec entltouEiaEine de l'imprestion que leur avait laissée la vue de plus de 6000 Teux, qui ëdairaient la dme des montagnes autour de la ville de Poton. Les masses argentil&resob-

Icnues, étaient refondues dans les cabanes dci Indiens, en te serrant de l'ancien procéda, qui consiste à faire souffler le feu par (0 ou lî personnes à la'fois, A travers des tuyaux en cuivre, de I ou 9 mëlres de long, percés, à leur cilrémité inférieure, d'un tr(s-pclil trou. •

Lorsque les minerais sont Irès-pauvies, le procédé par fusion esl assez pénible el long, raats je ne m'y arrêterai pas. Je vais seulemeal vous indiquer comment on opère dans les Irois localités les plus productives,

{.Procédé de Freyberg par amalgamalimi. — Le minerai exploité esl un sulfure d'argent, disséminé dans une grande quantité do pyrites de fer el de cuivre ; il contient à peine 0,0025 d'argent.

Après le bocardage, on le mêle intimement avec o,i de sel marin ot on le grille dans un fourneau à réverbère, en le remuant fréquemment. Il se forme de la sorte des chlorures d'argent, de fer et de cuitrc, des sulfates de soude, de fer, de cuivre, de chaux, de magnésie, de plomb, de l'oxyde de fer, et il se dégage de l'a- ~ ~ cide sulfureux, de iWde arsénieux, etc. J.e produit de la calcinalion est réduit en poudre fine sous des meules, puis iniroduit dans des tonneaux soutenus verticalement sur des tourillons el qu'une roue hydraulique peut mcllrc en mouvement {(ig. 676j, Sur 100 p. de farine métallique, on en ajoute 30 d'eau et li à 0 de fer forgé en petites plaques. On fait tourner les tonneaux pendant une heure. Alors le fer métallique ramène j l'état de prolochlorure le pcrchlorure de fer qui s'était formé pendant le grillage. Ceci fait, on verse dans chaque tonneau SO p. 100 de mercure, et on les remet en mouvement pcndanl )6 à <S heures. Dans cette nouvelle phase de l'opération, le chlorure d'argent se dissout dans le liquide à la faveur du sel marin, mais il est attaqué au furet & mesure par le fer en plaques, ce qui produit du protochlorure de fer solublc et de l'argent métallique très-divisédonl le mercure s'empare. Celui-ci dissout en mOme temps le cuivre el le plomb qui proviennent de la réduction des chlorures cl des sulfules par le fer.

L'amalgame d'argent impur, étant liquide parsuile de l'abondance du mercure, se rassemble aisément et peut être isolé des parties terreuses au moycnde lavagesconvenablcB.On le passe ensuite fi travers des sacs de toile, qui laissent filtrer le mei-curc en excùs. L'amalgame

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