NOUVEAU MONDE
quint, métr.
Mexique 6S31
Pérou 111»
Chili 933
Boliyie 485
ÉUts Unis 8î
Equateur, Nouvelle-Grenade . . 48
Australie, Océanie 29
Brésil 2
En tout, 11057 quintaux, représentant une valeur de 244532180 fr. le kilogramme d'argent étant coté à 220 francs. En 1852, Léon Faucher évaluait la production annuelle à 230 millions («).
En France, les seules usines où l'on s'occupe de l'extraclion de l'argent sont celles de Poullaouen, de Vialas, de Pont-Gibaud, de Caronte (Bouches-du-Rhône). Elles ont produit, en 1852, d'après les relevés officiels de la direction des mines, 6286 kil. d'argent fin, représentant unevaleur.de 1354012 francs.
(1) Au commencement du siècle, de Humboldt écrivait ces lignes : « En glanerai, Tabondance de l'argent est telle dans la chaîne des Andes, qu'en réfléchissant sur le nombre des gîtes de minerais qui sont restés intacts, ou qui n'ont été que superficiellement exploités, on serait tenté de croire que les Européens ont à peine commencé à jouir de cet inépuisable fonds de richesses que renferme le Nouveau-Monde. »
Quarante ans plus tard, un autre observateur fort éclairé, M. Duport, disait: V Les giiie monts travaillés depuis trois siècles ne sont rien auprès de Ceux qui restent h explorer. »
DE LAIIGENT. 613
Il cet évident que les chitTrcs précédents sont inférieurs à la production actuelle ; mais il nous manque des renseignemenlg précis âcet égard.
Carkclètet dIallKCtifa. — Vous coonaissez tous, Messieun, les propriétés physiques de l'argenl, puisqu'à chaque instant vous en avez entre les mains ; aussi n'en forai-je pas l'énum'^ralion. Je dirai seulement que, très -malléable el très-ductile, on le réduit en feuilles si minces, que 8000 de ces feuilles superposées ne font pas l'épaisseur de S milHmélrcs t/'i, cl que I gramme peut élre tiré en un fil de 2340 à 2o50 mètres de longueur (I).
L'argent, dans son élal de pureté absolue, eat plus dur que lor, mais moins que le cuivre ; aussi, pour que les monnaies , les bijoux, les ustensiles, les vases que l'on confectionne avec ce métal, puissent conserver leurs formes et résister plus longtemps à l'usure, on est obligé de lui allier une certaine quantité de cuivre. Voici dans quelles proportions on unit les deux métaux ;
Argtol. Cuitre.
VtisBclle, argenterie, médailleB OïO &0
Monniio rnui^ise (pièce» do 5 Cr, Uo 3 fr., de 1 tr.).., 900 lOO
— (pièces de &0 cent, et de !0 cent.]. ... 83S ICS '
Btloutorie 800 SOO
Soudure pour les obji;ts en «rgent 670 à sao 330 à I îO
La quantité d'ai^enl qnf se trouve dans chacun de ces alliages constitue ce qu'on appelle le litre de l'argent. Ce titre est fixé par la loi du 19 brumaire an VI (9 novembre 1797), et parcelle des 3-Î5 mai 1864,
On dit de ces alliages qu'ils sont & un lilre d'autant plus élevé, qu'ils renferment plus d'argent. Ainsi, un lingot qui, sur 1 000 parties, contient 800 d'argent, est au tare de 800/tOOO, Vous ^oye^, d'aprôs cela, que notre monnaie d'argent est au litre de 900/1000, tandis que l'alliage pour les bijoux est au titre de 800/1000. Mais comme il serait difllcile d'obtenir toujours rigoureusement ces titres par la fusion directe des deux métaux, la loi accorde une tolérance au-dessus et au-de°sous du litre légal, ainsi qu'il suit :
Toli^rentc Alliage à 901/1000 pour les monnaies 3/10001 au-dessus
— 9SO/HI00 pour les mf daillos 3/IOi)0 1 et au-dessous.
— gM)/iO(iO pour Ift vaisselle et r>rgciileric. . &/I000 1 ,
— 800/lOOOpour la bijouterie S/lOOOt '"" ^'"""■
(I) Comme l'argent doit ttfe au titre léf,»\, ce Dictai ne |)eul Ctre nié que dans quelques villes de Kraiirc, dont les liûiels de monnaies sont pourvus d'une ari/ue. On nomme ain^î un fort cabestan qui sert à passor le lingol d'argent dans diverses grosses DiiËres d Croissantes, Jusqu'à ce qu'on l'ait réduit ■u calibre d'un tuyau do plume. On s'assure d'abord si le lingot est au titre, on le contrAle et on perçoit le droit ; après quoi on le passe à l'argue. Quand le RI est réduit b la grosseur sufasaiiIP, lo fabricant l'cmiiorte 11 sa propre Irtlilorie.
petit four mobile qu'on appelle mou/le. Celle moufle m, en terre rétraclaire, cl qui est deslinée â recevoir lee coupelles, etl percée, de chaque cûté, d'iine^ou deux feules, pour pennettre i t'alr de te renouveler. La section verticale de la figure 667 montre comment celle moufle
est posée au milieu du combustible qui l'cnlouie de toutes paris. La troisième ouverture antérieure du fourneau osl la porte du foyer dont le fond est percé de Irous carrés; la quatrii'mc esl la porte du ceiidi-ier.
Dans le laboratoire, il y a de petits trous ronds, ou registres, par lesquels on introduit une lige de fer pour faire tomber le charbon dans l'intérieur du fourneau. Le dûme esl terminé par un tuyau de terre, qui scrl de cheminée et que l'on surmonte ordinairement d'un tuyau de tùlr pour augmenter le tirage. Dans ta partie antérieure du fourneau, se trouve une lablette rectangulaire en terre, faisnnl corps avec le fourneau, cl permettant d'approcher ou d'éloigner à volonté la porte de 11 moulle.
Pour procéder à l'essai, on pèse Irt^s-exaclcmcnt I gramme de l'alliage dont on veut connaître le titre ; on pèse ensuite la proportion de plomb convenable à l'espèce d'alliage. On allume le fourneau, et on place la coupelle au fond de la moufle : aussitôt qu'elle a atteint le rouge blanc, on y met le plomb. Ce métal entre immédiatement en fusion, se débarrasse bienlôl de la légère pellicule qui le salissait, et
DE LARGENT. 617
lorsqu'il est bien nettoyé, on place à la surface du t>ain et dans le milieu, à l'aide d'une pincelLc, le Tragment d'alliage pesé cl cnicloppë de papier à l'avance. Le papier prend feu, et l'alliage se dissout dans le plomb.
Bientôt l'oxjdalion commence; le plomb laisse exhaler des fumées d'oxyde, la coupelle absorbe celui qui n'est pas culrainé par le courant d'air; l'alliage diminue de volume; sa surface, plane d'abord, devient de plus en plus convexe, et l'on \oU une foule de pointa d'apparence huileuse s'agiter à la surfave do bain. Ce sont des goultcletles d'ovyde fondu qui se forment cl sont absorbées avec une grande rapidité.
On ramène alors la coupelle vers le devant de la moufle; les gouttelettes présentent un mouvement qui s'accélère de plus en plus, puis elles disparaissenl tout à coup; elles sont remplacées par les couleurs irisées les plus vives. Ces bandes colorées qui recouvrent le boulon d'argent présentent aussi un mouvement continuel et rapide, mais leur apparition ne dure qu'un instant. I.e bouton reprend l'aspect métallique, devji?nt sombre, el repasse brusquement au rouge. Ce dernier phénomène, qui porie le nom à'écUiir et qui indique la Un de l'opération, est dû h la chaleur qui se dégage au moment où le bouton passe de l'état liquide à l'étal solide. On ferme aloi's la moufle, on laisse refroidir la coupelle, puis on enlève le bouton d'argent, on le brosse pour le débarrasser de tout oxyde adhérent (I), et on le pèse. La perte qu il a éprouiée pendant la coupellalion indique combien l'argent conlient de cuivre ou d'autres métaux oxydables à l'uir.
Il est bien essenliel de ne point retirer la coupelle du fourneau immédijtemenl apr.'s VÉcl"ir, parce que, l'argent se refroidissant trop prumptemeni, il serait possible qu'il végétât ou roeliâl, c'est-à-dire qu'il formai uno sorte de végétotion avec projection d'une certaine quanlilé de matière.
L'essai ne peut être regardé comme bon qu'autant que le bouton est bien arrondi, que sa surface supérieure f. ^gg est brillante, uniforme el ctislalline, que sa surface criit.'-i).«»t» intérieure est grenue et d'un blanc mat, et enlln qu'il se *" S'»"'-'-'""*"'^'' délacbe aisément de la coupelle.
Quand la surface du bouton est terne cl iiplalic, on regarde l'essai comme ayant eu trop chaud, et l'on admet qu'il y a eu volatilisation d'un peu d'argent.
(I] Le petil inslrumQnt dont on se sert dans ce caa portn dans les ateliers te nom de gralte-boesses et par corruption grattf -brosse. C'est un pinceau on Hts de laiton {pg, C88) parfaiiement dressés et solidement réunis en les serrant sur pres<|ue toute kur langueur an moyen d'une Heelle r{u'on enroule autour d'un ntanche on buiti ; te l)oui du pinceau est coupé IrËs-not et tris-droit.
Quand la teinte du bouton n'est pas uniforme, que sa surface inférieure est bulleuse et qu'il reste des écailles jaunâtres d'oxyde de plomb au fond de la coupelle, le bouton d'essai y adhère alors fortement; à tous CCS signes, on juge que Vessai a eu trop froid et que l'argent retient encore du plomb.
Ce mode d'analyse, remarquable par sa grande simplicité, ne donne pas des résultats d'une exactitude absolue. La volatilisation de l'argent ot son absorption par les coupelles déterminent un abaissement de litre qui va à i milli(>me environ pour l'argent fin, et à 4 ou 5 millièmes pour les alliages monétaires. Aussi, dans les hôtels des monnaies, emploie-t-on concurremment une autre méthode, qui a été indiquée par Gay-Lussac en 183'», et qui est connue sous le nom d'essat par la voie humide. Je vous en parlerai bientôt.
Pris de l'aripent. ^ Le kilogramme d*argent pur ou de coupelle^ payé en argent monnayé, vaut 222 fr. 22 cent. ; mais avec la retenue du change, il ne vaut que 220 fr. 55 cent. Le kilogramme d'argent à 000/1000 vaut 200 fr. ou 40 pièces de 5 fr., et, avec la retenue du change, seulement 198 fr. 50 cent.
Volatilité de Parcent. — Ce métal fond à 1022'» et possède une certaine volatilité, puisqu'une lame d'or exposée au-dessus du vase dans lequel il est fortement chauffé se trouve bientôt blanchie et argentée; on sait, d'ailleurs, qu'on trouve des parcelles de ce métal dans la suie des cheminées d'essayeurs et d'orfèvres.
AlfératloB de l'arir^nt dans l'air. — En raison de son peu d'affinité pour l'oxygène, il n'éprouve aucune oxydation dans l'air pur, à quelque température que ce soit. Lorsqu'il y perd son éclat, cela tient uniquement ^ la présence accidentelle de l'hydrogène sulfuré, qui produit alors à la surface du métal une pellicule très-mince de sulfure d'argent, qui est d'abord d'un jaune doré, et qui, étant plus épaisse, apparaît ensuite en bleu foncé presque noir. Ce phénomène se montre instantanément quand on cure les fosses d'aisances, ou lorsqu'on cuit des œufs gâtés, et mOmq frais, dans des vases d'argent, car je vous ai déjà dit que le soufre fait partie de cette sorte d'aliment. Le gaz de l'éclairage, avant sa combustion, noircit encore les bijoux et ustensiles d'argent, parce qu'il renferme toujours un peu d'nydrogène sulfuré.
IVettoyaipe des nftteQsilea d'argent. — Pour rendre aux ustensiles leur beauté première, il suffit de les frotter avec un peu d huile ou de craie; mais, lorsque la teinte noire persiste, le mieux est de les plonger un instant dans l'acide chlorhydrique bouillant, ou dans une dissolution de caméléon minéral (manganate de potasse). Ces liquides font disparaître le sulfure noir et le détruisent complètement.
On obtient le m(îme résultat, d après Boettger, en se servant d'une so'ulion saturée de borax, ou d'une lessive caustique de potass? de
DE l'abge>t. 619
concentrai] ni) mojpnnc, qu'on porle à l'ébullilion et au sein de laquelle on plonge les objf rs en argent, déposés dans un Tase on zinc percé de trous comme un crible. A déraul de vaae en zinc, il suffit de loucher en divers poinls avec uni- baguette de linc les pièces plongées dans la liqueur bouillanle. Toutes les taches cl colorations disparais- Bcrit cumme par oncliantomenl, el les obje!B rcprcnncnl tout l'éclat des pii''ces neuves.
L'emploi de la craie, du tripoli, àes os calcinés, pour le nelloyage des ustensiles d'argent, est généralement usilé dans les ménages : mais il a l'iuconvénienf de faire disparaître le mat, el de produire des stries dans lesparties polies. Les liiches brunes que le contact du sel marin fait naître sur l'argent ne disparaissent que fort dimdlemenl par les moyens ordinaires ; aussi esl-on lr<^s-frëquemment obligé de recourir à l'orfèvre pour faire rebrunir l'argenterie el lui rendre son aspect primilif. Pour obvier à tous ces embarras et dépenses, on peut utiliser avec BUCCINS le moyen commode et evpéditifque nous devons à M, I.croy, de Rruvelles, et qui consisic â frolter les pièces d'argent, matées ou polies, avec une toile linc, imbibée d'ammoniaque liquide pure et concentrée. On répète â deux ou trois reprises difTérenles, si cela est nécessaire, et on ne larde pas à voir l'a^enlerie reprendre son beau brillani métallique, comme si elle sortait de l'atelier de l'orfèvre. On essuie h sec avec un morceau de linge bien propre. Les taches occasionnées par le sel de cuisine sont immédiîilement enlevées par ce procédé, le chlorure d'argeni étant tri's-soluble dans l'ammoniaque. Ouand les pièces d'argenterie sont ciselées, il est bon, alors, de lier un peu de toile au bout d'une petite lige de bois, pour pouvoir passer entre les inlersiices. On peut ainsi nettoyer une grande masse d'argenterie en peu de temps.
Abaorption phiBlgno de ï'oxtgtnt par I*ar|[ent. — SI l'avgenl est impuissant k s'unir directement avec ro\ygène gazeux, en revanche il possède la singulière propriété, lorsqu'il esl pur et maintenu en fusion pendant longtemps, d'absorber jusqu'à 22 fois son volume de ce gaz, mais il labandonne totalement en se refroidissant. C'est ce qu'on peut facilement constater en plongeant rapidement dans une cuve à eau, au dessous d'une cloclie pleine du même liquide, un ereustl rempli d'argeni fondu ; on r^'Cueille ainsi une quantité notable d'ovygùne tivs-pur. Cette expérience, faite pour la première fois par Samuel Lucas, n'est pas sans dani^er, car parfois l'oxygène se dégage loul à coup en produisant une violente explosion.
C'est au dégagement de ce gaz qu'est dA le phénomène que présente l'argent pendant sa solidification! il se produit alors tt sa surface une sorle de végétation et parfois une petite portion de métal esl projetée au loin : c'est ce qu'on appelle le V'-ch-iye de l'argent. Un fuir non moins cunoux, c'est qu'une Irèspclilc quantité de cuivre suflit pour
cmpOclier l'absorption de l'oxygène et par suite le roehage, de même que de l'or ajouté à de l'argent fondu détermine aussitôt l'expulsion de l'oxygène en produisant une vive elTervescence.
Action des acides. — Il n'y a guère, parmi les acides, que les acides sulfurique, azotique et l'eau régale, qui attaquent l'argent.
Le premier n'a d'action, toutefois, qu'autant qu'il est concentré el bouillant. Il se fait un sulfate qui est peu soluble et il se dégage de l'acide sulfureux :
Ag-h 2 SO»,HO = 2 HO H- S0« + AgO,SO\
Le second le dissout à la température ordinaire, en le convertissant en azotate :
3Ag + 4AzOSHO = 4HO + AzO* -f SAgO.AzO*.
L'eau régale agit aussi à froid, mais le métal est transformé, dans ce cas, en une poudre blanche insoluble, qui est du chlorure d'argent : AgCl.
Azotate d'aripent. — C'est le seul des sels d'argent qui ait reçu des applications. Si, après avoir dissous le métal dans l'acide azotique, on évapore la liqueur jusqu'il la moitié de son volume primitif, elle donne, par le refroidissement, des cristaux en lames carrées, incolores et transparentes, que les anciens chimistes appelaient cristaux de lune. Ces cristaux anhydres ont une saveur styptique et métallique des plus désagréables. Les rayons solaires les colorent assez promplcmcnl en brun, en réduisant une partie de l'oxyde à l'état métallique. Le métal revivifié est brun, à cause de son extrême division.
Le sel dont je m'occupe, el qu'on trouve déjà mentionné au neuvième siècle par l'Arabe Geber, éprouve la fusion ignée au-dessous de la chaleur rouge, et forme alors un liquide incolore qui, coulé dans une lingotière (/îflf. C89), se fige en cylindres d'un gris de perle. Si le sel contenait du cuivre, les cylindres auraient une couleur noire. C'est dans cet étal que les chirurgiens font usage, depuis longues années, de l'azotate d argent, sous le nom de pierre infernale, pour ronger les chairs baveuses, en raison de l'action très-caustique qu'il exerce sur les tissus animaux. C'est Glaser qui a parlé le premier, en 1663, de la préparation de l'azotate d'argent fondu et coulé dans des lingoliùres.
Loi*squ'on pose un cristal d'azotate d'argent sur un charbon ardent, il se décompose avec déflagration, el laisse une couche mince d'argent mat, très-blanc, auquel on donne aisément, par le frottement, le brillant métallique. C'est là ce que Boerhaave nommait Y argent ardent.
Môle avec du charbon, ou du soufre, ou du j hosphore, il détone violemment par le choc.
Il est excessivement soluble dans l'eau, 'ette dissolution est pronip-
tentent décomposL'e par tous les corps avides d'a\;g^nc, par les matièrct organiques, et voilA pourquoi olle lacbe fortement la peau en noir, d'une manière indélébile, ainsi qu'Albert te Grand 1 a remarqué le premier. Les coilTeurs l'emploient pour noircir les cheveux rouges
Fit- W». — Linjotii™ jHmr prtpsrci
DU blancs, el ils la vendent sous les noms à'eau de Perse, d'eau d'ÉgypIe, d'eau africain'', et A'eau de Chitie. La coloration des clicveux est due â ce qu'ils renferment du aourrc, qui donne lien à la formation d'une légère couche de sulfure noir. Glauber connaissait déjà cette propriété du sel d'ai^ent de brunir les matières o^aniques ; mais c'est Shaw qui, en 1758, a conseillé l'emploi de sa dissolution pour teindre les chevcu\ en noir.
Depuis longtemps, en Angleterre, et maintenant en France, on se sert de la même dissolution pour marquer le linge de ménage. A cet eiïel, on dissout ! parlies d'azotate fondu dans 7 parties d'eau distillée, il laquelle on ajoute I partie de gomme arabique, pour la rendre ud peu visqueuse. La portion du linge où l'on doit poser la marque est rendue légèrement Terme avec du carbonate de soude ou du savon ; on lui donne un certain poli avec un fer chaud, el l'on écrit ensuite dessus, comme sur le papier, avec la dissolution du sel d'argent, ou bien on imprime les caractères au moyen d'un cachet de bois, gravé en relief, el préalablement trempé dans la liqueur. Pour mieux voir les traits que l'on trace, on colore souvent celle-ci avec un peu d'encre de Cliine. Kn exposant le linge au soleil pendant quelques minutes, les caractères détiennent noirs, par suite delà réduction du sel. Ils sont inelTatubIcs, et deviennent d'autant plus noirs que le linge est plus souvent lavé. AprCsdeux cents lessives, ils n'ont subi aucune altération.
Ce mode de marquer le linge et les étoffes est bien supérieuri tous les autres, el devrait élrc généralcmenl adoplé.
Pour enlever les taches que l'azotate d'argent fait sur les étoiTes et sur les mains, on peut employer une solution concentrée de cyanure ou d'iodure de potassium, ou, plus économiquement, mais avec moins de succès, un mélange à parties égales de bicUlorure de mercure et de sel ammoniac. Lorsque les taches sont très-anciennes, elles résistent souvent ; en les humectant avec une dissolution de chlore ou de chlorure de chaux, puis les arrosant d'ammoniaque ou d hyposulfîtc de soude, lavant à grande eau, et répétant plusieurs fois ces traitements, on est certain d'enlever jusqu'à la dernière trace des marques.
Une Anglaise, miss Fulham, a reconnu, il y a une cinquantaine d'années, qu'en plongeant du taffetas ou de la soie imbibés d'une dissolution d'uzotale d'argent dans un Qacon rempli de gaz hydrogène pur, 1c tissu preud d'abord une teinte brune, puis offre bientôt après une apparence presque métallique. Ce phénomène indique assez que le gaz opère, dans cette ciiconstance, la réduction du sel. Mais ce moyeu d'argenter les tissus n'a pas été suivi, parce que le métal resle grisâtre, irisé et sans grand éclat.
Les lames métalliques qu'on plonge dans la dissolution d azotate d'argent se recouvrent trèsrapidement d'une belle végétation d'argent (fig. R90).»En employant le mercure, on obtient Varbre de Liane des alchimistes, ainsi que je l'ai Fig, 690. - Précipiiaiioii dit dans unc autre circonstance. C'est Eck de
de 1 fircont de ses dissu-
luiions parles lames mé- Sulzbach qui, daus le quinzième siècle, a fait la taiiiqucs. première mention de Varbre de Diane,
A rident falmiiiAiit. — Si, dans la même dissolution, on verse de la .potasse, de la soi: de ou de l'eau de chaux, on isole l'oxyde d'argent, AgO, sous forme d'une poudre olivâtre. Cet oxyde est très-peu stable. 11 colore les matières vitreuses en jaune, aussi s'en sert-on quelquefois dans la peinture sur émail. Mais ce qu'il présente de plus remarquable, c'est de former avec l'ammoniaque une poudre fulminante qui est une des plus intactiles que l'on connaisse. On la désigne vulgairement sous le nom d'argent fulminant. Sa composition n'est pas encore bien déterminée. On peut admettre, en attendant, que c'est un ammaniwe d'oxyde d'argent, AgO,AzU', ce qui est la supposition la plus simple. BerthoUet en fit la découverte à la fin de l'année 1787.
On obtient ce singulier composé en humectant de l'oxyde d'argent, récemment précipité, avec de l'ammoniaque, et laissant sécher à l'air cette bouillie. Une fois sèche, la poudre grisâtre et d'aspect métallique, qui reste dans la capsule de verre où elle a été produite, détone avec un épouvantable fracas, par le plus léger choc, par le simple frottement d'une barbe de plume. Son maniement est donc très-dangereu\,
DE l'essai par la VOIE HOMIDE. Ùi'i
el l'oncounail risque de se blesser giiÈvemenl si l'on s'avisatl de vouloir l'introduite dans un llacoii. En 181), mon ptéparaleur, Donnel, a failli perdre la vue par rexploeion subite d'amniuniui-c d'orgenl en préparaiion ; ce composé élail encore recouvert d'ammoniaque lorsque ce déplorable événement a eu lieu. Vous concevez, Messieurs, qu'une pareille poudre n'a pu recevoir aucun emploi.
rhlurare d'«r(CBt. — l. 'azotate d'argent csl, pour les ihimistL's, un des réactifs les plus précieux, en ce qu'il leur fait reconnailrc duns Ks liquides 1/-20(HH)0* de chlore libre o'u combiné, en y occasionnant un Irouble, et par suite un précipité blanc qui a l'apparence du lait caillé (fig. ti'JI). Ce précipité consiste enchlo>-ure d'urgent tout à fait insoluble dans les acides, mais tr^s soluble dans l'ammoniaque, riiyposullitc et le sulGIe de soude, dans les cyanures et iodures alcalins; ainsi que dans lus chlorures alcalins concentrés.
Les anciens appelaient ce composé Lune cornet, Argeiit comi, parce que, après avoir él£ foodu, il est mou, flexible et assez semblable & la rorne. Crollius connaissait déj;t, â la Un du seizième siècle, la précipilalion de l'azotate
d'argent par le sel marin. C'est Bojle qui, le '^ri,",''.!'» "!'"'''.'" """ premier, a proposé d'emplofcr une dissolution pot«i du chlore diae l'id'argent dans l'eau-forle, comme réactif et muie dsrgun. comme moyen de doser la quantité de sel commun ou d'esprit de sel (acîdc chlorhydrique) contenu dans les eaux.
Le cblorure d'argent est le plus insoluble de tous les composés métalliques; il Taul peut-être plus de cent millions de parties d'eau pour en dissoudre une partie. Cette circonstance est éminemment précieuse dans les analyses, en ce qu'elle permet de doser l'argent, à l'état de chlorure, avec une Irés-grande exactitude. Gay-Lussac en a tiré un admirable parti, en 18J0, pour l'essai des monnaies et autres alliagesd'argeiil.
Bm>I d'à alll'gea d'arf^e»! par I» vole bamldc. — Son procédé, connu sous le nom d'Essai par ta voie humide, est adopté, dans tous les hôtels de monnaies et les bureaux de garantie. Il repose sur ce fuit que la même quantité d'argent pur ou allié exige pour sa précipitation une quantité constante de dissolution de cblurure de sodium. Or, l'expérience a indiqué que pour convertir I gramme d'argent en chlorure, il Taul 0>%5il7 de sel marin pur et fondu. Si donc l'on dissout I gramme de l'alliage d'ai^ent dans l'acide azotique, et qu'on ver«e dans la Uqucur une dissolution titrée de sel marin, jusqu'à ce que tout
ou
l'argent soit précipité à l'état de chlorure, on trouvera facilemeut le titre de l'alliage par le volume de la dissolution employée. La réaction est fondée sur cette équation :
AgO^zO» + NaCl = NaCAzO» + AgCl.
La dissolution noimale de sel marin est composée de telle manière que, dans 1/I0« de litre, elle contient autant de sel qu'il en faut pour
précipiter complètement 1 gramme d'argent pur. L'instrument qui sert à mesurer celte liqueur d'épreuve est une pipettf graduée de manière que i/10« de lilre y est divisé en 100 parties, dont chacune est égale à 1 cenlimètre cube, et précipite 40 milligrammes d'argent {fi'j. 6^2).
Mais, pour mieux évaluer les millièmes, on se sert, en outre, d'une dissolution décime faite en versant 1 décilitre do liqueur normale dans un vaso de la capacité d'un litre qu'on achève de remplir avec de l'eau distillée. Il est évident, d'après cela, qu'un litre de liqueur décime peut précipiter 1 gram. d'argent, et que la millième partie ou 1 centim. cube de la même liqueur précipite exactement la millième partie d'un gramme ou I milligram. de ce métal.
La première condition à remplir dans les essais par la voie humide étant d'opérer sur une quantité d'alliage contenant approximativement 1 gramme d'argent, on commence toujours un essai par déterminer, à l'aide de la coupcllation, le titre du lingot ou de la pièce. Des tables faites avec grand soin indiquent les quantités ou les prises d'essais pour chacun des titres.
Soit un lingot dont le titre a été trouvé égal à 885 millièmes par la voie sèche; les tables disent qu'il faut en prendre U'^flSO, pour équivaloir à 1 gr. d'argent fin ; en effet,
885 : 1000 :: 1,000 : x = 1,1299, ou en nombres ronds 1>%130.
Fig. 692. — Pipette do 100" pour mesurer la liqueur d'épreuve.
On pèse donc l(',i30 de cet al.iage; on l'introduit dans un flacon à l'émcri do 2 décilitres environ ; on le dissout au bain-marie dans 5 ou G centim. cubes d'acide azotique pur à 32** B ; on chasse avec un soufflet terminé par un tube de verre les vapeurs nitreuscs dont l'atmosphère du flacon est remplie, et on introduit dans le flacon, au moyen de la grande pipette, 100 centim. cubes ou I décilitre de liqueur normale .
On bouche le flucon et on l'agite vivement pendant 2 ou 3 minutes; la liqueur devient alors claire, et le précipité de chlorure d'argent tombe rapidement au fond du flacon.
Il est évident que si ralliago est réellement au titre de 885 millièmes, l'argent doit être complètement précipité, et la liqueur ne doit pas renfermer un excès do sel marin. Si le titre est plus fort, il reste encore de l'argent dans In liqueur; s'il est plus faible, l'argent a été complètement précipité, mais il y a dans la liqueur un excès do sel marin.
DE l'essai par la. VOIE HUMIDE. 625
Pour l'en aisurer, on meture 1 cenlîmètre cube de la liqueur talie dieime dam une petite pipette Caite exprés, et on la laisse tomber d'un Jet continu duis le flacon. S'il resle de l'argent dan» leJiiuide clair, il m forme un nuage bUnc trts-senslble ; on agile do nou»eau, et on verse dans la liqueur écliircio «n sotoud eeniimêire cube de dùtolution décime.
Supposons qu'après avoir ajouté ! centimètrea cubes de celle-ci, et afoir observé deux fois un nui^e blanc, l'addition d'un troisième centimttro cube nu produise plus de précipité; il est évident que ce troisième centimètre cubi', n'ayant déterminé aucun trouble, ne doit pas être compté en totalité ; on en prend la moitié, ce qui fait ! eentim<''tres cubei '/I de liqueur dérime emplojéc.
On a alors, pour la quantité d'argent contenue dans la prise d'essai ^•',130), lOOO milligrammes do ■lilsoluHon normale, représentant 1 gramme d'argent pur, plus '.e<,£> de diitolution déeime représentant 2 milligrammes '/J d'argent, soit en tout 1001^ d'argent. Pour ramener le titre ï 1000 ou k I gramme d'alliage, on pose donc I* proportion suivante :
1,130 : 1005.5 :: lOOO : « = ^ = o,g87,io.
La pièce est donc au titre de 887 millièmes.
Pour éviter ces calculs, Gay-Lussac a encore dressé des tables par lesquelles on arrive immédiatement au titre, d'ipria les données de l'eipérience.
Si le premier centimètre cube de liqueur décime qu'on verse dans la solution d'argent qui a déjà reçu ledécilitro de liqueur normale, ne produit pas de nuago blanc, 11 est clair qne l'alliage n'a pas un titre supérieur h celui indiqué par la voie sèche, mais peut tUe au-dessous i dans ce cas, il doit y avoir un excès de sol marin dans le liquide. C'est ce que l'on reconnaît au moyen d'une dittolution d'aiotate d'argent contenant I gramme d'argent pur par litre et qu'on appelle liqueur décime d'urgent.
On commence donc par verser dans le flacon d'essai nn centimètre cube de liqueur décime itarqent, qui précipite le centimètre cube de liqueur salée dérime i|ue l'on avait ajouté et que l'on doit neutraliser. On éclsircit la liqueur par l'agitation, puis on ajoute un nouveau centimètre oobede liqueur didme d'argent ; i'i\ produit un trouble, on agile de nouveau le llacon et on verse un troisième cen- * timètre cube de mtme liqueur d'épreuve dans le liquide éclairci. On continue jusqul ce que l'addition d'un nouveau centimètre ne trouble plui lo liquide du
Supposons qu'il ait fallu employer i ccnlini. cubes do liqueur dé-i'iie d'argent : le dernier ccntimètro cube n'ayant pas servi, on t'elTace, et l'on prend la moitié du troisième. On «donc réellement employé 2 centimètres cubes 1/1 de liqueur d'épreuve pour décomposer le sel marin resté libre après l'addition du décilitre de liqueur normale salée. C'est donc 2 millièmes 1/9 qu'il faut retrancher du
Dans les liûicts des monnaies et les bureaux de garantie, où un grand nombre d'essais doivent être faits cliaque Jour, on fait usage d'appareils qui permettent d'y apporter autant de célérité que de précision. Voici les principaux :
I. La flgureG33 représente celui qui sert ï mesurer la A'7iieiirnuroia/?. Celle-ci
toute évaporation, et pourvu seulement d'un tube deHariotte 6 pour la rentrée de l'air. Un tuyau coudé c, muni d'un robinet d, et adapté à un tube vertical en verre ce qui contient un petit thermomètre dans son intérieur, permet do
(1) Voir, pour plus de détails, le mi-moire de Gay Lussac : hmiruction lur l'Essai de* matières ^argent par la voie hum de. I83Î, Pari», in-4", Imprimerie
Gia*ai>iN. — 11. tS
TRENTE-SEPTiiME LEÇON.
fiire couler U U(|ueur dans la pijieLie de décilitre p. Cette dernière est reliée au
lube te par un cylindre métallique i i deux robineu I, m. Lorsqu'on veut remplir la pipetlp , un bouche avec le doigt son eiirémité erfiice n, et ou ourre tous les robinets jusqul ce * (|ue la liqueur, qui trrive en filet mince tan-
dis que l'air s'échappe par la petite ouverture latérale n, s'élève un peu tu-dassus du trait I r[ui indiqua eiactemeol U meaure d'un dédlitre On ferma alors les robineta, et l'eu lilisse au-de»3ous de la pipette une tablette à coulisse m' qui supporte une cuvette u et nn compartiment v dans lequel se trouTC le flacon X contenant la disuluiion d'argent k titrer. Du centre de la curette u part une aorte de rhanipignon portant une petite éponge destinée à absorber la goutte de liqueur qui reste urdinaiiement suspendue & rcxlrémïté ri de 1> (lipetle, après qu'on a laissé descendre U colonne de liqueur jusqn'i la ligne de reppre I. On fait alors glisser la lableite do manière A amener l'ourerture du flacon x sous la pipctie, puis on ouvre de nouveau le robinet m pour que celle-ci se vide entièrement dans Is diss<iliiiion d'argent. On néglige la dernière eoutii' i|iii reste adhérente à la pointe de la pi
pctle, parce qu'elle est en plus du décilitre de liqueur écoulée de plein Jot.
2 Letraitement par l'acide aïolique des dinérentséclianti^ions d'alliage muni- Uire s'ulTectuo dans des flacons numérotés, qu'on place dans les compartiment' d'un support métallique (fig. UU >) Pour activer la dissolution de l'argent, on plungo ce suppoi't dans une bassine ii moitié remplie d'eau chaude. Lorsque U réaciiori «st terminée, un suuffle dmis cliai|ue tlucoil pour chasser les vapeurs rulilanti'i Ifil, G:'â].i>n y iuiruduit ensuite le décilitre de l'tjaeiir normale, et on li'anaporte tous les flacon^, fermés par leurs bouclions à l'émeri, dans un second sup porta compartiments A (/!>/■ GM') suspendu à un ressort d'acier n/fixé au inoyeti d'écraua sur uuo puience en bois, solidement scellée dans le mur j au-dcssuiidu support se trouve un ressort b boudin ab dont l'citrémlté iiifémure est enclavée dans le parquet du laboratoire.
Vous comprenei qu'en appiijanl sur h support M'aide du manche /'qui te sur monte, le ressort d'acier al s'abaisse, tandis que le ressort \ boudin ab se comprime; l'agilaiion de tous les flacons i, la fois i^st rendue ainsi plus facile t apr^i quelques minutes de ccsoscillatioiis, toutes les li'iuours sont complètement éclair- Cieset lechlorure d'argent est loialcM.titaggluLnéré au fond dus flacons.