DORURE DES MÉTAUX
Mais, par ce procédé, on ne peut fixer qu'une quantité d'or Icllcmenl faible h la Burface de la pièce, qu'il esl impossible à la mei^eure dorure par la voie buinide d'atteindre l'épaisseur à laquelle la plus mauvaise dorure au mercure est forcée d'arriver.
d. Dorure galvanique, — L'autre procédé est tout dilTérenl. L'idée première en apparlicnl à M. de la Kive, savanl professeur de pliysique à Genève, qui, le premier, a s)ngé à utiliser la propriété du couranl électrique pour opérer la précipilalioii de l'or sur le laiton et l'argeiil.
Cette idée lui a été suggérée par les belles expériences galvanoplasliques d u professeur Jacobi, de Siûiit-Télersbourg ; je lais vous les faire comprendre en quelques mots.
Lorsqu'on sourael à l'action d'un faible couranl électriqui', i-n se servant des pclites piles modernes, à cloisons, soil celle de Z)iinre//,s<iil celle de Baitsen, une dissolution métullique des quatre dernières sections, celle
de sulfate de cuivre, par cKem- ^r- — . ^-- "
pie (^3. H0\ le métal de la f,^. 7,„. D«compo.iii«a du .uif.nc de cui^r.' dissolution esl réduit el vient par la pile,
se déposer en peliles pellicules
au pOle négatif de la pile R, tandis que l'oxygène el l'acide du sel se rendent au pôle positif A. C'est là un fait général dont l'inlroduclioii dans la science est due à sir 11. Davy et remonte déjft à plus d'un demisiécle.
Kh bien ! si au pûle négatif de la pile N (fi<j. 71 1}, on a allaclié, avant de la faire fonctionner, une plaque métallique ou (oute autre matière conductrice portant des caractères nu des dessins gravés en creux au burin, et qu'on prenne pour ëleelrode positive une lame de cuitre P : aussitôt qu'on mettra la pile en activité, le cuivre réduit se déposera sur la plaque plongeant dans la dissolution du sulfate, il se moulera exactement dans les creux, et il formera bientôt une empreinte en relief qui reproduira très-fid élément les (rails les plus délicats de l'original.
La lame de cuivre P, qui esl attaquée par l'oxjgènc et l'acide sulfuriquc qui résultent de la déconiposilion de la dissolution métallique, produit une quantité de sulfate de cuivre égale en poids A celle qui n
élé décomposée, de toile que la soluUon primitive es( maiutcnue au
mi^ine éUt de concenlralion.
Hainlenanl à la plaque gravée substituez le moule en creux'd'uoc médaille en soufre, en plAtre, ou en stéarine, d'un bas-relief en terre cuile ou en plaire, une staluelle en pl&lre, tous objets que loii recou-
> gllULUpllSl
\re de plombagine, pour rendre leur surface conduclrice de rélcclricilé, et vousobticudrez la reproducliori exacle en relkf de la médaille, du bas-rclier, \ous aurez une slaluclle cnlièrcment recouverte de cuivre, offrant la finesse et la perfection dca modules.
(i'oal en cela que consiste le nouvel art désigné sous le nom de (MvaH<ypla$tie, dont l'imprimerie, la stéréolypie, la fabrication des billets de banque, des limbrcs-posto, la gravure sur cuivre, la statuaire, la confection des rouleaux d'impression pour les imprimeurs sur tissus, la reproduction des plancbes d'acier, des gravures sur bois, des plaques dagutrricnnes, le moulugc des fruils, elc, -lireul actuellement un parti si avantageux. Peu d'années ont ^ufB, depuis les premiers essais lentes, en 1637, par Wi. Jacobl, Spencer, de la Rive cl Daiiiell, pour porter à une rare perfection ce précieuv moyen de modeler les raélaux en les précipitant lentement de leurs dissolutions salines par laclion du courant éleclrique.
Voici comment sont disposés généralement les appareils qui serveni en grand à reproduire galvaniquement plusieurs objets à la fois [ftg. 71 ï). Lu cuve eu bois AA, mastiquée à l'intérieur, contient la solulion de couperose bleue. La tringle en cuivre T, qui communique avec le pôle positif de la pile, sert à suspendre les lames de cuivre qui duivenl enlreieuir le baiu au mûme degré de ricbesse. C'est sur les Iringlcs S, S', eu rommunicalionavecle pôle négatif, qu'on accroche le*
DE LA GALVANOPLASTIE.
moules ou Icsaulres objels qu'on vcul reproduire ou recouvrir de cuivre. On mel en regard des lames les faces des objels qui doivent recevoir le dépAt.' \'ous trouverez dans .des ouvrages spéciaux tous les renseigncmcnls
nécessaires pour pratiquer avec succès ta gulvanoplaslie ( I ). Je me borne à vous en faire connaître le principe.
Ce sont ces procédés galvaniques qui ont (5lé étendus, par M. de la Rive, puis par M. Perrot, de Rouen, et en dernier lieu par UM. Elliington et de Huolz, non-seulement à U dorure et à l'argenture du cuivre, du bronze, du laiton, de l'étain, du plomb, du fer, du platine et de L'acier, mois au platinage, au zincagc, au cobaltîsage cl au nicbélisage du fer, c'est-à-dire à l'opération par laquelle on recouvre ce dernier métal d'une couche mince e[ homogène de platine, de zinc, de cobalt et de nickel.
H. de Buolz a même trouvé le moyen de précipiter immédiatement sur le Ter de véritables alliages métalliques, tels que le bronze et le laiton, fait que la théorie n'aurait osé espérer. C'est en soumcltanl au courant galvanique des bains contenant, en proportions convenables, des dissolutions de sels d'étain et de cuivre, ou de zinc et de cuivre, qu'on arrive h ces merveilleux résultats ; les deux métaux dissous, en se rencontrant au moment de leur précipitation, se combinent eusemble, et s'attachent au fer sous la forme de brome ou de laiton.
Vu pas de plus a été fait tout récemment dans l'art de recouvrir les métaux les uns par les autres au moyen de rélcctricilé. M. FeuquiÈres, à Paris, M. Klein, h Saint-Pétersbourg, sont parvenus à réaliser la gal-
(II Je rPCoiiiDiïiide surtout le» Kanipulalioiu hi/droplastiqucs, guide pratiqut du doreur, de l'argenleur et du galvanoplasie, par Alfred Roseleur. — I vol. iii-8 avec figures, IS&5. Paris, cliez l'auteur, rue dsi Entanta-Rouges, g, au Hanls.
>auoplaslie du fer, c'est ù-dire à obtenir des reproductions d'objets divers (médailles, planches en relief et en creux pour la typographie et la gravure, e(c.) en fer galvanique. Le procédé consiste ù faire agir la pile sur des dissolutions mélangées d'un sel d'ammoniaque et d'un sel de protoxyde de fer; le dépôt de fer qui se produit ainsi est très-dur, cohérent, et d'un biillant métallique; il a quelques-unes des qualités de l'acier trempé.
D'un autre côté, M. Weil est arrivé à revêtir les métaux d'une couche adhérente et brillante d'autres métaux sans le secours de la pile, [.es bains qu'il ernploie sont des sels ou des oxydes métalliques maintenus en dissolution dans un alcali caustique avec l'aide de certaines matières organiques; le dépôt métallique se produit môme à froid. On peut par cette méthode nouvelle, dont l'auteur n'a pas donné une description complète, dorer, argenter, élamer, zinguer, cuivrer, bronze^, notamment le fer, la fonte et l'acier, d'une manière bien plus simple, plus économique et plus solide que par les procédés jusqu'alors connus.
Distinction entre la f^alTanoplastle et la dorure galTaniqae.
— Ce qui distingue la dorure galvanique de la galvanoplastie, c'est que. par celte dernière, le métal déposé est en couches d'une épaisseur que rien ne limite et qu'on peut toujours détacher de l'objet sur lequel elles se sont déposées, tandis que dans le cas de la dorure, de l'argenlurcy etc., le métal déposé à la surface d'un autre y adhère d'une manière intime et fait participer ce dernier aux précieuses propriétés qu'il possède, notamment à son inaltérabilité au contact de Tair.
La dorure des métaux, la fabrication du vermeil sur argent pu maillcchort, s'exécutent aujourd'hui, avec la plus grande facilité, en plongeant les pièces à dorer dans un bain composé de cyanure d'or et (^ potassium dissous dans un excès de cyanure de potassium, en même temps que les pièces et le bain sont soumis ;\ l'action d'un faible courant galvanique fourni par une pile de Bunsen, à une température de 70\
Le bain se prépare habituellement avec 50 litres d'eau, 50 gr. d'or à l'état de chlorure sirupeux, et 1 kilogr. de cyanure de potassium. On l'entretient constamment à la môme richesse, en suspendant au pôle positif de la pile une lame d'or qui se dissout X mesure que la dissolution laisse déposer son or sur les pièces mises en communication ci\et' le pôle négatif.
Chez M. Chrislofle, qui depuis 18 iO a exploité, sur une très-grande échelle et avec le plus grand succès, les brevets de MM. Elkington et de Huolz, il y a deux bains d'or, l'un assez pauvre en ce métal, l'autre très-riche; celui-ci contient 500 gr. d'or.
(Juand on opère en petit, on renferme les bains dans une capsule de porcelaine posée directement sur le feu (/?(/. 713) ; on suspend les objets
DORURE ET ARGENTURE GALVAMIQUES. 6o7
à dorer, de même qae la lame d'or, â deux fringles mi!lallîque« ab,
qui ïODt isolées par deux baguettes de verre c, d, auiqueltea el'es sont
follement attachée*; ces tringles
correspondent an» deui pOIes , ■
d'une pile de Bunsen.
L'argent , le maillechori , le bronze, le laiton, le cuivre pur sont dorés très-iapidemenl par les moyens précédents avec des couleurs très-pures et très-belles.
On varie i volonté l'épaisseur de la couclic d'or, sa couleur mi'mc.
On peul faire sur les niCincs piices des mélaiiges de mal et de poli; enfin on dore avec une ' - - - -
égale racililé les pièces de grande ng. 7u. ~ Api.a.vii puur durer ra p«ui. dimension, les pièces plaies ou
à relief, les pitces creuses ou gravées, et Ifs lilame.ils les plus délié». Les dernifiros Exposilions universelles de l'induslrie ont montré la perfection à laquelle on est airité, sous ce rapport, en France, en Angleterre et en Allemagne.
Les autres métaux, le fer, l'acier, le liuc, l'étain, le plomb, se dorent mal, mais on a surmonté la difflcullë par un ingénieux artifice ; on recouvre d'abord ces différents métaux d'une légtre couche de cuivre au mojen do la pile et d'un bain de sulfate de cuivre, et c'est ensuite (urces métaux ainsi cuivré* qu'on fait déposer la couclie d'or qui doit en rehausser le pri\. C'est ainsi qu'on opère pour les couteaux de dessert, les iostrumenls de laboratoire et de chirurgii-, les armes, les montures de lunettes, et autres objeU en fer ou en oiiet.
L'aryealure g<'kaiiique procède absolument de la même manière que la dorure ; il n'y a de différence qu'en deux points ; la température, qui est celle de l'atmosphère, et la composition des bains, pour lesquels on emploie, pour 2jO parties d'eau, 2 parties de cvauure d'argenl contre 10 parties de cyanure de potassium.
Chez H. Christoile, les cuves pour l'argenture (fi'j- 714) sont d'une vaste capacité ; chacune peut contenir de 630 à 70O litres de dissolulion, c'esl-vk-dire 15 ou IGkilogr. de cyanure d'ai'gcnl. Oe larges lames d'argenlfin A, A, A, de 6 kilogr., sont suspendues dans la dissolution des cuves C,C et communiquent avec le pOle positif d'une pile d'Arcbereau, uioditication de celte de Bunsen, dont deux éléments sufliscnl pour opérer pendant vingt-quatre heures. E:i face des lames d'argenl sont, horizontalement et paralièlemenl appuyées sur les bords de la cuve, des tringles de métal t, t, t, t en communication avec le pôle négatif de la pile. C'est à ces tringles que l'on suspend, par des fils d'argenl, tous le! vases de cuivre, de laiton et de maillechori qui doivent être ar-
OMIlULt.- 11. (1
gentés. Chaque cuve dépose de 15 à 1800 grammes d- argent en vingtquatre heures. On peut y argenter à la fois six douzaines de couverts. L'atelier de M. Christofle contient douze cuves semblables.
Les objets de mêlai que l'on veut argenter, sont d'abord parfaitement dérochés dans des lessives alcalines et acides, et passés dans
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