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Fig. 714. — Appareil pour la dorure et l'argenture galrauiques.
l'eau distillée ; à peine sont-ils suspendus dans le bain qu'ils commencent à blanchir. S'ils ont reçu un bon poli, leur aspect devient promptemcnt aussi blanc et aussi brillant que la plus belle porcelaine. Retirés du bain, lavés, séchés e( pesés, comme ils l'ataient été auparavant, pour constater l'argent qu'ils ont reçu (1^, ces ouvrages sont transportés à l'atelier où on les brunit, en totalité ou en partie, selon h.-ur destination pour l'usage ou la décoration.
C'est de la même manière qu'on a fabriqué, en dernier lieu, les plaques pour le daguerréotype, quand il était encore en usage. Elles étaient préférables à celles de cuivre plaqué.
L'argenture galvanique a pris, depuis vingt-cinq ans, une importance considérable. Elle se substitue au plaqué, et véritablement il est impossible de distinguer à l'œil nu les objets ainsi argentés de la véritable argenterie à 950 millièmes.
On dore et l'on argenté également par la pile non-seulement les bronzes d'art et de décoration, mais encore des ouvrages de basse sculpture, fondus en zinc et n'ayant aucune valeur intrinsèque. Aujourd'hui la dorure et l'argenture galvaniques ont complètement
(1) On dépose généralement 60 gram. d'argent fin par douzaine do couverts, et la couche d'argent est assez forte pour garantir le laiton ou le maiilecbort pendant quatre à cinq ans
DOBURE SUR PORCELAINE. 659
anéanti la dorure au mercure ; les broniiers les plus cé16bre« ont élu obligés de céder à l'impulaon générale e[ à In concurrence; le vermeil même, par la voie humide, remplace peu à peu l'ancien vermpil au mercure.
L'adoption des nouveaux procédés de dorure est un événement mi^morable dans l'histoire de l'industrie, au poini de vue de la science et de la pratique ; mais c'est de plus un bienrail pour la classe des ouvriers doreurs, oinsi alTrancliis de la meurlrière înHuence des vapeurs mercurjcilps qui les décimaient si rapidement. Ou peut âani: dire avec raison qu'en celle circonstance, comme dans tant d'autres, d'ailleurs, la science est venue vérjlablemeni au secours de l'huma* nité. Aussi, envisageant la question sous (ous ces rnpporls, l'Académie des sciences a-t-elle décerné, dans ta séance publique du Ifl décembre t842, un prix de 3000 fr. à M. de la Rive, et des prii de 6000 fr. ;i un. Elkington et de Huoli.
Dprvre sur porcclalnr. — Pour la dorurc Sur porcelaine, on fait usage d'or en poudre, obtenu de deux manières dilférenfes. Lorsqu'on verse une dissolulion de sulfate de fer dans une dissolulion d'or par l'eau régale, il se dépose de l'or réduit en poudre noirûlre, par suite de la réaction suivante :
.AuT,l> + a (FeO,SO') = FeïCI» -|- 2 (Fo<0>,î SO') + ÎAu. Le précipité est lavé avec soin, séché avec précaution il une température peu élevée, et broyé ensuile avec du miel pour mieux le diviser. On lave h p9fe à l'eau bouillante pour enlever le miel, et l'or qui reste, étant mêlé avec I / 12 de sous azotate de bismuth, est fixé sur la porcelaine au moyen d'un mordani pras. On passe la pièce au feu ; lu mordant gras se brûle, le Tondant entre en Tusion, cl l'or se collo (t la
L'oulre moyen d'avoir la poudre d'or consiste â brovcr les rognure* de feuilles d'or ou les feuilles défcclucuses que les batteurs nomment bfTctrio!es, sur une glace, avec du miel ou une dissolution épaisse do gomme arabique, qu'on sépare ensuile à l'aide de l'eau chaude. L'or très-divisé qui reste est ordinairement délayé dans une solution concentrée de gomme arabique et étendu en couches minces dans des coquillages: aussi le connait-on, dans les arts, sous le nom d'or en coquiJle; l'enluminure en fait un Irfs- fréquent usage (I). Cet or, broyé de nouveau avec de la gomme, s'emploie pur pour dorer la porcelaine tendre; mais, pour la porcelaine dure, on ajoute un fondant qui est souvent le sous-azolale de bismuth.
DarMr« à l'hnlle o> à lu collr. — On fait la dorure à l'huile ou 1 la colle en recouvrant la surfaco qu'on veut dorer de l'une ou de
l'autre substance; et quand elle est presque sèche, on y applique dés feuilles d'or, qu'on presse légèrement avec du coton. C'est ainsi qu'on dore la tranche des livres, le plfttre, le bois, le carton, le cuir, le fer, etc. On recouvre ensuite le plus souvent l'or avec un Ternis. Les cadres de tableaux sont d'abord encollés avec de la céruse, puis poncés, polis et dorés ainsi qu'on vient de le dire. Dans tous les cas, il faut mettre plusieurs couches successives d'or. Enfin, on Irotte au brunissoir.
Cette pratique de dorer les bois, les lambiîs, le marbre et antres objets d'ornementation, nous vient des Romains, qui adoptèrent généralement ce luxe peu de temps après la ruine de Carthagc, 146 ans avant Jésus-Christ.
SUITE DES MÉTAUX DE LA SIXIÈME SECTION
SoMMAiBE. — Caractères distinctifs de l'or. — Ses oxydes, ses chIorui*es. — Du scsquishiorure et de ses usages. ^- Du Pourpre de Cassius. ^~ Du Lustre- Burgos. — De VOr fulminant. — Du Platine; son état nature), son extraction. — Propriétés remarquables de l'Éponge et du Noir de platine. — Ses composés et surtout du Bichlordrb. — Alliages. — Service rendus par ce métal à l'industrie. — Classification naturelle des métalloïdes et des métaux.
Caractères dUtlnetifs tie l'or. — La plupart des propriétés physiques de For vous sont assez connues pour qu'il soit nécessaire de les reproduire ici. Il en est quelques-unes cependant qui méritent de Nousétre signalées plus particulièrement.
Ainsi, ce métal peut, à l'instar du fer, de l'argent et du platine, si* souder par une forte compression, sans qu'il soit besoin de recourir 5 la fusion.
Celle ci ne s'effectue qu'à 1 102® centigr. ; il a aloi-s une teinte vert de mer qui disparaît par le refroidissement. Il éprouve une forte contraction au moment où il reprend l'état solide, et si ce retour a lieu tr<>slentement, il cristallise en cubes, en octaèdres diversement modifiés, semblables à ceux qu'on rencontre parfois dans les sables aurifères.
Maintenu en fusion, à une haute température, en vases ouverts, il émet des vapeurs sensibles, comme on le constate en exposant ûudessus de ces vases une lame d'argent, qu'on retire bientôt jaunie et dorée. Les orfèvres, d'ailleurs, savent très-bien que la suie de leurs cheminées contient toujours une certaine quantité d'or; aussi ont-ils le soin de la recueillir pour la vendre, en mènie temps que les cendres
DES OXYDES d'oB. 661
de leui-8 foyert, à des ouvrière spéciaux coonuB bous le nom de lavevn 00 de fOndeun de cendres.
Il se réduit plus racilement en vapeurs quand on l'expose, en feuilles nHDCes ou en fils lënus, soit au Toyer d'un miroir ardeut, soil au dard du cbulumeau h gaz, soil à une iorlc décharge électrique, soit enfin au courant d'une pile voltaique puissante. Dans ces dilTércnls cas, il est réduit en une poussière qui, reçue sur un corps Itoid, le colore en pourpre.
Toutes les fois, du resli>,qu'il est amené à l'état d'une extrCmo division, par voie de précipilalioii cliimîque, il perd sa couleur jaune et ion apparence métallique, et se montre en poudre brunâtre ou pourpre; mais celle-ci reprend les^aractèrcs extérieurs de l'or par le frottement d'un corps dur, du brunissoir par exemple.
Celle poudre, iniroduite dans les matières vitreuses en fusion, les colore depuis le rose clair jusqu'au rouge de rubis le plus intense, suivant la quanlilé employée.
Osjdn. — L'oxygène ne pouvant se combiner direclemcnl 1 l'or, Ji quelque température que ce soil, ce n'est que par des moyens détournés qu'on peut oxyder ce métal. On connaît dcti\ oxydes bien définis, qui ont pour formules :
Aucun d'eux ne forme des sels avec les o\acide3. Le premier est indifférent ; le second Joue le rûie d'acide en présence des bases cl produit avec les bases alcalines des sels criElallisables ; aussi l'appelle l-on Acide auriqut.
Le» seuls corps simples qui réagissent sur lui et s'y combinent, sont le chlore, le brome, le mercure (ù froid), l'iode, le phosphore, l'arsenic et la plupart des métaux \k chaud). Avec les trois derniers métalloïdes, il produit des composés trés-cassanls.
Aetiim des acidci. — Il n'y a que deux oxacides quipui ssenl isolément opérer la dissolution de l'or; ce sont les acides iodique et sélénique.
Mais les hjdracides du chlore, du broMe, de l'inde, du fluor, mélangés avec des ovacides peu stables, comme les acides azotique, clilnrique, bromique, chromique, jouissent de celte même propriété.
L'acide iodhydriquc, qui en solution dans l'eau pure u'a aucune action sur l'or, attaque prompicmcnl ce métal en présence de l'éllier, d'après Nicklàs, sans doute parce que, i la pi'opriélé de déterminer rapidement la décomposilioii de cet hydracide, Véther joint celle d'être un asseï bon dissolvant ii la fois pour l'iode et pour l'iodure d'or.
Le même chimiste a conslulé, en I8C6, que les pei-chlorures et ses-
quichlorures, les perbromures et sesquîbromures, les perlodures et sesquiiodures de manganèse, de nickel et de cobalt, dissoirs dans l'élheri agissent de la môme manière, en cédant la moitié de leur métalloïde à l'or et passant à l'état de protochlorures, de protobromures et do proloiodures insolubles dans l'éther.
Si l'on met à part la dissolution de chlorure, de bromure, dlodure d'or, qu'on laisse l'éther s'évaporer, et qu'on chaufie le résidu dans un tube, le chlore, le brome, l'iode se dégagent, et le fond du tube se tapisse d'une couche d'or assez fortement adhérente pour qu'il soit possible d'entrevoir dans cette réaction les éléments d'un procédé de dorure sur verre,
Sesqvlchlorai^ d'or. — Mais le meilleur, le véritable dissolvant de l'or, c'est, comme je vous l'ai déjà dit, l'Eau régale proprement dite, faite dans les proportions de 4 parties d'acide chlorhydrique à 22« et de 1 partie d'acide azotique à 40<^. Ce liquide peut dissoudre de 18 à. 20 parties d'or divisé. Le métal est alors converti en sesquichlorure, Au»CP.
Si l'on abandonne celte dissolution à une évaporation lente, il se dépose des aiguilles jaunes qui sont une combinaison de sesquichlorure d'or et d'acide chlorhydrique = Au*CP,HCl. Si, à l'aide d'une douce chaleur, on chasse l'excès d'acide de la dissolution, celle-ci devient d'un rouge brun et se prend par le refroidissement en une masse cristalline, déliquescente, qui consiste en sesquichlorure anhydre.
Ce composé, pourvu d'une saveur styptique et amère fort désagréable, est très peu stable, puisque, sous l'influence de la lumière, il laisse dégager du chlore et dépose du protochlorure Au*Cl, ou même de l'or métallique. 11 en est de môme à une température de 200'.
Tous les corps qui ont beaucoup d'affinité pour l'oxygène ou le chlore, en déterminent également la décomposition. Ainsi l'hydrogène, le charbon, le phosphore, la plupart des métaux, l'acide sulfureux, les sels de protoxydes de fer, d'étain, de mercure, les acides végétaux, la plupart des matières organiques, en isohmt l'or, tantôt en poudre noirâtre ou rougeûtre, tantôt en poudre d'une belle couleur pourpre.
Ceci vous explique pourquoi la dissolution du sesquichlorure colore si rapidement la peau en brun ou en pourpre d'une manière indélébile.
Recherche des matières organlqves dans les eaaz. — Par
suite de cette action si remarquable, cette dissolution est un réactif excellent pour rechercher la présence des matières organiques dan» les eaux naturelles. — Vous savez que la plupart de celles-ci contiennent des traces inappréciables de ces matières, mais que parfois aussi elles en sont assez chargées pour exercer sur la santé une action ikclieuse; toutes celles qui sont dans ce dernier cas doivent être rejetées des usages alimentaires.