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DU POURPRE DE CASSCUS

Pour être énlairé h cet égard, on verse dans l'eau nalurelle dont il ('agit de faire l'cSFaî, quelques goulles de Bcsquichlorure d'or. Si la couleur Jaune que ce réactir communique & t'eau ne change pas par l'ébullition qu'on Tail subir à celle dernii^re, on peul en conclure qu'elle ne contient pas de ces matières nuisibles en qtiaotité sensible ; si, BU contraire, le chlorure d'or rend l'eau violette et trouble, le contraire est certain. Celle coloralion \iolctle esl due à des parliculcs d'or e\lrOmcmenl ténues qui restent en susponsion dans le liquide

Poarpre «le CaMla*. — Ce qu'on désigne, dans les art^, sous le nom Ae Pourpre de Cassius n'est autre tbose que le précipité formé {lar un mélange de bichlonire et de proloclilorurc d'élain dans une dissolution àe perchlorure d'or sumeammenl étendue. Les flocons gélatineux, \ioIcls, pourpres ou roses, qui se forment dans ce cas, sont solubles dans l'ammoniaque. On s'accorde à considérer ce composé colora comme un sel double, un stannate de prolo:iyde d'or uni à du ttannate de proto\ydc d'étain ; on lui assigne la formule suivante :

Au>O,Sri0> + SiiO,SnOi + •> ItO.

C'est avec lui que les peintres sur porcelaine et sur verre produisent ces magnifiques couleurs pouipres, violetles el roses qu'on admire sur les poteries et les vitraux de nos églises.

En mes, André Cossius, médecin de Zurich, remarqua qu'en plongeant une lame d'étain dans une dissolution d'or, il se produit une poudre pourpre, dont il ne fit Jamais connaître, loulefois, le mode de préparation. La manit^re de l'obtenir n'a été publiée pour la première fois qu'en tG8l par le fils de Caseius, qui lui a donné le nom sous lequel on la désigne encore aujourd'hui.

Des nombreuses recettes indiquées, depuis celle époque, pour la Tabrication de celle belle couleur minérale, l'une des meilleures est telle formulée par Brongniart père, dans son Traité des arts cir<aniques. La voici :

On prépare, au moment de s'en se'iTir, une eau régale avec :

On dissout 50 centigrammes d'or On dans 9 grammes de cette eau régale, et on délaye la dissolution dans (41ilres d'eau pure; la liqueur ne présente qu'une faible teinte paille. — D'un autre cOlé, à IS grammes de la même eau régale, additionnée de ^ à 5 grammes d'eau pure suivant la lempéralure, on ajoule par petites portions 3 grammes d'élain fin laminé, en maintenant le vase où s'opi^re la réaction dans un lieu frais. — Quand tout est dissous, on décante la partie claire pour la séparer d'un dépOt noir qui s'est formé, et on la verse goutte à

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goutte dans la dissolution d'or. Le précipité de pourpre qui apparaît par l'agitation, lavé h Teau bouillante, est d'une belle couleur de vin vieux, il fournît toujours d'excellentes couleur? avec les fondants con> venables sur porcelaine.

Lustre Barfo». — Une autre couleur dérivée du chlorure d'or, c'est celle qu'on obtient en versant dans sa dissolution très-élendue du monosulfure de potassium ; il se dépose du sulfure d'or, Au*S^, en poudre d'un brun chocolat. Cette poudre, délayée dans l'essence de lavande, est appliquée en couchos excessivement minces sur le vernis des porcelaines auxquelles on veut donner cette sorte de dorure rosfttre et chatoyante qu'on désigne sous f^ nom de Lustre Burgos,

Actfle «iirlqae. — Si l'on sature la solution du sesquichlorure d'or par du carbonate de soude, et qu'on la fasse bouillir, il se dépose alors une poudre brune, qui est un hydrate d'acide aurique.

Or folminant. ^ Enfin, si l'on verse dans la môme solution métallique de l'ammoniaque caustique, ou si l'on fait digérer du sesquichlorure solide avec un exc^s de cet alcali, il en résulte des flocons d'un jaune brun que Basile Valentin décrivit le premier sous le nom d'Or fulminant, en raison de sa propriété de détoner par la chaleur, le frottement ou la percussion.

Ce composé, aussi dangereux à manier que l'argent fulminant, a occasionné un accident déplorable, qui apprend avec quelles précautions il faut toucher à ces poudres fulminantes. Un pharmacien, nommé Fasciau, causait en tenant à la main un flacon rempli d'or fulminant, dont il tournait le bouchon ; tout à coup, et probablement à cause de quelques parcelles restées entre le bouchon et le col du vase, il y eut détonation de toute la matière ; le flacon fut brisé en mille pièces, et ses fragmcnls allt^^rent crever les yeux de l'imprudent. In décigramme d'or fulminant produit une explosion comparable à celle d'un pistolet.

C'est un ammoniure d'or, qu'on peut repr.^senter par la formule suivante, d'après M. Dumas :

2AzH*-|-Au'03 + HO.

Malgré ses redoutables propriétés, on s'en sert dans lesmanufacturrs de porcelaines pour donner à ces poteries ce qu'on appelle le Lustie (Tor. On a soin de le délayer, pendant qu'il est encore humide, dais l'essence de térébenthine pour l'étendre en couches minces sur le vernis des pièces qu'on chauffe ensuite convenablement.

Or potable. — Le sesquichlorure d'or, dont je viens de vous signaler les importantes applications, est Irès-soluble dans l'esprit devin et dans l'élher. Si j'agite la solution aqueuse de ce composé avec

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(Je l'élber, celui-cî va l'enleTcr à l'ean, qui restera Bani couleur, L'O fMtable des alcbimistes était celle solution élbërée.

Gajton de Morveau l'employait pour dorer le fer el l'acier. Pour cela, il chaufTail légèrement la piî'ce métallique h dorer, puis étendait, avec un pinceau, à sa surrace, la solulion éthérée. L'éther s'évaporait h l'inslanl, et laissait l'or sous forme d'une couche Irès-mincc, qu'on fixai! en la polissant avec le brunissoir. Mais cette dorure n'est pas solide.

Du rimllar.

■latoH«De. — Ce mêlai était inconnu, en Europe, avant I7t8; mais il avait été distingué depuis longtemps par les mineurs de l'Amérique du Sud, puisque le gouvernement espagnol avait prescrit h ceux-ci, dans la crainte qu'on ne fit usage de ce métal pour falsilicr l'or, de jeter, dans une rivière voisine des mines, où on les recueillait, les grains de platine. Les Espagnols du Pérou en faisaient des gardes d'épén, des clialncs de montre et d'autres petits objets d'agrément: mais ils le regardaient tout simplement comme une sorte d'argent.

Indiqué en 1S57, par Jules-César Scatiger, comme un métal inTusiblc qu'on trouvait en Amérique, te plaline n'a été signalé avec précision qu'en 1748 i^ar don Antonio de L'Iloa, l'un des deu<i marins que le gouvernement espagnol cliargea de protéger au Pérou, en i~3U, les «avants français Bouguer, la Condamine, Godin, qui nllaient mesurer un arc du métîdien à l'équateur (t), I! paraît que Charles Wood, essayeur à la Jamaïque, avait découvert, plusieurs années auparavant, en 1740, le même métal, mais il n'en parla, toutefois, qu'en I7iil. Watson, Lewis, Schieirer et Marggraf, de 1749 à 1736, furent les premiers chimistes qui entreprirent l'étude des propriétés de ce précieux métal-

RuITon prétendit que ce n'était pas un élément proprement dît,

(l)Né k Sf ville en I7l6, mort en 1795, Ulloa • éii^ l'un des mirlna les plus -distingués lie l'Espagne. Cliargf par Sa Majes(<^ Très -Catli clique do prendre possession de la Louisiane, en 116', il y organisa l'adminislratioii, et atteignit le grade de lieutenant général det armées navales. L'Espagne lui doit le premier cabinet d'Iiistoiro naturelle et le premier tiboratoiro de métallurgie qu'elle ait possédés, la connaissance du platine, des travaux sur l'électririlé et le magnétisme, le perfectionnement de la gravure, de l'imprimerie, de la fabrication du drap, etc. Outre la relation de son voyage en Amérique avec les académiciens français, il a laissé des Solkîat omeritanat (1111, in-t*). Fait prisonnier p.ir les Anglnis, contra lesquels le roi son maître était en guerre, 11 retut à Londres l'accueil qu'on devait attendre d'une nation qui, au milieu des luttes les plus animées, montra toujours qu'elle fal&alt cas des sciences el de ceui qui les cultivent. Non-seulement on lui rendit sa liberté, ses biens et ses papiers, niais on le re;ut membre étranger de la Société royale de Londres. Singulière manière, dit M. W. de Fonviclle,ï qui J'emprunte cette anecdote, d'établir aa candlilature dans l'Académie d'un paysl

mais un composé d'or et de fer. Cette opinion subsista jusqu'en 1777, époque à laquelle Bergmann démontra que le platine est véritablement un corps simple, doué de propriétés caractéristiques et spécial(*s. Depuis, les nombreux travaux entrepris par les chimistes les plus distingués qui, tous, à Tenvi, voulurent étudier ce métal, ont complété s )n histoire, qui laisse peu de chose à désirer.

Le nom de Platine, dérivé du mot espagnol platina, petit argent, diininutir de plata, argent, lui a été donné à cause de sa couleur, et pirce qu'on pensait qu'il n'était qu'une modification de l'argent (1).

État nalnrel. — Le platine n'a été trouvé. Jusqu'ici, qu'à l'état natif, ou plutôt à l'état d'alliage avec le fer, le rhodium, l'iridium, le palladium, l'osmium et le ruthénium. Son union avec le fer est tellement intime que les agents ordinaires sont impuissants à la détruire. Ceci peut excuser Bufibn d'avoir contesté l'existence du platine comme métal distinct et nouveau, car, à son époque, les moyens d'analyser les minéraux n'étaient pas assez parfaits pour permettre d'isoler tous les métaux étrangers qui accompagnent le minerai de platine.

Celui-ci se montre presque toujours dans les mi^mes terrains qut' Tor granulaire, c'est-à-dire dans des sables ou des terrains d'alluvioii qui renferment également le diamant. Les premières mines connues sont celles du Pérou, dans les provinces de Clioco, de Novita et de Santa-Hita. Il y en a aussi à Barbacoas (Colombie), Mat to-Grosso (Brésil , Carthagùne (NouvelIe-Grenade},dans la rivière d'Yaki(Saipt-Domîngue). Plus tard, Vauquelin constata la présence de ce métal dans les minerais argentifères de l'Estramadure, en Espagne. En 1823, on a découvert du platine en Sibérie, dans les sables aurifères qui sont au pied des monts Durais. En 1847, M. l'ingénieur Gueymard a trouvé le mémo métal, mais en très-minimes proportions, dans les diverses roches et minerais des Alpes Dauphinoises, dans le sable du Drac, dans les pyrites de l'Isère, les galènes de l'Isère et de la Savoie, dans les cuivres gris carbonates.

Tout récemment, on a signalé le platine dans les sables aurifères el diamantifères de Bornéo, où sa quantité, d'après les calculs de plusieurs naturalistes, ne s'élèverait pas à moins de 300 kilogr. par année, s'il

(Il Un auteur italien, Cortinovis, a essayé de prouver, en 1790, que ce méul était l'ELECrni:!! des anciens ; mais il est bien évident que rBLEcrnuii n'était autre chose ({u'un alliage d'or et d'argent dont on faisait des coupes, des statueii et des colonnes. En i824, Rêver, très-savant antiquaire normand, a donné beauroup plus de probabilités à Topinion que les Grecs et les Romains connaissaient et employaient à des ouvrages précieux le platine, les premiers sous le nom d'oii Bi ANC, les seconds sous celui de ploub blanc {Discussions sur Vantiquité de In (iicouvertc et de Cusage du ptatme; citations de divers auteurs an^ieni à ce sujet. V. Rêver. 2e édition. Rouen, I8?7.) M. Ferd. Hoefer, dans son intéressante Hisloire de la chimie^ croit au-^si que le plomb bl4NC dont parle Pline ne pouvait cuo que du platine.

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