DU PLATINE
élait convcnablemenl recueilli. Jusqu'id, les indigènes et les Cliinoîs qui extraient prâcieuscment l'or dei sables du ilistrii;t méridional de llornéo, rejellent le platine comme maliùre sans valeur, parce qu'ils ne connaissent pas encore les moyens de travailler ce métal.
La présence du même métal a encore été reconnue dans les lorrains auriréres de la Guyane, de la Californie, de l'Orégon, du lac Supérieur, dans les Élats Unis d'Amérique, de l'AuBlralic.
I.e platine se présente ordinairement, dans les sables, en paillelles minces ou en grains irréguliers, le plus souvcnl aplatis ; les plus Tolumineux sont habiluetlement de la grosseur d'un petit pois. On a trouvé quelquefois des masses ou pépilesde platine d'un volume remarquable, pesant depuis @0(l gr. Jusqu'à 5'",10 et mime M Itilogr. et demi.
CoKpoiUlon dn minerai de piftdne da comncrce. —Dans tous les cas, le platine qu'on isole par des lavages de ces sables est loin d'être un métal pur. Ce qu'on appelle, dans le commerce, le minerai lU platine, est un mélange très-complexe, puisqu'il renferme du platine allié à du rhodium, du palladium, de l'iridium, de l'osmium, du rulhénium, dpl'osmiured'iridiunr.desgrainsnoirscomposésde rerlilaDéel chromé, des paillcllt's d'un alliage d'or el d'argent, du fer magnélique en écailles, des sulfures de plomb tt de cuivre, du sable quarUeux, des hyacinthes, des rubis spinolles.
Voici la teneur en platine pur ou presque pur des principaux minerais analysés jusqu'ici par MM. Claus, Dleekerode, Dcville cl Debray :
^du rhocD ou de Colombie :G,<i2 à FG,30 p. 101)
de Dïrbacoas {province 'd'Antioquia) 81,30 —
de Pinto (Amérique du Suit) 8i,34 —
de lalifornîe 78,50 à 85,iO —
dal'Orégon 5li,*S —
d'Amlrelie S9,80 à Ci.fO —
d'Eaptpie 4S,iO —
non magnétique de Nijui-Tagilsk (Sibérie). 78.0t —
I magnétique de la mtme localité 73,&S
l de Goro-Dligodit (Sibérie) 8:.,»7 —
^ do Banjarmaaiin ille de B<]mOo) 70,11 —
Bxtractloa. — Vous concevci, Uessieurs, que pour isoler le plalinc de toutes ces substances étrangères quiTaccompagiienl, il faut recourir à de nombreuses opérations. Toulcfois, depuis les travaux de Wollaslon, de VauquelJn, de BréanI, d<iKnighl, etc., l'extraclion de ce métal esl bien simplîtiée. Voici comment on la pralique :
On enlève d'abord loules les parties lerreuses au moyen de lavages, toutes les parcelles d'oxyde de fer magnétique au moyen du barreau nimanlé, l'or el l'argent par l'amalgamation, lorsque toulerois celle opération est avantageuse. Le minerai, calciné au rouge, est alors épuisé par de l'eau régale étendue d'un peu d'eau, afin de dissoudre le moins
possible d'iridium qui a rinconvénient de rendre le platine cassant. On opère, dans des cornues tabulées, sous des cheminées ayant un fc.rt tirage, attendu que les Tapeurs qui se dégagent ont des propriétés trèsdélétères. .
C'est Delisle qui, le premier, on 1773, eut Fîdée de précipiter- le métal de ses dissolutions par le sel ammoniac et de calciner le préci» pité.
Jeannety, orfèvre de Paris, fut un des premiers qui, Tors i700, sut extraire du minerai de platine iin métal susceptible d'être forgé, et qui l'appropria aux usages de la chimie en le réduisant en fils, en lames, puis en creusets et autres ustensiles-de laboratoire. Par là, il contribua à la révolution qui s'opéra dans la chimie analytique, il y a bientôt un siècle, les vases de platine permettant l'emploi de procédés sûrs et faciles dont les anciens chimistes n'avaient aucune idée. Jeannety, à l'exemple de SchœfTer et de Rochon, fondait son minerai de platine, d'abord. lavé, avec de la potasse et de l'acide ai*sénieux, coulait ensuite son arsénîure de platine en plaques peu épaisses, et l'exposait à une chaleur graduée Jusqu'au rouge blanc, pour en volatiliser l'arsenio. Il soumettait à l'action réitérée de la chaleur et du marteau la masse
poreuse qui restait, afin de la rendre compacte. On a abandonné ce procédé.
Celui qu'on emploie aujourd'hui a été inventé par Wollaston, qui ne l'a rendu public qu'en i820 : il repose sur ce i^it curieux, constaté d'abord par Knight, que la mousse de platine peut se forger et devenir malléable par une forte compression, le recuit ( t le martelage. Voici comment on opère ;
On broie l'éponge avec de l'eau pour former une bouillie claire qu'on passe à travers un tamis fin. La pâte égoultée est inlroduite dans un cylindre en fer creux {fig, 715), légèrement conique, fermé à l'une de ses extrémités par une petite plaque de fer épaisse, et graissé à l'intérieur. On comprime doucement la pûte d'abord avec un piston de bois^ puis avec un piston en acier, sur lequel ensuite on exerce une grande pression, soit au moyen d'une presse, soil, lorsqu'on agit en petit, à coups de marteau. Le cy- Fig. 715. — Appareil Hndrc dc platine obtenu de cette manière a déjà JongcT^ptTi'nc.' '^" "ne grande densité, un fort brillant métallique et
assez de cohésion pour sortir du moule sans se rompre. On le soumet pendant un quart d'heure au rougp blanc, et on le martèle sur une enclume pour en bien souder (outes les parties. En répétant cette double manœuvre pendant une demi-heure, le lingot de platine est terminé. On peut alors le laminer, l'étirer en fil, comme le fer.