‹ Lecons de chimie élémentaireChapitre 128 sur 134 · DU PLATINE · texte numérisé non relu

DU PLATINE

Dès 1S18, Bréanl, alors véiificaleur des euab a U Uosnaie de Paris, élait parvenu, par un pioi^édé qui est resté secret, il reodre le plaline parrailement malléable ; aussi remporta-l-il la médaille d'or à rE<tposiliun de 18lil.

Eq iSsy, HM. Deville et Uebraj ont fait connallro une nouvelle niétliode pour le traitcrooat du minerai de platine. Elle repose sur la propriëlë que poeséde le plomb de dissoudre tous les métaux de ce minerai, moiiis le Ter et l'osmiure d'iridium. On chaufTe donc fortement, dans un four à réverbère, un mélange de galène et de minerai à poids égaux, on y ^oule uoe certaine quantité de IKhai^e, cl on obtient ainsi un bain métallique au ibnd duquel se dépose l'osmiuro d'iridium et sur lequel nage une scorie plombeuse.On décante le platinf plombifère au moyen d'une cuillère de Tonte et on le conle dans des lingotières. On soumet alors cet alliage impui* b la coupellalion dans tes mêmes appareils qui servent à lacoupellation deTargenl; touterols, on op6re à une plus haute température et dans un vir courant d'air. Tous les métaux étrangers sont volatilisés ou oïjdés et entraînés par l'oxyde de plomb qui s'absorbe dans la coupelle. Le platine btuf est ensuite arflné au moyen du nouveau procédé de fusion qu'ont décou* \ert MM. Deville et Dfbray.

Ces ing(^nieu\ chimistes ont reconnu qu'il est très-facile de fondre le platine en le plaçant dans un creuset en chaux et faisant arriver sur lui la Oammc ^

d'Un chalumeau alimenté par un mélange d'oxygène cl de gaz d'éclairage.

La figure 7 IC donne une idée suffisante de cet appareil ingénieux. Le creuset est formé dcdeu\coupesen.chaux, lavoûleAActlasolc B s'ajustent exactement l'une sur l'autre; une rainure latéraleD sert h l'introduction du métal à fondre ol A sa sortie quand il a été fondu. Un trou légèrement conique pratiqué au centre de la voAtc rcgoil le bec du chalumeau EEE'E', qui est construit d'après les principes que Je vous ni déjà indiqués (I).

En moins d'une demi-heure, au moyen p,^. 7,e. — Appareil p<rar la do cet appareil, on liquéfie aisément des fu'iw ■i" pi'Hw.

masses de i'à à 20 kilogr. de platine, qu'on

peut couler en lingots dans une lingotière en fer recouverte de plombagine.

Pendant cette fusion, la chaux agit sur toutes les impuretés, fer, cuivre, gilicium, etc., et les transforme en composés fusibles qui pénè-

(l| Vwr 16* lefOD, l. I", p. W.

favtirr-^.

Irent sa substance si poreuse ; elle agit comme une coupelle dont la matière purifierait le métal qu'on y fond.

Chaque kilogramme de platine exige, pour sa fusion et son affinage, 50 à 60 litres d'oxygène et une quantité à peu près double de gaz d'éclairage.

Les nouveaux procédés de MM. Deville et Debray sont dès à présent adoptés en France et en Angleterre par les maisons qui travaillent le plaline. M. Mathey,de I^ndres, fond Jusqu'à iOO kil. de métal à la fois.

Un habile fabricant de Hanau, M. Hcraens, a fait faire un pas de plus à cette belle industrie du platine, en imaginant de couler ce métal fondu dans des moules en fer forgé revêtus intérieurement d'une feuille de platine d'un millimètre d'épaisseur; cette fenflle supporte le premier contact du mêlai en fusion et annule ainsi tous les inconvénients dus à la fusibilité du fer. Grûce à cette simple précaution, les lingots sont très-sains, entièrement dépouillés de ces bulles que présentent si souvent les métaux fondus, et dont le platine n*est pas plus exempt que les autres quand il a été coulé sans précaution.

D'après M. Debettc, la production annuelle du platine serait de 2130 à 2300 kil., à savoir

Colombie et Bf^sil 250 à 300

MonU Ourals 1900 h 200«"»

21dO à 23U0

On épure, chaque année, dans le département de la Seine, une quantité moyenne de minerai brut qu'on peut évaluer à 18^ kilogr., qui, à 325 fr. le kilogr., représentent une valeur de 59800 fr. Celte quantité donne environ 120 kilogrammes de platine épuré valant, à raison de 900 fr. chaque, H6100 fr.

Cnractèret dittlncllfi. — Pur, le platine a une couleur d'un gris d'acier très-clair, approchant du blanc de l'argent. Quoique susceptible d'un beau poli, il n'a pas l'éclat de ce dernier métal ; aussi ne peut il servir avantageusement comme lui à la fabrication des bijoux. Il est à la fois très-malléable, trùs-ductile, tr»'' s- tenace, et assez mou pour que les ciseaux le coupent facilement quand il est en fils ou en lames.

C'est le moins dilatable des métaux ; aussi sert-il, de préférence ù tous les autres, à la fabrication des étalons de poids et de mesures, dis pièces d'horlogerie délicates, des thermomètres métalliques. C'est le plus pesant de tous les corps connus.

ChaufTé au rouge blanc, il se ramollit et se laisse forger et souder comme le fer. Il ne fond qu'au feu de foi ge le plus violent ou à la flamme du chalumeau ù gaz. Pendant sa fusion, il absorbe l'oxygèno à la manière de l'argent, et roc/œ comme ce dernier par le refroidissement.

C'est en raison de sa résistance à la chaleur qu'il est plus propre*

DU PLATJME.

que tout autre métal à faire des creuseli^, des cornues, des vases évaporaloires, des alambics, qui peuvent supporter le feu le plus ardent. Une de ses propriétés physiques les plus remarquables, c'est sa [ orosité et par suite la faculté qu'il possède de condenser .les gaz à sa surface, ce qui donne lieu à certains phénomènes qu'on a généralement attribués au simple contact.

Ainsi, vous avez vu, df propos delà lampe de sùrelé des mineurs (I), qu'une spirale de fil de platine placée au-dessus de la mèche de celte lampe (fig. 717) se montre incandescente, aussitôt qu'elle s'éteint, par

suite de la présence dans les galeries d'un mélange d'air et d'hydrogène prolocarboné.

On arrive au même résultat en suspendant une spirale semblable au-dessus de la mèche d'une lampe ù alcool en activité (/î(/. 718) ; dès qu'on éteint la flamme, le platine se montre rouge de feu et se maintient dans cet état taitt qu'il est entouré de vapeur alcoolique et d'air. Le même phénomène se produit en plaçant

Fig. 717. — Spirale de platine placée au-dessut de la inè« cbe de la lampe de sûreté.

Fig. 718. — Spirale de platine sur la lampe à alcool.

Fig. 719. — Lampe sans flamme.

la spirale préalablement chauffée au rouge dans un verre au fond duquel on a mis un peu d'alcool et d'élher {fig, 719). C'est là ce qu'on appelle la lampe sans flamme de Davy,

L'expérience suivante est encore plus convaincante. Je chauffe au rouge un creuset de platine, en le plaçant au-dessus d'un bec alimenté par ce mélange d'air et de gaz d'éclairage qu'on emploie journellement dans les laboratoires pour les calcinations {fig. 720). Je supprime la flamme, et au bout de quelques instants j'ouvre de nouveau la bec, mais sans enflammer le gaz qui en sort; dOs que celui-ci arrivera sur le creuset encore chaud, le métal redeviendra incandescent et restera dans cet état tant qu'il sera frappé par le courant de gaz.

Tous ces effets sont dus, comprenez-le bien, à ce que le platine forgé ou fondu, qui ne paraît pas perméable aux gaz à la température ordi-

(I) Voir lî« leçon, t. 1", p. 474.

672 TRENTE- NEUViËHË LEÇON.

naire, devient poreux à une lemperalure élevée, condecue letgaz, i'e~ chaulTc et déleimine Un Ion la combuilion lenle dei gas comlrâtlibla

Fis- TiO. - ApptreiL i gii puiir Lti cilc.uMliont.

cil présence de l'air ;c'eil ensuite la cbalt'ur dégagée parcelle combuilion qui matniicnl le mêlai ti t'incandescencc,

Prcme Ae la poronltfc Au platine. — M. H. Devillc elTroosl onl mis en évidence celle porosité du platine à une température élevée au moyen de l'expérience suivante :

In tube de platine est placé dans l'axe d'un tube plus large en por-

celaine vernie tA?. 721); les exirfmilés de ce dernier sont TcTinëcs arec de bons boucbons, que Iraversenl Ici tubes en verre a, b, c, d. On lait

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