DES COMI-OSÉS DU PLATINE
que fort peu d'artinilé pourlcsacides, et sont trfBaisf meut réductibles.
Il a peu de tendance à se combiner avec les autres élémenle, si ce n'est avec le chlore, le phosphore et l'arsenic. Avec ces dcuK derniers, il rorme des composés cassants et Ircs-hisibles. On ne peut, sans inconténienl, chaufTerdans un creuset de plalinc de l'acide phosphorique ou . des phoEphales, de l'acide arsénieux ou des arsénitcs, de l'acide arsénique ou des arsénJatcs, avec du charbon, parce que le phosphore el l'arsenic, mis en liberté, déterminent aussitât la fusion du métal.
Il en est de mi>me du plomb, du zinc, de l'élain et autres métau\ In^s- fusibles.
Un mélange de silice el de charbon attaque également le [ilaline, parce qu'il se forme un silicinre très-cassant ; c'est là la cause la plus ordinaire de la dé(érinr;itt<in descreuscis qu'on expose directement dans les feux de charbon; aussi est-il prudent de les renfermer dans des crenscts de terre en les entourant de chaux vive, de magnésie ciildnéc ou d'alumine: mieux vaut encore les chaulTer au gaz au moyen de l'appareil ci-contre (A(/. 724).
Bicblorare. — Le platine résiste à tous les acides, même les plus concentrés, à l'exception de l'eau régale. Cependant, lorsqu'il est allié :\ des métaux sulubles dans l'acide azotique, à l'argent, par exemple, il devient soluble dans cet acide.
L'eau régale qui agit le mieux sur lui est celle que l'on forme avcr I partie d'acide azotique et 3 parties d'acide chlorhydriquc. Le métal .«e trouve converti en bickhrure ou perchhmie, PlCl', dont la dissolulion est d'un rouge intense quand elle est concentrée, et Jaune quand l'Ile est étendue ; elle donne de petits prismes par la concentration et le refroidissement; ces cristaux sont Irés-solubles dans l'alcool el dans Téther.
linnes dn plallne. — C'est en raison de son inaltérabilité par les acides, qu'on a fait du platine une application al avantageuse. On remplace les vases de verre qui servaient jadis à la concentration de l'aride sulfurique par des alambics de ce métal; on en fabrique également des cucurbites pour l'afHaage de l'or et de l'urgent, et, dans les
Fig. ^U. -
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laboratoires, on en fait des capsules dans lesquelles on peut faire réagir, sur une foule de corps, les acide» qui attaqueraient tous les autres vases métalliques.
Malheureusement, le prix élevé du platine limite beaucoup les ser* vices qu'il pourrait rendre à l'industrie et à l'économie domestique. Un alambic en ce métal, de petite dimension, pour la concentration de l'acide sulfurique, coûte environ 25000 fr.
On réduit singulièrement la dépense en faisant des yases de cuivre plaqués en platine ; mais, dans ce cas, il faut se servir de platine fondu, et non de platine forgé, parce que ce dernier est trop poreux. En effet, quand on verse de l'acide azotique dans un vase en cuivre plaqué en platine ordinaire, l'acide attaque le métal inférieur en passant, évidemment, à travers les pores' du platine. Cela n'a pas lieu avec le plaqué mince fait avec le platine fondu.
Ce métal ne résiste pas aussi bien à l'action des alcalis et des azotates alcalins qu'à celle des acides, surtout à des températures élevées; il se forme un peu d'oxyde, PtO*, qui donne à ces substances fondues une teinte d'un vert noiriitre. C'est pour cette raison qu'on préfère aux creusets de platine ceux d'argent pour l'attaque des minéraux par les alcalis.
On a frappé et l'on frappe souvent, en France, des médailles en platine pour en assurer la durée. La première fut présentée à l'Institut par le graveur des monnaies Duvivier, en 1799; elle était à l'effigie du Premier Consul, et avait reçu 2000 coups de balancier. La Russie a même eu pendant quelque temps une monnaie de platine de 3, G et Vl roubles ; 870 pouds de platine (14250 kilogr.) ont été employés à cet usage; mais cette monnaie est maintenant retirée de la circulation. Ce métal fut employé, pour la première fois, en mécanique, dans l'exécution d'une montre présentée, en 1788, à Louis XVI; les axes et les palettes de la roue de rencontre étaient en platine.
On s'est aussi servi du môme métal pour faire des graim de lumùh'e et des placages sur les bassinets des fusils à pierre, des cuillères destinées à Otre plongées dans des mélanges acides, comme la moutarde^ par exemple. Les dentistes le font servir à la confection des bases solides des rAteliers, et c'est cette application, la première en date, qui a le plus contribué à répandre, en dehors des laboratoires, l'usage du précieux métal. On l'emploie dans l'art du doreur, sous forme de feuilles, pour remplacer l'argenl, à cause de son inaltérabilité à l'air. Mais son poids, son peu d'éclat, sa couleur peu avantageuse, l'ont fait à peu près abandonner par la bijouterie.
On augmente considérablement l'éclat de la flamme du gaz hydrogène, obtenu de la décomposition de l'eau, en interposant au milieu d'elle un pelil cylindre formé par une toile de platine à mailles et fils très-lins. C'est à ce mode d'éclairage, que M. Gillard essaya de vulgariser en 1816, qu'on donna le nom impropre de gaz-platine.