‹ Lecons de chimie élémentaireChapitre 131 sur 134 · APPLICATIONS DU BICHLORUBE DE PLATINE · texte numérisé non relu

APPLICATIONS DU BICHLORUBE DE PLATINE

M. Stamm a monlré, presqu'à la mâme époque, qu'en posant tout simplement un fil deplaline à quelques m illimèlrcs au-dessus de l'orilicc d'un bec de gaz ordinaire, la llamme de celui-d acquiert un pouvoir éclairant considérable. Le bec qui, avant cette addition, brûlait 140 litres de gaz par heure, n'en consomme plus, en présence du 111 métallique, que 92 litres, tout en rourniesanl la mCme somme de lumière. Tela lient, d'après M. Grassi,tt ce que le fil, en divisant la flamme et en retardant l'écoulement du gaz, provoque une décomposition plus compliXe de ce dernier, et qu'ainsi il j a au centre de la flamme une plus grande quantité de charbon mis A nu, ce qui nécessairement augmente le pouvoir éclairant.

Alll>S«B tm plktlne. — Quelques-uns de ses alliages peuvent ftn; utilisés par les orfèvres. Voici, par exemple, dcu\ alliages indiqués par M. Ilolzniii, qui ressemblent à l'or soug le rapport de la couleur, àc l'éi-lalet de la durée :

Platine

Laiton

Nickel

Wagner a introduit dans l'art de l'émailleur un alliage de platine et d'argent résistant parfaitement au feu, et produisant un effet presque aussi utile que celui de l'or ; le Toime alliage a élé employé dans tes ateliers d'iiorlogerie Hne de Versailles. L'alliage du platine avec le cuivre sert A construire des miroirs de télescope qui conservent invariablement leur beau poli. On le fait enirer quelquefois, A l'état de feuilles minces, dans le corroyage àes lames damassées. Enfin, en tl^bT, .V. Chapuis a constaté que le rhodium, allié au platine, forme un alliage qui peut ùtm martelé et laminé sans difllcullé, et qui jouit de la merveilleuse propriété d'être complètement inattaquable par l'eau régale. Ainsi s'est trouvé réalisé un des vcenx les plus ardents de la chimie pratique.

L'or blanc di-s orfèvres est un alliage de 800 d'or et de iOO de platine.

Applle«lioBa d« blehlar«r«. — De tous les composés du métal remarquable dont je parle, le plus intéressant par ses applications est le bichlorure, dont je vous ai indiqué précédemment la préparation.

Dans les fabriques de porcelaine, on en recouvre certains vases aux quels on veut donner un lustre métallique intermédiaire entre le blanc d'argent et le gris d'acier. On étend, pour cela, sa dissolution concentrée et mêlée avec de l'euence de lavande sur le vernis de la poterie

qu'il s'agil de lustrer, puis on passe la pièce au feu. Le platine paraît avec son éclat métallique ; il est étendu également sur toute la pièce, dont il cache la couleur, et il a pris un poli aussi vif, aussi éclatant que s'il l'eût reçu du brunissoir.

C'est le chimiste prussien Klaproth qui, dès 1793, fit connaître ce nouveau procédé d'orner la porcelaine. Mais le lustre de platine, qui a d'abord été très en vogue comme tous les autres lustres métalliques, est maintenant presque oublié.

Depuis 1848, M. Salvctat a trouvé un nouvel emploi du platine divisé dans la peinture sur porcelaine. Il a reconnu que, fondu avec des proportions convenables de minium, de sable et de borax, il donne des gris d'un ton fin, bien supérieurs à tous les gris employés jusqu'alors, parce qu'ils sont toujours de môme nuance et qu'ils ne modifient pas les autres couleurs qui sont appliquées à côté d'eux. On obtient facilement la poudre de platine destinée à cette application, en précipitant une dissolution de bichlorure par du sel ammoniac en excès, et-chaulTant ce précipité jusqu'à volatilisation complète de ce dernier. Le résidu est une poudre grise, qui se laisse facilement broyer et mêler intim ment au fondant.

En- calcinant le précipité jaune orangé que forme l'azotate de protoxyde de mercure dans la môme dissolution, et fondant le résidu avec du strass ou d'autres matières vitreuses, on obtient un émail noir de toute beauté.

r.e bichlorure de platine peut aussi servir à faire une encre rougepourpre pour marquer le linge à la place de l'azotate d'argent. On écrit sur le linge, imprégné d'abord d'une solution gommée de carbonate de soude (12 gr. de carbonate de soude et de gomme pour 45 gr. d'eau), aNcc une dissolution de platine formée de :

Bichlorure de platine. . .' 4 grammes.

Eau distillée G4 —

Lorsque l'écriture est sèche, on passe sur chaque ligne une plume trempée dans une dissolution faite avec :

Protochlorure d'étaiii 4 grammes.

Eau distillée 64 —

Aussitôt les caractères prennent une belle couleur pourpre, parfaitement inaltérable, et résistant au savon.

DUtlnction de la sonde et de la poUMe. — Un autre emploi de la dissolution concentrée du bichlorure de platine, c'est de servir, entre les mains du chimiste, de moyen de distinction entre la soude et la potasse. A chaque instant, dans les fabriques aussi bien que dans les laboratoires, on a besoin de savoir quel est l'alcali ou le sel alcalin

Page 1